SCENE VII
FRONTIN, seul.
FRONTIN
Don ! j'en étais bien sûr ; il n'est pas temps encore ; Ils ne sont pas sortis... Mon maitre , que j'honore ,
N'en déplaise à l'amour rion' il est affalé ,
Mon cher maitre a , ma foi , le timbre un peu fêlé.
J'arrive triomphant. — « Monsieur, tout nous prospère;
» Monsieur Fierval dans peu tort avec son beau-père,
» Et vous verrez Hortense. — Est-il vrai, cher Frontin?
» Que je t'embrasse... oh riel ! quel plus heureux destin !
» Courons, volons. — Monsieur, l'heure n'est pas venue :
» De grâce, n'allons point faire quelque bévue.
«Dans une heure à peu près... — Dans une heure, maraud I
(Tirant sa montre.) » — Mais il n'est pas midi, monsieur, voyez plutôt. • — Vous mentez, impudent; cela ne saurait être... — » Et ma montre à ces mots volait par la fenêtre... Heureusement au vol j'ai su la retenir. Enfin, à l'instant même il a voulu partir. Sans daigner m'écouter, sans daigner me répondre, Les yeux sur cette porte, il est à se morfondre, Caché dans une allée, à quatre pas d'ici. Qu'il me tarde de voir la fin de tout ceci I C'est un bien grand poltron ce Fierval, quand j'y pense 1 Unir tant de bassesse et tant de suffisance 1 - Être en propos si brave, et si lâche en effet !... Pour moi cela me passe et j'en suis stupéfait. Par quel mensonge heureuN, quelle adroite imposture, Aura-t-il coloré cette belle aventure?... Je ris d'avance... Mais le voilà qui paraît. Chut I tâchons une fois de garder un secret.