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LISETTE, IIORTENSE, GÉRONTE, FIERVAL

GÉRONTE

Eh I je le disais bien: c'est lui... Bonjour, mon gendre: Que jet'enibrasse... Ohlçà, nous y louchons enfin : C'est demain, mes enfans, oui, parbleu! c'est demain... Embrassez- vous.

IIORTENSE.

Mon père ! . . .

<;éuo\te.

Embrasse-le, te dis je.

IIORTENSE.

Mais, monsieur.. .

liÉRONTE.

Mais, morbleu ! quel est donc ce vertige? Quand j'ordonne une fois, c'est pour être obéi.

IIERV \l

Fh! de priée, monsieur...

GÉRONTE

Tu t'en mêles aussi...

Oh ! ma foi, je suis las de celte simagrée

(A Horteose.

A demain, à demain, la belle mijaurée!..,

\ Fierval.) Elle est jolie, au moins, malgré sçn air boudeur.

FIERVAL

Ainsi que je le dois je sens tout mon bonheur: Mais peu s'en est fallu que ce jour qu'on apprête v fût un jour de deuil, au lieu d'un jour de fêle.

GÉRONT1 .

Quel conte!

I IERVAL.

Il faut sur moi que le détail veilll; El de me voir ici Je mus émerveillé.

LISETTE,* part.

Oh ' le ciel esl Irop bon !

fierval, à Géronte, qui le regarda avec surprise. D'honneur, c'est un miracle!

CÊRONïT

Mais lu me, fais trembler!

FIERVAL

Hier après le spectacle, J'entrai chez mon orfèvre et j'y pris ces bijoux Destinés pour madame en des instans bien doux. J'en sortis seul, à pied, et sans aucun ombrage... Quatre ou cinq malheureuxm'attendaient au passage, Et soudain, de concert, ils s'élancent sur moi.

GÉRONTE

Oh ciel!

FIERVAL

Quoique surpris, je gardai mon sang-froid, Et parvins, non sans peine, à gagner la muraille. Là, tout en m'escrimant et d'estoc et de taille, J'eus dispersé bientôt ces lâches scélérats. Par un bonheur bien grand, que je ne conçois pas, J'échappai de leurs mains sans la moindre blessure, Et le plus malheureux de toute l'aventure, C'est qu'en rentrant chez moi je n'ai plus retrouvé Mon écrin que sans doute ils m'auront enlevé...

(A Hortenje.) Voire portrait en fait la plus belle partie, Et...

GÉRONTE

Va, l'original vaudra bien la copie, Il est à toi, mon fils!... Ouf! je suis tout saisi, Et de frayeur encor j'ai le cœur tout transi : Ce pauvre enfant !...

LISETTE, a part.

Je crois voir ici du mystère.

GÉRONTE

Je suis content de toi : laisse venir la guerre;

Je te ferai, mon fils, avoir un régiment,

Et, morbleu ! nous verrons... Ce garçon est charmant

Je ne vis de mes jours un homme de son âge

Réunir tant d'esprit, de tête et de courage:

Et puis avec cela c'est une ardeur, un feu '

Comme j'élais jadis... A ce sujet, parbleu !

Il faut que je te conte une certaine histoire.

C'était... il m'en souvient. . oh! j'ai bonne mémoire,

En sept cent trente... deux, non, seplcem trente-trois...

Au nombre de cinq cents nous sortions d'un grand bois,

Lorsque

FIERVAL, l'interrompant.

Mille hussards parurent dans la plaine.

i.IROXTE.

Justement, c'est cela

i ier\ m .

Nous, à p;rie d'haleioe.

Avec tons vos soldats vous gagnâtes aux pieds.

GÉRONTE

Sans doute.... quelques niais !

FIERVAL

Trois mille cavaliers Vinrentvous secourir, et sitôt qu'ils les virent, Sans tirer un seul coup, les ennemis s'enfuirent.

GÉRONTE

Au grand {,'alop, morbleu '... que ne sont-ils venus? Ah ! ventrebleul comment nous les aurions reçus !... Mais tu savais déjà ce irait de ma jeunesse : Qui l'avait raconté cette insigne prouesse» Est-ce moi par hasard ?

rouget de lisle.

tIF.îiv \l

Oui. (A. part.) Vingt ou trente foi .

(Haut.) Ou ne |»rut oublier de si brillans exploits.

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