LETTRE LXXXIV
tA COMTESSE SOBIESKA -V S0.\ ÉPOITC.
A Sandomir.
L'état de Lucile m'afflige au possible. La fièvre s'est allumée dans ses veines; et sa langueur est telle que le médecin est d'avis qu'on ne doit pas la laisser plus longtems livrée à elle-même.
Gustave de son coté est tombé dans la plus noire mélancolie. Il ne veut plus voir ni connoissances , ni amis , ni parents. Son père, tremblant que dans un excès de douleur, il n'attente à ses propres jours, ne le perd pas de vue un instant.
Que d'infortunés par le seul travers d'une fille !
Venés, mon cher ami, venez au plustùt joindra votre autorité à la mienne, pour tacher de lui faire entendre raison.
De Varsovie, le 47 mars 1771 .