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D'UN DÉJEUNER OU IL SE DIT DES CHOSES QUASIMENT RAISONNABLES

Omnia v ir.it '.i.

Tout est vide.

L'ami de monsieur de Nelsheim et Stephen déjeunant ensemble, ainsi (pi'il avail été convenu, voici ce qui fui d i i :

— Vous passez pour avoir de l'esprit et des talens; vous avez de la force el de l'énergie; pourquoi vous laissez-vous entraîner au hasard par le courant, au lieu de choisir une route et de vous diriger vers un but?

— J'avais un but, et quand j'allais le loucher, il a disparu. C'était un feu follet que j'ai longtemps suivi et qui s'est éteint entre mes mains.

— Il fallait vous tournir d'un autre côté-; il y a tant de carrières ouvertes.

— Autant dire à un homme qui aurait dépensé tout son avoir à gréer un bâtiment : « Faites le voyage par terre. » Et d'ailleurs, quelles carrières s'offraient a moi ?

— La politique.

— Je ne me sens porté pour aucun parti. Le plus fort aura raison : le but n'a pas assez d'intérêt pour moi pour que je me résigne aux moyens. Par la politique on arrive, a l'argent, aux places et aux honneurs : l'argent, j'en ai assez pour vivre ; j'en aurais moins que j'en aurais encore asçez; pour les honneurs et les places, voici ce qui m 'arriver» it . je dépenserais ma vie, je fatiguerais mon esprit, je renoncerais à la liberté de ma conscience et à la bo ..ne foi, car la bonne foi en politique est une niaiserie, c'est la maladresse d'un homme qui voudrait combattre nu contre des hommes. cuirassés. Avec la bonne foi on n'arriverait à rien ; il faudrait de temps en temps approuver et louer ses adveisaircs, et on ne les renverserait pas. Il faudrait donner mon âme et mon corps, et, en cas de succès, ce qui est toujours douteux, il faudrait avouer que je ne sais me servir ni des places ni des honneurs. La politique n'est qu'une lutte entre ceu\ qui ont tl ceux qui n'ont | as. Je ne veux la place de personne, paice que dès que je l'aurais conquise, il faudrait la de fendre; j'aime mieux nie faire moi-même une situation que personne ne songe à me disputer.

— Ne. vous sentez-vous donc aucune ambition ?

— Je ne comprends de place que la première. Ni mes lalens ni ma position ne me permettent d'y aspirer; mais je ne veux pas de place sur un échelon inférieur : je me tiendrai à rôle île l'échelle. D'ailleurs, ma vie ne me semble ni assez langue ni assez importante pour que j'en consume la plus grande paiiie à niveler et à préparer le terrain sur lequel elle doit se passer Ceux qui entassent de l'argent et des honneurs pour. le temps où, sans force, sans désirs, ils ne pourront plus en faire usage, nie semblent des gens qui, n'ayant qu'une heure à dormir; passeraient cinquante minutes :i m- faire un lit bon et mou au lieu de dormir leur heure entiéff sur l'herbe ou sur la terre dure. Je laisse passer la vie. et je me laisse emporter i ar elle,*el pour rien au monde je ne consentirais à p'anter un arbre dont j'aurais l'ombre dans six ans ; je préfère, aller chercher l'ombre des grands arbres ou rester au solei'.

— Les arts, la littérature.

— On pouvait être artiste ou écrivain quand ces deux mélie-s, placés hors la loi et le droit rVs (eus, faisaient de ce IX qui s'y livraient des parias et des hommes maudits, pane qu'alors il fallait y Cire jeté comme malgré soi et par une véritable vocation.

« Mais aujourd'hui que tout le monde est artiste ou écrivain, que les arts s ni une spéculation, que tout le monde fait son livre, qu'un capitaliste lait marcher de fn til les constructions cl les neuvrrs d'imagination, qu'il vous dit

« Mes affaires vont bien ; fl poiil suspendu sera litre à la

circulation dans (rois jours, cl mon drame est en répétition;

mon haclie-paille à vapeur et mon roman sont à peu près terminés ; je crois que mon métier à filer le lin partira avant mes élégies; je fais un chemin de fer pour le gouvernement et un recueil de Chants d'amour pour le libraire ***, n il n'y a plus moyen de s'en mêler.

» Pour la peinture, on sait par cœur quelques mots : touché vigoureusement, qui n'a pas beaucoup de sen«, clairobscur, qui n'en a pas du tout; on en farcit ses discours Ou fait des taches noires à la place ou on mettait une ligure, et on se croit vigoureux ; on fait les bras trop longs, les jambes trop courtes, on se dit hardi; on peint tout en jaune, et on prétend que c'est la couleur locale.

» En musique, on appelle la musique froide, nulle, insignifiante, musique savante, et on se pâme d'aise.

» On se crispe, on pleure, on crie sur des beautés de convention ; des musiciens même qui ont du talent s'amusent a faire des diJficuUés : ils jouent du violon sur une seule corde, au lieu d'employer leur talent à donner plus d'expression à leurs quatre cordes ou à eninventerunecinquième. Ils fontdes difficultés, de telle sorte que la musique, au lieu de parler à l'âme en passant par les oreilles, a besoin d'être vue et parle aux yeux; il faul s'étonner et admirer que le musicien joue sans balancier; on a peur de le voir tomber

« Comme si les aits devaient étonner plus qu'émouvoir.

« Je connais un homme qui possède une corde basse dans la voix : c'est un conlrc-ut.

» Toutes ses espérances d'avenir, de gloire, de fortune.de bonheur reposent sur ce contre-ut ; il travaille sa note, i passe des nuits à la cultiver, à la perfectionner; dernièrement il me disait : « Aujourd'hui, en passant près de '", le célèbre chanteur, j'ai lancé mon contre-ut, il s'est retourné surpris et la figure altérée; mon contre-ut est désespérant pour ces gens-là. »

» Il est parti avec son contre-ut pour l'Italie; il va le perfectionner et reviendra Ici réaliser ses espérances; pour faire ce voyage, il a emprunté trois mille florins et il s'»st fait fa:re à crédit des habits par un tailleur; pour payer tout cela il compte sur le produit de sa note. Je gage que son contre-ut *-t grevé de dix mille florins d'hypotkèqurs.

'i D'autres sont à l'affût des idées ; n'en laissez pas sortir une, n'en laissez passer ni la queue ni l'oreille, ils vous la voleront. Le matin ils prennent un papier et vont à la provision ; ils empruntent une idée a celui-ci, en volent la moitié d'une ;ï celui là : rentres chez eux, ils font an salmis dut'iit. Ils font un ouvrage comme on fait un mouchoir.

i Parlerai-je de l'homme qui, logé au quatrième étage, dans un cul-de sac, écrit hardiment ; Pfav* cinglâmes vers... nous fûmes battus /'m- une i iolente tempête, et n'a jamais vu d'eau que dans le ruisseau ou dns sa carat. . donnant pour raison que les gens qui voyagent n'ont pas le temps d'écrire, qu'il faut bien que les voyages soient racontt s par ceux qui ne voyagent pas, et que l'on est d'autant plus apte à narrer des voyages, que l'on est plus sédinlaiieet plus cas.miei !

» Deux hommes, deux écrivains, hommes de talent, s'aimaient d'un fimoitr tendre: ils partageaient ensemble la bonne et la mauvaise fortune, n'avaient qu'une chambre, qu'un habit, qu'une femme.

» l n jour, j'en rencontrai un, sombre, taciturne, le sourcil froncé, enveloppé dans son manteau.

— o Qu'aviz vous? lui dis-je. — Je cherche *'*. — Pourquoi' — Jt veux le tuer s'il ne consent pas à se battre avec moi : j'ai un poigt ard. — Que vous a i-ii tait ! — C'est un traître, un voleur, un infâme! — Ah I — C'est un homme vil et mepii . ble ! — Ah ! ah! — Je vous prie de ne plus prononcer ron nom devant moi. — Voloniicrs. — El s'il a du cœur, je vais en débarrasser la t. rre.

» lime quitta brusquement. Le lendemain je rencontrai l'autre.

— » Avez-vous vu '" ? me dit-il. Ce drôle m'a volé; je veux lui donner une correction, ne fût-ce que pour l'exemple. Ce scélérat, non conli nt de me dépouiller, prétend que c'est moi qui lui ai pi i> ce qu'il m'a dérobé. — De quoi dun< s'agit-il î — Nous avons traduit d( l'allemand... — E>l ce que vous savez l'allemand? — Non, mais d'après une traduction. Nous

ÎJ9

ALPHONSE K.A1U1

avons traduit une expression belle, noble, énergiqie, telle quel'exi,e noire littérature forte. Celle expression es1 exfetenee (C homme. — Eli bien? — Eh bien ! c'est moi qui ai trOHvé le mot : il prétend qu'il lui appartient ; nnus nous en sommes servis chacun de notre côté, et il va aujourd'hui colporta l'expression comme sienne, disant a qui veut l'entendre qua je m'en suis emparé contre jus tt fas.

» Heureusement nue tout se passa sans effusion de sang.

» Il y a encore des yens qui f. iguent d'avoir de l'enthousiasme et à qui le bonheur ou le malheur n'ont jamais j-cnc tré sous la pi au.

° Leur délice est un effort de mémoire; ils récitent l'impression soudaine. In de ces hommes vint un jour chez moi ; dans ma petite maison quf j'ai prés de la rivière . à irois lieues d ici.

» Il me trouva couché sur l'herbe sous mes arbres.

" Il prit une chaise, aie demanda s'il y avait des crapauds et me raconta les plaisirs qu'il avait goûtés au spectacle et dans les cercles ; puis tout d'un coup il lit l'éloge d<- ma re traite ; les yeux levés au ciel, vous l'eussiez cru inspiré.

» Nullement; il commença parunexorde traduit de Virgile:

Felicetnimium sua si boni norint,

Aj/ricolœ

puis continua pat une imitation libre da Pétrarque et termina en me disant : « Comprenez vous comme moi les charmes que donnent Ai pake des champs, if gnzo -. Mentent des oiseaux et l'ombre desarbies?- Oui, repris-je, et un peu mieux que vous, car je laisse de côté les plaisirs de la ville pour tester ici, taudis qut vous logci dans le quartier le plus bruyant et qu« nous allez chercher vos loisirs dans les cercles et dans Ks théâtres. »

» Ce frétait rien. Il me demanda la permission d'amener un au.i. Deuxjours après, ils arrivèrent. Il conduisit son ami sous u es arbres, et, tout semblable a ce que je l'avais vu, les yeux également levés au ciel, il improvisa de nouveau sa traduction

» Ces gens, avec leur froid enthousiasme, m'ont dégoûté de la poésie ; ils ont pour moi sali la lune et les étoiles ; ils ont liétri l'herbe; le;;rs caresses sont moriel.es, ils font mourir tout ce qu'ils louchent.

— Knfln, que voulez-vous faire?

— K garder la vie coaime spectateur, car elle n'a plus assez (Vinte; ; pour que j'y veuille jouer un rôle ; ce qu'il y a déplus bea.. 'n elle, ce qu'après de longs tomruens, delà fatigue de corps et d'esprit, et d'intrigue, on n'est pas sur d'atteindre, est euci re bien pâle auprès de ce qu'avait créé mon imagination et ce me donnerait qu'un amer découragement.

— Tout cela m'exj'li |ue bien votre indifférence pour la vie, ce que je ne blâmerais pas si elle n'avait en même temps (X posé la mienne, à laquelle je VOUS avoue que je liens beaucoup ; mais je ne comprends pas aussi claireme.it cette gaité qui vous jette dans des folies do.'t s'entretient imite la vil e.

— Ce qui alimente ma vie, ce sont les souvenirs ; mais si je m'y livrais entièrement, je mourrais desséché avant un mois ou je feiais des folies dont la ville s'occuperait moins gaimeut.

En sortant de chez son hôte, Stcphen rencontra Suzanne et Hagdcleiué

Ma :deleinc était enceinte, et sa grossesse avancée se trahissaii visiblement. Stepban les salua ; elles feignirent de ne l'avoir pas vu.

lusieurs jours Stephen ne voulut voir personne; il se frappait la tête contre les murailles et prenait à peine la nourriture nécessaire pour ne pas mourir; puis il alla passer q K Iqué temps seul dans sa petite p tisc . Peu à peu l'impression s'effaça et il se rejeta avec plus d'ardeur que jamais dans une vie de désordre it de dissipation qui ne ll!i I s ni de res;ir r ni d r ce qu'il

faisait.

Ol L M lit n PBBND L\ PAROLE. — DES MBOINS. — 1 I IV I.L01UC. — VI EOMlEln.

J'ai \:i lesdiamans aux vives étincelles

Briller dans i - cheveui d'une femme ■< l'œil noir.

Gomme l'étoile) au elel sombre, le vir.

El j a me mieux les Oenrs. . . U s Heurs, qn d!es ^oui le II i

Quand aux feux pourprés du matin, BriUaates de rosée, eles ouvrent leu sebi! Plu'! que la pourpre et l'ur ou le prince s'ssw ou J'aime un long iiazon veri q^i s'eie .J, . • dépU ie lli semble, sous lèvent touUii oomm • des Qaif.

il y a trois choses qui démangent nutre plume et dont il faut que nous disions quelques i

t°II est assez bizarre de remarquer l'influence de la civilisation sur les jardins.

Nous ne pouvons sans une pénible sensation vi fleurs tristement renfermées dans une chambre, loin du soleil el de ses caresses fécondes; il semble voir de pauvres tilles cloîtrées qui pâlissent et t quand arrive I

de l'amour, rongées par les désics, el la nuit donnant dis baisers non rendus au crucifix, au obrïst iVàwvife, leur époux impuissant, à leur oreiller mouillé de leurs larmes brûlantes.

Pauvres fleurs ! le soleil se leve.précédé d'un long reflet de pourpre, et e'ies ne s'épanouissent passons son premier baiser ; e vent soulile au dehors, nuis il ne fait pas tressai. lir leurs feuilles; les abeiiles bourdonnent contre les vi;ies, mais elles ne peuvent venir se rouler dans lecaiiee Ues fleurs et dans la poussière féconde des étamiues.

Nous aussi, nous avons, il faut l'avouer, des Heurs dans noire chambre; aujourd'hui encore on nous a apporté de beaux rosiers ; demain ils auront perdu un peu de leur é et de leur fraîcheur, car la douce rosée ne viendra pas rafraîchir ; ce jardin dans notre chambre est un hôpital ou les fleurs vimnent pour être malades t\ mciirir.

Une fleur seule n'est plus une fleur, il faut qu'elle lancée! nage dans un air pur, qu'elle ait ie ciel au-dessus d'elle, et que ses racines ne soient pas emprisonnées dans un put étroit.

S'il nous faut nous accuser d'avoir un jardin dans notre chambra, qu'il nous soit au moins permis de donner nos ra;soiis, si toutefois une pareille faiblesse est excusable.

Habitué au gra d air, au soli il, à l'herbe sous les pieds, nous sommes à la ville comme un pauvre exilé . et pour le pros rit, il y a du plaisir a revoir une imagt , quelque imparfaite qu'elle soit, de la patrie.

Ces fleur:- dégénérées el moribondes sont pour nous comme le put: ail d'une amie absente ; tout le monde sait qu'on portrait peut ressembler par basai-. i a quelqu'un, n.ni-- j à celui qui a soivi de modèle. Eh bien! quelq em-

blanl que soit le portrait d'une maîtresse, ne lui pr!e-l-on pas, ne le baise t-on pas, ne croit-on pas voir sus yclifc reg nier plus tendrement?

Il en est de même de ces fliurs piles : notre imagii leur rend l'air 1 1 le soleil.

Mais a quoi nous n'avons pas d'ex s-, c'est qu'elles souffrent el qu'elles meurent.

Au moins n'avons nous pas '.< nojs accuser d'avoir un j rdin s'.r notre fenêtre, jardin arrosé par l'et u de s, von .1 la rose dont on s\ 1 lavé Us mains; jardin qui a plus d'air mais pas plus de toleil que le jardin dans la chambre. . : par conséquent, produit des plantes maigres, étiolées el comme pulmoniques. Geslsui les fenêtres que l'on voit prairie dans une assiette, des arbres:, fruit dans an

Comme tout-a-1'beure nous nous mettions a la fenêtre pour

luniir et nous distraire, nous avons vu une voisine auo'anl

SOLS LES TILLEULS

avec une cuiller à pal deux sapins qui sont sur sa croisée. Le s.pin est un bois de construction ; on en fait des solives et des mâts de vaisseaux de ligne. Pendant la chaleur du jour, elle rentre ses sapins cl les met sur la cheminée entre la pendule et les flarjibeasx sous verre.

Un voisin a imaginé de s'approprier la i uvette de la gouttière, d'y mettre de la terre et d'y planter des pensées et des marguerites rases .• il a bouché le conduit pour empêcher l'eau des élages supérieurs d'inonder son jardin, ce qui cependant arrive quelquefois, et alors il injurie les coupables par la fenêtre 1 1 les appelle scélérats.

Dans certaines lues désertes el en province lesjardinssur les- fenêtres ont encore plus d'importance; c'est là que régnent la capucine, le haricot d'Espagne à fleurs reug surtout le cobma.

Li : ohœa a une grande influence sur les relations de voisinage.

Deux voisins, chacun d'un côté de la rue. plantent des coinças •. celui dont la fenèuv est exposée au sud ou a l'est voit les siei.s croître bien plus rapidement quo ceux du voisin. OiiauJ ils out dépassé les tuteurs, le voisin du sud s'habille et \a faire une visiie au voisin dû nord.

Dans celle première visiie on ne parle de rien, c'est à-dire on s'entretient du temps, de monsieur le maire, on dit que le commerce i « mal.

C'est un sujet de conversation qui ne manque pas plus que le temps, car du plus loin que nous nous souvenions, on disait que le commerce, allait ma', et nous sommes véhémentement t dre ci .,■ i , merce n'a jamais bien été.

Le voisin du nord rend la visiie : on se livre un peu plus, 00 dit du mal des autr s voisins, on parle de sesenfans, de la manière de faire les cornichons et de leurs donner une belle couleur verte, et de ce quo l'on ferait si l'on était à la place des minisires et du gouvernement.

Le voisin du sud fait une d uxième visite, et la on aborde la question : il s'agit de cdba as, de lendre à fais communs une lictlle d'une fenêtre a l'autre, pour qu'il se rejoignent et fassent un arceau. Le voisin du sud fait les avances licelle, et quand le voisin du nord rend la deuxième vi I il amène naturellemenl la conversation sur la lh : Il '.

Par exempl

«on n'est pas dupe des ministres, ils laissent voir la

ficelle. A propos de Ocelle, croiriez vous que l'épicier a eu

-l'infamie de me vendre trente sous la ficelle pour e. co

b;eas ! » Le voisin du nord s'exécute et paie ses quinze sous.

Et les cobaeas se croisent et s'entrelacent au grand orgueil des deux voisins jusqu'au jour où une charrette de paille un peu haut i bargée rompt et entraîne la licelle et les cobaeas, et les- voisins se plaignent du gouvernement.

Il ne nous reste à parler que d'une sorte de jardin, c'est le jardin à fresque, la végétation à la brosse.

Dans la rue l'igale ou dans la rue Blanche, un propriétaire a (in ne pouvoir mieux terminer une terrasse que par un jardin, et il a fait peindre des arbres sur le mur par un peintre en bâti un ni.

malheureusement ce feuillage de moellons a besoin deux loi-, par an d'une nouvi Ile ci ui lie de i ouleur, i ar la pluie le lait tifteindre, décompose la couleur, enlève le i n ne et lais e une fi ui'lée b eu de i

Nous t).' |\ulcr. ns pas des bouquets coupés et arrai coi anle.

Mais nous ne pouvons nous empêcher de dire de . m. i, nés qoi i ntourenî l ..ri.-. v

î o dimai c' e te PctfU 1 i fail une sortie el conquérant, marche sur les lé oupe les arbres i

pour / Vr des cannes, courl el en

i.-' e d s de, el va eherchi i la soliti e d trouve

Il fail trois - : ur mirer dans un cabaret, el, au milieu des ca eroles cl de l'oi rie: Coi

peul-on vivre dan > les si que

l'on respire un air pur ! ■

Il danse dans un salon de uni cinquante couvert , el

revient de ta campagne sans avoir vu le ciel ni senti le vent dans ses cheveux.

2° Tour ee qui est de la gloire de notre temps, on ne croit la | ■•.' ■ i pas de la gioine posthume et

l'on c eompte volontiers 'avenir. El France, où nous écri- '■ on eci,il yaenviron trente-deux millions d'habilans, ai dons-leur quatn viagts ans d'>

S'ilsoi i upenl l'altenli iu publique chacun pendant un temps c'es t à-dire s i la gloire esi -ment partagée entre

eux ils auront chacun une minutée! un tiers de minuti toute leur vie à rr à

la soi lace corni grains dans le van.

Or, intentent de celle peliiê partie, et il n'est sorte

de ruses que l'on n'imagine pour dérober tt s'approprier la pand.s autres. et beaucou]

en iffei. qu'un hemm pen-

dant lio.il J0I : S, ii Se !

Ii0ii.re.es sont dep sui lés de leur pai t e, el que i'em i e

parlera j, mais d'< n\.

Aussi on se tire ci oïl de tous côtes, on lâehe d'en

arracher au moins un lambeau, et beaucoup y laissent leurs ongles.

On se f pOUI être tn VI »

leur s'illustre par une saleté proverbiale et poi le un habit qui n'est bal ique arsque i on impertinence lui attire d-s ei de bâton.

Plus d'un porte envie au rriminel qui I n marque »ui l'i u - u lloiine, car il usurpe une. part immense de l'a tenlipu que.

,~n Nous voici à parler du bonheur.

On se plaint de toules paris que le bonheur est difficile à alteii

Cepen lanl il va lanl geûs font

leur félicité .que, dans le ruel-

qu'une à sa taille.

Nous non plus, nous nheur sans

e peu; il existi r auli re le

- ur n est-il qu'un contraste, mais il \ a une foule d lils bonln urs qui si r la vie.

la s

Cerli bin q:J. a| n i . ; lies

dans les livres saints a dans les ouvrages dis anciens au-

le i viirque 1 .:: s lequel Di< u

parla à M is i esl l'ai bi ; iae dul se : ouver Tort heureux pen-

: plus de vingt minuti

.Noir moins que celui q i là loi

que Dieu donna sur le mont Sinai étaient faites de saphir.

I ne femme peut être use de l'effet d'une robe ou

d'un no ud de ruban ■

Un homme, de nois partie aux é( bei s ou aux do-

minos sur un j nnu lit.

Poi us pas la bran-

che de clièfr eveuille qui est sur notre lable en ce moi

D'aacuns aim u l'eau ou à pêcher à la

ligne.

Ce sont deux ràleflicnl el quelque

is dans la

fc de ré inir es deux bonheui en i ours

i ■ . i oui' n :i. part, il n ne ; ro tvc qu

ait d s ; oissons dans la ri Mais, selon les . un plaisit

. • rem ; s. a \ la plume

'an ei à la première ■ v'i un m i m t la

q i ni ."''.

battant 1 1

[il'al:! :

Pour delà j a quelques ai examinâmes sérieu-

ALPHONSE KARR

semenl lequel paraîtrait le moins ridicule aux yeux du public dépêchera la ligne ou de regarder couler l'tau.

Car nous tenons singu ièrejm ni i ce pelil I milieur.

nous décidâmes pour la pêche à la ligne, el le matin,

dès que le Jour pénétrait à travers nos vitres sans rideaux,

nous nous niellions en rouie avec trois grandes gaules de

rjrier sur le dos et jious suivions le tours de la Marne

jusqu'à ce qu'il lai un endroit i enveii

i^i petit coin surtout a\aii pour nous des charnu s particuliers. Il fallait proiry parvenir quitter ablousi i t- pantalon de toile, et traverser la rivière i n nageant, puis grimper péniblement a l'aide de • ra] Inès et des branches pi ridantes. i )n arrivait la bli use et le pantalon toujours un peu mouillés, mais on était si.us des saules épais, dans vnc petite ! escarpée verte comme hiv émeraude, sur un bcati gazon tout semé de wergiss-mein-nichl el de grandes cloches blanches douccni 'n! odorantes qui s'entortillaient après les joncs.

Lu nous tendions nos lignes et nous relisions quelques lettres bien .hères, puis une douce rêverie s'emparait de nuis et, les yeux Oxés sur l'eau, qui coulait en murmurant, penchent les joncs et les wergiss-mein-nicht, nous laissions danser noire imagination el nos idées vaguement dessinées au murmure de l'eau, au frissonnement des feuilles, harmonieuse et céleste musique, jusqu'au moment où le s&leil disparaissait derrière les saules.

Il faut dire aussi que c'était un lieu enchanté : sur l'autre rive la vue était bornée par de vieux saules, et plus près de l'eau par <b's buissons d'aubépine, cl par-dessus l'aubépine s'élevaient de belles vignes sauvages dont les pampres rouges retombaient jusque dans l'eau: en ne voyail rien, on ne soupçi nnait rien au delà ; seulement detimps en temps un marlin pêcheur au plumage veri et bleu et fauve s'élançait de sa retraite de verdure et, déployant ses brillantes ailes, rasait l'eau, rapide comme le vent, et disparaissait dans les jor.es.

C'était bien beau, avec le silence, l'oubli de la ville, et d'heure en heure le son lointain de l'horloge, et les'abcilles qui bourdonnaient dans les (leurs, et un parfum d'eau et de verdure, et un air pur dont s'emplissaient les poumons avides.

Et plus que tout cela, de belles illusions, de naïves croyances e! un espoir mort depuis. Adone, quand le soleil ne lançait plus que de faibles et obliques rayons à travers le feuillage étroit des saules, nous relevions les lignes auxquelles il n'y avait pas de poissons, nous traversions la rivière, et, les fa. îles sur le dos, nous rentrions allègre el plein de bonne? et fraîches pensées.

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