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lui ayant f;iii l'honneur de lui m >ul
tentures, de beaux tapis d'Orienf meubles d'art,
elle entendit vi\ / Indépendante ; ni
l'environnant, avec trente ou quai d'bonn
Mais, quoique trôa jalouse de son mari, ell< pas de ses affaires et le laissa mener le rovaun
Il le menu d'une singulière fa on. I - i de vii et un ans « qui ne faisoil que saillir «lu nid », «lit Com
a dune conquête extraordinaire»; il voulut .lier
à Constantinople chasser les Turcs infidèles et mettre sur sa tête la couronne impériale de I stantin. De la part d'un prince puissant l'enta été
audacieuse; chez un enfant malade, c'était le délire d'une imagination débile. Un fait tenant à la réalité permit au rêve de commencer à prendre consistance; les dl qu'avaient les rois de France de prétendre ai- . une Naples allaient mettre Charles VIII sur le chemin de la Grèce et de Constantinople.
Il y avait longtemps, deux cents ans, qu'un frère de saint Louis, Charles, comte d'Anjou et de Provence, était allé à ses risques et périls se tailler un royaume au sud de l'Italie. L'aventure n'avait pas duré : les Siciliens s'étaient révoltés, avaient fait des massacres, en 12 et des princes d'Espagne de la maison d'Aragon étant venus, avaient chassé les Angevins, puis étaient demeurés, deux siècles, paisibles possesseurs du royaume de Naples. Rentrés chez eux en France, les comtes d'Anjou et de Provence avaient conservé soigneusement leurs prétentions au royaume jadis détenu. En 1420, une reine de Naples, Jeanne II, n'ayant pas d'enfants et ayant adopté un angevin, René d'Anjou, un autre prince aragonais, Alphonse V, était arrivé de nouveau à la traverse et s'était emparé de l'héritage malencontreux. Or, le 10 juillet 1480. le dernier comte d'Anjou et de Provence, pseudoroi de Naples, René d'Anjou, celui qu'on a appelé « le bon roi René », mourait sans héritier direct : il laissait par
testament l'Anjou au roi de France, les comtés du Maine, de Provence et les fameux droits sur Naples à un neveu, Charles, comte du Maine, à condition qu'à sa mort celui-ci transmît le tout au roi de France; et Charles du Maine étant mort le 11 décembre 1181, Louis XI s'était trouvé possesseur de tous les biens et droits de la lignée d'Anjou. Louis XI était un homme pratique. Il mit la main sur \es territoires qu'on lui offrait; quant aux droits fumeux concernant un pays lointain qu'il fallait aller conquérir à force d'argent et d'hommes, il s'en moqua. Sa fille, Anne de Beaujeu, héritière de sa pensée, y tint si peu qu'elle manqua les transmettre à un parent des Angevins, René II, duc de Lorraine. Une circonstance occasionnelle allait les faire revivre avec le romanesque successeur du plus précis et du plus avisé des rois du Moyen âge.
L'Italie était une mosaïque d'états indépendants, inégaux, jaloux les uns des autres, toujours en guerre ensemble. Ceux qui ne se sentaient pas les plus forts appelaient à leur secours l'étranger; l'étranger était : l'empereur d'Allemagne, le roi d'Espagne, le roi de France. Le roi d'Espagne était loin, l'empereur d'Allemagne, embarrassé dans la constitution semi-fédérative du Saint Empire romain-germanique, n'avait pas ses aises. Le roi de France seul pouvait quelque chose. On avait souvent pris Louis XI comme médiateur. Les relations de la France avec l'Italie étaient suivies. Or, à cette date, se trouvait être duc souverain du duché de Milan un jeune homme assez délicat de santé, Jean-Galéas Marie Slorza qui avait succédé à son père sous la tutelle de sa mère Bonne de Savoie, sœur de Charlotte, la femme de Louis XI, et par conséquent tante de Charles VIII. Bonne était une femme peu intelligente, « de petit sens ». Son beau-frère, Ludovic Sforza, dit le More à cause de son teint basané, s'empara du pouvoir et décida de détrôner son neveu afin de prendre sa place. Les portraits qui nous sont restés de Ludovic le More, et notamment celui du tableau de Zenale au
mu- i 1 1 era de . ii<- donn<
thique du personnaj e : figi et
droit, lèvres feri quelqu'un dont on
sail ce qu'il pense; physionomie incertaine, loucl franc, tète d'homme d'affaires faux, }■ dénué de scrupule Binon d'intelligent intéressés ou bas. Le projet qu'il avait conçu n'était aisé à réaliser. Il y avait à redouter lamations de
Charles VIII, cousin du duc à détrôner, et du beau p du duc, Alphonse de Calabre, fils atné du roi Perrand de Naples. Pour se débarrasser des deux, Ludovic n'L rien de mieux <jue de les mettre en guerre l'un contre l'autre.
Il expédia des ambassadeurs à Amboise avec chaj d'acheter les conseillers influents de Charles VIII et de donner l'idée au roi de France de faire valoir droits sur Naples. Ces conseillers étaient : surtout Etienne de Vesc, l'ancien bailli de Meaux, devenu sénéchal de Beaucaire, tout-puissant sur l'esprit du prince; un ecclésiastique, Guillaume Briçonnet, que Charles VIII fit évéque de Saint-Malo; Jean de Baudricourt, le maréchal d Esquerdes ; les deux premiers en réalité les maîtres. Ils reçurent de fortes sommes de Ludovic, les documents trouvés dans les archives de Milan ne laissent pas de doute à cet éffard. Au dire de Comines. on fit aussi miroiter à leurs yeux des espérances déterminantes : Etienne de Vesc trouverait en Italie terres et comté: Briçonnet le chapeau de cardinal. Les quatre agirent d'un commun accord. Etienne de Vesc fut surtout le plus décidé. Quant à Charles VIII il donna délibérément dans l'aventure. Des seigneurs napolitains qui avaient fui leur pays devant les brutalités de leur roi poussaient à une expédition contre lui. Gros homme à figure pleine et brutale, à mine dure et impitoyable, le roi Ferrand de Naples n'avait gouverné que par des moyens violents, massacres, trahisons et emprisonnements. Etienne de Vesc fit rédiger de savants traités
qui démontraient la légitimité des droits du roi de France sur Naples et la Sicile, puis on se prépara.
A la nouvelle du projet de cette entreprise, il n'y eut personne en France qui ne le trouvât absurde. Il ne se rencontra pas une approbation. L'opposition fut vive. Charles VIII tint bon. Ludovic le More enchanté convenait que Charles VIII et tout son conseil « ne faisoient pas la moitié d'un homme sage », mais il ajoutait lorsque Charles VIII descendit en Italie : « C'est moi qui l'ai amené ei je le mènerai encore plus loin ! » Il n'allait pas tarder à éprouver lui-même beaucoup d'inquiétudes.
Une commission fut nommée pour préparer « l'entreprise », comme on disait, composée des quatre conseillers du prince et de Comines. Elle décida qu'il fallait mettre de côté 5 à G00 000 ducats, lever sur le peuple 800 000 ducats, noliser à Gênes et ailleurs 24 navires, 12 galions, 50 galères, pour transporter un corps d'armée de 10 400 hommes et réunir une armée de 41 900 hommes. On travailla à recruter tout ce monde.
11 y avait à préparer diplomatiquement l'expédition. Un envoyé, Perron de Baschi, partit pour l'Italie afin de sonder le terrain. Les Italiens étaient inquiets. La venue de ce roi étranger avec une armée ne leur disait rien qui vaille. Ludovic le More commençait à être troublé. Un traité d'alliance fut signé entre la France et le duc de Milan; Ludovic obtint que son nom y figurât. La république de Venise fit une réponse évasive. Pierre de Médicis, à Florence, exprima de vagues protestations de bonne volonté. A Rome, le pape Alexandre VI se tint dans les généralités. Ferrand, lui, armait. On avait donc obtenu au moins la neutralité de tous.
Puis, avant de quitter la France, Charles VIII régla les affaires derrière lui : il confia la régence à Pierre de Bourbon, distribua les gouvernements à des hommes sûrs. Afin d'empêcher que, sur des prétextes quelconques, les rois d'Angleterre et d'Espagne, ou Maxim il i en d'An-
Il l.i. DI iv '
triohOj ne profitassent de son tbsen e pour m jeter
les frontières, il traita eux. Moyennant
(I or, le roi d'Angleterre dé< par le
du 3 novembre I i 92, qu'il ne bougerail '
avec I* Aragon une vieille histoire d'un |
d'or fait par la France et de l'occupation e de la
Cerdagne et du Roussillon Par le traité de B
3 janvier 1493, Charles VIII céda créance et g itre
la neutralité assurée. Maximilien réclamait des provii
<|iii avaient été laissées par lui comme dot 'le sa fille,
Marguerite d'Autriche, renvoyée par Charles Y1II
de son mariage avec Anne de Bretagne. Au moyen du
traité de Senlis Charles VIII rendit à Maximilien la
Franche-Comté et l'Artois. Ainsi le roi de Fran< a lâchait
la proie pour l'ombre !
Charles VIII se mit en marche. Son armée, péniblement concentrée, le précédait divisée en deux corps: l'armée de terre que commandait Gilbert de Montpensier; les : destinées à s'embarquer, sous les ordres du duc d'Orléans, libéré de prison et réconcilié. On passa par le mont Genèvre, le bagage à dos de mulet. De l'autre côté des montagnes il se trouva qu'on n'avait déjà plus d'argent. Charles VIII, aimablement reçu par le duc et la duchesse de Savoie, leur emprunta 12 000 ducats, puis, à Asti, rejoignant Ludovic le More, lui soutira 60 000 ducats. Fort effrayé de l'orale qui fondait sur lui, le roi Ferrand de Xaples avait essayé de lever des troupes et de réunir 30 galères; il avait envoyé partout agents sur agents afin de trouver des alliances : on avait accueilli froidement ses ouvertures; il avait expédié à Charles VIII des ambassadeurs avec mission d'acheter ses conseillers: on les avait reconduits à la frontière ; de rage, il mourut. Son fds Alphonse de Calabre, qui lui succédait avec sa cruauté, sans avoir ses talents, chargea son frère, don Frédéric, d'aller à Gênes attaquer l'embarquement des Français. Frédéric mit à terre, près de Gènes, à Rapallo, 4000 hommes que le duc d'Orléans aborda vivement avec
dos Suisses et enfonça. Ce fut une première victoire, qui eut un grand retentissement.
Après une bénigne petite vérole, Charles VIII reprit sa marche. Son monde suivait sans entrain; on trouvait le temps chaud et le vin aigre: « Ils avoient cru fermement, écrit Comines, que le roi ne passeroit pas outre. » Le Milanais fut traversé facilement (octobre 1194). Le roi Charles alla voir à Milan son cousin Jean-Galéas-Marie qui était au lit très malade, affaibli, puis gagna Plaisance. Il s'avançait au milieu d'uneescorte de 7000 cavaliers, traînant une quarantaine de canons, suivi d'une multitude d'équipages, tantôt en voiture, tantôt à cheval, toujours habillé de noir. L'armée entière se trouvait assemblée à Plaisance, offrant aux regards des Italiens surpris une cohue multicolore et brutale, « gent, comme disait Sanuto, très orgueilleuse, très courageuse et gaillarde, qui portait de grandes pantoufles aux pieds et fort larges, des étriers très longs, des bottes par-dessus les grèves, de grands chapeaux sur la tête et des habits courts à longues manches ». Les habitants étaient outrés.
Il s'agissait de passer en Toscane. A Florence, ville maîtresse du pays, le peuple voulait bien recevoir Charles VIII; Pierre de Médicis, dont la riche famille était parvenue àcontisijuer la république, ne voulait pas. Certain religieux dominicain, éloquent prédicateur, apôtre fougueux et populaire, Jérôme Savonarole, qui prêchant depuis longtemps contre la corruption païenne des mœurs, criait aux Florentins: « Vous serez punis! Un homme va venir qui envahira l'Italie en quelques semaines sans tirer l'épée, et les forteresses tomberont devant. lui! » soutenait le sentiment de la foule. Charles VIII, passant outre, franchit l'Apennin. Pris entre deux feux, Pierre de Médicis vint le trouver et lui proposa de le laisser aller à travers la Toscane, à condition qu'il lui assurât la domination sur Florence. Charles VIII accepta et lui emprunta 200 000 ducats. Mais alors furieux les gens de Florence se soulevèrent, chassèrent Pierre de Médicis et saccagèrent sa maison. Le roi de France arrivait