ALPHONSE KA.P.P
Celte émotion ne vient pas de regrets pour le collège, car en ce moment nous en étions outrageusement expulse el nous avions d'autre pari un professeur avec lequel nous nous battions désavantageusement tous les deux jours, le jour d intervalle étant consacre à un séjour au cachot.
Mais, en ce temps, nous avions dans la tête el dans le cœur quelque chose qui nous intéressait bien autrement que le grec, el le latin, cl la danse.
Quand nous voulons préciser une époque de notre vie ou de l'histoire contemporaine, il nous est fréquent de dire : " C'est à l'époque où les orgues de Barbarie jouaient lel ou (el air.» Ainsi, quand advint à Paris la mystification des piqûres, les orgues jouaient l'air Colin et Collinette dedans un jardinet ; au moment où fut tué le duc de Berri el où nous ii, traînes au follége, on ebantait : C'est Vamour,VamouT.l'amour, etc. Plus récemment, il va un petit air allemand qui nous rappelle le jour où nous avens, pour la première fois, savnuié un bonheur auquel nous commencions fort à ne plus croire, etc., etc.
Et nous pensons qu'il ne serait pas difficile et surtout qu'il serait très exae.| d'écrire pour soi-même l'histoire de sa vie en musique, c'est-à dire d'écrire l'air que l'on entendait à chaque époque ; la lecture de ces souvenirs ne nous tendrait pas seulement les faits, elle nous rendrait aussi les sensations et l'aptitude aux sensations.
Puisque nous parlons de la musique, nous nous permettrons d'émettre une idée qui nous a beaucoup tourmenté, c'est que nous considérons comme une absurde monstruosité craHai-her des paroies à la musique.
La musique doit monter au ciel en emportant noire àme après elle. Pourquoi la lester d'un leurd langage qui ne monte pas plus haut que l'oreille des hommes?
N'est-elle pas elle-même un langage? N'est-elle pas le langage de l'âme, comme les mots le langage de la bouche aux oreilles, de l'esprit à l'esprit? Pourquoi la charger d'une traduction interlinéaire toujours inexacte ?
Quand j'entends de la musique traînant péniblement après elle de pénibles paroles, comme en font messieurs Planard et autres, il me semble la voir boileusejje crois voir un oiseau que des enfans forcent à traîner des chariots de carton, quand il voudrait planer au-dessus de la cime des arbres ; je crois voir un hanneton attaché par la patle à un bout de fil.
Le premier qui a mis des paroles à de la musique étail un barbare mal organisé qui, ne pouvant élever son âme à la hauteur de la musique, a voulu l'abaisser jusqu'à lui et s'est servi des paroles comme on se sert du plomb pour faire tomber l'alouette qui, joyeuse, monte au ciel en chantant.
Tout ce que nous venons de dire sur la musique n'est pas un simple bavardage de l'auteur, comme on pourrait nous en accuser, c'est simplement pour bien faire comprendre tout le charme de mélancolie que Stephen pouvait trouver à chanter, la nuit : •
Ma richesse, c'est la feuille?, eic.
\ H. STEPHEN, PROPRIÉTAIRE, — M. \\ Al.l'l IlST, HOMME DU LOI.
Monsieur.
Un do n es rliens, qu'un duel funeste vient d'enltVer à ses amis et a une vie heureuse sous lous les rapp1 us. a déposé entre mes mains un testament dans I, quel se in uvent des dispositions quivous sont relatives.
• > M ûc vi us transporter chez moi ou envoyer quelqu'un muni de voire procuration pour prendre connaissance de=dite disp si
y pérer n nsieur, que vous voudrez bien me ccu-
s rvi r In conft: nce qu'a' ail en roi feu monsieur il:' Nelseïm cl me charger de vos affaires, auxquell 'terni le plus
i cèle et la \ ln< grande ariivl'.é.
En attendant l*taoi heur de voire \i i:e. j'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble el très obéissant serviteur,
J. \\ VI I lltST.