‹ Le siècle de la renaissanceChapitre 5 sur 51 · M LE DB LA · texte numérisé non relu

M LE DB LA

ft Lucquos, à Pise, el le 17 novembre il . lit A FIo-

rence. On le recul magnifiquemen

qui firenl fuir l<i cli uTerl d'ornements d'or Les i

étaient sablées, tapissées de tentures; les

naient; le public en foule acclama. Le

des gros tambours et des petits fifres des IV ; ils

admirèrent leurs belles hallebardes dorées; les arcl

la garde, avec leurs hoquetons ou manteau* couverts d

fèvrerie, leur parurent « des seigneurs »; n

cheval noir avec son armure dorée, sa jaquette de brocart

d'or, son grand manteau bleu, son chapeau blanc cou'

plumes noires et surmonté de la couronne royale. Charles VIII

leur sembla petit. Pendant ce temps, à Milan, f> ri Gai

Marie expirait ; Ludovic se faisait précipitamment proclamer

duc de Milan après avoir obtenu contre ! assentiment

de l'empereur germanique, et Charles VIII. pris au

dépourvu, trop engagé dans son entreprise, n'avait qu'à

faire contre mauvaise fortune bon cœur, à subir ce qu'il ne

pouvait plus empêcher.

Le séjour à Florence fut pénible. Froissés par les maladresses du roi, les Florentins se montrèrent hostiles. Charles VIII obtint d'eux que Pierre de Médicis rentrât en simple particulier: il y eut des échauffourées ; finalement les habitants donnèrent 120000 ducats d'or à Charles VIII et le prièrent de s'en aller: il partit le 28 novembre.

Il avait à passer par les Etats pontificaux. Aimant peu les Aragonais, le pape Alexandre VI détestait davantage avoir le roi de France comme voisin à Xaples ; on le questionna sur le point de savoir s'il laisserait ou non passer Charles VIII; il ne sut que répondre. Machinalement il se fortifia, puis il fit supplier le roi de ne pas venir; enfin d'un coup de tète, il appela à Rome le duc napolitain de Calabre avec 5 000 fantassins et oo escadrons. Aussitôt les Français avancèrent rapidement; la cavalerie de Gilbert de Montpensier vint galoper devant les murs de Rome; sur quoi un pan de mur de la ville s'étant écroulé, le pape vit dans cet

incident un signe du ciel qui lui commandait de céder. F,? duc de Calabre fut invité à évacuer Home qui ouvrit ses portes, et le 27 décembre 1 500 soldats français défilaient dans les rues. Charles VIII arriva le 31, de nuit, sans apparat. Le pape, qui s'était enfermé dans le Vatican, pensait qu'on voulait le déposer et songeait déjà à lancer l'excommunication majeure contre le roi de France, lorsque, après réflexion, il traita, donnant passage, vivres, Civita-Vecchia et Ostia. Alexandre VI et Charles VIII se montrèrent très aimables l'un pour l'autre. Briçonnet obtint son chapeau de cardinal, le roi logea au Vatican et, ayant reçu solennellement la bénédiction pontificale le 28 janvier, repartit.

Pendant ce temps Alphonse de Naples effrayé et sentant les haines irréconciliables de ses sujets contre lui, avait abdiqué en faveur de son fils Ferrand II. Le peuple de Naples s'était soulevé aux cris de Francia! et Ferrand II n'avait eu que le temps de s'enfermer dans le château de l'Œuf pendant que son fidèle Pescaire tenait bon dans le Castel Nuovo. L'avant garde française arriva à vive allure. Le maréchal de Gié avec 40 chevaux occupa une des portes de la ville aux acclamations de la foule. Charles VIII parvint au Poggio Reale, maison de campagne des rois napolitains où les députés de Naples allèrent le féliciter. Alors Ferrand se sauva dans l'île d'Ischia, de là à Messine, pendant que le château de l'Œuf se rendait à son tour et Charles VIII, qui était entré en ville à cheval le 12 février, avec 90 cavaliers, se trouva maître de Naples : en quelques jours, de tous côtés, les provincesdéclarèrent se soumettre ; la conquête était finie ; elle avait été accomplie par enchantement, comme dans un rêve, sans résistance et sans effort.

Charles VIII était ravi. Il envoya en France des relations de ses victoires qu'il fit imprimer et distribuer, manières de « bulletins de la Grande Armée », un des premiers essais de presse officieuse; il organisa ensuite son nouveau royaume, confirma les privilèges, diminua les impôts, nomma des inagis

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lrats, dea gouverneur», distribua des gratifications itle

monde : deux duchéa à Etienne de Ve« . un m irquisal I d

'i \ . les terres du domain le duc de Montpensier lieutenant général, \. du

royaume, puis il se divertit, orj

el s'oublia pendant que L'armée buvait et te débauchait -

un ciel facile et doux

Le réveil fut brusque. Revenus de la stupeur que leur avait causée la conquête rapide du royaume de Naples, les Etats d'Italie se jugeant tous menacés, se concertèrent, d dèrent de se liguer contre le dangereux conquérant, de faire appel au secours de l'empereur, du roi d'Espagne, et le 1er avril 1495, dans le cabinet du doge, à Venise, une 1L était signée, comprenant : le pape, l'empereur, le roi d'Espagne, Ludovic le More — celui-ci soucieux maintenant de se défendre contre Charles VIII — et Venise. Le roi de France fut indigné : « C'est une grande honte ! » s'exclama-t-il, et il s'emporta. Mais les confédérés armaient; il n'y avait pas de temps à perdre; force était de regagner la frontière française le plus rapidement possible si on ne voulait pas être coupé des Alpes. La flotte française, depuis Rapallo, n'avait pas servi à grand'chose et le duc d'Orléans était allé même s'enfermer dans Asti Charles VIII fit venir les vaisseaux à Naples afin d'embarquer une partie de l'artillerie et le butin, puis, après avoir eu l'idée enfantine de se faire couronner roi de Naples et de procéder à une entrée solennelle, habit écarlate d'empereur sur les épaules, globe impérial en main, il se mit en route, laissant 12UUÛ hommes sous les ordres de Montpensier.

11 prit le même chemin que celui par lequel il était venu. Le pape ne l'attendit pas à Rome et se sauva. De Florence des ambassadeurs arrivèrent priant Charles VIII de ne pas passer par leur ville: irrité, le roi de France gagna directement Pise et s'engagea dans les Apennins.

Les confédérés l'attendaient à la descente des montagnes. lis avaient 40Û00 hommes placés sous les ordres de François

de Gonzague, marquis de Mantoue, lequel avait envoyé son avant-garde jusqu'à Fornoue, sur le Ceno, aupied des hauteurs. Charles VIII n'avait que 10000 hommes: tout le reste était en garnison, dispersé, fondu. Il eut une peine extrême à passer les défilés, la chaleur étant étouffante : c'était la lin de juin; les canons, 14 énormes pièces, durent être traînés par les Suisses. Le 30 juin l'armée française prit position autour de Fornoue; le 6 juillet les deux armées étaient en contact; la pluie tombait; le canon tonna; les troupes s'élancèrent lances baissées : ce fut un corps à corps furieux. Là-dessus on aperçut la ligne de convoi des bagages français qui s'avançait sur la gauche. Les confédérés crurent que les bagages, qu'on disait riches de butin, allaient échapper; beaucoup se précipitèrent: il y eut un flottement; les Français en profitèrent pour foncer, et grâce à la mauvaise qualité du soldat italien, en peu de temps, l'ennemi était culbuté.

La route devenue libre, Charles VIII s'en alla au plus vite. En sept jours il gagna Plaisance par une température torride, passa sous la ville sans entrer, déliladevant Alexandrie et arriva le 15 juillet à Asti. Pendant ce temps, à Naples, tout croulait. Le roi Ferrand rentrait dans la ville aux acclamations du même peuple qui avait salué Charles VIII de vivats et le royaume entier revenait à lui. Quant à Gilbert de Montpensier il s'enfermait d'abord à Castel Nuovo, puis s'enfuyait, ramassait ce qui restait de troupes françaises, 10 000 hommes, se faisait bloquer dans Atella, capitulait le 20 juillet et allait mourir de la fièvre quatre mois après, prisonnier de Ferrand. Il ne restait plus rien de l'éphémère conquête de Naples : Charles VIII repassa les Alpes.

Qu'avait-il rapporté de cette expédition qui, si elle ne fut pas néfaste, le dut à ce que « le voyage fut conduit de Dieu, comme dit Comines, car le sens des conducteurs n'y servit de guère »? Rien, « de la gloire et de la fumée », ajoute le même écrivain. On a prétendu que les Français, émerveillés, découvrirent l'Italie et en ramenèrent la Renaissance. Quand on consulte les auteurs con tempo-

rains, on - | le lotis

['Italie î 0

et André de la V neur, récit «le l'entreprise, ne font attention qu'ara Tout au plus, à ravie, Comines e Ga^ lin apei une chartreuse « laite de mari rtail en

bâstre ». Ce <jui frappe le plus Charles VIII à FI

>t une ménagerie de lions. Il visite Roi conduit par le maître de cérémonies pontifical Burchard; celui-ci nous a laissé dans son Diariwn le récit de cette visite et il ne parait pas que Charles VIII ait rien adn Naples, seul, lui a l'ait de l'effet. Charles VIII écrit qu'il est frappé des jardins et des plafonds dej dut

même ramener des ouvriers; il engagea une vin-tain.' d'individus, menuisiers, tailleurs, « fa - de senteurs », et dans le nombre, aussi, maçons, peintres, sculpteurs. Ce qu'on sait de plus sur de ces ouvriers, c'est que l'un d'eux, Pacello de Mercoliano, a importé à Âmboise et à Blois le genre des jardins italiens. Charles VIII a fait constru ; Amboise avant l'expédition et après : on ignore par sure ce qui est dans ce château exactement de lui ou de Louis XII. Il est donc malaisé de savoir en quoi l'entreprise de Na] a contribué au mouvement des arts en France.

Le reste du règne fut court et triste. D'un père d'aussi détestable santé que Charles VIII ne pouvaient provenir que des enfants malsains. Le prince eut deux enfants dont l'aîné s'appelait Charles-Orland. Il les perdit tous deux au retour d'Italie. Il ne parut pas affecté « et peu lui dura le deuil ». Il ne devait pas longtemps survivre. Le 7 avril 1498, « veille de Pâques fleuries », aux environs de midi ou une heure, à Amboise, partant de la chambre de la reine avec celle-ci pour aller voir jouer à la paume dans les fossés du château, il passa par une galerie dite de « Haquelebac » — quelque nom de Suisse montant la garde : — la porte d'entrée était en mauvais état, il se heurta le front. Il alla regarder les joueurs, resta long-

temps, causa. Tout à coup, vers les deux heures, il tomba à la renverse évanoui. On le coucha sur une paillasse où il demeura jusqu'à onze heures du soir, au milieu d'une foule consternée qui allait et venait. Trois fois il parut revenir à lui et prononça quelques mots. A onze heures, il expirait. De quoi est-il mort? Y a-t-il un rapport entre le coup qu'il s'est donné et sa fin ? Comines parle d'un « catarrhe ou apoplexie », peut-être un transport au cerveau : il avait vingt-huit ans. On lui fit de magnifiques funérailles; son enterrement dura un mois et coûta 45 000 francs.

Le prince de trente-six ans qui lui succédait, le duc d'Orléans, Louis XII — cousin issu de germain de Louis XI, par son père le poète Charles d'Orléans, son grand-père, Louis d'Orléans, assassiné rue Barbette, et son aïeul Charles V, — s'était un peu assagi avec les années. Lui, non plus, n'était pas beau : maigre, un peu voûté, figure osseuse, long nez, il avait la santé débile d'un fils de vieillard, son père étant vieux lorsqu'il naquit ; il demeurera valétudinaire toute sa vie. On l'avait élevé dans le goût des exercices physiques ; il était bon cavalier, bon chasseur, bon lutteur, bon joueur de paume, affirme Saint- Gelais ; il tirait de Tare à merveille et avec cela mangeait bien, et, disait-on. buvait ferme. D'ailleurs c'était un homme charmant, de démarche élégante et souple, « doux, gracieux, bénin » ; il se montrait fort aimable et souriant à l'égard de tout le monde, prévenant, soucieux de ne pas déplaire, gai, facile, libéral, de manières « rondes et ouvertes », un caractère en somme sympathique qu'il tenait de sa mère, Marie de Clèves, la meilleure des créatures et la plus modeste des femmes. Elevé à Blois, où il était né et qu'il aima toujours, au milieu du luxe et des richesses d'une vie large — ■ sa famille était opulente, — il avait cette distinction d'homme de race dont la branche aînée ne savait plus donner d'exemple.

tl LE BU :LB DE LA RBNAI88AN

Ce sont ces qualité! qui l'ont rendu li populaire travers !<■> Ages le renom loi esl resté de bon roi Le |)"ii|>lc l'aima pour sa bienveillance, ton esprit de jusl On se crut heureux bous son n

été dû à une prospérité exceptionnelle dont i joui la I à la fin du w Biècle <it au début du xvi*, pn été déterminée par dés raisons économiqu générales auxquelles Louis XII n'a eu aucune part : il a bénéficié de cette circonstance. Sa politiqu té t«*l!e —

guerres continuelles, dépenses ruineuses en réfi il ant — qu'il aurait <lù passer pour un prince détestable La fortune du pays a sauvé sa réputation en lui permettant payer sans surcharger les peuples ; son caractère attachant a fait le reste.

De la légèreté d'esprit que lui reprochaient Louis XI et Anne de Beaujeu dans sa jeunesse, il lui demeurait un fond d'intelligence plutôt médiocre. Ce ne fut pas un politique avisé : cette inaptitude aux affaires a donné de l'importance sous son règne à ses conseillers.

Le principal et le plus célèbre a été le cardinal Georges d'Amboise. Fils d'un ancien chambellan de Charles VII et de Louis XI, destiné à l'état ecclésiastique, Georges d'Amboise avait été nommé à quatorze ans évéque de Montauban. Il connut à la cour le futur Louis XII, plus jeune que lui de trois ans et les deux jeunes gens se lièrent d'une amitié intime qui devait durer jusqu'à la mort. De Montauban Georges d'Amboise passa à l'archevêché de Narbonne et de là à celui de Rouen. Louis XII, devenu roi, le prit pour ministre. C'était un homme doux, de formes polies, prudent, gras et chauve, un peu lourd et lent à comprendre, mais appliqué et fidèle. Louis XII eut la plus grande confiance en lui. D'Amboise fut « tout le gouvernement du roi de France» ; il eut l'esprit d'économie et de justice qui étaient les deux choses qui plussent davantage au peuple, lequel disait familièrement : « Laissez faire à Georges. » De çoùts magnifiques il construisit et fît construire par Louis XII.

GLOIRES ET FUMIiliS DITAUK 83

Deux défauts le déparent : il a trop poussé sa famille, frères, neveux; il a eu trop d'ambition, voulant être pape, ce qui a causé au royaume nombre de déboires. Mais, comme son maître, il a bénéficié de l'aisance extraordinaire des peuples du temps et laissé la réputation d'un meilleur ministre, peut-être, qu'il n'a été.

Les autres conseillers furent des gens de sens rassis, habitués aux affaires : le chancelier Guy de Rochefort, le maréchal de Gié, Louis de la Trémoïlle — l'ancien vainqueur du duc d'Orléans à Saint-Aubin du Cormier, un peu ému lors de l'avènement du nouveau roi, mais auquel celui ci fit le plus aimable accueil, — le chanoine Etienne Poncher, ensuite évoque de Paris, un savant, fort éloquent, rude homme, au jugement sain; Florimond Robertet, « le bon Florimond », type et modèle des secrétaires d'Etat dont il est l'ancêtre, administrateur zélé, homme exact et consciencieux, sorti d'une famille modeste de Montbrison et qui fera tout, après la mort de Georges d'Amboise ; Imbert de Ratarnay, l'amiral de Graville.

Devenu roi, Louis XII s'appliqua à tranquilliser ceux que son avènement pouvait faire trembler. « Il n'est pas décent et à honneur à un roi de France, répétait-il, de venger les querelles d'un duc d'Orléans .» Il fit dire qu'il ne changerait de place rien ni personne ; il fut pour tous des plus prévenants : on le trouva parfait. Anne de Bretagne, surtout, que la douleur accablait, n'eut qu'à se louer de ses attentions. Il s'occupait beaucoup d'elle. Aux termes du contrat de mariage de Charles VIII avec la duchesse, celle-ci, devenue veuve,, devait épouser le successeur de son mari. C'est à quoi songeait Louis XII. Il voyait à ce projet trois avantages : garder la Bretagne; épouser une princesse qu'il aimait depuis longtemps sans le dire; répudier sa propre femme, qui était laide, lui était indifférente et n'avait pas d'enfants. Ce fut la première affaire de son règne.

La femme de Louis XII, Jeanne de France, fille do

LE SIECLE DE LA Kl.'

Louis XI. personne aui Jins — h en ji

d'après l<- masque de plâtre moulé sui s sa

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comme fermée, par surcrott « peti

teuse Jadis Louis XI ayant trou mariage à sa

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le duc d'Orléans n'avait que onze ans; celui ci, ne voulant

et pleurant, le vieux roi l'avait menacé de le 1 « prêtre ou moine » et il avait fallu céd r Depuis, le petit prince n'était jamais revenu à des sentiments bien tend] Le projet d'épouser Anne de Bretagne résolu, L lis XII s'occupa tout d'abord de faire annuler en cour de R sa première union. Le1 pape «'-tait à ce moment Alexandre VI. le fameux Borgia. Georges d'Amboise s'aboucha avec le triste fils du pontife, César B g el ils convinrent ensemble de combinaisons. L'instance en nullité de mariage était recevable pour huit raisons canoniques, jeunesse des époux, leur parenté, leur non-consentement, etc. Le procès suivit favorablement et pour la peine Louis XII donna à César Borgia le comté de Valentinois qu'il transforma en duché, plus 20 000 livres de pension. En retour C apporta à Paris le chapeau de cardinal à Georges d'Amboise Jeanne de France se défendit avec dignité et fermeté; on la plaignit; Louis XII ne fut pas brillant. Les juges, naturellement, prononcèrent en faveur de l'annulation qui fut décidée. La malheureuse Jeanne, que des visions consolaient, accepta avec humilité la volonté de Dieu ; elle se retira à Bourges où elle fonda Tordre de l'Annonciade et où elle devait mourir en 1505, inaperçue, obscurément, et tenue pour une sainte.

Anne de Bretagne avait accepté Louis XII; ayant aimé Charles VIII, elle allait aimer son nouveau mari. Elle avait goûté aux grandeurs de la royauté, elle ne se souciait pas de redevenir simple duchesse. Le mariage des deux époux eut lieu à Nantes en janvier 1499. « La fine Bretonne », co mie l'appelait en riant Louis XII, eut soin de faire

stipuler que si elle n'avait pas d'héritier, la Bretagne reviendrait non au roi de France, mais aux siens. Le couple alla s'installer au château de Blois : ce devait être un ménage modèle par la tendresse réciproque, le dévouement et la fidélité de l'un et de l'autre.

Après cette première affaire du règne, la seconde, beaucoup plus grave, fut l'idée qu'eut Louis XII d'aller en Italie conquérir le Milanais.. Il n'y a pas eu de rapport immédiat entre cette entreprise et celle de Charles VIII; les motifs sont différents, les buts dissemblables. Tout en étant moins déraisonnable que d'aller conquérir Constantinople en passant par Naples, le projet de Louis XII n'était pas moins impolitique. Comme le disait au conseil du roi Etienne Poncher, qui combattait vivement l'idée, le roi de France eût mieux fait de s'occuper « à borner » son royaume. Pendant des années Louis XII a dépensé quantité d'argent et d'hommes afin de maintenir cette conquête précaire ; il s'est trouvé engagé dans des séries interminables et fastidieuses de complications internationales renouvelées pour aboutir à évacuer finalement l'Italie ! Peu de règnes offrent le spectacle d'une politique aussi vaine avec autant d'efforts stériles. Le conseil, ou plutôt dans ce conseil, Georges d'Amboise a soutenu et encouragé le roi. Le fait que pendant l'occupation du Milanais Georges d'Amboise a cherché par tous les moyens à devenir pape semble indiquer la raison d'être de cette constance de Louis XII à soutenir ses droits sur le duché de Milan.

Ces droits, il les tenait de sa grand'mère, Valentine Visconti, fifle de Jean-Galéas Visconti, premier dur de Milan, et femme de Louis d'Orléans assassiné par Jean sans Peur. La lignée de Jean-Galéas s'étant éteinte, c'étaient les héritiers de Valentine qui devaient être lc3 maîtres de Milan. Mais au cours du xve siècle les d'Orléans, prisonniers à Londres, ou trop jeunes, n'avaient pu s'occuper de cette affaire et des condottiere, h%> Sforza, s'étaient emparés" de leur héritage. Tout au plus avaient-ils conservé

M LE 3IÊ

en Piémont la dot de Valentine, le comté d'Aiti M sur le trône, Louis XII .lut à revendique!1 ces di

en déshérence < 1 < * | »u i -^ liîT. depuis cinquante tus B homme, Louis XII oe vengeai! peut-être i culiers les rancunes du duc d'Orléans, mais médiocre politique il oui ployai t l'argent de ses peupl nu procès personnel du Hue indifférent au royaume.

Le conseil, obligé de suivie, prépara l'affaire. On cia avec les étrangers pour avoir leur neutralité, Venise pour gagner son alliance, avec les Suisses afin d'obtenir leurs soldats; on flatta César Borgia pour a le pape ; le piètre Ludovic Sforza que personne n'aii en raison de ses fourberies était abandonné de tous. En juillet 1499, l'armée française était prête. Les trois lieutenants généraux la commandant : Jean-Jacques Trivulce, Louis de Luxembourg, seigneur de Ligny, Stuart d'Aubigny, passèrent les Alpes avec 13 000 fantassins, 6 che-

vaux, 58 canons ; ils s'emparèrent une à une des places : Alexandrie fut enlevée d'un coup de force, affreusement saccagée. Trahi et isolé, Ludovic chargea ses trésors sur des chariots, partit pour Corne, passa les Alpes, dut se cacher dans une grotte, finalement se réfugia à Innspruck chez l'empereur Maximilien, l'homme le plus changeant et le plus étrange de l'époque. Le Milanais était entre les mains de Louis XII. Il avait suffi d'une promenade de vi jours pour l'occuper. Pendant ce temps, les alliés vénitiens s'emparaient vers l'est, de tout le Crémonais, jusqu'à l'Adda, qui faisait leur affaire. Joyeux de sa conquête, Louis XII vint la visiter, fut reçu magnifiquement partout, banqueta, donna audience aux ambassadeurs de toute l'Italie qui s'inclinaient devant le vainqueur, et permit à César Borgia d'aller conquérir avec les troupes françaises quelques villes : Imola, Forli, Pesaro, sur des parents de Ludovic, pour se créer une petite principauté indépendante.

Lorsqu'il fut revenu en France afin d'aller embrasser une petite fille, Claude, qui venait de lui naître, tout chan-

gea dans le Milanais. Trivulce, laissé comme lieutenant général, ayant commis des maladresses, mécontenta, par « son air hautain et remuant ». Les soldats français étaient brutaux; Ludovic pratiqua le pays au moyen d'émissaires, parvint à recruter une bande de 20 000 aventuriers italiens, suisses, allemands, et passa la frontière milanaise. Mobiles, comme toujours, les populations se déclarèrent pour lui. Milan se souleva le 25 janvier 1500, et Trivulce, ayant manqué être assommé, prit la fuite Ludovic rentra triomphant dans Milan : sort ordinaire des conquêtes trop faciles de tomber aussi facilement. Les Français évacuèrent péniblement en se retirant vers les Alpes.

Louis XII décida de reprendre son bien. Une nouvelle armée franchit les monts sous les ordres de Louis de la Trémoïlle qu'accompagnait Georges d'Amboise. Ludovic marcha à sa rencontre avec 30 000 hommes et on s'aborda à Novare le 8 avril 1500. Malheureusement pour Ludovic, ses aventuriers, qui n'étaient pas sûrs, ne se soucièrent pas de se battre sérieusement, et puis on ne les avait pas payés. Les uns ne bougèrent pas, les autres s'en allèrent, le reste fut bousculé. Ludovic, obligé de se déguiser en piéton allemand, fut reconnu et pris. Cette fois, son sort était définitif. La Trémoïlle le traita courtoisement, l'invita à dîner, chercha à le consoler, lui parla de la « débonnaireté du roi » ; mais le malheureux allait durement expier le reste de sa vie ses heures de grandeur et de fortune. Pendant que le cardinal d'Amboise, entrant à Milan, consentait, dans une parade solennelle, à pardonner aux Milanais implorants, Ludovic était conduit par deux cents archers à Lyon où il entrait entre deux haies d'une foule compacte, curieuse et hostile, revêtu d'une robe de camelot noir, monté sur un mulet, faisant grand effet avec sa haute stature, sa longue chevelure blanche, son air froid et impassible. Louis XII refusa de le recevoir; il le fit enfermer successivement à Pierre-Encise, au Lys-Saint-Georges, dans le Berry, puis enfin à Loches, « dans une chambre

\< itée de terre », derrière dei I i on

croit qu'il mourut ven ! '■> 1 0.

{\ d'Ambois< nisa le M il y fit nom-

mer comme gouverneur un d I

boise, ligneur de Chaumonl sur 1 .

déjà grand-mattre de IV, un on doux, bienveillant,

qui réussil très bien. La situation de L .1'.

Europe, était excellente. Pour lui tén nie,

le pape nommait le cardinal Georges d'Amb en France, situation insigne, sort*- de rice-papaul

Alors heureux de ses succès, mis en goût de conquête, Louis XII eut l'idée d'étendre ses | - italiennes

et pour cela de reprendre les projets «!<■ Charles VIII sur Naples au nom des laineux droits rois de France

dont il était l'héritier. L'insucot son pi ir ne

lui apprenait rien. Etait-ce d'Aï qui désirait

rapprocher de Rome?

Pour éviter seulement les discussions avec le roi <1*F-pagne, lequel pouvait venir lui disputer le rovaume voité, Louis XII crut habile de partager à l'amiable d'avance le royaume de Naples avec le compétiteur possible. Par le traité de Grenade il lut stipulé que l'Espagne aurait la Calabre, la Pouille. puis la France le reste — indications vagues. Ainsi on satisfaisait 1 versaire le plus dangereux et on ménageait l'Italie en ne se présentant pas comme seul conquérant du pays napo- ' litain. Ces précautions allaient se retourner contre leur auteur.

Une armée française se mit en marche en mai 1501, commandée par Stuart d'Àubigny ; le cardinal d Amboise précédait et César Borgia, de la fête, menait l'arrière-garde. Ce fut encore une promenade militaire. On entra à Rome le 25 juin, où on reçut la bénédiction papale ainsi que dv?s vœux, pas très sincères d'ailleurs. Ensemble Français et Espagnols, chacun de leur côté, envahirent le royaume de Naples. Le roi du pays, Frédéric, incapable de résister,

enferma ses troupes dans quelques villes : celles-ci se rendirent aux premières sommations; Capoue, seule, prise d'assaut le 25 juillet, fut horriblement pillée, les habitants égorgés. Frédéric, plein d'épouvante, capitula, et il s'en alla en pleurant « avec sa femme désolée et ses petits enfants déshérités »; il vint en France où on lui promit une pension de 50 000 livres. Lui parti, les Espagnols et les Français occupèrent ce qui revenait à chacun, aux fermes du traité de Grenade. Les Espagnols étaient commandés par un militaire de grande valeur, général habile, homme froid, calme, remarquable d'intelligence et de maîtrise, (ionzalve de Cordoue. Il avait plus de soldats que les Français.

Ce qu'on aurait dû prévoir arriva. Le traité de Grenade n'ayant pas clairement Indiqué quelles étaient les limites des possessions des deux rois partageants, il y eut des discussions. Louis XII avait nommé gouverneur et vice-roi de Naples Louis de Nemours. Gon/alve de Cordoue n'était pas endurant. 11 trancha les difficultés en s' emparant brutalement des places discutées et en en chassant les garnisons françaises. Les rapports des deux gouverneurs devinrent aigres, s'envenimèrent. Gonzalve rompit avec Nemours. Peu à peu l'état de guerre s'établit. Louis XII avait partagé Naples avec l'Espagne afin d'éviter un conflit. Il n'avait réussi qu'à le provoquer.

Il envoya des troupes, 2 000 Suisses, 10 000 Gascons. Le roi d'Espagne en expédia aussi, 2 500 Allemands, 10 000 Espagnols. La bataille eut lieu à Seininara, le 21 avril 1503; c'était Smart d'Aubigny qui dirigeait les Fiançais'; Gonzalve de Cordoue l'écrasa, lui tua 2 000 soldats, puis, appelant à lui toutes les garnisons, marcha sur le duc de Nemours qu'il atteignit à Cerignola. Nemours fut battu, tué, le désastre était complet. Au moment même Louis XII traitait avec le roi d'Espagne, mais Gonzalve n'en avait pas tenu compte, a II m'a trompé deux fois! » s'écria le roi de France indigné en parlant do

30 il SIÈCLE DE Là

Ferdinand le Catholique : « II en -i menti, l'h riposta celui-ci «-n apprenant le mot, j(- l'ai trompé plus

de dix fois! »

Au lieu d'être instruit par cette cruelle leçon, I. XII s'acharna De nouvelles troupe- i ni pour N

11000 hommes. Alexandre VI venait de mourir dans conditions dramatiques, empoisonné peut être pi ali-

ments qu'il avait destinés à d'autres. ( BS d'Amfa

accourut au conclave pour se faire nommer pape : il avait bien préparé ses voies ; le sort en décida autrement. Pie III fut élu, puis, étant mort vingt-deux jours api fut remplacé par Julien de la Rovère, qui allait être le pape Jules II, l'illustre pontife, protecteur des art- mécène du temps, mais au caractère si ardent, si batailleur, si ><>ldat.

Les 11 000 hommes expédiés à Naples traînèrent une existence misérable, leurs chefs divisés; la maladie les décima; le temps fut des plus mauvais. Traqués par l'habile Gonzalve de Cordoue, ils furent pièce à pièce démolis et finalement se rendirent à Gaëte le 1" janvier 1504. C'est au cours de ces luttes de chaque jour que se distingua un chevalier dont le nom a traversé les siècles, comme symbole de courage, de ténacité, de vigueur audacieuse et d'héroïsme, Bavard, qui fit, entre autres, à un pont sur le Garigliano, une défense demeurée célèbre.

Louis XII, dont l'âme était sensible, fut consterné par la nouvelle de ce nouveau désastre. Il en fit une maladie. Depuis longtemps sa santé était délicate, il maigrissait à vue d'œil, s'affaiblissait, s'épuisait. Il fut si atteint qu'on crut qu'il allait mourir et l'entourage éprouva une vive inquiétude. Anne de Bretagne, fort alarmée sur son avenir, crut devoir prendre quelques précautions. Louis XII n'ayant pas d'enfant mâle, le trône devait revenir après lui à un de ses petits-cousins, François, comte d'Angoulême, le futur François Ier, un jeune homme qui était élevé à Amboise par sa mère, très femme de tète, Louise de Savoie et son gou-

verneur, Pierre de Rohan, maréchal de Gié. Anne et Louise, ce qui est explicable, ne pouvaient pas se souffrir : les deux mondes d'Amboise et de Blois éprouvaient à l'égard lun de l'autre un sentiment d'antipathie aiguë. Lorsque Anne de Bretagne, soucieuse, en cas de mort du roi, d'échapper immédiatement à l'autorité menaçante de Louise de Savoie et de son entourage en se réfugiant dans son duché de Bretagne, se hâta de faire charger sur des bateaux tout ce qui lui appartenait à Blois, meubles, tentures, objets d'art, et de les faire partir sur la Loire pour Nantes, le maréchal de Gié, qui avait appelé des troupes près du comte d'Angoulême et se préparait au nouveau règne, croyait-il, imminent, lui joua le tour de saisir le convoi et le bruit se répandit qu'il pensait faire arrêter Anne de Bretagne sitôt qu'elle serait veuve. Là-dessus Louis XII étonna tout le monde en revenant à la santé. Mais la fière petite Bretonne qu'était la reine Anne avait été trop humiliée de ce qui lui était arrivé; elle réclama l'arrestation immédiate du maréchal de Gié et sa mise en jugement pour crime de lèse-majesté. Fort ennuyé, Louis XII aurait voulu éviter un aussi lamentable malheur à un vieux serviteur de la couronne, ancien ami. La reine tint bon. Il fallut céder. Le procès du maréchal de Gié a été un des gros événements du règne de Louis XII; il a fortement ému 1 opinion qui l'a suivi passionnément. Il fut très long. Le parlement de Paris paraissant favorable à l'accusé qu'il avait remis en liberté provisoire, Anne fit dessaisir la cour de Paris — elle payait les frais énormes de la procédure afin d'être plus sûre de sa vengeance — et on confia le procès au parlement de Toulouse dont la réputation de sévérité était notoire. Les juges ne purent ou ne voulurent retenir que quelques peccadilles d'exactions et d'excès de pouvoir. Par l'arrêt, Gié fut privé du gouvernement du comte d'Angoulême, suspendu cinq ans de sa dignité de maréchal, exclu de la cour dont il ne devait pas approcher de dix lieues. Il se retira dans son magnifique château du Verger où il devait mourir en 1513; le public accusa Georges d'Amboise d'avoir

soutenu Anne de Bretagne par ci

Après sa première maladie en \II e

rechute en 1 505 qui fut aut i

grande joie du peuple qui aimait i e I omme de prii

si bon, si sympathique Dans ses heures de convalesc< roi lil des réflexions ; il pensa à son testant it; il que

c'étail folie de continuer l'aventure napolitaine; il résolut de marier sa Glle Cfaude, cette chère enfant qu'il adorait, qui étail a toui son trésor el tout son soûlas en ce monde le petit-cousin héritier présomptif, lecomted'Ângoulême, en faire une reine de France et conserver la B au

royaume. Le conseil auquel il communiqua approuva. Il fallait décider Anne de i ne qui ne pouvait

enten Ire parler des d'AngouIème. Puis Anne rêvai i pour sa fille un archiduc qui eût mis celle-ci sur le trône rial

allemand et conservé à sa Bretagne une ma ten-

dance qu'elle finirait par perdre à s'unir avec la France A mesure qu'elle avançait en Age, « la fine Bretonne » devenait de plus en plus entière, autoritaire et personnelle. Devant les instances universelles elle fit une vague réponse. Louis XII s'inquiétait. Il désirait un engagement plus formel. On usa de pression pour décider la reine. Sur Tordre secret du roi des députations de nombreuses villes arrivèrent à Tours où était Louis XII, formèrent une grande assemblée qui, tout suppliant, requit solennellement le roi de procéder aux fiançailles de Claude et de François. A la vue du souverain, sur son fauteuil, tout courbé par la maladie, pâle, amaigri, se soutenant à peine, ces braves gens pleuraient et l'appelaient a père du peuple ». Suivant le plan arrêté d'avance, le conseil consulté donna un avis favorable; le roi déclara la demande juste et raisonnable et prononça royalement que les fiançailles allaient se faire séance tenante. Anne de Bretagne avait la main forcée. Les fiançailles eurent lieu; le royaume entier manifesta une joie extrême. Hélas ! l'Italie allait ramener aux tristesses et aux déboires.

Altière et hautaine cité, égoïste, cynique, qui, du milieu

de ses lagunes où elle était inaccessible, semblait mépriser le reste du monde, la république de Venise avait été prise en grippe par les Etats de la péninsule. Elle s'était taillé dans rilalie un domaine assez considérable en s'emparant du pays au nord, du côté des Alpes, au détriment de l'empereur, au sud, vers les Apennins, au détriment du pape, à l'est vers l'Adda, rognant les possessions du Milanais. Celui qui souffrait le plus des amputations faites à ses territoires était Jules II. Jules II projeta d'organiser une ligue contre Venise afin de lui faire rendre ce qu'elle avait pris. Il sollicita d'en faire partie : Louis XII, l'empereur Maximilien, le roi d'Espagne, le roi d'Angleterre. Louis XII, auquel on énuméra les faussetés, les trahisons, les violences de la république, consentit. L'Espagne et l'Angleterre, qui n'avaient pas grand 'chose à tenter ni à craindre, acquiescèrent. Les confédérés conclurent à Cambrai la ligue qui porte le nom de cette ville (1508). Il fut convenu qu'on marcherait contre Venise. Mais qui marcherait ? Evidemment Louis XII, seul en mesure de procéder à une action militaire efficace. En vain, au conseil, le fidèle Etienne Poncher s'éleva contre une politique de duperie et de sacrifices, au moins inutile sinon dangereuse; il fit valoir que les autres confédérés ne pourraient rien faire, que Louis XII ne travaillerait que pour eux, puis que, en fin de compte, on le trahirait. Georges d'Amboise était ferme partisan de l'aventure, on ne voit pas très bien pourquoi : la lutte contre Venise fut décidée.

Une armée française d'une quarantaine de mille hommes fut assemblée dans le Milanais sous les ordres de Chaumont d'Amboise. Les Vénitiens mirent en ligne des forces équivalentes conduites par Petigliano et Alviane. A cheval, Louis XII vint voir ses troupes passer l'Adda, tambours battants. Le choc eut lieu à Agnadel le 14 mai 1509 : on attaqua avec beaucoup d'ordre, quoique les ennemis eussent été rencontrés d'une façon un peu gauche ; malgré le feu violent de l'artillerie vénitienne qui ravageait les colonnes

LE SIÈCLE OE LA RBNAT3SAXCS. 3

h .m ci, d'une pou • i

leurs a Iversaires prirent la fuite I lit une brillant Jules Il «mi profita pour reprendre aux Véniti<

ii/.i, Imola; l'empereur Maximilien voulanl ala curée, mil la main but Vicence, Pad( I

Louis XII avait occupé la Ghiara d'Adda, I (

mone, Bergame. Cela fait, chacun con clos : le roi «le France licencia son ai les maladies décimaient et que les

blaient. Le pape, tenant ce qu'il voulait, proposa aux Vénitiens de se réconcilier et de les absoudre de l'excommunication qu'il avait lancée contre e ;\. ce qu'en gens habiles les s'empressèrent d'accepter. A ivoir ainsi formé une

ligue contre Venise pour faire marcher Loin- XII. Jules II abandonnait cette ligue en ayant tiré ce qu'elle vait lui

donner. Quant à Maximilien, toujours flottant, touj< changeant, il avait disparu.

Les Vénitiens armèrent de nouveau. Louis XII comprit enfin, mais trop tard, qu'Etienne Poncher avait eu ra a que tout le poids de la lutte allait retomber sur lui seul. v ami, le cardinal d'Amboise, venait de mourir, le 25 mai 1510 d'une affection intestinale compliquée de goutte; il avait cinquante ans : c'était un gros chagrin pour le prince.

D'allié le pape était devenu neutre; de neutre il n'allait pas tarder à se déclarer hostile. Sincère ou non. il prétendit que l'ambition du roi de France était un danger pour l'Italie, laquelle était tout entière menacée d'envahissement par étranger, et il prêcha la guerre sainte. En vain. Louis XII le supplia, le menaça. Uni aux Vénitiens, le fougueux pontife se disposa à commencer les hostilités. Le roi de France essava de réunir à Tours un concile de l'Eglise de France qui implora du pape la fin de cette lutte sacrilège : le pape ne voulut rien entendre. L'Europe s'alarmait d'une guerre contre le souverain pontife ; Anne de Bretagne, très pieuse, était désolée. Il fallut açir. Le commandant en chef des troupes pontificales, le marquis de Mantoue, qui portait ie

titre de gonfalonnier de Y Eglise, s'avançait du côté de Ferrare, attaquant et prenant des places. Chaumont d'Amboise se mit en mouvement, lui reprit ses conquêtes et marcha vers Bologne où se trouvait Jules II. L'annonce de l'arrivée des Vénitiens sur ses derrières l'obligea à reculer. Le pape excommunia Chaumont et vint mettre lui-même le si devant la petite ville de la Mirandole. Dans une embuscade, au sortir de Bologne, il manqua être enlevé par Bayard et « trembla la fièvre tout au long du jour de La belle peur qu'il eut ». On le voyait, tout vieux qu'il était, monter à cheval, inspecter les attaques de la Mirandole, indiquer remplacement des batteries, parcourir les postes. Une fois la brèche pratiquée, la ville se rendit. Jules II entra fièrement par un pan de mur écroulé.

Chaumont d'Amboise étant mort, on nomma pour le remplacer un tout jeune prince de vingt ans qui s'était signalé par une grande bravoure, Gaston de Foix, duc de Nemours, et Louis XII expédia des renforts. L'armée française reprit l'offensive. Bologne occupée, on offrit la paix au souverain pontife qui en proie à « l'opiniâtreté, la haine et le dédain», refusa. Il gagna Rome d'où joignant son armée à celle des Aragonais de Naples il revint sur Gaston de Foix cjui l'attendait de pied ferme avec 18000 fantassins, 1600 hommes d'armes et 80 canons. La rencontre eut lieu à Ravenne (1512); la bataille fut chaudement disputée; finalement ceux qu'on appelait « les ecclésiastiques et les espagnards » se trouvèrent culbutés; mais malheureusement dans une chai finale et secondaire, Gaston, emporté par sa témérité, fut tué d'un coup de lance dans le flanc. La victoire était brillai elle coûtait cher. La Palice prit le commandement troupes.

Par surcroît, cette victoire ne rapporta rien. Elle fut même le signal de la débâcle complète. Après de difficiles négociations, les Vénitiens étaient parvenus à intéresser au sort de l'Italie d'où il fallait, disaient-il, chasser définitivement le roi de France, les Suisses, Maximilien, le roi d'An-

LE -il

zleterre ; ils retournaient la ligu< I '• H

Trois armées marchèrenl mit La P enanl I m-

gibilité dans laquelle il m trouvait de lutter, ne chercha i disputer le terrain ; il battit tout, Milan, le Milanais . en quelq coûte ise, -i dispu ndrail . et on fil - de Ludi

qu'on avail retrouvé, Maximilien Sfon le

trône ducal de - »n .

JuKi> II triompha; il avait lancé l'excommun cation i le roi de France, mis son royaume en interdit et cette fois Louis XII se sentait vaincu Anne de Brel gne alors osa

à son mari d'intervenir personnellement près dupa] de la lutte <jue leroi de France soutenait contre le souverain pontife, rllc .'-tait (1 ouïe urée, aprèsavoir mis au monde encore un entant qui ne vécut pas. malade, languissante, accabl sa santé déclinait; l'avenir la préoccupait. M g lan-

cailles de sa fille Claude avec François d'Angoulême, elle pensait toujours au mariage avec l'archiduc d Autriche que seule la paix pouvait permettre de reprendre Elle s'offrait afin de fléchir Jules II. De lassitude, Louis XII la laissa faire. Jules II ne voulut rien écouter, mais pris d'une fièvre lente, il mourait le 24 janvier 1313. à l'âge de soixante-dix ans et un jeune cardinal de trente-septans, Jean de Médicis. lecèlèore Léon X, ayant été nommé, on se trouva en présence d'un pape plus maniable. Léon X déclara d'abord qu'il voulait rester neutre ; il accepta de recevoir à Rome des ambassadeurs de Louis XII, Claude de Seyssel, Claude de Forbin, puis, pour commencer, il leva toutes les censures portées contre leroi de France: de ce côté l'horizon s'éclaircissait.

Il restait sombre ailleurs. Le roi d'Angleterre, Henri VIII, débarqué sur la côte française avec une armée, avait rencontré un corps français à Guinegate, lavait mis en si complète déroute que les vaincus ayant fui à franc étrier, avaient eu la honte d'entendre appeler cette affaire la Journée des éperons. Louis XII accourut à Amiens afin de surveiller la frontière. Mais, de son côté, l'empereur parlait

d'envahir la Bourgogne et les Suisses attaquaient délibérément. Ce fut un moment critique et plein d'angoisse. Heureusement pour le roi de France, la situation se dénoua d'elle-même par défaut d'entente des adversaires. Les Suisses consentirent à s'en aller moyennant un traité, signé par la Trémoïlle, tellement onéreux pour Louis XII, qu'après coup celui-ci refusa de le ratifier, mais l'essentiel était fait, les montagnards n'étaient plus là. Maximilien s'évanouit comme toujours. Henri VIII mécontent de le voir lâcher pied, se retira et Louis XII finit par faire la paix avec lui. Le pape était disposé à ramener la concorde en Italie à condition que le roi de France renonçât au Milanais. Louis XII se fit enfin à l'idée douloureuse; il proposa, comme moyen terme, de donner ce pays à sa seconde fille, Renée, en dot, et de marier celle-ci avec un fils du roi d'Espagne. Le roi dEsp gne qui entrait dans la combinaison, se réconcilia. Peu à peu tout se calmait; la paix enfin était obtenue au prix de la faillite définitive des idées de conquête italienne de Louis XII.

Et le pauvre roi rentra mélancoliquement à Blois. Il y avait passé ses premières années heureuses, il venait y vivre ses derniers jours attristés : vieille demeure, « séjour de ses père et mère, lieu de sa nativité, ville aux rois ! » Ne pouvant souffrir l'antique manoir féodal massif et imposant, forteresse menaçante et incommode qui s'y trouvait, il avait fait abattre l'aile orientale et l'avait fait réédifier dans le style nouveau. C'était la mode que les grands personnages du temps élevassent maintenant des constructions régulières d'apparence, largement ouvertes au soleil, au lieu de s'enfermer, comme auparavant, derrière les tours de défense obscures des châteaux du xvc siècle : de hauts combles aux extrémités dorées, des lucarnes élevées tout encadrées de sculptures élégantes, galeries ajourées, encadrements de fenêtres simplement moulurés, mais de dessin seyant, le tout gothique encore d'allure, avec des gables et des choux à la façon des anciennes cathédrales, mais

ii. -ni par le haut goût artistique que ! i lail : !<•- édil Baux plaisaient infiniment I '

de I lohan, maréchal de I > du

. Georges d'Amboise, qui aimait la magnifi avait fait bâtir à Rouen le palais d< ma

l'archevêque, la résidence de Gai lion, un des pi quables monuments du moment, dmirable

el «le variété; à son instigation Louis XII avait

i la chambre des comptes au palais de Paris, continué Amboise qu'avait commencé Charles VIII I dans les mêmes principes : charmante construction, cette aile Louis XII, si tï <ùt, de m<

hou et de décoration sobre. On a trouvé des noms d'ouvri on n'a pas rencontré le nom de l'architecte; il est j qu'on ne le rencontre pas et que ce soienl desmatta du pays habitués à construire des pavillons similaire- d

mtrée qui aient exécuté pour le roi une œuvre particulièrement soignée et habilement faite. Louis XII eût peutêtre reconstruit tout Blois dans le même genre si le temps et l'argent ne lui avaient pas fait défaut. Son animal emblématique, le porc-épic hérissé, avec la devise Comimisac emintu « de près et de loin » (allusion à la croyance du temps que le porc-épic lance ses dards pour se défendre), témoigne par sa présence de ce qu'a édifié le prince.

Et c'est là. dans ce « logis neuf » de Blois comme on l'appelait, qu'il vécut ses derniers jours avec la reine Anne, en ménage uni, tendre, paisible. Gomme du temps de Charles VIII, la riche Bretonne avait orné la demeure royale de ses œuvres d'art; elle l'avait tendue de ses opulentes tapisseries, nombreuses, historiées : dans la grande salle, tenture représentant la destruction de Troie; dans la salle « où mangeait le roi », la tapisserie dite « la bataille de Formignv » ; dans la chambre de la petite princesse Claude, des bergeries avec de « petits écriteaux » et de petits personnages ; dans la salle de la reine, des histoires et des batailles ; dans la chambre à coucher, des bètes et des

oiseaux extraordinaires de pays étrangers; partout elle avait mis une profusion de meubles et de draperies : dosselets de drap d'or frisé sur les cheminées, lits « accoutrés de drap d'or », ornés de pavillons en damas cramoisi ou de damas blanc; lustres d'argent tenus par des chaînes d'argent; rideaux de taffetas jaune et rouge ; buffets recouverts dé tapis de drap d'or; tabourets de velours ou « carreaux » pour s'asseoir; « chaises dorées et ouvrées venant d'Italie » ; sur les parquets, des tapis, « tissus velus, tellement qu'il n'apparaissait rien du plancher » ; luxe chaud sous les solives peintes, épaisses et basses, chatoiement de couleurs et dors dans un cadre de note intime et recueilli.

Anne de Bretagne vivait là au milieu de ses femmes, travaillant à la quenouille ou à l'aiguille pendant qu'un secrétaire lisait des romans ou des histoires, qu'un poète — de ceux qu'elle favorisa et pensionna, Jean Marot, Jean Meschinbt, — disait des vers, lesquels elle écoutait plus par mode que par goût (car elle n'était pas des plus fines en fait de jugement littéraire) ou que quelque fou de cour, tel Triboulet, bonhomme voûté, aux gros yeux, au gros nez, au petit Iront, lançait des lazzi insolents et bouffons. Le monde si nombreux de la cour royale, dames, filles d'honneur, écuyers, chevaliers, l'entourait avec respect. Elle avait l'abord froid, imposant d'une grande dame; mais quand on lui parlait, sa bienveillance douce attirait la sympathie; on était trappe de sa bonté et on la quittait ravi de son charme. Le peuple — au moins celui de France, sinon celui de Bretagne que sa libéralité avait gagné, — ne connaissait d'elle que son caractère entier et son humeur' rancunière ; il l'aimait peu. Les ministres s'étaient souvent impatientés de ses airs autoritaires et des ordres qu'elle se permettait de leur envoyer en ajoutant bravement : « Au non su du roi. » « Ayez patience », faisait en souriant doucement Louis XII, quand on venait se plaindre. Mais son entourage l'adorait.

Elle mourut vite. Depuis ses dernières couches, chaque

jour la pauvre femme allait d< di bien !

faiblesse persistante usa un mal d

u\ la iiniiiii peu ;i peu. On a parlé de - le Le 31 décembre 1513 la fièvre la prit; dix jour* . le 9

vier I B l I . elle expirait ; elle I rente-huil an

parition provoqua un deuil universel : toute la cour plei le peuple lut ému lui-môme, ne parlant plus que de la générosité <]»' la « un!)!»* dame »; quant au roi, il ''tait daii

oir Rarement, au cours de l'histoire, mort de reine a causé douleur plu pale. Bile tut solennellement entei

à Saint- Déni s, transportée de Blois à Paris >-n un convoi autour duquel l'atnuence des populations attrist témoignait «lu chagrin de tou>.

Do douleur, Louis XII quitta Blois qui lui était mainmi odieux en raison des souvenirs que l'endroit lui rappelait. Il alla à Saint-Gerroain-en-Laye, encore vieux château du Moyen âge, à Vineennes, dé indifférent

à tout : il avait reçu un coup dont il ne devait pas se relever. On lui fit observer que n'ayant comme héritier que le jeune comte d'Angoulême, il serait peut-être temps de procéder au mariage de ce prince avec sa tille Claude, les fiançailles étant seules faites jusque-là. Il accepta sans rien dire et la cérémonie eut lieu tristement à la chapelle encore subsistante du château de Saint-Germain, le 48 mai loti. les assistants étant en noir et Claude pleurant.

Alors l'entourage considérant que Louis XII n'avait en somme que cinquante-deux ans, qu'à cet âge on peut encore se remarier et avoir des héritiers ; que refaire un intérieur au roi serait le tirer de la mortelle peine dont il était accablé, imagina de lui proposer une troisième union. Le roi d'Aragon, qui, à ce moment, s'entremettait pour assurer la paix de la France avec l'Angleterre, suggéra, afin desceller cette paix, de marier Louis XII avec la sœur du roi d'Angleterre Henri VIII, Marie, jeune Anglaise grande, solide, une « haquenée », dira le populaire mécontent. Henri VIII acquiesça. Lassitude, affaiblissement, vague désir en effet

d'avoir un héritier ou de sortir de sa tristesse, Louis XII se laissa faire. Le mariage eut lieu sans apparat.

Mais sa santé était ruinée. Déplus en plus maigre, délicat, brisé par les maladies et le chagrin, l'organisme était au bout des résistances. La jeune reine, tout à la joie de ses nouvelles grandeurs, entendit faire ma&er à Louis XII une vie active de fêtes. Le pauvre roi se trouva obligé de bouleverser ses habitudes, de se coucher tard, de manger beaucoup et à des heures inégales; puis, comme ditFleurange l'Adventureux dans ses Mémoires, de faire a du gentil compagnon avec sa femme ». Une fièvre violente le saisit, compliquée de dysenterie, et le lei janvier 1515 il s'éteignait en l'hôtel des Tournelles à Paris, laissant le trône à son successeur pour le nouvel an.

Sources. Voir le livre essentiel de H. Hauser, Les Sources de l'histoire de France, XVI9 siècle. 1906. —Lettres de Charles VIII, éd. Prlicicr et B. de Mandrot, 1898; Octavien de Saint-Gelais et André de la Vigne, Le Vernier d'honneur dans Godefroy, Hist. de Charles VIII, 1684; Robert Gaguin, Compendium de origine et gestis Francorum, 1586; Comines, Mémoires, éd. B. de Mandrot, 1901; Brantôme, Œuvres complètes, éd. Lalanne; Marino Sanuto, Diarii, t. I à XXVI, 1879; Burchard, Dïarium, éd. Thuasne, 1^S3 ; .T. Masselin, Journal des États généraux en 1484, 1835. — Jean d'Auton, Chronique de Louis XII, éd. Maulde la Claviôre, 1889; Claude de Seyssel, Hist. singulière du roi Louis XII ; dans Th. Godefroy, Hist. de Louis XII, 1615; Fleurange l'Adventnreux, Mémoires, éd. Michaud et Poujonlat; Histoire du gentil seigneur de Dayart par le Loyal Serviteur, éd. Koman, 1878; Procédures politiques du règne de Louis XII, éd. dcMaul(l>\ 1885 ; Lettres de Louis XII et du cardinal d'Amboise, 1712.

Ouvrages. Du Cherrier, Histoire de Charles VIII, 1871 ; P. Policier, Essai sur le gouvernement de la dame de Beaujeu, 1882; Fr. Delaborde, Expédition de Charles VIII en Italie. 1888; P. Van der Haeghen, Examen du droit de Charles VIII sur Naples (liev. hist. 1885) ; Mi'intz, La Renaissance en Italie et en France à l'époque de Charles VIII, IS85; de Boislisle, Notice biographique et historique sur Etienne de Vesc {Annuaire-bullet. de la Soc. de l'hist. de France, 1878-83). — De M i!de, Histoire de Louis XII, 1889; Le Roux de Lincy, Vie de la reine Anne de Bretagne, 1860 ; du même, Détails ■ >/r la vie privée d'Anne de Bretagne, 1850; Legcndre. Vie du cardinal d'Amboise, 1725; L.-G. Pélissier, Louis XII et Ludovic Sforza, 18'.)6; Kohler. Les Suisses dans le» guerres a Italie de 1506 à 1512, 1897.

r.iïATMTi: i-: lï

LE liul ET L'EMPEREI R

François Ior. VI. Conquête du Milanais et victoire M nari,

1515 : le concordai l" a

l'empire d'Allemagne, élection de Charles-Quint, :

roi dt> France et l'empereur. Entrevue du ramp <lu I )ra p d'or

Henri VIII. - I Les hostilités, 1521 Lautrec battu en Italie â la 1

i ï. Trahison du connétable de Bourbon, I nivet fa Italie

à Kebecco et à Romagnano, 1524; Charles-Quint envahit la recule. Descente de François !•» en Italie, désastre de Pai - La

captivité du roi de France et traité de Madrid, 1526. La sainte ligue de griac. Sac de Rome par les soldats impériaux que conduit Charles de • Bourbon, 1527. Paix de Cambrai, 1529. Nouveaux préparatifs de guerre de François I«r, son alliance avec les Turcs. Reprise des host: . 4535. Second envahissement de la Provence par Charles-Quint et sa retraite. 1536. Trêve de Monçon, 1537; nouvelle rupture, 1514 : descente en Italie et victoire du duc d'Enghien à Cérisole. Traité de Crepy. 4544. Mort de François !•», 1517.

De sa beauté il est blanc et vermeil.

Les cheveux bruns, de grande et belle taille; En terre il est. comme au ciel, le soleil ; Hardi, vaillant, sage et preux en bataille ; Il est bénin, doux, humble en sa grandeur, Fort et puissant et plein de patience.

Le portrait que traçait de son frère, François Ier, la charmante Marguerite de Navarre, était à peu près exact. Très grand, fort, avec une puissante carrure — quoi crue ia jambe fût un peu grêle — la figure massive et large, le nez trop aquilin, mais les traits assez fins, le regard droit

et franc, les cheveux noirs sur un fond de chair blanc, le nouveau roi de vingt ans qui succédait au sque le t tique Louis XII justifiait l'exclamation de son préd esseur : « Ah! le beau gentilhomme ! a C'était surtout un princo délicieux, plein de vie et d'entrain, vigoureux, imprudi léger, prodigue, spirituel, plaisant infiniment à tous ceux qui l'approchaient, gaspillant l'argent sans compter, chevaleresque, généreux, heureux de vivre, un vrai Français avec les meilleures qualités de la race et les pires défauts. « Nous besognons en vain, disait en hochant la tète Louis XII, ce gros garçon gâtera tout ! »

Il avait été élevé à Cognac et à Amboise par deux femmes qui l'adoraient : sa mère, Louise de Savoie, et sa sœur Marguerite, plus âgée que lui de deux ans. Veuve à dixhuit ans de Charles d'Angouléme, Louise de Savoie avait entouré l'éducation de son fils de toutes les grâces qu'un caractère facile et dépourvu d'expérience sait trouver. Cet enfant avait été son orgueil ; elle l'avait gâté. Dans le cadre aimable de la petite cour de Louise, au milieu d'une existence adonnée au goût des arts, à la poésie, et aux fêtes, le jeune prince avait développé sa nature gracieuse et légère. Sa sœur Marguerite avait contribué fortement à cette éducation. Très fine elle même, intelligente, instruite, — « elle en savoitplus que son pain quotidien », écrivait Brantôme, — spirituelle, d'une morale pas trop sévère, et d'une grande indépendance d'esprit, mais par ailleurs supérieure et digne de considération, elle avait enveloppé ce frère, qui fut la passion de sa vie, d'une tendresse dévouée. François grandit dans cette atmosphère d'amour. On lui laissa faire ce qu'il voulait. Vingt fois, emporté dans des jeux violents de chasse et de courses, il manqua se tuer II étudia peu ou du tout, lut des romans de chevalerie, mena la vie joyeuse d'un fils de famille riche, fit des vers, eut des aventures et arriva au pouvoir avec tout ce qu'il faut pour faire un roi exquis, un mécène de goût, et un politique détestable. En dehors de sa mère et de sa sœur, avec qui

il resta toujoi uni, il aima au i l mde,

la Bile de Louii XII, bonne princesse! m<

assez bien de figure, maia petit . boitant do peu;

H consen ht bonne dame honnête el de bonne

ne i une fidélité de prin< tnon de Fait, et quand lui

ayant donné sepl enfants, celle-ci mourut à la [•

de vingt-cinq ans, en 1524, il la regretta en! La

reine Claude n'esl plus guère connue <ju*- par les prunes

auxquelles «'Ile a laissé son nom.

Un jour, à Amboise, causanl avec ses ami-. Frai i s'étail diverti i I<i> écouter dire, en plaisantant, quelles étaient les grandes chargea de la couronne qu'ils révéraient d'avoir Devenu roi, la première chose qu'il lit fut de liser le rôve de chacun d'eux : Arthur de Goût' er, -ieur de Boissy, fui nommé grand maître de I • . - m frère Bonnivel grand amiral; Anne de Monlmorencv plus Bera connétable. Il distribua en homme généreux, honneurs ft argent ; sa mère eut le duché d'Anjou e1 le Maine; son beau-frère, le duc d'Alençon, mari de Marguerite, le duché de Berry et le gouvernement de N mandie ; Charles de Bourbon reçut l'épée de connétable et le gouvernement du Languedoc; Lautrec et La Palice furent nommés maréchaux de France. La place de chancelier était vacante : il appela pour la remplir le premier pi dent du parlement de Paris, Antoine Duprat, qui allait être son conseiller si important !

A ce roi jeune, vigoureux, léger et plein d'ardeur, il fallait la gloire d'une campagne militaire. Le sujet n'en fut pas long à trouver. Héritier de Louis XII par sa femme Claude, ayant par conséquent des droits sur l'éternel Milanais, François Ier n'avait qu'à les faire valoir l'épée à la main contre le duc de Milan Maximilien Sforza. Ce fut une heure brillante. On rassembla une puissante armée de 30 000 fantassins, 10 000 chevaux, avec 72 canons; toute la jeunesse accourut ; les princes et les meilleurs capitaines voulurent en être et dans l'été de loio, passant

par le col âpre et dur de Largentière, au milieu de difficultés inouïes, où Ton n'aurait jamais cru qu'une armée pourrait aller, tenant les chevaux à la bride, traînant les canons, faisant sauter les rochers, on franchit les Alpes. Les Suisses à la solde du duc Sforza reculèrent jusque sous les murs de Milan et François Ier vint prendre position dans une localité située auprès et qu'allait illustrer une éclatante victoire, Marignan. L'attaque eut lieu fortuitement, par une escarmouche d'éclaireurs. Un fougueux prélat, Mathias Schinner, évoque de Sion, qui détestait les Français, excitant les Suisses, faisait sonner le tocsin, battre le tambour et le 13 septembre, vers quatre heures du soir, les colonnes suisses, au son des cornets d'Uri, d'Unterwalden, de Sehwytz, s'ébranlaient vers l'armée du roi de France, Schinner en tète, monté sur un genêt d'Espagne. Les Français étaient mal placés, en ligne sur la route de Milan à Marignan. A la charge des ennemis s'avançant piques baissées, ils durent opposer des séries de contre-attaques partielles; Bourbon et La Palice donnèrent avec les gens d'armes, François Ie' chargea avec 600 chevaux pour défendre son artillerie menacée. A la nuit tombante la bataille étail indécise, et chacun coucha sur ses positions. Avant le jour le roi de France, qui avait passé la nuit accoté à un affût de canon, parvint à ramener son monde sur un seul front : Bourbon à droite, Alençon à gauche, les canons en batterie au centre. 8 000 Suisses abordèrent; l'artillerie les contint. Pendant que d'un côté Alençon fléchissait mais que Bourbon de l'autre restait le maître, François Ier s'élançait vigoureusement avec toute sa cavalerie, et les Suisses écrasés, décimés, prenaient la fuite. Le jeune roi victorieux se fit armer chevalier par Bavard sur le champ <le bataille. Le Milanais était conquis et le duc Max i mi lien, moyennant une rente annuelle, consentait à abandonner son bien pour se retirer en France.

Ce fut l'aube rayonnante du règne. Cette victoire remplit François Ie' de joie et d'espérance La longue série de

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monastères étaient élus; un certain «Iruit dit d'annal le pape avait de prélever, pendant une année, les revenus d un siège nouvellement pourvu d'un titulaire, était ai le Saint-Siège n'avait pas la faculté de juger les causes ecclésiastiques de France ; or, cette pragmatique -s tion, le Pape ne pouvait pas l'admettre comme hérétique et attentatoire à ses privilèges ; la paix était au prix d révocation. François Ier et ses conseillers trouvèrent un moyen terme qui était de signer une convention en vertu de laquelle à l'avenir ce serait le roi qui d ait arche-

vêques, évêques et abbés, point capital ; quelques mots vagues étaient dits du troisième point et rien du tout du second. La convention fut conclue, c'était le célèbre concordat de 1516 qui livrait l'Eglise de France à la nomination du roi. Les parlements tirent une vive opposition. Le traité a eu encore bien autrement de portée dans la suite des siècles çjue ne l'ont pu voir les contemporains de Léon X !

François Ier rentra en France auréolé de gloire. Il était le souverain le plus en vue de l'Europe, le plus heureux : toutes les espérances lui semblaient permises. A ce moment se posait la question de la prochaine élection en Allemagne d'un empereur ; il s'estima en mesure de briguer la

place et de tâcher d'obtenir cette couronne : jamais dans l'histoire, depuis les anciens empereurs romains ou depuis Charlemagne, prince n'aurait été aussi considérable que lui ; il se prépara; il s'engageait dans ['aventure qui allait être la cause des désastres de sa vie et des plus graves complications pour le royaume !

Grand corps mou, l'empire germanique se composait d'une diversité infinie de petits Etats moitié indépendants et fédérés. En vertu d'antiques usages, ['empereur était élu à Francfort par sept électeurs qui étaient : les archevêques de Mavence, de Cologne et de Trêves, le roi de Bohème, le duc de Saxe, le comte palatin, le margrave de Brandebourg. Les électeurs choisissaient l'empereur avant la mort du précédent, et, en attendant le trône, l'héritier présomptif prenait le titre de roi des Romains. Or l'empereur régnant, Maximilien, avait un candidat, c'était son petit-fils Charles, le futur Charles-Quint ! Pour comprendre la mosaïque de pays que Charles-Quint a eu à gouverner, il faut se rappeler que son grand-père, l'empereur Maximilien, avait épousé Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire : de ce chef, la famille était héritière de la Bourgogne et de la Flandre; — que son père, l'archiduc Philippe le Beau, mort en 1506, avait épousé Jeanne la Folle, fille de Ferdinand, roi d'Aragon, et d'Isabelle, reine de Castille : de ce chef, Charles-Quint était héritier de l'Espagne et de Naples. C'était donc le maître de l'Espagne, de la Flandre et de Naples que l'empereur Maximilien voulait faire nommer empereur d'Allemagne. Dans le dessein que conçut François Ier de solliciter les voix des électeurs de l'empire, il n'y eut pas que le rôve d'une monarchie de toute l'Europe, il y eut aussi l'intention légitime d'empêcher cette monarchie de se constituer au profit d'un autre. S il avait été plus politique, le roi de France aurait compris le danger qu'il y avait pour lui à placer les peuples dans l'alternative de deux périls dont, à tort ou à raison, ils considéreraient son élection comme le plus grave, et pour faire

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François I r I)'- stature moyenne, le teint pâle, le nez aquilin et pincé, bouché d'ailleurs par des végétal adénoïdienneSj des yeux gris^ mu vilain menton avan ant beaucoup et tenant toujours la bouche ouverte, ce qu'on appelle le prognathisme, signe de d générescence, disent les médecins, le prince n'était pi- l^-au* Toutefois, a juger par le portrait du Titien, il était d'un ensemble distingué C'était un homme froid, calme, parlant peu, aimable, pas accueillant, mais très maître de lui. calculant. judicieux, net, mettant du temps à se décider, puis une résolu, ne cédant jamais, d'une ténacité impitoyable et glacée. Son regard, qui était celui d'un homme qui ne perd jamais la tète, gênait par une fixité révélatrice d'un caractère redoutable en raison de cette maîtrise supérieure de soi-même et de l'inexorable volonté. Pour l'achever, il était avare. Autant François Ier plein d'exubérance et d'entrain joyeux était en dehors, autant celui-ci était contenu et renfermé; autant le roi de France, prodigue et homme de fête, traitait les affaires vivement et légèrement, autant son adversaire, calculateur et administrateur, détestant la chasse et les plaisirs, s'adonnait aux questions sérieuses avec application ; autant François Ier était nerveux, ardent, instable, autant Charles-Quint avait de sangfroid, d'intelligence équilibrée, de finesse de jugement et d'opiniâtreté. Leurs politiques n'eussent-elles pas été opposées, jamais leurs caractères n'auraient pu se comprendre, comme la reine Marguerite le déclarait à l'ambassadeur vénitien Giustiniano. Us étaient faits pour se haïr jusqu'à la mort!

LU HOI ET L'EMPEUlil i\ 49

Dès !->l(>. François Ier envoya en Allemagne de* émissaires afin d'acheter les électeurs. Il fil promettre lout ce qu'on voulut, alliances matrimoniales, pensions, sommes de deniers. Ce fut un marchandage éhonté. Deux électeurs se distinguèrent par leur âpreté, le margrave de Brandebourg Joachim, et son frère l'archevêque de Mayence; ils se don lièrent. Trêves et le comte palatin suivirent : cela faisait quatre voix, la majorité ! En même temps le roi d& France gagnait à sa (anse des gens de-cide-là; entre autres un vigoureux soldat des bords du Rhin, très populaire, Franz de Sickingen, homme d'esprit distingué, l'ami de Ulrich de Hutten, le lettré de la petite cour de l'archevêque de Mayence, capable de rassembler à son appel une multitude de lansquenets autour de sa citadelle d'Ebernbourg près de Kreuznach et de terrifier le pays. Franz vint à Amboise où il reçut de riches présents et une pension.

Du fond de l'Espagne où il était, Charles d'Autriche apprenant ce qui se passait, prévint immédiatement son grand père. Maximilien lui répondit qu'il fallait surenchérir : avait-il de l'argent ? Au milieu de grandes difficultés causées par des sujets qui ne pouvaient souffrir les conseillers flamands de leur roi, pauvre, sans autorité encore à cause de sa jeunesse, Charles d'Autriche parvint cependant à emprunter 300 000 ducats : il les expédia. C'était insuffisant, répondait le vieil empereur qui n'entendait pas y aller de ses deniers. Maximilien emprunta aux banquiers Fugger, pour le compte du roi d'Espagne, 30 000 florins d'or ; Charles d'Autriche trouva moyen d'envoyer encore 100 000 ducats d'or et on travailla. Sur des offres tentantes. Joachim de Brandebourg et son frère de Mayence abandonnèrent François I r. Le comte palatin ne fut pas plus difficile. On tenait le roi de Bohème et l'archevêque de Cologne. Cinq voix, cette fois, étaient acquises à Charles, mais l'affaire avait coûté "il 4 000 florins d'or, plus de 21 millions de nos jours, sans compter les promesses de privilèges, de droits et le reste. Maximilien envoya à son petit-fils la note, en y ajoutant uO 000 florins

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.i troia millions [tour être empereur ' » Il écrivait i ment : « .le veux qu'on Boule le margrave Joachim ! ■ et multiplia lea avances. Charle8 <le son coté augmentait

prix : ce fut une dispute fiévreuse, ardente, achan comme de longtemps on n'en avait vu de pareille. ( Darda et avides, Brandebourg, le comte palatin, Mayence et Cologne, moyennant dea conditions exorbitantes, consenti renl à revenir au roi de France : puia lorsque Armestorff, l'envoyé de Charles d'Autriche, se pn ils lui

avouèrent ce qui en était, ajoutant que moyennant 1(10000 florins de plus ils marcheraient avec lui; Armestorff obtint sur ces 100 000 florins une petite diminution et ils marchèrent. François Ier expédia 400 000 écus dans des sacs de cuir et réunit des troupes pour intimider. Mais de fait, lorsque les électeurs se réunirent le 18 juin 1519 à Francfort, personne n'était plus sûr de rien. Ils discutèrent, ils émirent des idées raisonnables sur les dangers que présenterait pour l'Allemagne le choix du roi de France et finalement Charles d'Autriche fut élu sans grande difficulté. François Ier était à Poissy, quand le 3 juillet on vint lui apporter la nouvelle de son échec. Il demeura impassible et même se félicita publiquement de n'avoir pas à assumer les charges de l'empire germanique; il ne se doutait pas qu'il venait de se faire un ennemi irréconciliable et que jamais Charles-Quint ne lui pardonnerait d'avoir essayé de lui enlever une couronne depuis quatre-vingts ans dans sa famille !

Entre les deux hommes la lutte était inévitable ! Envelop-

LE ROI ET L'EMPKIIKUR i

pant le royaume de France de ses possessions, Charles- Quint était un danger perpétuel. De plus, les causes de querelle étaient toutes trouvées : héritier de Charles le Téméraire, l'empereur réclamait la Bourgogne dont Louis XI s'était emparé ; la France exigeait la restitution à Henri d'Albret du royaume de Navarre que Ferdinand le Catholique avait pris; en Italie Charles-Quint allait vouloir chasser les Français du Milanais et les Français vouloir chasser les Espagnols de Naples. C'eût été miracle que le choc De se fût pas produit, en un temps où la guerre éclatait puni des riens.

Avant d'en venir aux mains, dans un corps à corps qu'il s sentaient fatal, les deux rivaux tâchèrent d'attirer à eux les deux souverains de l'Europe dont l'alliance était la plus précieuse, le pape et le roi d'Angleterre Henri VIII. Il en advint comme avec les électeurs allemands : ce fut à qui offrirait le plus. François Ier promit à Léon X la moitié du royaume de Naples lorsqu'il l'aurait conquis; Charles-Quint consentit à donner Parme, Plaisance, Ferrare, parla de chasser les Français de Milan et de mettre à leur place un Italien, un Sforza ; le pape estima les conditions de l'empereur plus sûres et traita secrètement. Avec Henri VIII ce fut plus mortifiant encore. L'entente anglaise était nécessaire afin d'empêcher le roi Henri de venir attaquer le nord de la France pendant que François Ier se battrait en Italie. François Ier proposa au prince anglais qui accepta, une entrevue entre Calais et Ardres. Ce devait être la célèbre entrevue du camp du Drap d'or. Dès que Charles-Quint fut avisé de cette rencontre, il s'embarqua immédiatement d'Espagne, courut à Londres en cinq jours et promit à Henri VIII, s il était vainqueur, de lui livrer plusieurs provinces françaises; puisse tournant vers le cardinal Wolsey, ministre tout-puissant et écouté du prince, il lui offrit la tiare pontificale. Eu débarquant à Calais pour aller trouver François Ier, Henri VIII était déjà tout acquis à l'habile et astucieux empereur !

Quelle scène, dès lors, mélancolique et humiliante devait

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