‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 30 sur 80 · SR LE · texte numérisé non relu

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tachent d’autres formes, très voisines, moins régulières, plus complexes. Ce sont bien encore des grains, si lon n'envisage que la forme: mais des grains à structure très spéciale. Tantôt une bonne cassuré les montre fortement pressés les unes contre les autres ; tantôt au contraire, ils sont unis entre eux par un ciment ferrugineux, terreux, amorphe : mais toujours, dans un cas comme dans l’autre, la masse est entourée d’une enveloppe continue, zonée, dure, qui joue le rôle de l'écorce de la pisolithe simple, J’appelle ces formes des agglomérats, ne voulant les confondre n1 avec les bohnerz ou pisolithes, ni avec les conglomérats très souvent calcaires, ni avec les masses amorphes ou concretionnées.

Etudiés rapidement, les agglomérats se présentent comme de grosses pisolithes, irrégulières à peine, dans les cas les plus simples. Leur surface est lisse, brillante, mais très souvent tuberculeuse, mamelonnée, Dans les cas complexes, elle peut revêtir les aspects les plus curieux et les plus variés, mais toujours ses contours sont arrondis, adoucis tout au moins; les arêtes vives témoignent d'une cassure.

L'écorce, comme je l'ai fait observer déjà, est continue. Comme chez la pisolithe, elle est formée de toute une série de couches très minces, feuilletées, étroitement accolées entre elles. L'union de ces couches est quelquefois si intime, que l'ensemble constitue une zone en apparence très compacte et homogène, mais qu'il est facile de reconnaitre par une coupe mince. Cette écorce est tantôt noire brillante, à reflets métalliques, souvent irisée par place, tantôt terne, ou même ocreuse; mais elle est toujours très résistante et très dure.

L'enveloppe entourant toute la masse se trouve en contact, de ce fait, tantôt avec les pisolithes, tantôt avec le ciment; dans le premier cas, les couches de l'écorce générale de l'agglomérat se confondent avec celles des pisolithes, à tel point que souvent la distinction est impossible, même à la loupe.

Le ciment est formé par une roche d'aspect également très variable, Ordinairement, il est absolument amorphe, ne présentant aucune trace de couches où de feuillets, quelquefois compact, dur, noir, brillant, à éclat métallique, à reflet

irisé; sa cassure est tantôt esquilleuse, franche ou terreuse, suivant la roche, qui est elle-même, tantôt homogène, tantôt très hétérogène, passant souvent en partie à des ocres plus ou moins friables. Fraîchement extraits des bols, les agglomérats présentent beaucoup d’analogie avec les pisolithes comme coloration ou dureté, mais, comme pour ces dernières, les agents atmosphériques les attaquent fortement.

Nous avons vu que, dans certains cas, pas très fréquents, ce ciment peut faire défaut; les pisolithes sont alors directement soudées entre elles et ce sont leurs couches extérieures qui font la soudure remplaçant le ciment. Il s’ensuit nécessairement des déformations plus ou moins considérables. Dans ce cas, l'enveloppe de l’agglomérat est moins développée. Il est vrai qu'en raison de la soudure plus grande des pisolithes, elle n’a pas besoin d’être aussi forte.

Les pisolithes enclavées dans les ‘agglomérats sont ordinairement analogues à celles qui sont isolées dans les bolus:; toutefois, très fréquemment, elles en diffèrent, par leur noyau plus gros, leur écorce plus homogène et moins zonée ; mais peut-être, faut-il attribuer ce dernier fait à une meilleure conservation de la pisolithe. Les coupes minces que j'ai fautes, sont en général, très comparables à celles des pisolithes.

La forme des agglomérats n’a rien de régulier. Lorsque le ciment est assez abondant pour englober les pisolithes, Fagglomérat tend vers la sphère régulière ou légèrement déformée et si alors, il possède son enveloppe particulière, dure et brillante, 1l a absolument l'aspect d’une grosse pisolithe et seule la cassure peut en déceler lhétérogénéité. Toutefois, ce cas ne se rencontre que rarement; les formes régulières ne se conservent que difficilement, car, par suite de l’hétérogénéité de la masse, les agents mécaniques et surtout l'érosion, décomposent ou altèrent les parties tendres ou moins bien protégées. D'ailleurs, rien n'autorise à soutenir que l’hétérogénéité de la masse interne des agglomérats soit nécessairement le résultat d’altération : elle peut fort bien être naturelle. En brisant certaines de ces pseudopisolithes, j'ai observé souvent, sous une enveloppe en appa-

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rence continue et intacte, une masse interne fortement altérée, comme aussi le fait contraire.

Si le ciment fait défaut, ou même s'il manque totalement, l’agglomérat est encore plus irrégulier. I rappelle quelquefois une grappe de raisin dont les grains sont fortement accolés. Nécessairement alors, on peut observer quelques altérations morphologiques de contact, mais cependant rares.

Il arrive dans certains cas, que ces formes si diverses se réunissent en un banc, assez étendu et très résistant. Quiquerez 1) dit que vers Courroux (Grossefin), un de ces bancs mesurant plus de 40 pieds de longueur, sur 3 à 5 d'épaisseur, a dû être attaqué à la dynamite.

Les mineurs considèrent les gros agglomérats plus ou moins sphéroïdaux comme des indices de la fin de la couche du minerai où aussi, comme annonçant le développement brusque d'une nouvelle couche. Et Quiquerez encore prétend que l'observation les confirme souvent !.. Pour ce motif les mineurs jurassiens les appellent des « Mères » ou « Mutter ».

Plus l’agglomérat est homogène, plus la cassure est régulière, anguleuse, esquilleuse quelquefois et plus la masse est dure et résistante. La couleur est alors gris de fer, à reflets métalliques, quelquefois brunâtre ou noirâtre. Dans le cas d’une pâte hétérogène, la cassure est irrégulière, la dureté variable et la coloration plus vive, rougeâtre, jaunâtre, rouge vif même. La masse est facilement altérée, partiellement du moins; elle paraît rougie, rouillée.

La présence des pisolithes dans le ciment ne semble pas nuire à l'homogénéité de l'agglomérat, du moins lorsque ce dernier n'est pas altéré. Il y a en effet, entre lui et la surface de la pisolithe une liaison si intime, que la cassure, au lieu de produire un simple décollement, brise plutôt la pisohthe. Lorsque l'agglomérat est altéré au contraire, le choc isole les pisolithes, presque sans les briser.

Si on examine maintenant le ciment seul des agglomé-

‘) Quiquerez : Le terrain sidérolithique du Jura bernois, p.52,

rats, il apparaît le plus souvent comme une pâte peu homogène, il est presque toujours caverneux, souvent formé d'une série de lits minces et superposés, de dureté différente. L'acon lente des acides sur une surface polie fait surtout ressortir nettement ces faits. Au microscope, on y distingue bien souvent des canalisations très petites, mais très nombreuses, ce qui justifie d'autant plus son attribution aux concrétions formées par les eaux en circulation lente. Je possède des échantillons où la pâte formant le ciment est absolument en feuillets très minces et très plissés.

Il n'est pas rare de rencontrer des pisolithes de fer assez réguhières, assez brillantes, compactes et sans structure concentrique. Cette forme très fréquente dans certains dépôts (conglomérat de Soulce, crevasses du Mont de Chamblon...), peut résulter du ciment des agglomérats brisés et c'est pourquoi, d'une façon générale, je crois pouvoir la considérer, comme indiquant un remaniement, une remise en mouvement mécanique. De semblables pisolithes sont en général rares dans les dépôts sidérolithiques en place.

A côté de tous ces matériaux si divers, 1l faut encore placer certaines formes très particulières assez peu fréquentes.

Ce sont d'abord les pseudo-morphoses du sulfure de fer en sesquioxyde, avec conservation de la forme cubique, souvent à peine altérée. Je n’en possède malheureusement que quelques échantillons, provenant d'une ancienne exploilation au S.-E. de Mervelier dans la vallée de Delémont. Quoique moins nettes que les pseudo-morphoses de la pyrite de la craie du bassin de Paris, celles des dépôts sidérolithiques ne sont pas moins intéressantes. On pourrait se demander si ce phénomène n’a pas été très fréquent durant la sédimentation sidérolithique ?... La rareté des pseudo-morphoses bien conservées n’entraîne pas nécessairement celle des phénomènes qui les ont produites.

On trouve également quelquefois des pisolithes plus ou moins régulières dont une ou plusieurs des couches internes se sont altérées et désagrégées et qui, par suite, contiennent une sorte de noyau libre, mais enfermé par l'enveloppe primitive. On les appelle bien à tort « pierres d’aigles ».

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Enfin, d'autres formes plus irrégulières, en coulées amorphes, stalactiformes, en tubes, etc., sont assez fréquentes dans certains gisements. Quiquerez leur attribuait une grande importance dans son hypothèse semi-éruptive. On peut les considérer comme dues à une précipitation des sels de fer dissous par des eaux superficielles.

En résumé, ces études sur la structure des minerais de fers en grains montrent une grande analogie entre les fers pisolithiques d’une part et les autres formations oohthiques ou pisolithiques ferrugineuses et calcaires. Elles établissent en outre, comme absolument démontrée, la structure du minerai, formé par un noyau et une enveloppe. .

Le noyau est une masse amorphe servant de support aux couches : il est compact, sans couche concentrique en règle générale. Il est formé essentiellement d’une substance riche en grains très fins de silice et n'est pas comme on l'a soutenu, un débri d'organisme, formant centre d'attraction. Sa composilion diffère peu de celle des couches de lenveloppe.

L'enveloppe est formée au contraire, de couches concentriques assez régulières, riches en silice. Sa régularité montre que la formation n’est pas due au roulement, mais que l'attraction moléculaire s’est manifestée très régulièrement pour toute la pisolithe.

Les fers sidérolithiques non en grains diffèrent peu des formes Lypes : ce sont des agrégats où surtout des résultats de précipitation par voie humide.

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