Les sables siliceux ou hupper
Comme l'indiquent leurs noms, ces sables sont essenliellement formés par de la silice en grains. Lorsqu'ils sont purs, on peut les utiliser pour la fabrication du verre ?). Le plus souvent, ainsi que le montrent les analyses mentionnées
:) Expression populaire, employée généralement par les auteurs allemands,
*) L'existence d'anciennes verreries jurassiennes est bien établie par les nombreuses accumulations de scories et aussi par l'histoire pour une époque plus récente. La vallée de Moutier fut de tout temps le centre de l'industrie du verre, qui y eût dès le moyen-âge, sa corporation bien organisée et dont l'esprit de caste a subsisté jusqu’à nos temps. Aujourd'hui encore, une verrerie y est en pleine prospérité.
plus haut, la silice y est associée à l'alumine. Dans ce cas, 1lS peuvent souvent servir à la fabrication des produits réfractaires, l'alumine étant bien moins fusible que la silice. Certains sables jurassiens sont à ce point de vue excellents et il est vraiment regrettable que leur exploitation ne soit pas systématiquement et régulièrement organisée !). Les travaux bien connus de Segers ont en effet établi, que parmi les mélanges de sihce et d’alumine, celui de 1 d’alumine avec 2 de sihce est très réfractaire, quoique cependant moins que celui de 1 de silice avec 1 d'alumine.
Les sables sont ordinairement accumulés en masses parfois considérables dans les dépressions du substratum du Sidérolithique ou au contraire, ils constituent un banc régulièrement intercalé dans les argiles ou les bohnerz. Ils sont formés par des grains de silice transparente. Purs, 1l sont blancs, mais, très souvent, la présence de sels métalliques les colore diversement. Les teintes les plus communes sont : rouge, rose, jaune, blanc-laiteux. On connait des sables noirs, (crevasses dans le Kimmeridien, au nord de Crémine, dans la vallée de Moutier), bleuâtres ou violacés (Moutier), ete. Mais presque toujours, 1l est facile de reconnaître que la coloration est due à des particules très fines, accolées aux grains de la silice translucide et incolore. Pour s'en convaincre, on peut opérer de la façon suivante :
Dans un tube de verre, légèrement incliné, rempli d'eau distllée et mesurant au moins 2 m. de longueur, sur 11/, à 2 em. de diamètre, on verse lentement les sables à étudier que l'on a préalablement fait immerger pendant quelques heures dans de l'eau pure (30 à 35°): on recueille séparément les sédiments qui se déposent (au moven d'un robinet placé vers le
!) Ces matériaux sont cependant déjà exploités sur plusieurs points dans les vallées de Matzendorf (Solenre), de Moutier, de Tavannes, de Péry (Jura bernois), aux environs de Lausen (Bäle-Campagne), de Lonseau (Berne), ete... Ils sont employés dans les verreries (Moulier) ou les briquetteries (Moutier, Société L. de Roll et Lausen, etc.) on même, trans-
portés à l'étranger (Lyon).
bas du tube) et il ne reste plus qu'à les étudier au nucroscope. On peut aussi, dans le même but, examiner les sables directement au microscope; mais ce procédé est bien moins délicat et dans quelques cas surtout, il est absolument insuffisant.
Dans tous les cas, on peut constater que la silice reste incolore, sous forme de grains transparents, de dimensions variables, tantôt à arêtes vives, tantôt roulés, mais très rarement eristallisés. Les matières colorées sont fixées par des particules très fines, où l'on reconnait encore une quantité de petites aiguilles de silice à arêtes vives. Traitées par les acides, ces particules se décolorent et il reste un résidu siliceux.
Assez souvent, les sables très pressés ou cimentés passent à la quartzite ou au grès. Les formes cristallines sont toujours une exception :, mais on les rencontre cependant, soit isolées et microscopiques, soit accumulées. Les concrétions de silicate d'alumine sont moins rares: elles sont en masses le plus souvent, mais parfois aussi, elles se poursuivent en long tubes pleins, à travers les sables. Il v a, en quelque sorte, un isolement de lalumine au milieu de la silice. La formation de ces « serpents » s'explique parfaitement par des infiltrations superficielles d'eau de pluie, avant traversé des argiles très riches en alumine. À côté de ces concrétions alumino-siliceuses, 11 faut également mentionner celles du fer qui sont très fréquentes et de formes très variées.
2, Les argiles.
Les argiles sidérolitiques sont très développées et surtout très variables de composition. Elles se distinguent des sables par leur pauvreté relative en silice et leur plus grande richesse en alumine et en fer, comme on peut le constater par les analyses IV, V, VI et VIT.
On peut distinguer deux groupes :
1° Les argiles nettement siliceuses ou bols.
2° Les argiles riches en alumine et plastiques.
Les bols ou bolus sont des argiles très ferrugineuses, donc ordinairement, de coloration vive, riches en silice, mas pauvres en alumine, [ls ne sont pas plastiques. Leur aspect et leur texture sont des plus variables : en général, on peut les considérer comme dus à des mélanges de substances très diverses avec les sables siliceux qui en forment la plus grande partie. Leur composition minéralogique peut se résumer ainsi :