‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 52 sur 80 · Dépôts remaniés charriés · texte numérisé non relu

Dépôts remaniés charriés

Les dépôts de ce groupe sont très fréquents et encore plus variés que ceux du groupe précédent. Ils résultent également de remaniement ; mais presque toujours le remaniement semble avoir été accompagné du charriage et du transport des matériaux. Ceux-ci sont en effet, très mélangés et très héterogènes : les bols ou les bohnerz ne forment plus qu'une partie de la roche qui est une gompholithe ou une brèche qui passe parfois au grès ferrugineux où même à un calcaire.

La composition de ces roches est des plus variables : elle comprend essentiellement des galets roulés où simplement corrodés et un ciment formé par une pâte riche en pisohthes de fer. En général, la gompholithe est une roche dure et résistante : les galets sont fortement hés les uns aux autres, parfois même, impressionnés, déformés, par le contact réciproque des éléments, tandis que la brèche est plutôt eonsüituée par un mélange de bol et de galets ou de fragments calcaires. La gompholithe est très fréquente dans le Jura bernois

) Consulter: L. Rorrrer: IE Supplément, 1898, p. 101-113 et du méme auteur: 1904: Beweis, dass die Natheim- Wettingerschichten auch auf der Basler Tafellandschaft ursprünglich vorhanden mwaren,

ef on l'observe souvent sur les bords des bassins sidérolithiques. Je l'ai indiquée précédemment dans les vallées de Delémont, de Vermese de Soulce, ete A Soulce, par exemple, elle est des plus intéressantes : d'une roche à gros galets jurassiques et à pisolithes altérées, on la voit passer lentement à un grès brun très ferrugineux ; on croirait observer les différents produits d'une sédimentation lente. La brèche, par contre, se rencontre surtout dans le Jura vaudois: on peut l’observer à la vieille carrière d'Eclépens (Vaud), où se voit encore un splendide dyke d’une brèche mécanique formée de bol rouge-brun et de fragments de calcaire urgonien très corrodés.

Je ne crois pas nécessaire de m'arrêter plus longtemps à cette question dont j'ai parlé déjà à plusieurs reprises. Les gompholithes et les brèches sont des produits du remaniement superficiel des matériaux sidérolithiques avec des roches d'autres formations. Elles ne sont sidérolithiques que par les bohnerz et les bols qu'elles renferment.

Les remplissages de ce groupe sont également très parücuhers : comme les gompholithes et les brèches, ils sont formés par des matériaux très mélangés, simplement accumulés dans les excavations et dans les cavités du sol (fissures, crevasses). Les matériaux sont-toujours plus ou moins altérés et portent des traces d’altérations mécaniques et chimiques de même que les parois des cavités qui les renferment. En général, il n'y à aucune stratification; tout au plus y observe-t-on parfois, une sorte d’'arrangement dû à la sédimentation des matériaux, Les plus connus de ces remplissages sont ceux des environs d'Yverdon (Mont de Chamblon, Mormont) dans le canton de Vaud et ceux du canton de Soleure (Egerkingen, etc..), où ils ont été tout particulièrement étudiés à cause des ossements de vertébrés qui y ont été trouvés. Dans le canton de Vaud, les crevasses sont creusées dans les couches crétaciques, tandis que dans le Jura soleurois, elles sont exclusivement localisées dans les calcaires jurassiques supérieurs.

D. Les gisements anormaux.

A plusieurs reprises déjà, il a été question de ces gisements anormaux, Je ne saurais donc les passer sous silence. Toutefois, je tiens à faire observer de suite que cette étude n'appartient pas à ce travail : les gisements anormaux dont 1l s’agit ici se rapprochant bien plus du groupe A. Produits de décalcification, des Types sidérolithiques (v. p. 26) que du Sidérolithique proprement dit, objet de ces Me

Ces gisements anormaux sont des remplissages, des inclusions de marne de Hauterive (Néocomien inférieur) dans le Valangien inférieur. On les appelle encore plus justement « poches hauteriviennes » ou encore « poches de marnes néocomiennes » Î).

Le nombre de ces poches est limité : on n'en connait guère qu'une quinzaine. Je vais les mentionner d'après

MM. Schardt et Baumberger ?) :

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