‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 40 sur 80 · Les calcaires on raitsches · texte numérisé non relu

Les calcaires on raitsches

Les anciens géologues jurassiens, Gresslv, Quiquerez, Greppin surtout, désignent ordinairement sous le nom de raisches, le calcaire sidérolithique du val de Delémont, d'après l'expression consacrée par le langage des ouvriers mineurs. Remarquons de suite, que sous cette appellation de raitsche, se groupent tous les calcaires lacustres, à fossiles d'eau douce et sidérolithiques. C'est bien intentionnellement que je dis « sidérohthiques », au risque de soulever bien des polémiques, mais je crois pouvoir le faire, mettant à l'arrière plan la question de synchronisme où d'équivalence stratigraphique. Les différentes raitsches différent ou peuvent différer entre elles, au même Utre el dans la même mesure tout au moins, que les différents sidérolithiques différent entre eux. La railsche et

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plus encore les conglomérats me paraissent le faciès calcaire du phénomène sidérolithique el pour ce motif, je ne puis suivre le D Greppin et en faire de simples accidents.

Dans le Val de Délémont où la raitsche est bien connue, intercalée dans les bols supérienrs, elle forme une couche assez régulière, rencontrée tant à FW. qu'à l'E. et mesurant de 1! à 5 m. d'épaisseur. Elle est à découvert sur quelques points : dans les ravins de la Scheulte, sur la rive droite: entre Vicques et Courcelon, et plus bas, entre Courcelon et Courroux. Deux stations sont surtout bien découvertes et facilement abordables, lune à FW. l'autre à l'E. de Courcelon.

Voici comment elle se présente à l'W. de Courcelon, (côte 424 m. à peu près):

1° Terre végétale brune, mélangée de galets DIS FDL ete et die vai a Om45

2 Cailloutis quateïnaire formé par un amoncellement de galets stratifiés par ordre de grosseur

et mélangé de bohnerz remanié et noirâtre . . . 160 3° Série de minces bancs calcaires, jaunâtres,

Avec empreintes végétales", 7, 095 MATOS TOUS, Ieulelée Eee « in À 004 3° Argile bariolée, granuleuse, avec quelques

ie or ee IR SRE RER EN LES Om45 CRTC TES EL PRO ie TP le rene 0mS0

7° Bolus à pisolithes : terre Jaune sup. (sidérolithique).

Les couches sont presque horizontales, c'est à peine si elles sont légèrement inclinées vers l'Est, On voit une faille dans la partie occidentale du gisement. Les bols montrent également de jolies surfaces de friction.

La station à l’est de Courcelon est encore plus intéressante. Le gisement est à découvert sur une trentaine de

mètres. Il y a également une faille très visible, à cause des formations curieuses qui se sont déposées après coup. Qui-

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querez y reconnaissait un gisement sidérolithique en formation. L’inclinaison des couches est très faible : le démivellement dû à la faille atteint un mètre et demi : c'est la lèvre W. qui forme le toit. Profitant de cette cassure, les eaux ont suivi le passage ouvert et accumulé à la base de la faille, à la place des bols qu'elles enlevaient, toute une série de couches très curieuses par leur coloration, verdâtre, rouge sang de bœuf et même quelquefois blanc de lait.

La nature pétrographique du calcaire varie également. A VW. de Courcelon, c'est un calcaire peu compact, rarement homogène, caverneux, stalactiforme, à cassure très irrégulière. La roche est tendre, peu siliceuse, presque crayeuse en certains points, de couleur grisätre ou légèrement jaunâtre, mais pointillée de noir. A l'E. au contraire, elle est plus dure, presque cristalline, plus siliceuse, en bancs plus réguliers, de coloration plus foncée ou bien presque blanche et brillante, La cassure est nette, franche et le choc sonore.

Mais il n’y a pas qu'un seul niveau pour la raitsche du val de Delémont: Greppin et Quiquerez en mentionnent deux. Par exemple dans le puits Bitter, un premier niveau a été rencontré par 9 m. 6 de profondeur et un second par 58 m. 8. Un troisième niveau à peut-être même existé, mais n’a pas été conservé ou rencontré comme tel du moins, el les fragments de calcaires sihiceux avec pisolithes enclavées, que l’on peut quelquefois recueillir dans le bas des dépôts, presque sur le substratum jurassique, en seraient les restes. J'ai observé ces fragments au puits Blancherie, par 110 à 115 mètres de profondeur. La roche est dure, siliceuse, toute coupée de veinules ou de strades plus durs et à grains plus fins. Elle empâte des grains de silice et des pisolithes. Ces dernières sont ordinairement entières, à structure concentrique, mais souvent aussi, elles sont brisées. J'y ai inutilement cherché des traces d'organisme. Le Dr Greppin fait d’ailleurs remarquer, que seul le niveau supérieur s'est montré fossilifère.

Dans le val de Moutier, il y a également un niveau de raitsche, représenté par une roche aussi très variable, mais

rappelant souvent les calcaires jurassiques supérieurs. Elle repose tantôt sur les bols, tantôt sur le calcaire Jurassique supérieur non recouvert de bolus. Par sa nature pétrographique, elle diffère de celui du val de Delémont, elle est surtout plus siliceuse, Elle passe d'ailleurs par divers stades et sur certams points, comme au Champ-Vuillerat, près du stand de Moutier, on la voit dérivant des bols supérieurs ou des sables siliceux, par une série de banes, roses, blancs, Jaunâtres, etc. passant à une roche plus dure, un vrai calcare, tantôt compact, tantôt gréseux. Pour être précis, il faudrait distinguer les calcaires bien caractérisés par leurs fossiles, des bancs gréseux, provenant des sables et généralement stériles.

Le calcaire d'Oberdorf (Soleure) a été découvert par les travaux du tunnel de la ligne Moutier-Soleure, mais 1l semble, que Lang déjà en ait connu un affleurement dans le voisinage. Au gisement du tunnel, 1l y a toute une série de bancs très minces, séparés par des lits marneux ou schisteux. Le calcaire est ici une roche dure, sonore, assez compacte, peu siliceuse, d’un blanc sale ou jaunâtre. Les bancs sont en général peu épais : l'ensemble ne dépasse pas 2m. 50, Il y a quelques imprégnations ferrugineuses par places et de nombreux restes d'organismes d'eau douce.

A Hochvald (Soleure), le gisement est moins développé, mais non moins intéressant. Longtemps perdu, M. Gutzwiller vient de le retrouver et d'en donner une bonne coupe: je renvoie à son excellent mémoire !)} La roche calcaire est un peu particulière ; elle diffère légèrement de celle des calcaires du Jura bernois ou d'Oberdorf. La coloration est blanche, jaunâtre où même rouge quelquefois et la texture peu homogène : il y a de nombreuses concrétions à structure radiale ou concentrique ainsi,que des petites cavités tapissées de cristallisations de calcite. La cassure est cependant assez nette. :

1) A, Gurzwirer: Die Eocänen Süssiwasserkalke.. p. 1 à 15. —

Dans le canton de Bâle, on connaît des formations analogues à Lausen, près de Liestal et à Aesch. Il est question ailleurs de la première localité, je releverai seulement ce fait mentionné par M. Gutzwiller et que j'avais admis à une première visite au Kohlholz, c'est que le calcaire d’eau douce y a formé un banc ou une couche, dont les fragments que l’on retrouve sont les restes.

Je n'ai pas visité le gisement de la station d’Aesch, je n'ai donc aucune observation à ajouter à celles de M. Gutzwiiler : 1l en est de même pour les gisements peu connus de Hollenreben, au S. du château de Birseck, près d'Arleshenn, etc...

Enfin, pour compléter cette énumération, je mentionnerai encore dans la région vaudoise :

Le calcaire du lac Ter, près Le Lieu, dans la vallée de Joux.

Le calcaire de la Grand-Vire, à la dent de Morceles.

Le calcaire de la Pointe de la Houille, dans les Diablerets. Etc., etc.

Presque sans exception, ces calcaires accompagnent les formations sidérolithiques. et si, pour quelques-uns. le contact avec les bols ou les sables n'est pas immédiat, 1l nv a cependant pas lieu d'en être trop surpris: le mème fait se présente pour le calcaire à Limnæa longiscata de la Charrue.

à Moutier.

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