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CHAPITRE XXV

Mazarin, firent penser à toute la cour qu»U serait toujours ffouverné comme Louis XUI son père.

Il n'y eut qu'une occasion où ceux qui savent juger de loin

nrévirent ce qu'il devait élre; ce fut lorsqu'on 1655, après

l'exunction des guerres civiles, après sa première campagne

et son sacre, le pariement voulut encore s'assembler au sujet

de quelques édits : le roi partit de Vincennes, en habit de

chasse, suivi de toute sa cour, entra au parlement en grosses

bottes le fouet à la main, et prononça ces propres mots : « On

. sait les malheurs qu'ont produits vos assemblées ; j'ordonne

. qu'on cesse celles qui sont commencées sur mes édils.

« Monsieur le premier président, je vous défends de souffrir

« des assemblées, et à pas un de vous de les demander. «

Sa taille déjà majestueuse, la noblesse de ses traits, ïe ton et l'air de maître dont il parla» imposèrent plus que l'autorité de son rang, qu'on avait jusque-là peu respectée K Mais ces prémices de sa grandeur semblèrent se perdre le moment d'après, et les fruits n'en parurent qu'après la mort du car-

'u'cour, depuis le retour triomphant de Mazaiin, s'occupait de ieu, de ballets, de la comédie, qui , à peiae née ea ftance, n'était pas encore un art, et de la tragédie qui é ait devenue un art sublime entre les mains de Pierre Corneille. Un curé de Saint-Germain l'Auxerroi», qui penchait vers les idées rigoureuses des jansénistes, "vait écrit souvent à la reine contre ces spectacles, dès les premières années de .^ ''éger.c^. 1 prétendit que l'on était damné pour ï assister; il fit même sir Lr cet anathème par sept docteurs de Sorbonne : mais 1 abbé de Beaumont, précepteur du roi, se munit de plus d approbalions de docteurs que le rigoureux curé « avait apporté de condamnations. 11 calma ainsi les scrupules de la reine; et,

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flÈCLE DE LOUIS XIY.

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quand il fut archeTÔque de Paris, il autorisa le lentiment qu'il avait défendu étant abbé. Vous trouverez ce fait dans les mémoires de la sincère madame de Molteville.

il faut observer que depuis que le cardinal de Richelieu •vait introduit à la cour les spectacles réguliers qui ont enfin rendu Paris la rivale d'Athènes, non -seulement il y eut lojjours un banc pour l'académie, qui possédait plusieurs ecclésiastiques dans son corps, mais qu'il y en eut encore un particulier pour les évoques.

Le cardinal Mazarin, en 1646 et en 1654, fit représenter sur le théAtre du Palais-Royal et du Petit-Bourbon, près du Louvre, des opéras italiens , exécutés par des voix qu'il fit venir d'Italie. Ce spectacle nouveau était né depuis peu à Florence, contrée alors favorisée de la fortune comme de la nature, et à laquelle on doit la reproduction de plusieurs arts anéantis pendant des siècles, et la création de quelquesuns. C'était en France un reste de l'ancienne barbarie de •'opposer à l'établissement de ces arts.

Les Jansénistes, que les cardinaux de Richelieu et de Mazarin voulurent réprimer, s'en vengèrent contre les plaisirs que ces deux ministres procuraient à la nation. Les luthériens et les calvinistes en avaient usé ainsi du temps du pape Léon X : il suffit d'ailleurs d'être novateur pour être austère. Les mêmes esprits qui bouleverseraient un État pour établir une opinion souvent absurde anathématisent les plaisirs innocents nécessaires à une grande ville, et des arts qui contribuent à la splendeur d'une nation. L'abolition des spectacles serait une idée plus digne du siècle d'Attila que du siècle de Louis XIV.

La danse, qui peut encore se compter parmi les arts *, parce qu'elle est asservie à des règles, et qu'elle donne de h grâce eu corps, était un des plus grands amusements de la cour. Louis XIH n'avait dansé qu'une fois dans un ballet, en 1625;

1. L« eardiDal de Richelieu «Ttit déjà donné de« ballets, mais ils étaient Mot goût, comme tout ce qu'on avait eu de ypeclacles avant lui. Le» Français, qui ont ■ujourdliui porté U dnnse à la perfection, n'avaient, dans la j'Mrneséc de Louis XIV, «w des danses espagnoles, "-^wne la sarab^ad*- *- «ourante. U pavane. wU, \^ct4 de Voltaire.)

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