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aux environs de Brugg, à plusieurs reprises, vers Lindhof notamment. Le Sidérolithique existe dans cette dernière localité, en banc régulier, entre le Malm moyen et la Mollasse d'eau douce inférieure, à moins de 550 m. d'altitude.
Au S. de Brugg, vers Altenburg, sur la rive droite de l'Aar, se voit une couche sidérolithique, de près de 6 m. d'épaisseur. Le minerai est assez pauvre et très mélangé de bolus: la couche, visible de nouveau sur la rive opposée, à Umiken, se continue vers le Bützhberg et disparaît sous la Mollasse marine.
Moësch a également signalé quelques crevasses sidérolthiques dans les environs de Laufforh, au N. de Brugg et un peu plus à l’'W., sur la Bruggerberg, dans les assises du Kimmerigien et tout récemment, M. le Prof. F. Mühlberg 1), en a retrouvé de comparables dans le Siggenthal, dans la petite vallée de Rothkreuz, ete...
Les formations ferrugineuses du N. du Bützberg, dans le Frikthal, autrefois exploitées et fondues à Laufenburg, jusqu'en 1850 encore, bien que lmonmitiques, n'appartiennent cependant pas à la formation sidérohthique, mais au Dogger sup. (Callovien).
Au S. de Brugg, la nappe sidérolithique suit le long de la Reuss et de l'Aar. Vers Scherz, elle est visible entre le Malm moyen et la Mollasse d'eau douce.
Par des traces assez fréquentes, petits lambeaux, remphissages profonds peu importants, placages ou simples corrosions des roches, il est facile de suivre le Sidérolithique jusque vers Aarau, le long de la frontière soleuroise, vers Aarburg, La petite colline du Hungerberg, au N. d'Aarau, a été fouillée sans résultat en vue d'exploitation. Moësch y indique un gisement fossilifère, qui n'a pas été retrouvé. D'après MM. Stehlin ?) et Mülhberg, il s'agirait plutôt de Bifang, au pied du Hungerberg. D'ailleurs GC. Moësch indiquait également des bols renfermant des Unio undata, à Kestemberg,
7) F, Münisere: Aare-Reuss-und Limmatthal, p. 487. 1905. 7) HG. Srenux: Voir plus loin à la partie « Paléontologie ».
entre Wildegg et Moriken. Il semble que cet excellent géologue nait pas exactement distingué les dépôts dus à des remaniements, de ceux en place. Voici d’ailleurs la coupe, telle qu'il l'a donnée, du Sidérolithique du pied du Hungerberg :
Knauer in lockerem Sande.
Lockerer Sand mit Tuffartigem Kalk (See-Kreide) Unio undata mit
calcinirter Schale.
Sandstein mit Bohnerzknollen.
Süsswasserkalksand.
Bohnerz mit Emys Fleischeri H. v. M. Emys Wettenbachi Bourdt.,
Palaeotherienzähnen.
Geisburgschichten des untern weissen Jura.
Plus à FW., vers Aarburg, on voit encore un affleurement important du Sidérolithique, entre le Malm sup. et la Mollasse d'eau douce inférieure.
En résumé, le Sidérolithique de l’Argovie, se rapproche déjà beaucoup du type régulier et stratifié. Ses dépôts présentent assez de continuité. Toutefois, je ne voudrais pas affirmer, qu'il soit possible de les envisager comme les lambeaux ou les restes d'une seule et même nappe sidérolithique et cependant il est difficile de prouver pour sette région l'existence de plusieurs nappes, soit de plusieurs centres sidérolithiques. Il est bien certain que l'érosion, aidée ou favorisée par les phénomènes lectoniques, a considérablement bouleversé l'allure de la distribution prenuère des matériaux sidérohthiques en Argovie; mais alors, on peut se demander ce que sont devenus les produits enlevés ? Ont-ils formé exclusivement le Jura-Nagelfluh ?
M. le Prof. Mühlberg a signalé un autre fait très intéressant : la découverte en Argovie sur le flanc sud du Kestemberg, entre Wildegg et Brunegg, d'un calcaire d’eau douce, rappelant par ses caractères pétrographiques ceux de la vallée de Delémont et du Weissenstein dont il sera quesüon plus loin.
Canton de Soleure.
Le Sidérolithique du canton de Soleure est encore plus abondant et plus important que celui de lArgovie. La ten-
dance vers le type régulier s’accentue encore à l'approche du Jura central. La continuité des gisements est plus apparente, le développement des assises et la variabilité des produits plus prononcés encore. En outre, certains gisements aujourd'hui bien connus, ont fourni toute une faune, même plusieurs faunes de mammifères: à ce titre, le canton de Soleure est une des régions classiques pour l'étude de la paléontologie mammalienne et du sidérohithique.
D'Aarau, le long de la bordure interne du Jura, la nappe sidérolithique s’avance franchement et régulièrement vers Oensingen, jalonnée par des remplissages profonds de crevasses et de fissures où des lambeaux plus étendus et plus importants. La plupart d’entre eux étant étudiés en détail dans la partie paléontologique de cette étude, il suffit d'en faire mention 1er.
Vers Obergüsgen, plusieurs crevasses fossihfères ont été mises à jour avant 1840 déjà et explorées par le savant et modeste curé Cartier. Rütimeyer, de Bâle, fit la détermination des espèces recueillies. Dans la région, les lambeaux sidérolithiques se placent régulièrement, entre le Kimmerigien sup. (Plattenkalk) et la Mollasse d'eau douce inférieure. C. Moësch a décrit et figuré dans son < Argauer Jura », une de ces crevasseS ou poches des € Crenularschichten ». C'est une cavité irréguhière, remplie de produits stratfiés : "sables, bohnerz, bolus, etc.
Par les crevasses des environs d'Olten, de Stelh ; par les lambeaux d'Aarburg (Argovie), de Hagendorf: par les gisements ossifères, aujourd'hui bien connus, d'Egerkingen et d'Oberbuchsiten, la nappe sidérolithique se continue réguhièrement jusque bien au-delà d'Oensingen, dans la direction de Bienne.
Indépendamment de ces remplissages profonds, on voit encore, 161 où là, quelques lambeaux sidérolithiques à bolus très rouges et bohnerz abondants. Et ie encore, le Sidérolithique s'intercale régulièrement entre le Kimmerigien sup. (Plattenkalk) et la Mollasse d'eau douce inférieure. On peut facilement le suivre jusque vers Oensingen: il est assez
souvent à découvert sur le flanc du Jura, où sa coloration vive tranche sur le fond plus terne des autres terrains. Au pied du château de Buchberg, les bols sont recouverts par une brèche calcaire à éléments jurassiques.
Dans l'aire de distribution du Sidérolithique jurassien, Oensingen est une des régions des plus intéressantes, au point de vue de la répartition géographique, car en effet, tandis que la nappe qui vient d'être suivie, assez régulièrement, depuis la Lägern, continue en longeant le flanc méridional du Jura et le bord du plateau central, jusque audelà de Bienne, elle se rattache encore par les gorges d'Oensingen-Klus, au Sidérolithique jbien plus important de l'intérieur du Jura central et d’abord à celui des vallées de la Dünnern et du Guldenthal. Oensingen est actuellement en quelque sorte, le nœud, la bifurcation de la nappe sidérohthique orientale.
Cette continuité de la nappe sidérolithique d'Oensingen vers Bienne, malgré de nombreuses interruptions, — elle n’est souvent que légèrement jalonnée — ne saurait cependant être mise en doute. Démontrée à l'évidence, par plusieurs lambeaux très développés de Sidérolithique régulier et stratifié, par des remplissages considérables et profonds, qui sont autant d'arguments en faveur du plongement de la nappe sidérolithique jurassienne sous le Plateau suisse mollassique et glaciaire, elle vient tout récemment encore, d'être révélée une fois de plus, par les travaux du tunnel d'Oberdorf-St-Joseph (Gänsbrunnen), de la nouvelle ligne Moutier-Soleure.
Le Sidérolithique est assez fréquent, sous forme de remplissages, de poches, aux environs même de Soleure. Hugi et Gressly déjà avant 1830, y découvrirent une poche ossifère, à dents de Palæotherium et à bolus siliceux et pyriteux. Mais n'étant pas encore accoutumés à considérer le Sidérolithique comme ossifère et pyriteux, ce n'est que plus tard, après la déconverte des poches analogues, d'Obergosgen que les remplissages de Ste-Vérène furent considérés comme sidérolithiques ?).
1) Voir plus loin : Paléontologie.