CHAPITRE XXIX
et en faisant embellir tant d'autres (édifices, fit élevei l'Observatoire, commencé en 1666, dès le temps qu'il établit l'Académie des sciences. Mais le monument le plus glorieux par ion utilité, par sa grandeur, et par ses difficultés, fui ce canal du Languedoc qui joint les deux mers, et qui tombe dans le port de Cette, construit pour recevoir ses eaux. Tout ce travail fut commencé dès 1664, et on le continua s&ns interruption jusqu'en 1681. La fondation des Invalides et la cbapel!a de ce bâtiment, la plus belle de Paris, l'établissement de Saint-Cyr, le dernier de tant d'ouvrages construits par ce monarque, suffiraient seuls pour faire bénir sa mémoire. Quatre mille soldats et un grand nombre d'officiers, qui trouvent dans l'un de ces grands asiles une consolation danf leur vieillesse, et des secours pour leurs blessures et pou*' leurs besoins; deux cent cinquante filles nobles qui reçoivent dans l'autre une éducation digne d'elles, sont autant de voix qui célèbrent Louis XIV. L'«'tablissement de Saint-Cyr si'in lurpassé par celui que Louis XIV vient de former pour élevei cinq cents gentilhommes^ ; mais, loin de faire oublier Saint- Cyr, il en fait souvenir : c'est l'art de faire du bien qui s'est perfectionné.
Louis XIV voulut en mOme temps faire des choses plus grandes et d'une utilité plus générale, mais d'une exécutioD plus difficile : c'était de réformer les lois. 11 y fit travailler le chancelier Séguier, les Lamoignon, les Talon, les Dignon, et surtout le conseiller d'État Pussort. Il assis-tait quelquefois à leurs assemblées. L'année 1007 fut à la fois l'époque de ses premières lois et de ses conquêtes. L'ordonnance civile parut ë'abord; ensuite le code des eaux et forêts; puis des statuts pour toutes les manufactures; l'ordonnance criminelle, le code du commerce, celui de la marine; tout cela se suivit presque d'année en année. Il y eut mémo une jurisprudence nouvelle établie en faveur des nègres de nos colonies, espèce d'hommes qui n'avait pas encore joui des droits de l'humanité.
Une connaissance approfondie de la jurisprudence n'est pas le partage d'un souverain. Mais le roi était instruif des loii
t. L'itole militaire.
principales; il en possédait l'esprit, et savait ou les soutenir ou les mitiger à propos. Il jugeait souvent les causes de ses sujets, non-seulement dans le conseil des secrétaires d'État, mais dans celui qu'on appelle le conseil des parties. Il y a de lui deux jugements célèbres dans lesquels sa voix décida 'contre lui-même.
Dans le premier, en 1680, il s'agissait d'un procès entre lui et des particuliers de Paris qui avaient bâti sur son fonds. lî voulut que les maisons leur demeurassent avec le fonds qui lui appartenait et qu'il leur céda.
L'autre regardait un Persan nommé Roupli, dont les marchandises avaient été saisies par les commis de ses fermes, en 1687. Il opina que tout lui fût rendu, et y ajouta un présent de trois milie écus. Roupli porta ût ^s ba patrie son admiration et sa reconnaissance. Lorsque aous avons vu depuis à Paris l'ambassadeur persan, Méhémet Rizabeg, nous l'avons trouvé instruit dès longtemps de ce fait par la renommée.
L'abolition des duels fut un des plus grands services rendus à la patrie. Ces combats avaient'été autorisés autrefois par les parlements mêmes et par l'Église; et, quoiqu'ils fussent défendus depuis Henri IV, cette funeste coutume subsistait plut que jamais. Le fameux combat de la Frette, de quatre contre quatre, en 1663, fut ce qui détermina Louis XiV à ne plus pardonner. Son heureuse sévérité corrigea peu à peu notre nation, et même les nations voisines, qui se conformèrent à nos sages coutumes, après avoir pris nos mauvaises. Il y a dans l'Europe cent fois moins de duels aujourd'hui que du temps de Louis Xliï.
Législateur de ses peuples, il le fut de ses armées. Il est étrange qu'avant lui on ne connût point les habits uniformes flans les troupes. Ce fut lui qui, la première année de son administration, ordonna que chaque régiment fût distingué par la couleur des habits ou par difl'érentes marques, règlement adopté bientôt par toutes les nations. Ce fut lui qui institua les brigadiers, et qui mit les corps dont la maison du foi est formée sur le pied où ils sont aujourd'hui. Il fit unt compagnie de mousquetaires des gardes du cardinal Mazarin,
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et fixa à cinq cents hommes le nombre des deux compagnie!,
Buxfluelles 11 donna l'habit qu'elles portent encore.
Soui lui plu» de connétable ; et, aprî-s la mort du duc d'Épernon, plu» de colonel général de linfanterie : ils aaieiit trop maîtres: il voulait VCIre, et le devait. Le général do . Srammont, simple mestre de camp des garde, françaises sou» te duc d'Épernon, et prenant l'ordre de ce colonel général, ne le prit plus que du roi, et fut le premier qui eut le nom de colonel des gurdes. Il iast.aiait lui-m.^me ces colonel» à U tête du régiment, en leur donnant de sa main un hausse-col doré avec une pique, et ensuite un esponton, quand 1 usage des piques fut aboli. 11 institua les grenadiers, d abord au nombre de quatre par compagnie dans le régiment du roi. qui est de sa création ; ensuite il forma une compagnie de grenadiers dans cbaque r.^giment d'infr.nterie; il en donn. deux aux gardes françaises; maintenant il y en a dans toute l'infanterie une par bataillon. H augmenta beaucoup le corpB des dragons, 9t leur donna un colonel général. 11 ne faut pM oublier l'établissement des ^.aras, en ',(67. Ils étaient absolument abandonnés auparavant, et il» furent d une grande ressource pour remonter la cavalerie : r«s30urcc importante,
depuis trop négligée. ■ ,•. .
Vnsage de la baïonnette au îiout du fu.il est de .en institution Avant lui on s'en servait quelquefois; mnis il n v avait que quelques compagnie, qui combatliscent avec cette arme. Point d'usage uniforme, point d'exercice; tout .^t^lt abandonné k la volonté du général. Les piques passaient pour 1 arme la plu» redoutable. Le premier régiment l^i --tf ^.,'?'"«""«"^, et qu'on forma à cet exercice fut celui de. fusiliers, étabU
on 1671. ,,, . I • -,
La manière dont l'artillerie est servie aujourd hui lu. e»t Jue tout entière. Il en fonda des écoles à Itouai, pui» à Mea et à Strasbourg; ei le régiment d'ailillerie s'est vu enfin rempli d'officiers presque tous capabK» de bien conduire un Bége. Tous les magasins du .X)va.ime étaient pourvu», et OB T distribuait tous les an» huit cenU millier» de poudre. U J (ormaun rOgimen' de bombardier» et un des houssards : avan. lui on ne connaissait le» Loussard» que che« les ennen»*