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CHAPITRE IV

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plus basse que la naissance, et dont le faste et les débauches indignaient la nation. Cet homme inventait des ressources onéreuses et ridicules. Il créa des charges de contrôleurs de fagots, de jurés vendeurs de foin, de conseillers du roi crieurs d^in; il vendait des-lettres de noblesse. Les rentes sur ITiôtel de ville de Paris ne se montaient alors qu'à près de onze millions. On retrancha quelques quartiers aux rentiers; on aug. menta les droits d'entrée; on créa quelques charges de maîtres des requôteH^t)n retint environ quatre vingt mille écus de gages aux magistrats.

11 est aisé de juger combien les esprits furent soulevés contre deux Italiens, venus tous deux en France sans fortune, enrichis aux dépens de la nation, et qui donnaient tant de prise sur eux. Le parlement de Paris, les maîtres des requôten, les autres cours, les rentiers s'ameutèrent. En vain Mazarin ôta la surintendance à son confid*»nt Émeri, et le relégua dans une de ses terres : on s'indignait encore que cet homme eût des terres en France, et on eut le cardinal Mazarin en horreur, quoique dans ce temps-là môme il consommât le grand ouvrage de la paix de Munster : car il faut bien remarquer que ce fameux traité et les barrica<!es sont de la môme année 1648.

Les guerres civiles commencèrent à Paris comme elles avaient commencé à Londres, pour un peu d'argent.

(1647.) Le parlement de Paris, en possession de vérifier les édits de ces taxes, s'opposa vivement aux nouveaux édits; fl acquit la confiance des peuples par les contradictions dont îl fatigua le ministère.

On ne commença pas d'abord par la révolte ; les esprits ne l'aigrirent et ne s'enhardirent que par degrés. La populace peut d'abord courir aux armes, et se choisir un chef, comme on avait fait à Naples ; mais des magistrats, des hommes d'État procèdent avec plus de maturité, et commencent par observer les bienséances, autant que l'esprit de parti peut le permettre.

Le cardinal Mazarin avait cru qu'en divisant adroitement la magistrature il préviendrait tous les troubles; mais on opposa l'inflexibilité à la souplesse. Il retranchait quatre années

je gages à toutes les cours supérieures, en leur remettant fa

pan cite, c'est-à-dire en les exemptant de payer la taxe in-

Tentée par Paulet, sous Henri IV, pour s'assurer la propriété

de leurs charges. Ce retranchement n'était pas une lésion,

mis 11 conservait les quatre années au parlement, pensant le

désarmer par cette faveur. Le parlement méprisa cette Jrtœ

qui 1 exposait au reproche de préférer son intérêt à celui de^

autres compagnies (1648). Il n'en donna pas moini son arrêt

d union avec les autres cours de justice. Mazarin, qui n'avait

Jamais bien pu prononcer le français, ayant dit que cet arrêt

d ognon était attentatoire, et l'ayant fait casser par le conseil

ee seul mot i'ognon le rendit ridicule; et comme on ne cède

Jamais à ceux qu'on méprise, le parlement en devintplus entre-

prenant.

Il demanda hautement qu'on révoquât tous les intendanU. regardés par le peuple comme des exacteurs, et qu'on abolit cette magistrature de nouvelle espèce, inslituée sous Louis XIII .ans 1 appareil des formes ordinaires ; c'était plaire à la nation autant qu irriter la cour. Il voulait que. selon les ancienne, lois, aucun citoyen ne fût mis en prison sans que ses juge, naturels en connussent dans les vingt-quatre heures: et n'en ■e paraissait si juste. <=», ei neo

Le parlement fit plus; il abolit les intendants par un arrêL avec ordre aux procureur, du roi de son ressort d'informer contre eux.

Ainsi la haine contre le ministre, appuyée de l'amour du bien public, menaçait la cour d'une révolution. La reine céda ; elle ofTn de casser les intendanls, et demanda seulement qu 'on Im en laiss.lt trois : elle fui refusée

l.'^rZ^TTV ''""''"" '"' «*» •"»""«» commençaient, te prince de Condé remporta la célèbre victoire de Lens, qu

mettait le comble à sa gloire. Le roi, qui n'.vdt alors que dix

ans, g écna : U parlement sera bien fâché. Ces parole, faisaient

Toir assez que la cour ne regardait alors le parlement de Pari.

que comme une assemblée de rebelles.

»„L* "S^^'T' *' "f' '=°"''"""» n« '"i donnaient pas un autre nom. Plus les parlementaire, se plaignaient d'être traités en relwlle». plus il. faisaient de résistance.

OBAPITHB iV.

La reine et le cardinal résolurent de faire erileTer trois dea plus opiniâtres magistrats du parlement : Novion Blancménil, président qu'on appelle à mortier, Charton, président d'une chambre des enquOtes, et Broussel, ancien conseiller-clerc de la grand'chambre.

Ils n'étaient pas chefs de parti, mais les instruments des chefs. Charton, homme très-borné, était connu par le sobrP quel de président Je du ça, parce qu'il ouvrait et concluait toujours ses avis par ces mots. Broussel n'avait de recommandable que ses cheveux blancs, sa haine contre le ministère, et la réputation d'élever toujours la Yoix contre la cour, sur quelque sujet que ce fût. Ses confrères en faisaient peu do cas, mais la populace l'idoMtrait.

Au lieu de les enlever sans éclat dans le silence de la nuit, le cardinal crut en imposer au peuple en les faisant arrêter en plein midi, tandis qu'on chantait le Te Deum à Notre-Dame pour la victoire de Lens, et que les Suisses de la chambre apportaient dans l'église soixante et treize drapeaux pris sur les ennemis. Ce fut précisément ce qui causa la subversion du royaume. Charton sesquiva; on prit Blancménil sans peine; il n'en fut pas de mi!me de Broussel. Une vieille servante seule, en voyant jeter son maître dans un carrosse par Comminges, lieutenant des gardes du corps, ameute le peuple; on entoure le carrosse, on le brise; les gardes françaises prêtent main- Jorte. Le prisonnier est conduit sur le chemin de Sedan. Son enlèvement, loin d'intimider le peuple, l'irrite .et l'enhardit. On ferme les boutiques, on tend les grosses chaînes de fer qui étaient alors à l'entrée des rues principales, on fait quelques barricades, quatre cent mille voix crient : Liberté et Broussel I

n est difficile de concilier tous les détails rapportés par le cardinal de Uetz, madame de Motteville. l'avocat général Talon, et tant d'autres; mais tous conviennent des principaux points. Pendant la nuit qui suivit l'émeute, la reine faisait venir enfiron deux mille hommes de troupes cantonnées à quelques lieues de Paris, pour soutenir la maison du roi. Le chancelier Séguier se transportait déjà au parlement, précédé d'un lieutenant et de plusieurs hoquetons, pour casser tous les arrêts^

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" SIÈCLE DE tonis iiy.

et même, di»all-on, pour interdire ce corps. Mai., dans la nuit mem., le, factieux s'étaient assemblés chez le c;adjuteur de P«ns, SI fameux sous le nom de cardinal de Retz, et tout était disposé pour mettre la viUe en armes. Le peuple arrête U carrosse du chancelier et le renverse. Il put à peine s'enfuï avec sa fllle, la duchesse de Sulli, qui, malgré lufZJt vol' accompagner; ,1 se retira en désordre dans l'hOtél de Luine. pressé et insulté par la populace (37 auguste 1648). Le lieute!

Palais-Royal, escorté de deux compagnies suisses et d'une escouade de gendarmes; le peuple tire sur eux, quelques-un. sont tués; la duchesse de Sulli est blessée au bras. Deux cenU barricades sont formées en un instant; on les pousse iusou'* cent pa, du Palais-Royal. Tous les soldats', après avoTvu ombeî quelques-uns des leurs, reculent et regardent faire les boul geois. Le parlement en corps marcLe à pied vers la reine i ^avers les barricades qui s'abaissent devant lui, et redemandî ZZ T ^'"P"'?»"*^''' '-« reine es. obligée de les rendre, et. par cela mc^me, elle invile les factieux .1 de nouveaux outrage.. Le cardinal de Retz se vante d'avoir seul armé tout Pari, dans ceue journée, qui fut nommée des barricades, et q iS la seconde de cette espèce. Cet homme singuliei est le nrT mier évéque en France qui ait fait une guer e c v 1 fa^

«s Mémotres, écrits avec un air de grandeur, une impétuosMô degémeet une inégalité qui sont l'image 'de sa Tondu S C était un homme qui, du sein de la débauche, et languÏÏm encore des suites infâmes qu'elle entraîne, prêchalUe ÏS

1 avait été, à 1 âge de vingt-trois ans, l'amc d'une consoira- Uon contre la vie de Richelieu ; il fut l'auteur des barSes;

iJj^T 'c P"''""'"' •*""' '«« '=«»'»'« «« 1« peuple dai les séditions. Son extrême vanité lui faisait entreprendre dM cnme, téméraires afin qu'on en pariât. C'est cette même îf

de Florence aussi ancienne que celle des plus grands prince."

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