‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 124 sur 285 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Suite des disgrâces de U Frauce et de l'Espagne.

Louis XIV eoToie son principal ministre demander la paix.

Bataille de Malplaquet perdue, etc.

U bataUle d'Hochstet avait coûté à Louis XIV la plus floritnote armée, et tout le pays du Danube au Rhin ; elle avwt coûté à la maison de Bavière tous ses États. La journée de RamilUes avait fait perdre toute la Flandre jusqu'aux porte»

et Lille. La déroute de Turin avait chassé les Français d'Italie, ainsi qu'ils Pont toujours été dans toutes les guerres députe Charlemagne. Il restait des troupes dans le Milanais, et cette petite armée victorieuse sous le comte de Médavi. On occupait encore quelques places. On proposa de céder tout à Pempereur, pourvu qu'il laissAt retirer ces troupes, qui montaient à près de quinze mille hommes. L'empereur accepta cette capitulation; le duc de Savoie y consentit. Ainsi l'empereur, d'un trait de plume, devint le maître paisible en Italie ; la conquête du royaume de Naples et de Sicile lui fut assurée : tout ce qu'on avait regardé en Italie comme feudataire fut traité comme sujet. Il taxa la Toscane à cent cinquante mille pistoles, Mantoue à quarante mille. Parme, Modène, Lucqu es. Gênes, malgré leur liberté, furent comprises dans ces impositions.

L'empereur qui jouit de tous ces avantages n'était pas ce Léopold, ancien rival de Louis XIV, qui, sous les apparences de la modération, avait nourri sans éclat une ambition profonde; c'était son fils aîné Joseph, vif, fier, emporté, et qui cependant ne fut pas plus grand guerrier que son père. Si jamais empereur parut fait pour asservir l'Allemagne et l'Italie, c'était Joseph !•'. U domina delà les monts; il rançonna le pape; il fit mettre de sa seule autorité, en 1706, les électeur! de Bavière et de Cologne au ban de l'Empire; il les dépouilla de leur électorat ; il retint en prison les enfants du Bavarois, et leur ôta jusqu'à leur nom. Leur père n'eut d'autre ressource que d'aller traîner sa disgrâce en France et dans les Pays-Bas: Philippe V lui céda depuis toute la Flandre espagnole, en 4742 *. S'il avait gardé cette province, c'était un établissement qui valait mieux que la Bavière, et qui le délivrait dç l'assujettissement à la maison d'Autriche : mais il ne put jouii que des villes de Luxembourg, de Namur et de Charleroi ; le reste était aux vainqueurs.

Tout semblait déjà menacer ce Louis XIV qui avait auparanmt menacé l'Europe. Le duc de Savoie pouvait entrer ea

I. Dans l'histoire de Reboulet, il est dit ^u'il eut cette souTeraia«t4 ékk ttm 1700 i mm alors U n'avait que la TÏee-royauté. [Note dt Voltairt.)

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SIfiCLE DR LOUIS XIV.

France ; l'Angleterre et TÉcosse se réunissaient pour ne composer plqs qu'un seul royaume, ou plutôt l'Ecosse, devenue province de l'Angleterre, contribuait à la puissance de ion ancienne rivale. Tous les ennemis de la France semblaient , vers la fin de 1706 et au commencement de 1707, acquérir des forces nouvelles, et la France toucher à sa ruine : elle était pressée de tous côtés, et sur mer et sur terre. De cet flottes formidables que Louis XIV avait formées, il restait 4 peine trente-cinq vaisseaux : en Allemagne, Strasbourg étai encore frontière; mais Landau perdu laissait toujours l'Alsace exposée. La Provence était menacée d'une invasion par terre et par mer; ce qu'on avait perdu en Flandre faisait craindre pour le reste : cependant, malgré tant de désastres, le corps de la France n'était point encore entamé ; et dans une guerre si malheureuse elle n'avait encore perdu que des

conquêtes.

Louis XIV fit face partout. Quoique partout affaibli, il résistait, ou protégeait, ou attaquait encore de tous côtés : maison fut aussi malheureux en Espagne qu'en Italie, en Allemagne et en Flandre. On prétend que le siège de Barcelone avait été encore plus mal conduit que celui de Turin.

Le comte de Toulouse n'avait paru que pour ramener si flotte à Toulon : Barcelone secourue , le siège abandonné, l'armée française, diminuée de moitié, s'était leiirée sans munitions dans la Navarre , petit royaume qu'on conservait aux Espagnols, et dont nos rois ajoutent encore le titre à celui de France, par un usage qui semble au-dessous de leur grandeur.

A ces désastres s'en joignait un autre qui parut décisif. Les Portugais avec quelques Anglais prirent toutes les place» devant lesquelles ils se présentèrent, et s'avancèrent jusque dans l'Estramadoure espagnole, différente de celle de Por» tugal. C'était un Français, devenu pair d'Angleterre, qui lei commandait, milord Galloway, autrefois comte de Ruvigny ; tandis que le duc de Be^wick, Anglais, et neveu de Marlborough, était à la tête des troupes de France et d'Espagne, qui ne pouvaient plus arrêter les victorieux.

Philippe V, incertain de sa deiUnéa. était dansPampelnna*

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