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LETTRE LXXIX

GUSTAVE A LUCILE

Pourquoi faut-il que les soins de ton amour me soyent plus cruels, que ne pourraient l'être ceux de la haine? Tu brises les doux nœuds qui allaient nous unir, crr.inle (lue je ne sache apprécier ta tendresse. Mais dis moi , fille bizarre, quel trésor dans l'univers pourrait jamais être le prix de ton cœur I

Non, ma Lucile, je ne veux pas que la fortune me vende si cher ses faveurs. Que plutôt elle reprenne ses dons funestes, s'ils doivent m'ùler l'espérance de le posséucr.

Dès cet instant je renonce aux richesses, aux titres, aux dignités : l'éclat d'une couronne même pourrait-il être balancé dans mon cœur avec le malheur de te perdre?

Avec toi une cabane aura pour moi des charmes! je ferai mes délices des occupations d'une vie obscure. Compagnon assidu de tous tes pas, tu adouciras mes travaux, je partagerai tes plaisirs. Viens, ma Lucile, viens, retirons nous sous une humble chaumière. Assés riche de ton amour, je saurai montrer au monde, que l'univers n'est rien pour moi sans le bonheur de te posséder.

D« la rue Neuve, le 19 novembre 1770.

LETTRE LXXX

GUST.VVE A LUCILE

Quoi ! pas même une réponse ?

Mon cœur gémissant implore ta pitié et 11 te trouve sourde à ses cris !

Tu devois être ma consolation, et tu te plais à désoler mon àme!

Tu peux mettre le comble à mon bonheur, et sous les yeux je reste infortuné! , - .

Ne m'as tu donc été rendue que pour r'ouvrir les plaies sanglantes de mon cœur , et armer mes souffrances d'un» poinic plus aiguë?

Ne m'as tu été rendue que pour me faire périr de chagrin sur l'image d'un bonheur auquel il ne m'est plus permis d'aspirer?

Il faut renoiicer à te posséder, et c'est toi cruelle qui ordonne ce douloureux sacritice!

Douces illusions qui avés lant de fois abusé mon cœur, disparoissés pour toujours ! Pourquoi s'abuser encore si je ns dois à la fin moissonner que le désespoir.

LETTRE LXXXL

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