‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 175 sur 285 · CHAPITRE XXVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVn

destiné à être un jour empereur, et à relever la maison d'Autriche.

Cependant ce fut assez qu'un médecin, nommé Boudin, homme de plaisir, hardi et ignorant, eût proféré ces paroles: « Nous n'entendons rien à de pareilles maladies ; » c'en fut Gssez, dis-je, pour que la calomnie n'eût pc; il de frein.

Philippe, duc d'Orléans, neveu de Louis XIV, avait un laboratoire, et étudiait la chimie, ainsi que beaucoup d'autres arts : c'était une preuve sans réplique. Le cri public était affreux : il faut en avoir été témoin pour le croire. Plusieurs écrits et quelques malheureuses histoires de Louis XïV éterniseraient les soupçons, si des hommes instruits ne prenaient soin de les détruire. J'ose dire que, frappé de tout temps de l'injustice des hommes, j'ai fait bien des recherches pour savoir la vérité. Voici ce que m'a répété plusieurs fois le marquis de Canillac, l'un des plus honnêtes hommes du royaume, intimement attaché à ce prince soupçonné, dont il eut depuic beaucoup A se plaindre. Le marquis de Canillac, au milieu de celte clameur publiqîie, va le voir dans son palais; il le trouva étendu à terre, vei*sant des larmes, aliéné parle désespoir. Son iThimiste, KuiTibert ', court se rendre à la Bastille, pour se constituer prisonnier : m;iis on n'avait point d'ordre de le recevoir; on le refuse. Le prince qui le croirait?) demande lui-même, dans l'excès de sa douleur, ;i être mis en prison ; il veut que des formes juridiques éclaircissent son innocence ; sa mère demande avec lui cette justificatioD cruelle. La lettre de cachet s'expédie, mais elle n'est point signée; et le marquis de Canillac, dans cette émotion d esprit, conserva seul assez de sang-froid pour sentir les conséquences d'une démarche si dése^pérée ; il fit ''^je la mère du prince s'opposât à cette lettre de cachet **' oL/iinieuse. Le monarque qui l'accordait, et son neveu qui la demandait, étaient égaldment malheureux ^

I. L'auteur de la Vie du i/uc d'iJ^léan» est le premier qui ait parlé de «ci •Ottpçons atroces : c'était un jè]imt« nommé La Motte, le même qui prêcha àRouea contre ce prince prndaot sa régence, et qui se réfugia ensuite eu Hollande sous le Aftiu de La Hode. il était instruit d> quelques faits publics. Il dit, tome i"", page lit, !pc « k priB«« si iiyustanent soupçonné demanda à se consti'uer priioaaier. • Il

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