‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 190 sur 285 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

un bie-Q plus grand nom que le ministère gêné el passaget %u'il obtint sur la lin de sa vie.

On doit observer ici que M. d'Aigcnson ne fut pas le seul, à beaucoup près, de l'ancienne chevalerie qui eût exercé la magistrature. La France est presque 1 unique pays de l'Europe où l'ancienne noblesse ait pris souvent le parti de la robe; presque fous les autres États, par un reste de barbarie gothique, ignorent encore qu'il y ait de la grandeur dans cette professiDu.

Le roi ne cessa de bAtir au Louvre, à ^aint-Cermain, à Versailles, depuis imi. Les particuliers, à son exemple, éle- ▼èrent dans Paris mille édifices superbes et commodes. Le nombre s'en est accru tellement, que, depuis lea environs du Palais-Hoyal et ceux de Saint-Sulpice, il se forma dans Paris deux villes nouvelles fort supérieures à l'ancienne. Ce fut en ce temps-là qu'on inventa la commodité magnifique de ces carrosses ornés de glaces, et suspendus par des ressorts ; de sorte qu'un citoyen de Paris se promenait dans cette grande ville avec plus de luxe que les premiers triomphateurs romains n'allaient autrefois au Capilole. Cet usage, qui a commencé dans Paris, fut bientôt reçu dans toute l'Europe ; et, devenu commun, il n'est plus un luxe.

Louis XIV avait du goût pour l'architecture, pour les jardins, pour la sculpture; et ce goût était en tout dans le grand et dans le noble. Dès que le contrôleur général Colhert eut, en 1664, la direction des bâtiments, qui est proprement le ministère des nrt?* il s'appliqua à »ecoMder les projets de son

I. L'abbé de Saint-Pierre, dans sps Annales politiqws, page 104 de son ma- BDScrit, dit que a ces choses prouvent le uombr.; des faiuéants; leur goût pour la

• fainéantise, qui suffit à entretenir et à nourrir <i'autre» espèce» dt» fameanta...,*

• quee'eat présentement ce qu'est la natioc Malienne, où ces aiîs sont portos à

• une haute perfection ; ils sont gueux, fainéants, paresseus, tains, occupés d« « niaiseries, etc. > Ces rétlfiions grossières et écrites grossièrement n'eu sont pas plus justes. Lorsque les Italiens réussiren* le plus daos et s arts, c'était sous lei Hédicis, pendant que Venise était la pbs gihrjïère et la plus opulente des répu- L-liques. C'était le temps ou l'Italie produisit de grands homnri'^s de guerre, et des artistes illustres en tout genre ; ei c'est de même dans les années florissantes a« Louis XI V que les arts ont été le plus perfectionnés L'abbé d* S'^int-Pierre s'es* trompé en beaucoup de choses, et a fait regrettci qut la raiiui b'ait pas •ecoD'iil tm Iw 1m bottuet in tentions. L-Noi* d* VeUtairs.}

mettre. H fallut d'abord travailler à achever le Louvre. Françoig Mansard, l'un des plus grands architectes qu'ait eus la France, fut choisi pour construire les vastes édiflcet qu'on projetait. Il ne voulut pas s'en charger sans avoir la liberté de refaire ce qui paraîtrait défectueux dans l'exécution. Cette défiance de lui-mt^me, qui eût entraîné trop de dépenses, 1« lit exclure. On appela de Rome le cavalier Bernini, dont le nom était célèbre par la colonnade qui entoure le parvis de .Saint-Pierre, par la statue équestre de Consfantin, et par la fontaine Navonne. Des équipages lui furent fournis pour son voyage. Il fut conduU à Paris en homme qui venait honorer la France. Il reçut, outre cinq louis par jour pendant huit mois qu'il y re»ta, un présent de cinquante mille écus, avec une pension d^ deux mille, et une de cinq cents pour son fils. Cette générosfe de Louis XIV envers le Bernin fut encore plus grande que la magnificence de François I«' pour Raphaël. Le Bernin, par reconnaissance, fit depuis à Rome la statue équestre du roi qu'on voit à Versailles. Mais, quand il arriva à Paris avec tant d'appareil, comme le seul homme digne de travailler pour Louis XIV, jl fut bien surpris de voirie dessin de la façade du Louvre, du côté de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui devint bientôt après dans Texécution un des plus auguste! monuments d'archiiecture qui soient au monde. Claude Perrault avait donné ce dessin, exécuté par Louis de Vau et Dorbay. Il inventa les machines avec lesquelles on transporta dei pierres de cinquante-deux pieds de long, qui forment le fronton de ce majestueux édltice. On va chercher quelquefois bien loin ce qu'on a chez «oi. Aucun palais de Rome n'a une entrée comparable à celle au Louvre, dont on est redevable à ce Perrault que Boileau osa vouloir rendre ridicule. Ces vignes si renommées sont, de l'aveu des voyageurs, très-inférieures au seul château de Maisons, qu'avait bâti François Mansard à li peu de frais. Bernini fut magnifiquement récompensé, et ne mérita pas ses récompenses; il donna seulement des des» sins qui ne furent pas exécutés.

Le roi, en faisant bâtir ce Louvre dont l'achèvement est tant désiré, en faisant une ville à Versailles près de ce chftteau qui a coûté tant de millions^ en bâtissant Trianon, Marlj»

SIftCLE DE LOtrS XIV.

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