‹ Le siècleChapitre 49 sur 173 · LA VEUVE ET SON ENFANT · texte numérisé non relu

LA VEUVE ET SON ENFANT

Dans la nuit du vendredi 20 novembre 1705, à la onzième lieurc, la porte d'une misérable habitation, située dans un des plus obscurs quartiers de Londres, s'ouvrit tout-à-coup, et sur le seuil parut un homme tenant une lanterne à la main.

Cet homme, qui pouvait avoir quarante ans environ, était vêtu d'un habit de couleur sombre en drap de Frise, à basques 1res amples et à collet fort étroit ; d'un gilet de nuance claire dont les poches descendaient jusqu'aux genoux, et de culottes en peluche noire. 11 portait dos ras gris en tricot, des souliers ronds a formes hautes, à talons de bois, et attachés avec de petites boucles en argent. I ne mauvaise perruque rousse surmontée d'un tricorne et un épais mouchoir de laine roulé plusieurs fois autour du coa, complétaient le costume de ce personnage. Ses vêtemens portaient l'empreinte de la vétus'é, et la poussière dont ils étaient couverts révélait des habitudes de travail manuel. 11 avait d'ailleurs un maintien décent, et surtout l'air d'un homme qui doit faire son chemin dans le monde. Il était petit, replet, peu gracieux de sa personne ; mais ses traits respiraient la douceur et la bonhomie.

Derrière lui s'avançait une femme au visage p'ile, amaigri par les privations, et dont le cbélif aspect contrastait étrangement avec, la mine florissante et réjouie ue son compagnon. Cette femme était vêtue d'une robe noire en lambeaux,

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