‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 38 sur 80 · I. Eléments fondamentaux · texte numérisé non relu

I. Eléments fondamentaux

La silice : en grains (sables), en concrétions, en masses (quartzite, silex).

L'alumine : silicates hydratés voisins de la collyrite. Le fer : en grains pisolithiques, en concrétions, en imprégnations.

Il. Eléments secondaires.

Les sels: phosphates, titanates, vanadates, arséniates, chrômates, carbonates, manganates, sulfures.

La barvyte, la strontiane, la magnésie…

HI. Eléments accidentels. Des galets roulés (calcaires, siliceux.…..).

Des concrétions calcaires, siliceuses, ferrugineuses. Du bitume, des produits organiques (ossements) ou humiques.

Des minéraux : glauconie, feldspath..

Comme pour les sables, la coloration est due aux sels métalliques (oxydes de fer, de manganèse surtout), sans qu'il soit possible cependant de fixer le rôle exact de chacun d'eux. La coloration est, en effet, la résultante des actions totales des colorants et le rôle de chacun est modifié par les actions combinées de tous les autres. Dans quelques cas, linfluence prépondérante d'un colorant peut fixer la coloration générale : le sulfure de fer colore les bols en vert, l’arsenic (val de Laufon), en jaune d'or, les phosphates (Jura neuchàâtelois), en vert foncé, etc. L'action des sels de fer, du sesquioxyde, ou de manganèse est des plus variable : elle est fonction de la quantité du sel, comme aussi de son degré d'hydratation.

Mot

La coloration seule ne saurait justifier une classification des bols. Au pied sud du Weissenstein, ils sont violacés : verdâtres, vers Matzendorf: vert-foncé, dans les environs de Neuchâtel; brun-noirâtre, dans la région du Mormont (imprégnation de bitume), etc.; cependant, certains auteurs distintinguent les bols jaunes (Terre jaune de Greppin) des bols rouges. Les premiers sont moins ferrugineux, plus calcaires que les seconds, qu'ils recouvrent ordinairement: mais tous les deux contiennent des pisolithes de fer.

La texture est également variable. Assez souvent, elle est très nettement gréseuse, arénacée et le bol peut être considéré comme une sorte de brêche ou de gompholithe à fins éléments. Souvent aussi, les éléments sont très fins, très serrés : le bol est dur. D’autres fois au contraire, 1l est concrétionné, caverneux, ocreux, etc...

La dureté et la cassure varient avec la texture: certains bols sont tendres, s’effritent facilement, se brisent 1irrégulièrement, d'autres sont plus durs (leurs éléments sont plus fins et plus réguliers), leur cassure est parfois conchoïdale, ondulée et lisse, ete.: on observe un peu tous les cas possibles pour des roches de dureté oscillant entre 1,3 et 28 et dont la texture est susceptible de grandes variations. Les terres jaunes (bols) se brisent souvent assez régulièrement en fragments anguleux, facilement ou difficilement, suivant les roches.

Ils sont en général inodores, même lorsqu'on les chauffe, out au plus lorsqu'ils sont hunndes perçoit-on l'odeur caraetéristique des argiles. Certains bols pyriteux, chauffés, dégagent parfois de l'hydrogène sulfuré. Fraichement extraits du sol, ils sont brillants et contiennent beaucoup d'eau; la dessicalion les rend ternes et rugueux.

Leur densité varie également ; faible pour les bols ocreux et caverneux, elle est au contraire, assez élevée pour les bols compacts (3—3,5).

De même que dans les sables, où lon constate la présence de minéraux particuliers, (siicate d'alumine en concrélions el en veinules), on rencontre aussi dans les bols du

gypse cristallisé, en amas ou en plaquettes; c'est également une formation accidentelle.

Les argiles plastiques sont tantôt intercalées dans les bols ou tantôt, elles recouvrent les sables, auxquels elles sont d'ailleurs très étroitement hées. Leur contact avec ces derniers est bien visible à Moutier.

Elles sont caractérisées surtout par leur plasticité qui n'est, 1l est vrai, Jamais très grande. Leur pauvreté en fer les distingue des bolus, tandis que leur richesse en alumine les sépare du sable, comme l'indiquent les analyses mentionnées plus haut. Souvent, on peut les utiliser pour la fabrication de produits réfractaires.

La coloration de ces argiles est moins vive que celle des bols. Souvent, elles ont une teinte uniforme (gris-cendré), mais souvent aussi, elles sont bariolées de rouge, de bleu, de vert, ete. L'action de l'air modifie leur coloration, les desèche et fait disparaître leur plasticité.

Elles sont formées par des matériaux extrêmement fins, parmi lesquels, on reconnaît de nombreux grains de sables siiceux. On n'v rencontre que très rarement des pisolithes de fer.

Par ces seules considérations très générales et très sommaires, 1} est facile cependant de se rendre compte de la variabilité extrême de ces produits sidérolithiques. Des sables siliceux aux argiles plastiques, par les bols, il y a bien en effet, toute la série très complexe des formes passant réciproquement les unes aux autres. Pour tous, la coloration très variable et très variée est fonction de leur richesse en sels métalliques : elle est l'intégrale des actions et des réactions réciproques de ceux-ci.

De tous ces produits. seuls les sables siliceux, les bols ferrugineux et les argiles plus ou moins plastiques sont bien caractérisés. Leur individualisation semble due à la concentration d’un élément, le sesquioxyde de fer, la silice ou l’alumine. On peut les considérer comme des résultats isolés d'une sédimentation fractionnée traduisant l’ensemble des actions sidérolithiques.

L'opposition réciproque de ces produits est mise en évidence par ces chiffres, qui sont les moyennes des analyses qui ont été étudiées dans ce chapitre.

Fe,O, SU Bohnerz 61% 14 0, Bol D 60 Hupper 0,3 S9

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