MEME
pisolithes. On laisse digérer durant plusieurs jours un certain nombre de pisolithes très régulières et bien conservées, parfaitement nettoyées de leur gaugue, dans de l'acide chlorhydrique ordinaire. Au bout de deux ou trois jours, on enlève la liqueur devenue jaune-brun-claire et on lave très délicatement les pisolithes sur un filtre, avec de l'eau distillée. Les pisolithes sont moins dures, leur surface est totalement blanche. On recommence la même opération avec l’eau régale que l’on fait agir jusqu'à ce que la pisolithe soit complètement ramollie. Ce résultat obtenu, il ne reste plus qu'à laver les pisolithes, à les sécher légèrement à l’étuve et à les plonger dans la paraffine fondue. Ces opérations pour donner de bons résultats demandent beaucoup de soins et une certaine habitude opératoire. Il faut surtout éviter de plonger les pisohithes non desséchées dans la paraffine trop chaude : 55 à 60° donnent un bain excellent, à la condition que l'action dure quelques heures.
Il ne reste plus alors qu'à débiter le bloc refroidi de paraffine, soit au rasoir, soit au microtôme. Les coûpes sont excessivement délicates et 1l faut être très prudent dans l'emploi des réactifs qui enlèveront la paraffine.
Les acides employés dans ces traitements dissolvent le fer, l’alumine et l'acide phosphorique qui se retrouvent dans les liqueurs, comme l'a sigualé déjà le prof. Schlagdenhauffen. La pisolithe se trouve ainsi réduite à un squelette sihceux dont les coupes montrent dans l'écorce « une alternance de couches minces hyalines et de couches grenues, nuageuses, dans lesquelles on retrouve les bâtonnets » orientés suivant la direction de celles-ci. Ces bâtonnets énigmatiques, que je n'ai jamais parfaitement reconnus, étaient considérés par M. Bleicher comme des empreintes de bactéries. J'ai cependant retrouvé ces formes dans quelques cas, mais pour Linstant, il m'est impossible d'être affirmatif sur ce point; des recherches complémentaires concernant d’autres formations analogues sont encore nécessaires !). Toutefois,
1) J'ai déjà commencé ces études sur les oolithes calcaires du Bajocien
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sans repousser à priori, l'opinion de M. Bleicher, qui me parait même très soutenable, 11 me semble qu'il faut plutôt attribuer ces bâtonnets à des actions mécaniques de retrait, ou les considérer comme de simples sculptures dues aux processus même de formation. Sans doute, la présence d'algues dans ‘les pisolithes expliquerait très bien leur richesse en acide phosphorique, mais alors, il faudrait pouvoir reconnaitre une certaine relation entre la teneur exagérée en P,0; et l'abondance des bâtonnets. Or, rien de semblable n'a encore été constaté, je crois. C’est dans cette direction que des études sont encore à poursuivre.
De ces observations micrographiques et chimiques ressort un premier fait important : l'identité de composition de la pisolithe. La distinction de l'écorce d'avec la masse centrale ne repose que sur le mode d’arrangement des éléments, lesquels sont en couches concentriques dans l’une, grossièrement agglomérés et sans ordre dans l'autre. D'un côté, les éléments paraissent triés et choisis, très régulièrement disposés : de l’autre ils sont plus grossiers, plus gros, mélangés, mais dans les deux cas, les différences paraissent plutôt quantitatives que qualitatives. Et encore, ces distinctions morphologiques sont-elles quelquefois en défaut, puisque M. Bleicher à observé dans un cas « une ébauche en arc isolé dans la masse ocreuse » et aussi des remplissages par de la calcite cristallisée dans des fissures de retrait de la surface fendillée et crevassée du noyau.
Un second fait non moins important et sur lequel on ne saurait trop insister, c’est l'absence dans les pisolithes, d'un corps central ou centre d'attraction recouvert de couches corticales concentriques. Toujours, le fer paraît reposer sur un squelette siliceux, zoné, qui en est le support fondamental.
A la pisolithe, telle qu'elle vient d'être décrite, se rat-
(Oolithe ferrugin.), de l'Œningien, ete... Elles feront l'objet de communieations spéciales. M. Choffat m'a communiqué des formations très comparables et recueillies en Portugal.