‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 181 sur 285 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

« & moin» que ce ne soit des bagatelle». Si quelquefois voui « ne pouvez éviter d'en recevoir, faites-en de plus considé- M râbles à ceux qui vous en auront donné, après avoir laissé « passer quelques jours.

« Ayez une cassftle pour mettre ce quevou» aurez de par* • ticulier, dont vous aurez seul la clef.

« Je Qnispar un des plus importants avis que je puisse voua « donner. Ne vous lîiissez pas gf«in orner; soyez le maître : « n'ayez jamais de favori ni de premier ministre. Écoutez, « consultez votre conseil, mais décidez. Dieu, qui vous a fait « roi, vou» donnera les lumières qui vous sont nécessaires, « tant que vous aurez de bonnes intentions *. »

Louis XIV avait dans l'esprit plus de justesse et de dignité que de saillie; et d'ailleurs on n'exige pas qu'un roi dise des choses mémorables, mais qu'il en fasse. Ce qui est nécessaire à tout homme en place, c'est de ne laisser sortir personne mécontent de sa présence, et de se rendre agréable à tous ceux qui l'approchent. On ne peut faire du bien à tout moment, maison peut toujours dire des choses qui plaident. Il s'en était fait une heureuse habitude : c'était, entre lui et sa cour, un commerce continuel de tout ce que la majesté peut avoir de grâces, sans jamais t^e dégrader, et de tout ce que l'empressement de servir et de plaire peut avoir de finesse, sans l'air de la bassesse. Il était, surtout avec les iemmes, d'une attention et d'une politesse qui augmentait encore celle de ses courtisans ; et il ne perdit jamais l'occasion de dire aux hommes de ces choses qui flattent l'amour-propre en excitant l'émulation, et qui laissent un long souvenir.

Un jour madame la duchesse de Bourgogne, encore fort Jeune, voyant à souper un officier qui était très-laid, plaisanta beaucoup et très-haut sur sa laideur. « Je le trouve, Madame, ^ dit le roi encore plus haut, un des plus beaux hommes de € mon royaume, car c'est un des plus braves. »

Un oificier général, homme un peu brusque, et qui n'avait pas adouci son caractère dans la cour même de Louis XIV,

I. Le roi d'P^vfl}^ p'^fita de ee» rorsfils : t'ét*it wm yriaticm Ttrtueuf. {Nclt At FbllatK'.)

^g 81ÈCLB DB LOUIS XIV.

avait perdu un bras dans une action, et se plaignait au wi, qui l'avait pourtant récompensé autant qu'on peut le (alw Dour un bras cassé : « Je voudrais avoir perdu aussi l'autre, t dit-il, et ne plus servir Votre Majesté. - J'en serai» bien a fAcbé' pour vous et pour moi, u lui répondit le roi; et ce discours fut suivid'un grâce qu'il lui accorda. Il était si éloigné de dire des choses désagréables, qui sont des traits mortels dan» la bouche d'un prince, qu'il ne se permettait pas môme les plus innocentes et les plus douces railleries, tandis que des particuliers en font tous les jours de si cruelles et de si

funestes. . .

11 se plaisait et se connaissait à ces choses ingénieuses, aux impromptus, aux chansons agréable»; et quelquefois môme il faisait sur-le-champ de petites parodies sur les air» qui étaient en vogue, comme celle-ci :

Chei mon cadet de frèi*

Le chancelier Serrant

N'est pa» trop nécessaire ;

El le sage Boifrauc ,

Est celui qui sait plaire.

Et Cette autre qu'il fit en congédiant un Jour le conseil :

Le conseil à ses ycui a beau se présenter ; Sitôt qu'il toit sa chienne il quitte tout pour ell« •

Bien ne peut l'arrêter

Quaud la chasse l'appelle.

Ce» bagatelles servent au moins à faire voir que le» agrtment» de l'esprit faisaient ua des plaisirs de sacour, qu'il entrait dan» ce» plaisirs, et qu'il savait dans le particulier vivre en homme, aussi bien que représenter en mo.iarque sur le

théâtre du monde.

Sa lettre à VarchcvOque de Keims, au »u]et du marqui» de Barbezieui, quoique «écrite d'un »tyle extrêmement négligé, fait plus d'honneur a »on caractère que les pensées le» plu» .ngeni^ i»es n en «uraienl fait à »on esprit. U avait donné à ce h'une homme la place de secrétaire d'État de la guerre, ,u «vai. eue le ...arqui» de I.ouvoi», »on père : bientôt mé- 'onienl de U conduite de »on nouveau »ecrétairc d Etat, V

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