III. Canton d’Argovie
Le Sidérolithique jurassien cominence véritablement avec la chaîne de la Liügern. — Les gisements sont très irrégulièrement disséminés, souvent même très isolés les uns des autres depuis la région de Dielsdorf-Regensberg (Zurich), jusque vers Baden et au-delà, soit sous la forme de lambeaux très réduits ou de pointements plus considérables, de bancs régulièrement intercalés entre les formations jurassiques et mollassiques et dont l’affleurement est le résultat de l'abrasion par l'érosion, du sommet des couches plissées en voûtes, soit surtout de remplissages réguliers, en place ou irréguliers et remaniés. C'est également à l'érosion qu'il faut surtout attribuer l'allure actuelle de la distribution des produits sidérohithiques sur la Lägern: très facilement en effet, on pourrait rapporter ce Sidérohthique au type sporadique, alors que manifestement il s'agit du type régulier et continu. Si les phénomènes d'érosion suffisent à expliquer les altérations de faciès, S'ils donnent la raison de l'absence des gisements sur la région élevée de la voûte, ils doivent également encore témoigner de l'importance du phénomène sidérolithique, des remaniements qui l'ont suivi et rendre très prudent pour ce qui concerne la distinction des gisements en place. Par contre, c'est aux phénomènes tectoniques suriout, qu'il appartient de justifier certains contacts anormaux, comme celui de Rieden (N. de Baden), où l'on voit le Malm sup. et le Sidérohithique, en transgression sur la Mollasse. M. le Prof. Mühlberg a d’ailleurs, depuis longtemps déjà, reconnu dans la voûte de la Lägern, un pl déjeté vers le N. et dont le flanc S., par faille, a chevauché sur le flanc N. Mais s'il est difficile d'affirmer a priori une relation de cause en effet, entre l'intensité des phénomènes tec-
toniques et celles des altérations dues à l’érosion, 1l est cependant bien évident, qu'une relation très intime existe entre ces phénomènes, indépendamment même de ce qui concerne les résultats généraux de leurs actions totales sur la topographie de la région.
Ce Sidérolithique de la Lägern !) est surtout représenté par des bols, rouges, bruns, à grains de silice, fins ou même souvent grossiers, remplissant très fréquemment des poches ou des crevasses, ou quelquefois en lambeaux superficiels, stratifiés. Les bols contiennent très souvent des rognons de silex ou des fragments de roches, des fossiles silicifiés du Malm et de très nombreux grains de fer, ronds et brillants. C. Müesch ?), avait déjà signalé, après le prof. Mousson, aux environs de Brugg et de Baden, des bolus contenant des prquants d'oursins et d’autres fragments de fossiles jurassiques. Les minerais n'y sont jamais très abondants, ce qui explique l'échec des nombreuses tentatives d'exploitation industrielle : toutefois, il est bien certain qu'à plus d'une reprise et que sur plus d'un point du territoire argovien, ces minerais ont pu être fondus, comme le prouvent d'ailleurs les scories signalées, depuis longtemps, sur le plateau du Bützherg, au N.-W. de Baden ou de l'Ebeneberg, près de Birrenlauf, mais à une époque incontestablement très reculée, ou la bonne marche de la sidérurgie n'exigeait ni les grandes usines, ni l'emploi des grandes forces. Sur le flane Sud de la Lägern, la nappe sidérohthique mesure quelquefois plusieurs mètres d'épaisseur, elle apparait sur les points suivants :
Au sud de Regensberg, entre le Malm sup. (Wettingerschichten) et la Mollasse inf. d'eau douce, en un long lambeau et à une alhitude variant, entre 495 et 630 m. |
Plus à lW., entre le Boppelsen et le sommet de la chaîne : la Hohwacht (857 m. 7, sur les Badenerschichten, au point culminant), en une longue bordure fréquemment re-
1 E Mümisere : Ærläulerungen azur Géol. Karte der Lägernkette. 1909, *) C. Moëscn: Der Aargauer-Jura, p. 211. 1867.
De Er
couverte par les éboulis, mais visible sur plus d'un kilomètre et demi de longueur et dans la même position que vers Regensberg, à une altitude variant entre 630 et 750 m.
Enfin à Rieden, au N. de Baden, entre Rieden, la Goldene Wand et Hertenstein, sur deux points différents peu éloignés l’un de l'autre (100 à 150 m.). Le pomntement situé le plus au S. est un lambeau régulièrement intercalé entre le Malm sup. et la Mollasse d'eau douce inf, de 350 à 400 m. de longueur. Le second, plus petit et plus au N. près du Signal (alt. 467) m., est également un lambeau, mais accolé au Malm et en transgression avec ce dernier sur la Mollasse d'eau douce.
M. le Prof. Mühlberg en a donné une description intéressante dans l'exphcation de sa carte de la Lägern.
« Sie sind als durch Faltangsüberschiebung von ihrer früheren tieferen Fortsezung im Nordschenkel abgeschoren, nordwärts an ihre jetzige Stelle geschoben und nachträglich durch Erosion des die Ueberschiebung leitenden Gewôlbescheitels isolierte « Ueberchiebungsklippen >» zu betrachten.
Le professeur Mousson ?) à signalé jadis des crevasses sidérohthiques au N.-W. de Baden,dans la carrière du Vieil Ermitage, où 1l indique des bols renfermant des fossiles jurassiques.
Plus à l'W., aux environs de Brugg, les gisements sidérolithiques sont encore, sinon plus abondants, du moins plus fréquents.
Vers Gebensdorf, entre Brugg et Baden, la couche sidérolithique se montre sur plusieurs points, Jusque sur la route de Windisch à Birmensdorf.
Le Sidérolhthique apparaît indifféremment entre le Malm moyen où sup. et la Mollasse inférieure d'eau douce ou la Mollasse marine.
Moësch prétend qu'on a recherché le minerai de fer
1) Münreerc: Excursionen 1902 nm Jura, p, 192. 1902. ?) C. Moëscx mentionne le fait: Der Aargauer-Jura, p. 211.