‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 253 sur 285 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

« collège.... Je tâcherai de travailler le reste de aies Jours à 0 servir Dieu et l'Église dans la première place après la su«

a prôma, etc. »

Sa prétentioa de prrince indépendant lui paraissait fondée aon-seulement sur l'axiome de plusieurs jurisconsultes qui assurent que « qui renonce à tout n'est plus tenu à rien, » et que tout homme est libre de choisir son séjour, mais suï ce qu'en effet le cardinal était né à Sedan dans le temps que son père était encore souverain de Sedan ; il regardait sa qua'= lité de prince indépendant comme un caractère inelTaçable; et, quant au titre de cardinal doyen, qu'il appelle la première place ^près la suprême, il se justifiait par l'exemple de toui «es prédécesseurs, qui ont passé incontestablement devant let rois à toutes les cérémonies de Rome.

La cour de France et le Parlement de Paris avaient des maximes entièrement différentes. Le procureur général d'A.guesseau, depuis chancelier, l'accusa devant les chambres assemblé-es, qui rendirent contre iu' un décret de prise de corps, et confisquèren! tous ses biens. 11 vécut à Home honoré, quoique pauvre, et mourut victime du quiélisme, qu'il méprisait, et de l'amitié qu'il avait noblement conciliée avec

ion devoir.

Il ne faut pas omettre que, lorsqu i se retira des Pays-Bas à Rome, on sembla craiuiire à Ja cour qu'il ne devînt pape. J'ai entre les mains la letti/ ^i: rt.i au cardinal de La Trimouille, du 26 mai 1710, dans laquelle il manifeste cette crainte : « On , « peut tout présumer, dit-il, d'un sujet prévenu de l'opinion « qu'il ne dépend que de lui seul. Usuffira que la place dont 4 le cardinal de Bouillon est présentement ébloui lui paraisse « inférieure à sa naissance et à ses talents ; il se croira « toute voie permise pour parvenir à la première place de « l'Église, lorsqu'il en aura contemplé la splendeur de plut « près. »

Ainsi, en décrétant le cardinal de Bouillon et en donnant ordre qu'on le « mît dans les prisons de i^ Conciergerie, si on pouvait se saisir de lui, » on craignit qu'il ne montât sur un trône qui est regardé comme le premier de la terre par toui ceux de la religion catholique^ et qu'alora en l'uuissant avec

le.-^ ennemis de Louis XIV il ne se vengCclt encore plus que le prince Eugène, les armes de l'Église ne pouvant rien par elles-mêmes, mais pouvant alors beaucoup par celles d'Autriche.

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