‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 51 sur 80 · Dépôts remaniés « in situ · texte numérisé non relu

Dépôts remaniés « in situ

Les dépôts les mieux caractérisés de ce groupe sont. les bohnerz lévigués en amas, les sables en bancs intercalés dans les assises des bols et enfin de très nombreux remplissages de poches.

Précédemment, à propos des dépôts réguliers, j'ai mentionné déjà des couches de ces bohnerz et de ces sables. Je rappellerai brièvement leur allure, au puits Blancherie, à Delémont. Les bols inférieurs du dépôt régulier contiennent, intercalés dans leur masse, des amas lenticulaires ou allongés en traînées, des sables blancs, jaunes, purs ou passant au

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hupper alumineux et des bohnerz lévigués. Dans la galerie, la coupe relevée se présente ainsi, de haut en bas:

a) Bolus régulier jaune-rouge, avec grains

de fer, b) Sable blanc en couche, 0 m. 60 c) Sable jaune, très fin, passant au grès, 0 m. 07 d) Bolus rouge régulier, 0 m. 45

e) Minerai régulier (couche du bohnerz), 0 m. 85

Les couches & et e appartiennent aux assises régulières du dépôt et ce sont elles qui ont subi le remaniement. On dirait qu'un cours d'eau souterrain s’y est ouvert un passage irrégulier, torrentiel, puis l’a comblé de sables et de bohnerz. En effet, l'examen attentif des coupes, que l’on pourrait relever dans les galeries du puits, montre que les dépôts de ces sables et de ces bohnerz sont surtout disposés en coulées : ce sont moins des amas lenticulaires que des sortes de filons allongés et peu homogènes. (Voir p. 137, fig. 5 et 6.)

Les dépôts de ce genre sont assez fréquents. Quiquerez en mentionne plusieurs. Il désigne assez souvent les bohnerz sous le nom de flætz où de mine pauvre. Les coupes qu'il donne de Séprais (val de Delémont) sont à cet égard très inléressantes !).

Assez souvent aussi, le flætz ou bohnerz lévigué est accompagné du gypse. Au puits Blancherie, par exemple, les grains de fer sont absolument encastrés dans des lamelles excessivement minces d'un beau gypse transparent.

Parfois aussi, dans les bohnerz, se trouvent des blocs de calcaires roulés, où plutôt usés et polis. Au puits Blancherie, ces calcaires empâtent des pisolithes de fer. Je n'y ai pas trouvé de fossiles. Quiquerez mentionne le même fait,

En règle générale, les dépôts remaniés in situ sont inlercalés dans les bols inférieurs des gisements sidérolithiques. Le remaniement s'est effectué sur place comme lindique le nom donné aux dépôts : toutefois, il ne faudrait pas exclure

5) Voir D' Louis Rorrier : 1° Supplément, 1898, p. 75-96.

a priori, toute idée de transport mécarique ou chimique (charriage, dissolution). De plus, la répartition de ces dépôts est en relation étroite avec l'allure de la surface de leur substratum jurassique: presque tous correspondent à des excavations (poches, charbonnières de Quiquerez).

Pour ce motif, ces dépôts nettement remaniés (allure en amas, matériaux lévigués, altérés, ete...) peuvent être considérés comme des remplissages: ils résultent d'un remaniement très localisé, qui s'est effectué lentement, en profondeur et par lévigation surtout. Si le détail de leur formation nous échappe, nous pouvons cependant, par l’expérimentation, arriver à des résultats assez comparables, en opérant sur des bols et dès lors admettre les grands faits suivants :

1. Les eaux d'infiltration circulant en profondeur dans les bols dont les couches sont facilement parallèles à la surface de leur substratum calcaire, se sont ouvert des passages.

2. Par enlèvement progressif des particules légères, elles ont pu accumuler les parties plus lourdes (bohnerz, sables grossiers, galets...) non entraînées.

3. Par accumulation des particules entraînées, elles ont de même formé les couches sableuses diverses.

4. Enfin, dans ce travail complexe, lent, répété, les actons mécaniques ont été accompagnées des actions chimiques.

La question du mode de formation sera reprise plus en détail à la fin de ce travail: pour l'instant, constatons seulement que le processus, dont je viens de dire un mot, se justifie par l'expérimentation et l'observation, en même temps qu'il explique parfaitement la position des dépôts remaniés in situ à la base des assises sidérolthiques. De méme encore, il permet de comprendre pourquoi dans de nombreux dépôts les bohnerz sont remplacés par des sables et partant, 1l autorise le groupement des remplissages de sables ou de hupper et des dépôts remaniés. Ces remplissages ou poches à allure et à strabfication régulières ne sont que les racines conservées, par leur position, des anciennes nappes sidérolithi-

ques aujourd'hui enlevées. C’est bien ainsi en effet, que je considère les poches de sable ou de hupper des vallées de Moutier, de Tavannes, des environs de Liestal, de Longeau etc..: ce sont des remplissages dus à un remaniement ÿn situ, de matériaux occupant primitivement le bas de la formation sidérohthique et mis à jour par l’abrasion ou lérosion !).

Par la régularité et l'importance de leur stratification, la plupart de ces grands remplissages peuvent être rapprochés des dépôts réguliers dont le caractère fondamental est dans l’arrangement des couches (faciès siliceux, hupperfacies). Leur vraie place serait cependant plutôt ici.

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