‹ Le siècleChapitre 106 sur 173 · ER VAL · texte numérisé non relu

ER VAL

Voilà surtout, Voilà, mon cher Froulin, à te parler sans feinte, Celui de ses attraits dont mon âme est atteinte; El voilà, n'en déplaise aux céladons du jour , Le charme le plus fort pour donner de l'amour. Mais à propos d'amour, à quand ton mariage ?

FRONTIN

Mon mariage, à moi !

FIERVAL

Laissons ce badinage ; Lisette, je le sais, Lisette dès longtemps Te compte avec plaisir parmi ses soupiraus.

FRONTTN.

Damel monsieur...

FIER VAL

Lisette!... elle est, ma foi, jolie; Son petit nez en l'air me plaît à la folie; Elle me réjouit avec ses airs lutins.

J'aime beaucoup ses yeux ; ses yeux, quoique mutins, Vont au cœur... Certain jour je vins à les surprendre Fixés...

FRONTIN

Sur moi?

FIERVAL

Sur moi d'une façon très tendre-, D'honneurI,..

FRONTIN

Comment! sur vous!...

FIERVAL

Cela peut te fâcher !

Tu plaisantes, vraiment!... Ecoute-moi, mon cher : Tu parais, dans le fond, bon diable, bon apôtre, Et tu feras, je crois, un mari... comme un autre. De son côté, Lisette a beaucoup trop d'esprit Pour aller sottement s'engouer d'un mari. « — Frontin n'est qu'un maraud sans grâce, sans figure: » Il n'a... o —

FRONTIN

Morbleu ! monsieur...

FIERVAL

C'est elle, je te jure, Qui de ces couleurs-la ce matin te peignait.

FRONTIN

Comment) Lisette... Oh ciel I

FIERVAL

D'après ce beau portrait,

v1 Tu vois que si pour toi l'amour !a sollicite, . Il ne l'aveugle pas du moins sur ton mérite. ' - C'est traiter son futur bien cavalièrement.

FRONTIN

Et ses regards sur vous se fixaient tendrement ?

FIERVAL

Très tendrement, le dis-je, et même en confidence Je t'avouerai de plus que tantôt... mais je pense Que pour toi ce discours est par trop inhumain , Que c'est te percer l'âme... Adieu, mon cher Frontin.

(Il entre dans le salon.)

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