‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 41 sur 80 · Les conglomérals où gompholithes de Daubrée · texte numérisé non relu

Les conglomérals où gompholithes de Daubrée

Les conglomérats sont peut-être encore plns fréquents que les calcaires sidérolithiques. Is ont été reconnus et signalés très {ot déjà. Les anciens géologues les appellent : Jura-Nagelfluh, Nagelfluh jurassique, poudingues, econglomérats... ; aujourd'hui, ce sont généralement des gompholithes. Toutes ces appellations, et même la dernière me paraissent peu précises ; 11 »°y a pas que la gompholite sidérolithique, 1l y en a d’autres encore dans les mollasses. Afin de fixer les idées, au même titre et dans le même sens que j'ai groupé tous les calcaires sidérolithiques dans les raitsches, je propose de désigner désormais ces conglomérats sous le nom de: calcaire de Daubrée où si lon veut, de gompholithe de

Daubrée, en souvenir de l'immortel savant et du maitre de l’expérimentation géologique, qui les a étudiés un des premiers.

Mais ici encore, comme pour les raitsches, il ne s’agit pas d'un niveau stratigraphique, mais simplement d'un accident minéralogique, très fréquent, qui accompagne très souvent les bols, sans être cependant constant,

La gompholthe de Daubrée est un poudingue, formé par une accumulation de galets, de dimensions, de nature très variables, réunis par un ciment calcaire, quelquefois siliceux, mais toujours très ferrugineux et empâtant de nombreuses pisolhithes de fer. Les galets appartiennent en général aux étages du Jurassique supérieur (en moyenne 95 à 98 °,;): mais 1l y a cependant des débris de couches plus profondes, du Dogger; du Lias et même du Trias quelquefois. Ces proportions varient d'ailleurs avec les localités et les gisements : dans certains cas par exemple, le Portlandien et le Kimmeridien à eux seuls forment jusqu'à 99°, des galets.

La forme et les dimensions de ceux-c1 varient dans une large mesure. Le diamètre des plus gros ne dépasse pas 30 cm., du moins à ma connaissance et cette tulle est une exception : en moyenne, 1} varie entre D» et 12 cm.; les dimensions moindres sont cependant fréquentes. Jai vu des gompholithes dont les éléments ne dépassaient pas 2 1, cm. : certaines gompholithes présentent une véritable stratification par ordre de grosseur de leurs éléments, passant rapidement du conglomérat grossier au grès fin: on péut voir un exemple de ce genre, sur la nouvelle route de Courfaivre à Soulce (près de Soulce).

En général, les galets sont roulés et arrondis : les formes anguleuses-sont rares: cependant dans quelques cas. on voit un passage de la gompholithe à la brèche.

Le ciment des gompholithes est aussi très différent, non seulement suivant les localités, mais méme dans un seul gisement. D’ordinaire, il est calcaire et rappelle Ta pâte de certaines roches jurassiques : mais 1len diffère cependant par de nombreuses veines de calcite ou d'oxyde de fer, I est d'ailleurs le plus souvent très ferrugineux, coloré en rouge brique,

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ou méme quelquefois seulement jaunâtre. Dans certains cas cependant, il est lui-même une gompholithe à éléments très petits, rappelant les grès grossiers, durs, siliceux. L'exemple le plus frappant que je connaisse est celui que j'ai observé sur la route de Soulce. La gompholithe à gros éléments passe à un véritable grès ferrugineux et siliceux, bréchoïde par place, formé par des grains de silice et de fer agglutinés : les dimensions des premiers ne dépassent pas 11, mm.: celles des seconds n'’atteignent pas 2 mm. Il y a un véritable banc de cette roche, sans galets, intercalé entre deux autres couches de la gompholithe, formée par ce même grès cimentant de gros galets.

On comprend facilement que, dans ces circonstances, la teneur en fer puisse varier considérablement, car elle dépend de deux facteurs : limprégnation chimique de la pâte et l'accumulation mécanique des pisolithes ou des roches ferrugineuses, et ce dernier fait, surtout, peut jouer un rôle important. À la Marchstein (vallée de la Scheulte), par exemple, les galets calcaires sont souvent complètement enserrés dans un filet formé de pisohthes ou d'aglomérats nuciformes, reliés par un ciment calcaire et ferrugineux. Dans ce cas, la gompholithe est surtout ferrugineuse.

Les composés ferrugineux des gompholithes diffèrent peu de ceux des dépôts sidérolithiques : ce sont le plus souvent des pisolithes ou des aglomérats. On v remarque cependant assez souvent, des grains amorphes, sans structure concentrique et dont la coloration est ordinairement modifiée, soit qu'elle soit plus rouge où plus noire. Fattribue les grains amorphes, au lransport par les eaux de fragments des aglomérats sidérohthiques et la modification de couleur des pisolithes, me parait une preuve certaine de l’action des agents atmosphériques.

L'allure de la roche dépend nécessairement des rapports réciproques du ciment et des galets. Lorsque le premier est très abondant et qu'il englobe les seconds, on a une roche très dure, d'ordinaire au moins. La cassure à presque toujours lieu comme pour une roche homogène: les galets se brisent, et il n'y a pas de décollement, ce qui prouve une

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