I. tUa 9M I Caaa, aab ta Irlaaét, v«i lUS
ÉCRIVAINS OU SIfiCLS DB LOUIS XIV.
le ptm AMKinl, mai* le mieux savant. Hardouin pousu la bixairerie jttaqa'à prétendi-e que V Enéide et les Odes à' Horace ont été composées par des moines du trvuième siècle : il ^eut qu'Énée soit Jésus-Christ ; et Lalagé, la maîtresse d'Horaec^ «ti la religion chrétienne. Le même discernement qui faisait voir au P. Hardonii U Messie dans Énée, lui découtrait 4e« athées dans les PP. Tùumassin, Quesne], Malebranche, dans ArMuld , dans Nicole et Pascal. Sa folie ôu à sa calomnia toute son ati-ocité ; mais tous ceux qui renouvellent cette accusation d'atbéismf contre dot sages ne sont pas toujours reconnus pour fous, et sont souTent très* dangereux. On a tu des hommes abuser de leur ministère, en employant ces armei contre lesquelles il n'y a point de bouclier, pour perdre sana ressource des pcraonnes respectables auprès des princes trop peu instruits. Mort en 1719.
HECQUET, médecin, mit au jour en 17*1 le système raisonné de la irtliraiiony idée ingénieuse qui n'explique pas la niauière dont se fait la digestion. Les antres médecins y ont joint le suc gastrique et la chaleur des Tiscères; mais nul ■'a pu découvrir le secret de la nature, qui se cache dans toutes les opérations.
HELVETIUS, fameux méderin, qui a très-bien écrit sur l'économie animale et fur la fièvre. Mort vers l'an 1750. Il était père d'un vrai philosophe qui renonça à U place de fermier général pour cultiver les lettres, et qui a eu le sort dt plu- «ieun pliilosophes, persécuté pour un livre et pour sa vertu.
HESNAULT, connu par le sonnet de V Avorton, par d'autres pièces, et qui
aurait une trèfr-grande réputation, si les trois premiers chants de sa traduction de
Lucrèce^ qui lurent perdus, avaient paru et avaient été écrits comme ce qui nous
est resté du commencement de cet ouvrage. Mort en 1682. Au reste, la postérité
M le confondra pas avec un homme du même nom, et d'un mérite supérieur, à
qui nous devons la plos courte et la meilleure Histoire de France, et peut-être la
•eule manière dont il faudra désormais écrire toutes les grandes hiitoires. Car la
multiplicité des faits et des écrits devient si grande , qu'il faudra bientôt tout
réduire aux extraits et aux dictionnaires. Mais il sera difficile d'imiter l'auteur de
VAbrégé chronologique, d'approfondir tant de choses en paraissant les effleurer.
HBNAULT, président aux enquêtes du parlement, surintendant de la maison
4e la reine, de l'Académie trançaiM, né à Paris vers l'an 1686. Nous avooi déjà
^lé de son livre utile de l'abr'^gô de l'Histoire dé la France, Les rechercher
nénibles qu'une telle étude doit avoir coâté ne l'ou; pas empêché de sacrifier aui
Grâces; et il a Aé du très-petit nombre de savant* .jii ont joint aux travaux utiles
i9t agréments de la société, qui ne t'acquièrent point. Il a été dans l'histoire et
que Fontenelie a été dans la philosophie. U l'a rendue familière; aussi lui nvon»-
ttous rendu, comme à Fonteuelle, justice de son vivant. Mort en 1770.
HERBELOT (Barthélemi d'}, aé à Paris en 1615, le premier parmi letPranfâii qui connut bien les langues et les histoires orientales ; peu célèbre d'abord dans sa patrie ; reçu par le giand-due de Toscane, Ferdiuaod 11, avec une distinction qui apprit à la France à connaître son mérite ; rappelé ensuite et encouragé par Colbert, qui encourageait tout. Sa Bibliothèque orientale est auisi curie::^ ^e profonde. Mort en 1695.
HERMANT (Godefroy), né à Beauvais en 1616. Il n'a fait que des ouvr&ges polémiques qui s'anéantissent avec la dispute. Mort en 1 61)3.
HERMANT (Jean), né à Caen en 1650, auteur dei'Bistoire dt* cùnoiUê^ des mréres religieux^ des hérisiêê. Cette histoire des hérésies ne raut piu celle de H. «luguet. Mort an 17t&.
ÉCRIVAINS DO SIËCLk DB LOUIS XIY.
HIRE (Philippe LA), né à Paris en 1640, fils d'un bon peintre. M a été u %vtnt mathématicien, et a beaucoup contribué à la fameuse méridienne de France. Mort en 1718.
HOSIER (Pierre D'), né Mai-seiUe en 1591, fils i'un avocat. Il fut le premier fui débrouilla les généalogies, et qui en fit une science. Louis llll le fit geutilâonune servant, maître d'hôtel, et gentilhomme ordinaire de sa chambre. Louis XIT lui donna un brevet de conseiller d'Ktat. De véritablement grands tiommes ont été bien moms récompensés; leurs travaux n'étaient pas si nécessaires i la vanité humaine. Mort en 1660.
HOSPITAL (François, marquis de Li'),né en 1661 , le premier qui ait écrit ea France sur le calcul inventé par Nevrton, qu'il appela les infiniments fetitt; «'était alors un prodige. Mort en 1704.
HOULIÈRES (Antoinette de La Garde DES). De toutes les damea française* qoi ont cultivé la poésie, c'est elle qui a le plus réussi, puisque c'est celle dont on a retenu le plus de vers. C'est dommage qu'elle soit l'auteur du mauvais sonnet contre l'admirable Phèdre de Racine. Ce sonnet ne fut bien reçu du public que parce qu'il était satirique. N'est-?e pas axsez que les femmes soient jalouses en amourT faut-il encore qu'elles le soient en belles- lettres? Une femme satirique ressemble a Méduse el à Scylla, deux beautés changées en monstres. Uorte m 1694.
HUBT (Pierre-Daniel), né à Caen en 1630, savant universel, et qui conserva la même ardeur pour l'étude jusqu'à l'ige de quativ-vingt-onze ans. Appelé auprè« de la reine Christine à Stockholm, il fut ensuite un des hommes illustres qui contribuèrent à l'éducation du Dauphin. Jamais prince n'eut de pareils maîtres. Huet ti fit prêtre à quarante ans; il eut l'évéché d'Avranches, qu'il abdiqua ensuite, pour se livrer tout entier à l'étude dans la retraite. De tous ses livres, le Commerce et Im navigation des anciens, et VOrigiue dts romans^ sont le plus d'usage. Son Draiti sur la faiblesse de l'esprit humain a fait beaucoup de bruit, et a paru démentir sa Démonstration angélique. Muvt en 1711.
JACQUELOT (Isaac), né eu Champagne en 1647; calviniste, pasteur à la Baye, et ensuite à Berlin. Il a fait quelques ouvrages sur la religion. Mort en 170 S.
JOLT (Gui), conseiller au Ch&telet, secrétaire du cardinal de Retz, a laissé dt's Mémoires qui sont à ceux du cardinal ce qu'est le domestique au maître ; mais il y a des particularités curieuses.
JOUVENCY (Jostiph), jésuite, né a Paris en 1643. C'est encore un homme qoi a eu le mérite obscur d'écrire en latiu aussi bien qu'on le puisse de nos jours. Son livre De ratioiie discndi et docendt est un des meilleurs qu'on ait en ce |enre, et des moins i-mhous depuis Quintil'.en. il publia en 1710, à Kome, une partie de l'histoire de mu urdre : il l'écrivit en jésuite et en homme qui était à Rome. Le parlement de Parit», qui pense tout différemment de Rome et des jésuites, condamna ce livre, dans lequel on justifiait le père Guignard, condamné à être p«ndu par ce même parlement poisr l'assassinat commis sur la personne de Henri IT par l'écolier Chàtel. Il eat très- vrai que Guignard n'était nullement complice, et qu'on le jugea à la rigueur ; nais il n'tît pas moins vrai que cette rigueur était nécessaire dans ces temps malheureux où une partie de l'Europe, aveuglée par U plus horrible fanatisme, regardait comme un acte de religion de poignarder le mtiUe«r des rois et le meU«ur des hommes. Mort eu 1719.
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV
LABBE (Philippe), né i Boartces eu 1607, jésuite. Il a rendu île grande services à Thistoire. On a de lui $(oixante et sei/.e ouTras^es. Mort en 1667.
LABOUREUR (Jean LE), mS & Montmorency en IG'23, gentilhomme sterTant dtt Loaii XIV, et ensuite son aumônier. Sa relation du voyage do Pologne, qu'il fit avec madame la maréchale de Guébrianl, la seule femme qui ait jamais eu le titre et fait les fonclion<> d'ambaf).«ai)rice plrnipolenliaire, est a$sez curieuse. Les commentaire» historiifues dont il a enrichi les Mémoire.'^ de Ca.'iteinau ont répanda beaucoup de jour sur l'histoire «le France. Le mauvais porme de Charlemagne n'e.st pas de lui, mais de son frère. Mort en 1075.
LAINE ou LAINEZ (Alexandre), né dans W Hainaut en 1650; poêle singulier, dont on a recueilli un petit nomiire de vers heureux. Un homme qui s'est donné la peine de faire élever k grands frais un Parnasse en bronze, couvert de figures en relief de tou!< les poï'tes et musicien^< dont il s'est avisé, a mis ce Laine au rang des plus illustre». Les seuls vers délicats qu'on ait de lui sont ceux qu'il fit pour Madame Martel
Lé tendra Appelle un Jour, dans ce* j*ux al nctAe Qa'Athèues sur ie« bord* cooaicrait à Meploba, Vit «a >ortir da Pond* éclater aant beauté* ;
Et, preaiLt on trait de chacune, II It da sa Vénna le portrait Immortal. Ce!» I ait avait va l'adorable Harlat,
Il ■'•» aurait amplo]! qu'uae.
On ne sait pas que ees vert mut uue ttaùuctioa xuk p«a loBf uê de e« be&Q norreM is i'Arioete :
If on avea da tcrr* alira, ehe eotttti CA« tutte le 6e/'es« crano in M.
(Cbant XI, st. %xn.)
Mort en 1710.
LAINKT ou lAnET (Fierté), conseiller d'^.tat, niîif de Dijon, attaché â« grand Condé, a laissé des .Mémoires sur la guerre civile. Tous les Méinoirendie c« lempf sunt éclaircis et justifiés les uns par les autres. Ils mettent la vérité de l'histoire dans le plus grand jour. Ceux de Lainet ont uitt> riuecdute très-remarquable. Vne dame de qualité, de Franche-Comté, se trouvant à Paris, g:rosse de huit mois, en 1604, sua man absent depuis un an arrive; file craint qu'il ne la tue; elU ■'adresse à Lainet sans le connaître. Celui-ci consulte I ambassadeur d'Espagne^ tons detu imaginent de faire enfermer le mari par une Ictue de cachet à la Bastille» jusqu'à ce que la femme soit relevée df couche». Ils &'«<]. •-esseot à la reine. Le roi, en riant, fait et signe la lettre de cachet lui-même ; il sauve la vie de la femm* et de l'enfant; ensuite il demande pardon au mari, et lui fait un présent.
LAMBERT (Anne-Thérèse de Narguenat de Courcellos, marquise de), née en 1647, dime de beaucoup d'esprit, a laissé quelques é'*rils d'une morale utile el' d'un style agréable. Son rrail^ de l'amiiié fait voir qu'elle méritait d'avoir dei •mis. Le nombre des dames qui eut illustré ce beau siècle est nue des graadat pieuvcs des progrès de l'esprit humain :
Le domif «on venute in eccellona
Ui ciatcun' artê ove Aa>uu> pono cvrm.
(Abiosti, eh. XX, atr. t4
Isrt» àParscB I7t9.
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV. 261
LAM Y (Bernard^ né au Mans en 4645, de l'Oratoire, savant dan» plus d'un genre. 11 composa ses Éléments de mathématiques dana un voyage qu'il fil à pied d« Grenoble à Paris. Mort en 1715.
LANCKLOT (Claude), né à Paris en 1616. 11 eut part à des ouvrages très utiles que firent les solitaires de Port-Royal pour l'éducation de la jeunesse. Mort en
LARREY (Isaac de), né en Normandie en 1638. Son Histoire d'Angleterre fut estimée avant celle de Rapin de Thoyra»; et son Histoire de Louis XIV ne le fut jamais. Mort à Berlin on 1719.
LAUNAY (François de), né à Angers en 1612, jurisconsulte et homme de lettres. Il fut le premier qui enseigna le droit français à Paris. Mort en 1693.
LAUNOY (Jean de), né en Normandie en 1603, docteur en théologie, savant laborieux et critique intrépide. Il détrompa de plusieurs erreurs, et surtout de l'existence de plusieurs saints. On sait qu'un curé do Saint-Eustache disait : Je lui fait toujours de profondes révérences de peur qu'il ne m'âte mon Saint- Eustache, Mort en 1678.
LAURIERS (Eusèbe), né à Fans eu 1059, avocat. Persouue n'a plusappr*^ fondi lajurisprudenccet l'origiue des lois ; c'est lui qui dressa le plan da Recueil des ordonnancesy ouvrage immense qui signale le règne de Louis XIV. C'est un mo- Bumeut de l'inconstance des chose» humaines. Un recueil d'ori'.onnanccs n'est qut l'histoire des variations. Mort en 1728.
LECLERC 'Jean), né i Genève en 1617, mais originaire de Beauvais. U n'était pas It seul savant de sa famille, mais H était le plus savant. Sa Bibliothèque universelle j dans laquelle ilimiU la République des lettres de Bayle, est son meil* leur ouvrage. Son plus grand mérite est d'avoir alors approché de Baylc, qu'il a combattu souvent. U a beaucoup plus écrit que ce grand homme ; mais il n'a pas comiu comme lui l'art de plaire et d'instruire , qui est si au-dessus de la science. Mort i Amsterdam en 1736.
LÉMËRY (Nicolas), né à Rouen en I645i, fut le premier chimiste raisonnable, et le premier qui ait donné une Pharmicopée universelle. Mort en 1715.
LENFAN •l(Jacques), né en Beauce en IG6I, pasteur calviniste à Berlin. Il contribua plus que personne à répandre les grâces et la force de la langue française aux extrémités de rAlleiuague. Son Histoire du concile de Constance, bien faite et bien écrite, sera jusqu'à la dernière postérité un témoignage du bien et di mal qui peuvent résulter de ces grandes assemblée», et que du sein de* paaaion^ de llntérèt et de la cruauté même, il peut encore sortir de bonnes lois. Mort en
LYONS (Jean DES), né à Pontoise en 1615, docteur de Sorbonne, Homme singulier, auteur de plusieurs ouvrages polémiques. U voulut prouver que les réjouissances à la fête des Rois sont des profanations, et que le monde allait bientôt inir.
tlurt en 1700.
L'îSLB (Guillaume de), né à Paris en 1675, a réformé la géographie, qui aura longtemps besoin d'être perfectionnée. C'est lui qui a changé toute la position da notre hémisphère en longitude. Il a enseigne à Louis XV la géographie, et n'a point fait de meilleur élève. Ce monarque a composé, après la mort de son maître, nn Traité du cours de tout les (leuvts, Guillaume de l'Islc est 1« premier qui ait eu U titre de premier féographe du Koi« Mort ta IT|«.
262 ÉCRIVAINS DU SIÈCLE OR LOUIS X17
LONG (Jacqtiei LE), nâ i Paris en 1655, de l'Oratoire. 5<a Bibli^thèqm« Mitorique di la France est d'une fraude recherche et d'one grande utilité, à ^uel- ^ues fautes près. Mort en 1711.
LONGEPIERRE (Rilaire-BemaH de Bequpleyne, baron de), né en Bonr. pogneen 1«59. Il possédait toutes les beautés de la langue grecque, mérite trèo^ rare en ce tempa-là : on a de lui des traductions en Ters A'Ânacrion, Sapha, Bion et JSoschus. Sa tragédie de Médée , quoique inégale et trop remplie de dé* elamations, est fort supérieure è celle de Pierre Corneille ; mais la Médée de Cor- ■eille n'était pas de son bon temps. Longepierre fit beaucoup d'autres trao^édiei d'après les poètes grecs, et il les imita en ne mêlant point l'amour à ces sujets sé- «ères et terribles ; mais aussi il les imita dans la prolixité des liem e«mranns, et dans le xide d'action et d'iutrigue, et ne les égala point dans la beauté de l'élocution, qui fait le grand mérite des poètes. (I n'a donné au théAtre que Médée et Electre '. Mort en I7Î1.
LONGUERUE (Louis du Four de), né à Charlerille en l«5l, abbé du Jard : il savait, outre les langues savantes, toutes celles de l'Europe. Apprendre plusieurs langues médiocrement, c'est le fruit au travail de quelques années ; parler purement et éloquemment la sienne, le travail de toute la vie. Il savait l'histoire universeJle ; et on prétend qu'il composa de mémoire la description historique *l géographique de la France ancienne et moderne. Mort vers l'an 1733.
LONGUEVAL (Jacques), né en 1681, jésuite. Il a fait huit volumes de VHi»toire de l'Égliee gallicane^ continuée par le P. Fonteoay. Mort en 1735.
LOUBERE (Simon de LA), né i Toulouse en 1641, etenvoyéà Siamen 1687. On a de lui des mômoires de ce pays, meilleurs que ses sonnets et ses odes. Mort
Il y • un jésuite du même pays et du même nom, savant mathématicien, mais lui n'est plus connu que pour avoir voulu partager avec Pascal la gloire d'avoir f solu les problèmes sur la cycloïde.
MABILLON (Jean), né eu Champagne en I63Î, bt^nédictln. C'est lui qui, >ant chargé de montrer le trésor de Saint-Denis, demanda à quitter cet emploi inrce qu'il n'aimait pas à miter la fable avec la vérité. Il a fait de profondes .«cherches. Colbert l'employa à rechercher les anciens titres. Mort en 1707.
MAIGNAN (Emmanuel), né à Toulouse en 1601, minime, l'un de ceux qui »nt appris les mathématiques sans maître ; professeur de mathématiques à Rome oà il y a toujours eu depuis un professeur minime français. Mort à loulous* en
) MAILLET (Benoît de), consul au grand Caire. On a de lui des lettres instructives sur l'Egypte, et des ouvrages manuscrits d'une philosophie hardie. L'ouvrag» intitulé Telliamed est de lui, ou du moins a été fait d'après ses idées. On y trouvi l'opinion que la terre a été toute couverte d'eau, opinion adoptée par M de BufTon, qui l'a fortifiée de preuves nouvelles ; mais ce n'est et ce ne sera longtemps qu'un* opinion. 11 est même certain qu'il existe de grands e-paces où l'on ne trouve aucun vestige du séjour des eaux ; d'autres où l'on n'aperçoit que des dépôts laissé par les eau T terrestres Mort en 1738.
MAIMBOURG (Louis), jésuite, né en 1610. Il y a encore quelques-unes de ce» histoires qu'on ne lit pas sans plaisir. Il eut d'abord trop de vogue, et o« fa
.. Ht 9<f99etri$t ta ISM
ÉCRIVAIN» DU SiftCLE DE LOUIS XIV.
twp niKtigé ewuHe. Ce qui est singulier, c'est qu'il fut obUgé de <|«ltt«r »*•{*•»»«- ,om avoiT écrit enfareur du clergé de franc. Mort à Saint-Victor e» I68«.
MAINTENON (Françoise d'Aubigné Scarron, marquise de). BUe est aulem^ •omme madame de Sévigné. parce qu'on a imprimé ses lettres après sa ^^^-^ mes et les autres sont écrites avec beaucoup d'esprit, mais *ve« m espnt dlffé. rent Le cœur et l'imagination ont dicté celles de madame de Sévigné ; elles omt plus de gaieté, plus de liberté : celles de madame de Maintenon sont plus contrauH tes- U semble qu'eUe ait toujours prévu qu elles seraient un jour publiques. Madaiie de Serigné, en écrivant à sa fille, n'écrivait que pour sa fille. On trouve
juelques anecdotes dan. le. unes et dans les autres. On voit par celles de madam. de Maintenon qu'elle avait épousé Louis XIV ; qu'elle influait sur les affaires d Etat
nais qu'elle ne les gouvernait pas ; qu'elle ne pressa point la révocation de l édil
de Nantes et ses suites, mai. qu'elle ne s'y opposa point; qu'elle prit le parti de.
molinistes parce que Lous XIT l'avait pris, et qu'ensuite elle s attacha à ce parti;
-ne Louis XIV, sur la fin de sa vie, portait des reliques, et beaucoup d autre.
particularités. Mais les connaissances qu'on peut puiser dans ce recueil sont brop
achetées par U quantité de lettre, inutile. qu'U renferme ; défaut commun a too.
.e. recueil.. Si Ton n'imprimait que l'uHle, il y aurait cent fois moins de livrer
Morte à Saint-Cyr enl719.
Un nommé La Beaumelle, qui a été précepteur à Oenève, a fait imprimer des
Mémoires de Maintenon remplis de faussetés. .... „ ,
MALEBRANCHE (Nicolas), né a Paris en 1631 ; de l Oratoire; 1 nn des plus profonds méditatifs qui aient jamais écrit. Animé de cette imagination forte qui fait plus de disciples que la vérité, il en eut : de son temps il y avait des fW- Ibranchistee. Il . montré admirablement les erreurs des sens et de l imaginatioa; et quand il a voulu sonder la nature de l'âme, U i'est perdu dans cet abîme comme les autres. Il est, ainsi que Descartes, un grand homme avec lequel « apprend bien peu de chose, et il n'était pas un r^d géomètre comme Descarte..
"*MALEZIEU (Nicolas), né à Paris en 16R9. Les Éléments de géométrie dm duc di Bourgogne sont les leçons quMl donna à ce prince. Il se fit une réputation par sa profonde littérature. Madame la duchesse du Maine fit sa fortune. Mort «n
mÂlLEVILLB (aaude de), l'un des premiers académiciens. Le seul sonn^ 4e la belU Matineuse en fit un homme célèbre. On ne parlerait pas aujourd hd *•«» tel ouvrage ; mais le bon en tout genre était alors aussi rare qu ù est deveiui eommun depuis. Mort en 1647. r *, «•
MARCA (Pierre de), né en i5f4. «tant veuf et ayant plusieurs enfants, il entra dans l'Église, et fut nommé à l'archevêché de Paris. Son bvre de la Concorde de l'empire et du eacerdoce est eslin.é. Mort en 1 66Î.
MAROLLESI Michel de), né en Touraine en 1600, fils du célèbre daud. ie Marolles, capitaine des cent suisses, connu par son combat singuUer à la têt. t l'armée de Henri IV contre Marivault. Michel, abbé de Villelom. composa .oixante-neuf ouvrages, dont plusieurs étaient des traduction, trè-utiles du» leur
temps. Mort en 1681. «. ». < . «« * ia
MARE (Nicolas de LA), né à Paris en 1 64 1 , commissaire au Châtelet. H a fait
o ouvrage qui était de son ressort, l'Histoire de la flice. Il n'est bon qoo pouf
le, Parisiens, et meilleur à consulter qu'à lire. U «ut pour récompense ose part
ÊCRIViinTS DU SIÈCLE DE LOUIS XIT.
»nr U produit U U comédie dont U ne jouit jamtit ; il aartlt autui tiIu utinei 411» eomédien» une pcnaion «ur le« gagei du guet.
MARSAIS (César Cheineau DU), né à Mar$eili« en Ifl7«. Personne n$ connu mieux que lui la méUphysique de la grammaire ; personne n'a plus approroudi les principes des langues. Son Urre des Trope, est derenu insensihiemeni uéeessaire, et tout ce qu'il a écrit sur la grammaire mérite détre étudié. Il y a dani le grand Dictionnaire encyclopédique beaucoup d'articles de lui, qui sont d une grande utilité. Il était du nombre de ces phUosophes obscurs dont Paris eal plein, qui jugent sainement de tout, qui Titenl entre eux dans la paix et dans la eammunication de la raison, ignorés des grands, et très-redoulés de ces ebarlataus en tout genre qui Teuleut dominer sur les esprits. La foule de ces bommes sage* «•t une suite de l'esprit du siècle. Mort eu 1756.
MARSOLLIER (Jacques), né k Paris en 1«47, chanoine réguUtr de Saint*. CeneTiète, connu par plusieurs histoires bien écrites. Mort en 1 714.
MARTIGNAC (Etienne de), né en i6î8, le premier qui donna une traduction •upportable en prose de Virgile, d'Horace, etc. Je doute qu'on les traduise jama s heureusement en tcts. Ce ne serait pas assez d'avoir leur génie : la différence des langues est un obstacle presque iuTJncible. Mort en 1<I98.
MASCARON (Jules), de Marseille, né en 1634, évêque di Tulle, et puis d Agen. Ses on.ison8 tuuèbres balancèrent d'abord celles de Bossuet; mais aujourdhui elles ne s^^rvent qu'à faire Toir combien Bossuet était un grand homme Mort en 1703. *
MASSILLON, né en VroTence en 1663 ; de l'Oratoire ; étéque de Cletmoos. le prédicateur qui a le mieux connu le monde; plus Oeuri que Bourdaloue plus agréable, et dont l'éloquence sent l'homme de cour, l'académicien et l'hôrom. d espnt ; de plus, philosophe modéré et tolérant. Mort en 1 74î.
MAUCROIX (François de), né à Noyoa en 1619, historien, poète et littérateur. On a retenu quelques-uns de ses ▼ers, tels que ceux-ci, qu'il ût i Tâw ût plus de quatre- Tingts ans :
Chaque jc^r est un bUn qa* da eial je rpcri • Jouissoai iujourd hul de celui qu il nous Conùt j Il n appartient pas pjos anx jauoes ^eos qu a a«|, El eeiul de d^mala ■ appartient i personne.
M»rt en 170*.
MATNARD (François), président d'Aurillac, né à ïoulouse ters 1581 G, peut le compter parmi ceux qui ont annoncé le siècle de Louis XIV. 11 reste dé 'ui <in assez grand nombre de trers heureux purement écriu. C'était un des auteurs qui se sont plaints le plus de la mauvaise fortune attachée aux talents. Il ignorait qu*
* succès d'un bon ouvrage est la seule récompense digne d'un artiste- que si le. ?rinces et les ministres veulent se faire honneur en récompensant cette espèce de Bénte, U y a plus d'honneur encore d'attendre ces faveurs sans les deiuandcr • ef que SI un bon écrivain ambitionne la fortune, il doit la faire soi-même. *
Hien n'est plus connu que sou beau sonnet pour le cardinal de Richelieu • et celt Wponse dure du ministre, ce mot cruel, Rien. Le président Maynard. retiré eif
* AaniUa, ti ces vers, qui méritent autant d'être connus que son somaet t
F«f votre iiHi&eur i» oionde est couvaraét V(w <«i«aiés <eat le «Ont m r«nf«|
fiCRlVàlNS DU SIÈCLE DK LOUIS XlV. 265
Vont vous rie* de me voir confiné.
Loin de li eour, dan» mon petit mena?» I MaU B'ert-ee rien que d'être tout à lol, Da n'avoir point le fardeau d'un emploi. D'avoir dompté la crainte et l*espér»ne«T Ah I »1 le r.lel, qui me traite il 1i«b, Avait pitié de *on» et de la France, Vaire lonbeur serait égal au mleal
Oe**l» la mort du cardinal, 0 dit dans d'autres Ters que l« tyran est mort, et ,u'U n'en est pas plus heureux. Si le cardinal lui avait fait du bien , ce mimstra eût été un dieu pour lui : il n'est un tyran que parce qu'il ne lui donna rien. C'ert trop rcsserablei à ces meudianU qui appellent les passants moiisetgneur, et qiu les maudissent s'ils n'en reçoivent point d'aumône. Les vers de Maynard étaient fort beaux. Il eût été plus beau de passer sa vie sans demander et sans murmuw», L'épitaphe qu'il fit pour lui-même est dans la bouche de tout la monde :
Las d'eipérei e de me pJalndre Des muse«, de* çrand» et dn sort.
C'est Ici que j'attends la mort.
Sans la désirer ni la craindre.
Ut deui derniers vers sont la traduction de cet ancien vsm latin,
SunuMum née metua$ dietn, tue optes. '
(Mabtial, llv. X.épif. *7, V. 18.)
La plupart des beaux vers de uioiale sont des traducUous. Il est bien commua de ne pas désirer la mort, U est bien rare de ne pas la craindre, il eût été r««i de ne pas seulement songer s'ily a des grands au monde. Mort en 1646.
MÉNAGE (Gilles), d'Angers, né en 1613. Il a prouvé qu'il est plus aisé de faire des ters en italien qu'en français. Ses vers italiens sont estimés même en Ita- Ue et notre langue doit beaucoup à ses recherches. Il était savant eu plus d'un ee^e Sa Requête de» dictionrMire» l'empêcha d'entrer à l'Académie. Il adressa au cai^inal Maxarin, sur son retour >n France, une pièce latine où l'on trouve oe
vart t
Mt jmio tam vilft dtnyici» »P»« 'tyoe
U parlement, qui, ap-ès avoir misa prix la tête du cardinal, l'avait complimen**, ie crut désigné par ce vers, ei voulait sévir contre l'auteur; mais Ménage prouva au parlement que toga sigmf.ait un habit de cour. Mort en 169Î. LaMonnoye* augmenté et rectifié !• Menagiana,
MÉNESTRIER (Claude-François), né en 1631, a beaucoup servi à U science du blason, des emblèmes et des devises. Mort en 1705.
MÉRY (Jean), né en Berri en 1645, l'un de ceux qui ont le plus Ulustré !• ehirurgie. Il a laissé des observations utiles. Mort en 171Î.
MÉZERAY (François), né à Argentan en Normandie, en 1610. Son Hiitoirt ie France est très-connue; ses autres écrits le sont moins. Il perdit ses pensions pour avoir dit ce qu'il croyait la vérité. D'ailleurs plus hardi qu'exact, et inégal éans son style. Son nom de famille était Eudes ; il était frère du père Eudes, foniateur do la congrégation très-répandue, et très-peu connue, de» eudiste». Mon
•« 16Sa.
MIMEURES (le marquis de), menin de Monseigneur, fils de Louis ITT. 0« Il 4« lui quelque» ««rceawx de poésies qui ne wot vas iafériturM à cellea de Bac*.
ÉCRIVAINS DU SIÈCLF DR LOUIS XIV
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ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DR LOOIB XIV
•I de Maynard : mais, e«iiime iii parurent dana un tempa oè le bon était trèa-rar», •I le oiarquia 4e Mimeuras dans un temps où Tart étant perfectionné, ilf eurent baancoup de réputation, et à peine fut-il connu . Son Od» à VémUf imitée d'Hoi«e«, n'est pas indigne de l'original.
MOINE (Pierre LE), jésuite, né en leOS. Sa Dévotion a($ét le rendit ritff- •nle ; mais il eût pute faire un nom par sa Louisiadê. Il arait une prodigienae imagination. Pourquoi donc ne réussit -il pas? C'eat qu'il n'avait ni foât, ni oeatnaissance du g^énie de sa langue, ni des amis sévères. Mort en 1671.
MOLIÈRE (Jean-Baptiste), né en 1610, le meilleur des poètes comiques dt îoutes les nations. Cet article a engagé à relire les poëtes comiquer de l'antiquité. il faut avouer que si l'on compare l'art et la régularité de notre théâtre avec nm scènes décousues des anciens, ces intrigues faibles, cet unage grossier de Taire ao> ■oncer par des acteurs, dans des monologues froids et sans vraisemblance, ec qu'ils ont fait et ce qu'ils veulent faire; il faut avouer, dis- je, que Molière a tiré la comédie du chaos, ainsi que Corneille en a tiré la tragédie, et que les Français ont été supérieurs en ce point à tous les peuples de la terre. Molière avait d'ailleurs une autre sorte de mérite que ni Corneille, ni Racine, ni Boileau, ni La Fontaine, n'avaient pas. Il était philosophe, et il l'était dans la théorie et dans la pra* tiqnc. C'est à ce philosophe que l'arcbevèque de Paris Harlay, si décrié pour set mœurs, refusa les vains honneurs de la sépulture : il fallut que le roi engageât ce prélat à souffrir que Molière fât enterré secrètement dans le cimetière de la petite chapelle de Saint-Joseph, faubourg Montmartre. Mort en 1678 '.
On s'est piqué i l'envie, dans quelques dictionnaires nouveaux, de décrier lea vers de Molière en faveur de sa prose, sur la parole de l'archevêque de Cambrai, Fénelon, qui semble en effet donner la préférence à la prose de ce grand comique, et qui avait ses raisons pour n'aimer que la prose poétique ; mais Boileau ne pensait pas a)i«i. Il faut convenir qu'à quelques négligences près, négligences que It comédie tdJère, Molière est plein de ces vers admirables qui s'impriment facilement dans la mémoire. Ae Misanthropie l«f Femmes savantes, le Tartuffe^ sont écrits comme les Satires de Boileau. L'Amphitryon est un recueil d'épigrammeg et de madrigaia faits avec un art qu'on n'a point imité depuis. La bonne poési« est k la bonne prose ce que la danse est i une simple démarche noble, ce que la musique est an récit ordinaire, ce que les couleurs d'un tableau sont à des dessint au crayon. De là vient que les Grecs et l'^s Romains n'ont jamais eu de comédie «n prose.
MONOAULT (l'abbé). La meilleure n>aduction qu'on ait faite des lettres de Qcéron est de lui. Elle est enrichie de notes judicieuses et utiles. Il avait été pr^ eepteor du fils du due d'Orléans, régent du royaume, et mourut, dit-on, de chagrin de n'avoir pu faire auprès de son élève la même fortune que l'abbé Duboia. Il ignorait apparemment que c'est par le caractère, et non par l'esprit qu'on fait fertune. Né en 1674, mort eu 1746.
MONNOYE (Bernard de I A), né à Dijon en 1641, excellent littérateur. 11 Tôt le premier qui remporta le prix de poésie à l'Acndémie française-, et même son poëme du Duel abolie qui remporta ce prix, est, à peu de chose près, un des neilleon ourri-ges de poésie q t'on ait faits en France. Mort en 17S8. Je ne saài
t. Yefr J-A Poavelin dt MoHért^ n (•(• dea cbwtm craipiètM i$ tet écrtvala Parla
CUrp«nttBr, lUl, a t*U *
«^i h *^m,Ti, SofVo». ua.oc.., a». «. »*•«•""«"•« «* '^•^
J^eU 1I».«H, «.I..10*» bourguip.... «bI ee ,«n . hit *• »>«" = «^ « pm* qu« 1. Sorbome, qui » «it t» 1» P«»»i» lH.»rpa(!»o«. a fut »> déc«.
cmlK ce BTre itiu l'entendre t .... ,-...
MONTESQUIEU (Charlet), préeldent «u parlement de Bordenui, né en I»»»,
lonn* à rare de trente-dem «n. Ie« Lettre$ pifone; mmft de pliisuiten. ,lein de tr.iti qui «noncenl un esprit plut lolide que eon liTre. C'e.t "«■■»•»• L du Stamow de Dulremy et de CEspio» «»«, n«ii Imitation qmfait »o« .ommenl ces originaux de™ent être écrit.. Ce. .UTrage», d-ordin,.re, ne ré^ n»enl qu'i la faveur de l'air élranger;-on met arec ..'ce. dan. la bouche d .n Ariatique l.«Hre de noir, pay., qui .errit moin, hi," accueille da» 1. bouch. d'un compatriote : ee qu, e.t commun par «,i-m«m. a..ienl ^'«»«'^- "^ lénie qui règne dan. le. Léttr» per «ne. ouvrit au président de MonieHuieu le. C« de l'Académie lrançai«. quoique l'Acad^^iie fût maHraitée dan. «>n 11.,.; ■ai. en même t.mp. la liberté avec laquelle il parle du gouvernement «< *" ••>"• *<• la religion lui «tlira une eidusion de la part du cardinal de F eury. Il pnt mt tour .ré..rdroit pour mettre le mini.l« dan. .« intéréU; il 81 f«re e. peu de Jour, une nouvelle édition de «n livre, dan. laquelle on .etr.ncha •• «' «'*°»"« tout ce qui pouvait «tre condamné par un cardinal et par un minLtre. M. de MMt«,uieu port, lui-même l'ouvrage au eardind, qui n. 1,.... (P'*". «î^ a. îut une partie. Cet air de conBance, «ulenu par l'empre«ement de quelquet Mr»nne. de crédit, ramena le cardinal, et Montcquieu entra dan. 1 Académl^ Il donna ensuite le traité nr la Grar.<f«.r et la d'cadmc. it, Bomains, m«*r. ..ée. qu'il rendit neuve par dearéBexion. trè..8nes et de. peinture, ^'^^'^ .'„. 1 hi..oire politique de l'empire romain. Enfin on vit «m É,pr. de. J»to. on a trouvé dan. « livre beaucoup plu. d. génie que dans ~ « •♦" ^. f«idor/r. On K fait quelque violence pour lire ce. auteur. ; on Ut I £.pr.< *« to» ."."pour son plaisir que pour .on instrucUon. Ce livre es, écn. avec autant d. Uberlé que le. Uitre, p^.ane.; et celte liberté n'a pas peu servi au •-«;««. «^ « lui allir. de. ennemi, qui augmentèrent u. réputation, par a haine qu lU in.p|raient contre eux : ce sont ces nommes, nourris dans le. factions obscure. d« querelle, ecclésiastiques, qui «gardent leurii opinions comme »f ';••'"" ''™ Us mépri«nt cornu* «crilégc. II. écrivirent violemment contre le p«> «».«l ^« »„„.e.^i.u : il. engagèrent la Sorbonne à examiner «,n livre »»J' "*P™ dont il. furent couvert. arr«. I. Sorl-mne. Le pnncip.l ménU de ' Ej^" «^ to.-, e.t l'amour de. lois qui «gne d«>. cet ouvrage; et ce amour de. lob ^ fondé .ur l'amour du genre hum«n. Ce qu'U , a d. plus singulier, c es. que I éloge on'il fait du gouvernement anglais est c ,«l . plu davantage en Fran e. La vi,. ^piquante irenie qu'on , trouve contre l'inquisition a .h«mé ^-^^ ^^'' fc«„ les inquisiteurs; se. ré«exion., pre«,»e toujour. profondes, »nt appuyé* aV«mp,e. tiré,de l'histoire de toute, le. nations. Il est vr« qu'on Im .repr.cn* ie prendre trop «uvenl de. exemple, du. de petites nation, sauvage., .t p.«q« toconnue., wr le. reUtion. trop .u.pecte. de. voyageur.. Il ne cite p.. to,».u« ",ee bLioup d'exactitude ; il fait *«, par exemple, » l'auten, dn Tntyn^po- Uu. attnbirf au cardinal de Wchelien, que .'.I « «roure dam /. p«pl. ,«lq« •aÎAeure-x fc«m«« /.omme.iln. fulpo. .>» .«-«r. Le r«<amm< po(,<.^ dit seulement, àl'endroil cité, qu'il vaut mieux se servir des hommes riches .»1*« tlelé., par.. T»'i" •«- "o'- '^•""»'«''«'- «•■"«H"i«» •"- «"-T'* <—
268 ÉCRIVAINS DU 8IËCLE DB LOUIS XIT.
«l'autre» eltatioai, jusqu'à dire que Prançoii !•' (qui n'éUit pat aé lorsque Chrtotôpbe Colomb découvrit l'Amérique) avait refusé les offre, de Chri.lopbe Cclomb. Le défaut continuel de méthode dans cet ouvrage, la lingulière affeclalion de m mettre i^avent que trois ou quatre Ugnes dam un chapitre, et encore de ne faim de cet quatre lignes qu'une plaisanterie, ont indisposé beaucoup de lecteurs- om • csl plaint de trouver trop souvent des saillies où l'on attendait des raiso^emenu; on a reproché i l'auteur d'avoir trop donné d'idée, douteuses pour des .dée. cerU;nes : mais, s'il n'instruit pas toujours son lecteur, il le fait toujours pe» •«r; et c'est li un grand mérite. Ses expressions vives et ingénieuses, dans lesqueUes on trouve rimaginaUon de Montaigne, son compatriote, ont contribué surtout i la grande réputation de l'Esprit de» loi»; les mêmes choses dites par un bomsue savant, et même plus savant que lui, n'auraient pas été lues. Ka- Bû, Il a y a guère d'ouvrages où il y ait plus d'esprit, plus d'idées profondes. pJus de choses hardies, et on l'on trouve plus à ^'instruire, soit en approuvant SM opinion,, soit en les combattant. On doit le mettre au rang des livres originaux qui o»t Illustré le siècle de Louis IIV, et qui n'ont aucun modèle dans l'anUquité.
Il est mort en 1755, en philosophe, comme il avait vécu.
MONTFAUCON (Bernard de), né en 1655, bénédictin, l'un des plus savants antiquaires de l'Europe. Mort en 1741.
MONTPENSIER (Anne-Marie-Louise d Orléans), connue sous le nom de Maiemoiselle, fille de Gaston d'Orléans, née à Paris en 16Î7. Ses Mémoire» sont plus d'une femme occupée d'elle que d'une princesse témoin de grands événo- ■«•cts; mais 11 s'y trouve des choses très-curieuses ; on a aussi quelques peUts romans d -Ile qu'on ne lit guère. Les princes, dans leurs écrits, sont au rang des autres hommes. Si Alexandre et Sémiramis avaient fait des ouvrages ennuyeux i]« seraient néghgés. On trouve plus aisément des courtisans que des lecteurs m'otI» ea 1693. * ^
MONTRSUIL (Matthieu de), né à Pari, . n I «l , lun de ces écrivains agréa- Mes et faciUs dont le siècle de Louis XIV a produit un grand nombre, et qui ■ ont pas laissé de réussir dans le genre médiocre. Il y a peu de vrais génies mais I espnt du temps et l'imitaUon ont fait beaucoup d'auteurs agréables Mort à Aix eu t«9î. ° •
MORÉRI (Louis), né en Provence en i «4«. On ne s'attendait pas que l'auteur du l^aysd amour, et le traducteur de BoJriyuez, entreprît dans sa jeunesse le premier dictionnaire de faits qu'on eût encore vu. Ce grand travail lui coûta la vie p.T'^*' Tf ** très.aug„,enté, porte encore son nom, et n'est plus de lui*
L? rt H ^."7"*°'"» ^'''' ^- »« P'*» "«ie«- Trop de généalogies suspecte» ont fart tort surtout à cet ouvrage si utile. Mort en 1680. On a fait des suDDlé. ments remplis d'erreur». ■uppie.
MORIN (Michel-Jonn-Baptiste), né en Beaujolais en 1583, médecin, mathé- "v^rriV iT. • '*'*^"^'* ^" ''"P*' .strologue. Il tira l'horoscope de Zr / ^«^f* ""t?*^"'''''"*"*' " *»*i» »*^"^- "proposa d'employer le. .baervations de la lune i la détermination des longitudes en mer ; mais cette mé hode exigeait dan. les Ubie. des mouvements de cette planète ce degré d'exactilude que les travaux réunis des premiers géomètre, de c. siècle onfpu à pein. donner. Foye* l'article CASSINI. Mort en ifl59.
MORIN (Jean), né à Blois en l«9l, très-sav, udan. le. langue, orientale, et étoê la «ntiove. Mari à l'OratOit* m ««»•*
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DB LOUIS XIV
MORIN (Simon), né en Normandie en 161S. On ne parle ici de Id que p*^ âéplorer sa fatale folie et celle de Saint.Soriin-Desmaresls, son acru.M.nr. Sn^nt- Sorlb fut un fanatique qui en dénonça un autre. Morin. qui ne nw^ritoit que k. ^litJiaisons, fut Lié vi, en IC63, s.ant que la f ^-phie e t fait s.s^^^ progrès pour empêcher les savauts de dogmatiser, et le. juges ^Z*-^* """•^• ' MOT'^^.HOUDART (Antoine de LA), né à Paris en 1672, célèbre pa^tragédie d'Inès de Castro, l'une d.s plus intéressantes qui soient restée, au théâtre, p*r de trèvjoli. opéra., et .urtout par quelque, ode. qui lu. firent d abord n»i r nde réputation : U y a preaque autant de chose, que de ver.; il e.t pbilo«,pta î^poëte. S. prcs. est encore trè.-estiu;ée. 11 fit les discours du marquis de if.^ ture» et du cardinal Dubois, lorsqu'ils furent reçus à l'Académie française; U •.«ifeste de la gueire de i 7 1 8 , et le discours que prononça le cardinal de Tcneto au petit concile d'Embrun. Ce fait est mémorable : un archevêque Çonda^n^ «» év/que et c'est un auteur d'opéras et de comédio.^.- fa:» le sermon de 1 archevèqnt. av't'b -coup d'amis, c'est-à-dire qu'il y avait ^^^o de ge. qui se pillaient dans sa société. Je l'ai vu mourir,sans qu'il y eût pe.^o.ae auprès de son tt^ en I73i. L'abbé Trublet dit qu'il y avnit du monde; appareaiment U y vmt 1 d'autres heures que moi, • ^ ^^ «^
vLtZ «ul d. 1. mérité oblige à pa«r M le v.,n.« «4.n«r« d. <«.
*"Srhom«. a. m«.ar. .ido«c«. .1 d. qui jw.»l. p.r.o,m. „mi k « pUindre. . «r.««.é .prè. » mort. pr.«,u. j»ridiqu.a>«t, d'«a .rime éuom.. d .«t «o-ptT» borribl.. couplet, qui perdireul Rou»e.u eu •710, et ^'"''^'"^^ r„daSplu.ieur..uu«elto»t. I. m.o»uTte qui fit condamner un u«oc«. . Cett. «coutln . d'....aat plu. d. poid. qu'elle ... f«.e par un '"'-»"« '«-"■•';»" "*« « ,e .ffùre, et fût. comme une espèce de Te.t.me.t de mort. N. Bo.ndm. p™.»n»r Hi .u bure.u de. finance., en m«««.t. en .751.....« T . Lm^ I^«n.t.ncié, d«.. lequel il ch.rge, aprè. pi», de qu.r«.l. .»«*... U Hott^ TadT^ •académie fr.n,ai.e. Jo«pb Saurin, de l'Ac.dém.e de. «...ce.^ "."..Î^. mLtbaud bijoutier, d-.,oir ourdi tout, cettre trame; ,t 1. Cbâ..l.t « u laSent d'.TOir rendu con«icuU«me«t le. jugement, le. plu. .njurt...
. sT« «Idin «au eu effet persuadé d. lim.oceno. de ";>—>■. P"''-' Jt t^er i l. (.ire connaître t pourquoi .. 1. P« m.mfester du "- """«î»te^eul .pri. 1. mort d. «. ennemi, t pourquo. ne p.. donner ce mém.« «.m S
' \r 0.?;.T,t""::'mJut ,.e u mémoire de Boindm .., un «"'"« ^J-'-J"; ., que et bomme b.i«.il églement tou.«n. dont il parle dan. cette déuo.c,at.«I
'"';.',!'crm»cVp.r de. WUdont on «...att toute 1. f.u».té. V r*^"<^ , comt. d. Noce, et :». M.l,.n, «..«.ire du régent, étaient le. a-ocié. d. «U.- WÎ. petit marchand jo.iU.er. Ton. ce«. qui le. ont fréquenté, .a.ent <r» c «t u» taign^alomnie -. e«uit. ,1 confond M. U F.,e. «.rét«re du cah>n.t du r... .«. l^Zn U ..pit«ne ...X garde.. Enfin, c„>n.neu. peut^ anput» » » J««U.* d'»«ir« part» toute cette manœuvre de. couplet.? ,.„^.
;. BoTudl prétend ,uec i.«lU.r et Saurin le géomètre .•umre. ""•'•••«•' p.^ empêcher Rou.«.u dobtemr 1. pen«on de Bo*au qur Tl.«t «..«. rÎ7t».^..-«' P0..ibleq«e tr.»per.onne,de P""»'™' " ."'«'•"r." '"^ ^Junie. «t .u.»eu. Téd-U enKmbl. »e m«.«.«. « réBécbie, « infi-., tl 4
ÉCRIVAINS OU SIÈCLE DE LOUIS XI?
iifBcile, pour priTer un citoyea, alors obscur, d'une pension qui ne vaqutil pai, que Rousseau n'aurait pas eue, et à laquelle aucun de ces trois associés ne pouiail rétendre T
5* Après être convenu qne Rousseau avait fait les cinq premiers couplets, suItIi de ceux qui lui attirèrent sa disgrâce, il fait tomber sur la Motte-lloudart le soupyon d'une douzaine d'autres dans le même goût ; et, pour unique preuve de cette accusation, il dit que ces douze couplets contre une douzaine de personnes qui devaient s'assembler chei M. N. de Villiers furent apportés par La Motte- Boudait iuiomême chez le lieur de Villiers, une heure après que Rousseau avak été informé que les intéressés devaient s'assembler dans cette maison. Or, dit-il, Rousseau t'avait pu en une heure de temps composer et transcrire ces vers diffamatoires : e'est La Motte qui les apporta, donc La Motte en est l'auteur. Au contraire, c'ati, ee me semble, parce qu'il a la bonne foi de les apporter, qu'il ne doit pas être soupçonné de la scélératesse de les avoir laits. On les a jetés à sa porte, ainsi qu'à la porte de quelques autrcj particuliers. Il a ouvert le paquet ; il y a trouvé des injures atroces contre tous ses amis et contre lui-même ; il vient en rendre compte : rien n'a plus l'air de l'innocence.
6* Ceux qui s'intéressent à l'histoire de ce mystère d'iniquité doivent savoir qn« l'on s'assemblait depuis un mois ches N. de Villiers, et que ceux qui s'y assemblaient étaient pour la plupart les mêmes que Rousseau avait déjà outragés dans cinq couplets qu'il avait imprudemment récitée à quelques personnes. Le premier uême de ces douze nouveaux couplets marquait assez que les intèrcsar^s t'nw
hUient tantôt an café, tantôt ches Villiers :
SeU UMmbiés cLm de VUIlen, Parmi 1m rots tronpe d'élit«.
D'an vil eafé difocs piliers, Craigaes la foreur qui m'irrita.
Je vaie Toaa poar&uivre en tons llf as, Veos noircir, vous rendre odieui ; «la veux que partout l'on vous csar*» | Voos percer, et rire à ^os veoi, KM «B* doueenr qui m'enchaata.
7* n eel trèS'faax que les cinq premiers couplets, reconnus pour être de ftous- «eao, ne fissent qu'effleurer le ridicule de cinq ou sia particulieri, comme le dit le Mémoire ; un y voit les loêmas horreurs que dans le« autres.
Que le bourraau par »on vaiat Passa nn jonr serrer le hirCat De Penia al de n séquelle ; Qva Péeaurt, qui fait la ballet, AU la fonat an plad da léchella.
C'est là le style des cinq premiers couplets avoués par Rousseau. Certainement ■'est pas là de la Une plaisanterie. C'est le même style de tous les couplets qui wivurent.
8* Quant eux derniers couplets sur le même air, qui furent en 1710 la matière du procès intenté à Saurm, da l'Acddémie des sciences, le Mémoire ne dit rier que ce que les pièces du procès ont appris depuis longtemps. U prétend seulemen que le malheureux, qui fut condamné au bannissement pour avoir été suborné pas Rousseau, devait être cofidaniné aux galères, si ea effet ù avait été faux témoin. J i:'eat ea quoi le sieur Boiudin se trompe ; oer, ea premier lien, ii eâ« été ë'uiM
ECRIVAINS DU SItCLB DE LOUIS XIV. 271
hyustice ridicule de condamner aux galères le suborné, quand on &e décernai que la peine du bannissement au suborneur; en second «eu, ce malUeureux u« s'était pas porté accusateur contre Saurin. Il n'avait pu être entièrement suborné. Il avait fait plusieurs déclarations contradictoires ; la nature de sa faute et U faiblesse de son esprit ne comportaient pas une peine exemplaire.
9* N. Boiudin fait entendre expressément dans son Mémoire que la maisMi de HoaiUes et les jésuites servirent à perdre Rousseau dans cette affaire, et que Saulin fit agir le crédit et la faveur. Je sais avec certitude, et plusieurs personnel vitantes encore le savent eomnn moi, que ni la maison de Noailles ni les jésuites •e sollicitèrent. La faveur fut d'abord tout entière pour Rousseau ; cai , quoique le cripubUc s'élevât contre lui, U avait gagné deux secret aF<;s d'État, M. de Pontcharlrain et M. de Voysin, que ce cri public n'épouv«ai«)t pas. Ce fut sur leurs ordres, en forme de sollicitations, que le lieutenant criiainel. U Comte décréta et emprisonna Saurin, l'interrogea, le confronta, le récola, le tout en moins de vingtquatre heures, par une procédure précipitée. Le cbancell* itprixnanda le lieutenant criminel sur cette procédure violente et inusitée.
Quant aux jésuites, il est si faux qu'Us se fussent défllcifi contre Rousseau qu'immédiaceiuent après la sentence contradictoire d'j CbAfialec, par laquelle il fut unanimement condamné, il fit une retraite au novisiaft des jûsaiies, sous la direction du P. Sanadon, dans le temps qu'il appelait au parlemânt. Cette retraite chei les jésuites prouve deux choses : la première, qu'ils n'étaient pas ses ennemis ; la seconde, qu'il voulait opposer les pratiques de ^a i^/gion aux accusations de libertinage que d'ailleurs on lui suscitait. Il avait dé^ft fiult ses meilleurs psaumes, ce même temps que ses épigrammes licencieuses \fx*î^ appelait les G/oria PaJrt de ses psaïuones \ et Danchet lui avait adressé ces ver( »
A la masquer habile, Traduis tour 4 tour Ktroaa è U vUla, David à la «wri «te.
fl ne serait donc pas étonnant qu'ayant pris It mauteau de/a religion, comme taal d'autres, tandis qu'il portait celui de cyniqoe, U eût depuis ccuservé le premier, qui lui é^ait devenu absolument nécessaire. On ue veut tirer aucune cunséquenee de cette induetiou ; il n'y a que Dieu qui connaisae le cœur de t Uomme.
10* U est important d'observer que pendant plus de trente années que La Rotte-Houdart, Saurin et Malafaire ont survécu à ce procès, aucun d'eux n'a été ^upçonné ni de la moindre mauvaise manœuvre, ni de la plus légère satire. La Motte-Houdart na jamais inéme répondu a ces invectives atroce* connues sous le ■om de Calottes, et sous d'autres titres, dont un ou deux hommes, qui étaient ea horreur à tout le monde, l'accablèrent si longtemps, il ne déshonora jamais soa talent par la satire ; et même, iorsqw'eu I7u9, outrajsé eoAtmueUemeat par Ruue* seau, il fit cette belle ode :
Ob b« a* ahofait point aoa pèrtt Far nn reprocha vopnlaira ijt sage u'e>i ^toiai aiwtlu.
Oui, quoi qup le tvij^aire pauKa, RoDssaau, la piu# vue naissaaea Daaaa da Juatre à ia varta, au.
qpud, àÎM-i; il fit eet ouvrage, rm fut bien plutôt uns legoa danorale elét pW
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DB LOtlIS Xlf.
loiopbie qu'une utire. II exhorUit Rouueau , qui reiÙAit ma père, à ne potei rougir de m naissance. Il l'exhortait à dompter rcspril d'envie et de satire. Rio ae ressemble moins k la rage qui respire daas les couplets dont on l'accuse.
Vais Rousseau, après une condamnation qui deviit le rendre sage, soit qu'il (t% iuioeent ou coupable, ne put dompter son pcncbact. Il outragea sourent, par dei épiframmes, les mènies personnes attaquées dans les couplets, La Paye, Danrhet, La Motte -Houdart, etc. Il fit des vers contre ses anciens et ses nouTcaux protecteurs. On «a retroute quelques-uns dans des lettres, peu dignes d'être connues^ qa'oB a imprimées ; et la plupart de ces vers sont du style de ces couplets pouv lesquels le parlenieut l'avait condamné ; témoin eeux-ei contre l'illustre muaieka lameau i
Dlfllliaipur d'ieeords baroqoM, Dont tant dldiot* sont férus, Chez les Thnees et Im IroquM Portez vos bbint hourru», «te.
On en retrouve dn même goât dans le recueil intitulé Portefeuille de Boutaecm^ •vntrt l'abbé d'Olitet, qui avait formé le projet de le faire revenir en France. Enfin, lorfque sur la (iu de sa vie il vint se cacher quelque temps i Paris, affichant la dévotion, il ne put s'empêcher de faire encore des épigrammes violentes. Il est vrai que l'âge avait gité son style; mais il ne réforma point son caractère, soit que par un mélange bixarre, mais ordinaire ches les hommes, il joignît celte atro' cité i la dévotion, soit que, par une méchanceté non moins ordinaire, cette dévo« tionfât hypocrisie.
H* Si Saurin, La Hotte ft Malafaire avaient comploté le crime dont on I-es accuse, cet trois nommes ayant été depuis asseï msl ensemble, il est bien difficib qu'il n'ej^t rien transpiré df leur crime. Cette réflexion n'est pas une preuve ; nais, jointe aux auires , elle est d'un grand poids.
l'2* Si un garçou aussi simple et aussi grossier que le nommé Guillaume Amoud, condamné comme témoin suborné par Ruusseau, n'avait point été en effet ceapable, il l'aurait dit, il l'aurait crié toute sa vie à tout le monde. Je l'ai connu. Sa mère aidait dans 1* cuisine de mon père, ainsi qu'il est dit dans le factum de Saurin; et sa mère et lui ont dit plusieurs fois à toute na famille, en ma présence, ^n*il avait été jutement condamné.
Pourquoi done, au bout de quarante-denx ans, N. Doindin a-t-il voulu laisser ea mourant, cette accusation authentique contre trois hommes qui ne sont plust Cesl que le Mémoire était composé il y a plus de vingt ans; e'est qne Boindin i<tê kaissait tous troia ; e'est qn'U ne pouvait pardonner à Le Mette de n'avoir pas ssUieité poar loi une place à l'Académie française, et de loi avoir avoué que ics ennemis, qoi l'aecusaieut d'athéisnie, lui donneraient l'exclusion. Il s'était brouiUi avec Saurin, qui était comme lui un esprit altier et inflexible. Il s'était brouillé ave« Malafaire, homme dur et impoli. Il éttit devenu l'ennemi de Leriget de La Fajt, tni avnit faM centre loi eeite épignmmc :
OntfVidin*, OB eaoaiTt votre ««prit; S«vbir t'y joint . «t quand le cai errtve Qo'otvfre partit par quelque coin ftattvc, Fiat aiKreineet qui jtinalt k reprit 7 Mal* ot> n« «elt an'ea Tnae aotti §• montra L'art de loaer te b^an «;ni 1*7 rvoeoatre, «^pt cependant matola Uaut etprtu font mu Pi tae pvetlt Hn9 vonlae Toa* d'o^i feast» t
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DR LOUIS XIV. 273
Eb qaoll 4a Ils sont Mnaaltoeart délleaUt Pat n'en Tendrait tirer la conséquence; Mais bien qu'il* «ont gen» fc fuir de eeat pas
C'était U en effet le caractère de Boindin, et c'est lui qui eel peint dans le Temple du goût, sous le nom de Bar^lou. Il fut dans son Mémoire la dupe de sa haine. Incapable de dire ce qu'il ne croyait pas, et incapable de changer d'avis sar ce que son humeur lui inspirait, ses mœurs étaient irréprochaMes : û vécat toujours en philosophe rigide, il fit détections de générosité; mais cette humeui dure et insociable lui donnait des préventions dont il ne revenait jamais.
Toute cette funeste affaire, qui • eu de si longues suites, et dont U n'y a guère d'hommes plus instruits que moi, dut son origine au plaisir innocent que prenaient plusieurs personnes de mérite de s'assembler dans nn café. On n'y respeeUit pas asses la première loi de la société, de se ménager les uns les autres. On se critiquait du/ement, et de simples impolitesses donnèrent lieu à des haines durables et k des crimes. C'est au lecteur k juger si, dans cette affaire, U y a eu treia e liMli
ec un seul. .
On a dit qu'il se pourrait à toute force que Saorin eêt .<tA 1 auteur des derniers couplets attribués à Rousseau. Il se pourrait que, Rouss. r... «yant été reconnu coupable des cinq premiers, qui étaient de la même atrocité, Saurin eût fait les derniers pour le perdre, quoiqu'il n'y eût aucune rivalité entre ces deux hommes, quoique Saurin fût alors plongé dans les calculs de l'algèbre, quoique lui-même fût cruellement outragé dans ces derniers couplets, quoique tous les offensés le. imputassent unanimement k Rousseau ; enfin, quoiqu'un jugement «>lemiel ait dé- Maré Saurin innoceut. Mais si la chose est physiquement dans l'ordre des posMblei. elle n'est nullement vraisemblable. Rousseau l'en accusa toute sa vie : il le chargea de ce crime par son testament; mais le professeur RoUin, auquel Rousseau montra ce testament quand il vint clandesUnemeot à Paris, l'obligea de "T" cette accusation. Rousseau se contenta de protester de son innocence à 1 article de la mort; mais il n'osa jamais accuser La Motte, ni pendant le cours du procèt, ni durant le reste de sa vie, ni à ses derniers moments. U se contenu de faite tonjours des vers contre lui. {Voyex l'article Joseph SAURIN.)
MOTTEVILLK (Françoise Bertaud de), née en 1615 en Normandie. Cette dame a écrit des Mémoires qui regardent particulièrement U reine Anne, mère de Louis XIV. On y trouve beaucoup de petit» faiU, avec un grand air de iincénté.
Morte en 1619.
NAIN DB TILLEMONT (Sébastien LE), filt de Jean Le Na», meltre dee wqaêtee, né à Paris en 1637, élève de Nicole, et l'un des plus savant, ^nvain. de Port-Royal. Son Hietoire dee empereurs, et ses seixe volumes de l «talmr. H^léeijitiqu», sont écriU avec autant de vérité que peuvent J^être des compUa-tions d'anrtens historiens; car l'histoire, avant l'invention de l imprimerie, étanl pee contredite, était peu exacte. Mort en 16»S.
MAUDÉ (Gabriel), né à Paris en 1600, médecin, et plus philosophe que médecin. Attaché d'abord au cardinal Barberin à Rome, puis an cardmal de Riche- Meu au cardinal Maxarin, et ensuite à la reine Chrirtine, dont il alU quelque Ump. grossir la cour savante ; retiré enfin à Abbeville, on tt mourut dès qu'il fut hbre. De tous se. livre., son Apologie dei grandi hommu accu$és de magie est pre^r» le seul qui wit demeuré. On ferait nn pin. gros Uvre des grands hommes aecn.4t d'impiété depni. Soerate.
-- — <mm "i»!
ECRIVAINS DU 8IÈCLB DiS LOUIS ZI7/
Popol«i CUIT toloé sredit kaben^m
BMe deot quu$ iy»t colit.
(iOT., Ut. IT,V. SI.)
fiCRIVAINS DU SIECLB DR LOUIS XIV.
«rt en 1653.
NEMOURS (Uariede Lonçae«ill«« duchesse de , né« eu 1015. On a d'tllù des Mémoires on l'on trouve quelques particularités des teiiii>t malheureux de la Prucde. Morte en 1707.
NEVERS (Philippe, duc de). On a de lui des pièces de poésie d'un goûl 'i«- •ÏQgulier. 11 ne faut pas s en rappni ter au soBnet parodié par Racine et Desprêvju i
Dao< on palais doré, Nevers, jntoui 6( blême, Ftii des vers ou jamais (>er^ouD« o'entcQd rieo.
Il en faisait qu'on entendait très-aisémcut et avec grand plaisir, comme er^i-al eontre Rancé, le fameai réformateur de la Trappe, qui avail écrit contre l'archeréque Féaelon :
C«t ablô qu'on croyait pétri de sainteté. Vieilli dans la retraite et danr rhamiltté, Orgaeillenz de ses croit, boufû de sa souffranca, Bompt ses sacrés statuts «o ronipaut le silence. Et. contre an saint prélat s'anlmant aujoardliut, Da fond de ses déserts déclame contre lai ; Et, moiuf humble de ccrur que fier de sa doctrlns, 11 os» décider ce qua Boine examina.
Son esprit et ses talents se sont perfectionnés dans son petit-Gl». Mort en 1707,
NICÉRON (Jean-Pierre), barnabite, né à Paris en 1685, auteur des Mimoirés gur les hommes illustres dans les Uttres. Tous ne sont pas illustres, maii i parla de chacun convenablement; il n'appelle point un orfèvre grand homme. Il mérite d'avoir place parmi les savants utiles. Mort en 1738.
NICOLE (Pierre), né à Chartret en 1 6Î5, un des meilleurs éeriTaina de Port- Boyal. Ce qu'il a écrit contre les jésuites n'est guère lu aujourd'hui ; et set Essaie de morale^ qui sout utiles au genre humain, ne périront pa». Le chapitre surtout des moyens de cou&erver la paix dans la société est un chef-d'œuvre auquel on n« trouve rien d'égal en ce genre dans l'antiquité j mais cette paix est peat-étr« ausd difficile i établir que celle de l'abbé de Saint-Pierre. Mort en 1695.
NIVELLE DE LA CHAUSSÉE. 11 a fait quelques comédies dans un genre nouveau et attendrissant qui ont ea du succès. Il est vrai que pour faire dct comédies, il lui manquait le génie comique. Beaucoup de personnes de goût ne peuvent souffrir des comédies où l'on ne trouve pas un trait de bonne plaisanterie ; mais il y a du mérite à savoir toucher, & bien traiter la morale, à faire des vers bien tonrnéa et purement écrits : c'est le mérite de cet auteur. Il éUit né NNis Louis XIV. On lui a reproché que ce qui approche du tragique dans sea pièces n'est pas toujuuis asseï intéressant, et que ce qui est du ton de la comédit n'est pas plaifant. L'alliage de ce» deux métaux est difficile à trouver. On croH ^ue La Chaussée est uo des premiers a|>rès ceux q^ii ont eu du génie. Il est mort ftrt l'année 1750.
KODOT n'est connu que par ses Fragments de Pétnmê^ qu'il dit avoir tro«« «et i Belgrade ea 1688. Les lacunes qu'il a en effet remplies ne me paraissent pas fnn aussi manvaia latin qne set adversaires le disent. Il y a des «xpressious, à U lérité, dont ni Cieéron, ni Yirgile, mi E^raee, %% se servent; mais le vrai PitroM
'iot pleiri d'ei pressions pareilles, que de nouvelles mœurs et de nouveaux uM^et avaient mises à la mode. Au re^ie, je ne fais cet article touchant Nodot que pour faire voir que la satire de Pétrone n'est point du tout celle que le consul Pétrone envoya, dit-on, i Néron, avant de se faire ouvrir les veines : Flagitia principiê sub nominibus sxoletorum feminarumque^ et notitate cujusque stupri perscrip' sit, atque obfignata misit Neroni. (Tacit., iinn., liv. XVI, ch. xix.)
On a prétendu que le professeur Aganiemuon est de Sénèque ; mais le style de Béuèque est précisément le contraire de celui d'Agamemuon, turgida oratioj Agamemnon est un plat déclaroateur de collège.
On ose dire que Trimalciou est Néron. Comment un jeune empereur, qui après tout avait de l'esprit et des talents, peut-il être représenté par un vieus financier ridicule, qui donne à dîner à des parasites plus ridicules encore» et qui parle avee autant d'ignorance et de sottise que le Bourgeois geulilhomme de Molière?
Comment la crasseuse et idiote Fortitnata, qui est fort au-dessous d^ madame Jourdain, pourrait-elle être la femme ou la maîtresse de Néruu? Ouel rapport dce polissons de collège, qui vivent de petits larcins dans des lieux de débauche obscurs, peuvent-ils avoir avec la cour magnifique et voluptueuse d'un empereur? Quel homme sensé, en Usant cet ouvrage licencieux, ne jugera pas qu'il est d'us homme effréné qui a de l'etprit, mais dont le goût n'est p&a encore formé; qui fait tantôt des vers Irès-agréabies, tantôt de très-mauvais; qui mêle les plus basset plaisanteries aiu plus délicates, et qui est lui-même un exemple de la décadence du goût dont il se plaint?
La clef qu'on a donnée de Pétrone ressemble à celle des Caractères de La Bruyère, elle est faite au hasard.
OLIVËT (Joseph d'), abbé, conseiller d'houueur de la chambre des comptée de D61e, de l'Académie frauçaise, né à Saiias en 1682 ; célèbre dans la littérature par son Histoire de l'Académie, lorsqu'on désespérait d'en avoir jamais une qui égalât celle de Pélisson. Nous lui devons les traductions les plus élégantes et lei plus fidèles des ouvrages philosophiques de Cicérou, enrichies de remarques judicieuses. Toutes les œuvres de Cieéron, imprimées par ses soins et ornées de set remarques, sont on beau monumeut qui prouve que la lecture des anciens n'est point abandonnée dans ce siècle. Il a parlé sa langue avec la même pureté que Cieéron parlait la aienne, et ii a rendu service à la grammaire française par let observations let plus fines et les plus exactes. On lui doit aussi l'édition du livre de la Faiblesse de l'esprit humairi, composé par l'évéque d'Avranches, Huct, lorsqu'une longue expérience l'eut fait enfin revenir des absurdes futilités de l'école, et du fatras des recherches des siècles barbares. Les jésuitet, auteurs du Journal de Trévoux, se déchaînèrent contre l'abbé d'OUvet, et soutinrent que l'ouvrage n'était pas de l'évéque Huet, sur le setU prétexte qu'il ne convenait pas à un ancien prélat de Normandie d'avouor que la scolastique est ridicule, et que let légendes ressemblent aux Quatre fils Aymon, comme s'il était nécessaire, pour l'édification publique, qu'un évèque normand fût imbécile. C'est ainsi à peu prèf qu'ils avaient soutenu que les Mémoires du cardinal de Retz n'étaient pas de ce Cardinal. L'abbé d'OUvet leur répondit, et sa meilleure réponse fut de montrer à fÀcadémle l'ouvrage de l'ancien évêque d'Avranches, écrit de la main de l'auteur. Son âge et son mérite sont notre excuse de l'avoir placé, ainsi que le président Renault, dans une liste on nous nous étions fait une loi de ne parlée que des inorta. (Mfcrt depuis l'impt^saion de cet article, en 1768.)
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIT
KCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV
ORLÉANS (Jo»epb d'), jésuite, le premier qui ait ehoiil dans l'bUloIre M rétolutioni pour ion teul objet. Cellei d'Angleterre qu'il éeritit tout d'un ttfi» éloquent; mait depuis le règne de Henri Tlll il est plnt diiert que fidèle. Mort en 1698.
OZANAM (iâcqne»), juif d'oriplne, né prè« de Domhe» en 1640. Uipprit b j;éoinétrie tan* maître de» l'âf e de quinie ani. Il e»t le premier qui ait fait oa dictionnaire de malhématiquea. Sei RécréaUonê mathématiquet et physiques ont toujour» un grand débit, mais ce n'est plut l'ouTrage d'Oxanam, comme les dernière» édition» de Moréri ne »ont plu» «on ouvrage. Mort en 1717.
PAGI (Antoine), Provençal, né en 1614, franci»cain. Il a corrigé Ba^cnim^ et a eu pension dn clergé pour cet ouvrage. Mon en 1 699.
PAPIN (Isaac), né i Bloli en 1657, calviniste. Ayant quitté sa religion, il écrivit contre elle. Mort en 1»9.
PARDIE8 (lgnace-Ga»ton), jé»uite, né à Pau en 1636, connu par ten Élé' ments de géamétrie, et par son livre sur l'Ame des bétes. Prétendre avec Descartes que les animaux sont de pures machines privée» du sentiment dont il» oat les organe», c'e»t démentir l'expérience et in»uller la nature. Avancer qu'un esprit pur les anime, c'est dire ce qu'on ne peut prouver. Reconnaître que le» animaux sont doué» de »ensation» et de mémoire, »an» «avoir comment cela »'opère, ce serait parler en sage qui sait que l'ignorance vaut mieux que l'erreur : car quel est l'ouvrage de la nature dont on connaiMe les premier» prinelpesT Mort en 1673.
PARENT (Antoine), né à Paris en 1665, bon mathématicien. Il est encore un de ceux qui apprirent la géométrie sans maître. Ce qu'il y a de plus singulier de lui, c'est qu'il vécut longtemps à Paris, libre et heureux, avec moins de deux cent» livres de rente. Mort en 1716.
PASCAL (Biaise), fil» du premier intendant qarjt y «m n^tonen, ntf «> 1618, génie prématuré. Il voulut se »ervlr de la aupériorité de ce génie, comme lea roii de leu» pui»»ance ; il crut tout »oumettre et tout abais»er par la force. Ce qui a le plus révolté certains lecteurs dans ses Penfées, c'est lair despotique et méprisant dont il débute. Il ne fallait commencer que par avoir raison. Au reste, la langM et l'éloquence lui doivent beaucoup. Les ennemis de Pascal et d'Amauld firent supprimer leurs éloges dans le livre des Hommes illustriê de Perrault. Sur quoi «o cita ce passage de Tacite {Ann., liv. III, chap. txxvi) : Praefulgebant Ca$»iu$ ofque Brutus eo ipso quod effigies eorum non visêbantur. Mort en 1661.
PATIN (Gui), né à Houdan en 1601, méde^iin plus fameux par set Itttraa médisantes que par sa médecine. Son recaeil de lettres a été lu avec avidité, parce qu'elles contiennent des nouvelles et des anecdotes que tout le monde aime, et des satires qu'on aime davantage. Il sert à faire voir combien les autenrs ecstemporains^ qui écrivent précipitamment les nouvelles du jour, sont des guides infidèles pour l'histoire. Ces nouvelles se trouvent souvent fausses ou défigurées par 1* malignité ; d'ailleurs cette multitude de petits faits a'est guère prédeose qm'wu potits esprits. Mort en 1 67t.
PATIN (Charles), né i Paris eo 1633, fils de Gui Patin. Ses onTrages sont !«• éet savants, et les Lettres de son père le sont des gens oisifs. Charles Patin, trèasavant antiquaire, quitta la France, et mourut professeur en médecine à Padont «ol69S.
PATRU (OUviar), ni à Paris «a 1604 le nremiar mi^ ait faMroduM Is
de la Unçoe dans le barreau. Il reçut dans sa dernière maladie une jpratification • de Louis XIV, à qui l'on dit qu'il n'était pas riche. Mort en 1681.
PAVILLON (Etienne), né à Paris en 1631, avocat général au parlement de Mets, connu par quelques poésies écrites naturellement. Mort en 1705.
PÉLISSON-FONTANIER (Paul), né calviniste à Béliers en 1614, po€ta médiocre i la vérité, mais homme très^vant et très-éloquent premier commis et confident du surintendant Fouquet; mu à la BasUlle en 1661. U y resta quatre ans et demi, pour avoir été fidèle à son maître. Il passa le reste de sa vie à prodiguer des éloges au roi, qui lui avait 6té sa Uberté : c'est une chose qu'on ne voit que dans les mouarchies. Beaucoup plus courtisan que philosophe, il ehangea dd reUgion et fit sa fortune. Maître des comptes, maître des requêtes et abbé, U fut chargé d'employei U revenu du tiers des économats à faire quitter kox huguenot» leur reUgion, qu'U avait quittée lui-même. Sou Histoire de F Académie fut trèsapplaudie. On a de lui beaucoup d'ouvrages, des Prières pendant la messe, ua Hscuiil de ptèces galantes, un Traité sur l' eucharistie, beaucoup de vers amour«ox à Olympe. Cette Olympe était uiademoiselle Des-Vieux, qu'on prétend avoir épousé le célèbre Bossuet avant qu'U entrât dans l'ÉgUse ; maib ce qui a fait le plus d'honneur à Pélisson, ce sont ses excellents discours pour M. Fouquet, et son Histoire dé la campagne de la Franche-Comté. Les protestants ont prétendu qu'il était mort avec indifférence ; les catholique» ont soutenu le contraire ; et tons •ont convenus qu'il mourut sans sacrements. Mort en 1693.
PERRAULT (Claude), né i Paris en 1611. Il fut médeciu; mais U n'exerça U médecine que pour ses amis. Il devint, sans aucun maître, habile dans tous les art» qui ont du rapport au dessin, et dans les mécaniques. Bon physicien, grand architecte, U encouragea les arU sous U protecUon de Colbert, et eut de la réputation malgré Boileau. U a publié plusieurs Mémou-ei sur l'anaiomie comparée, dans les recueiU de l'Académie de» sciences, et une magnifique édition de yitruvs, La traduction et les dettins qui l'embellissent sont également ses ouvrages. Mort
en 1688.
PERRAULT ^Charles^, né en 1633, frère de Claude, eontrWeur général de» bâtimeiiU sous Colbert, donna la forme aux académies de peinture, de sculpture et d'architecture ; utile aux gens de lettres, qui le recherchèrent pendant la vie de son protec^ur, et qui l'abandonnèrent ensuite. On lui a reproché d'avoir trouvé trop de défauts dans les anciens ; maU sa grande faute est de Wts avoir critiqués maladroitement, et de s'être fait des ennemis de ceux mêmes qu'il pouvait opposer aux anciens. Cette dispute a été et sera longtemps une affaire de parti, comme elle l'était du temps d'Horace, yue de gens encore en ItaUe, qui, ne pouvant lire Homère qu'avec dégoût, et lisant tous les jours l'Arioste et le Tasse avec transport, appellent encore Homère incomparable I Mort en 1703.
N. B. U est dit dans les Anecdotes littéraires, article II, tome II, page 17, qu'Addison ayant fait présent de ses euvrages à Despréaux, celui-ci lui répondit qu'il n'aurait jamais écrit contre Perrault, s'il eût vu de si excellentes pièces d'un moderne. Comment peut-on imprimer un tel mensonge? Boileau ne savait pas un mot d'anglais; aucun Français n'étudiait alors cette langue. Ce n'est que vers l'an 1730 qu'on commença à se familiariser avec elle. Et d'ailleurs, quand même Addiaon, qui s'est moqué de Boileau, aurait été connu de lui, pourquoi Boileau n'aurait-il pas écrit contre Perrault en faveur des anciens, dont Addison fait rél&g« dans tous ses ouvrages T Encore une fols, 'Jéfiûo^uous de tous ces ana, ds t«ut«s
ÉCmvAîiJS DO SIÉCLtS DÉ LOUIS XIV.
SCRIVAINS DU SIÈCLE DB LOUIS IIY.
cet petitef aceedotet. Un »ûr moyen de dire des soltùes e»t de répéter au hai&r^ M qu'on a eiiteudu dire.
PETAU (Dea'V;, né à Orléani en 1583, jésuite. Il a réformé la ehronologit. On â de lui soixante et dix ouvrages. Mort en 1651.
PSTIS I-R LA CROIX (François), l'un de ceux dont le grand ministre Colbert encourtt-?a et récompensa le mérite. Louis XIV l'envuya en Turquie et en Perse à l'Age de seize ans, pour apprendre les langues orientales. Qui croirait qu'il a composé i*&e partie de la yie de Louis XIV en arabe, et que ce livre est estimé dans rOrien- r On a de lui \'E\i%Q\T% de Genyiê-khan tt de Tamerlan, tirée des •nciens autejn arabes, et plusieurs livres utiles; mois sa TraductiTn deêUUU H «n ;ourff est ««e qu'on lit le plus :
L'homme est de glace aut v^ritti, Il est de fea pour let uieii.M>uj(<)a.
Kortea IV i S.
PETI'f (Pierre), ué à Paris en 1617, philosophe et savant. Il n'a écrit qa'M latin. 3ajitcn t687.
PEZRON (Paul), de l'ordre de Citeaux, né en Bretagne en 1639 ; grand anU- ^aire, qui a travaillé sur l'origine de la langue des Celtes. Mort en 1 706.
PIN (Louis DU), né en 1657, docteur de Sorbonne. Sa Bibliothèque de» auteuTi eeciéêiattiques lui a fait beaucoup de réputation et quelques ennemis. Mort eu 1719.
PLACETTE (Jean), de Béam, né en 1639, ministre protestant à Copenhague ^ en Hollande ; estimé pour ses divers ouvrages. Mort à Utreeht en 1718.
POLIGNAC (Melchior de), cardinal, né auPuy en Yelay en 1161; aussi boa poète latin qu'on pent l'être dans une langue morte, très-éloquent dans la sienne. L'un de ceux qui ont prouvé qu'il est plus aisé de faire des vers latins que des vers français. Malheureusement pour lui, en combattant Lucrèce il combat Newton. Mort eu 1741.
PONTIS (de). Ses Mémoires ont été tellement en ^ogue, qu'il est oécessair« da dirs que cet homme, qui a fait tant de belles choses pour le service du roi, est le seul qui en ait jamais parlé. Aussi ses Mémoires ne sont pas de lui, ils sont de Ihi F(Msé, écrivain de Port-Royal. 11 feint que son héros portait le nom de sa terre en Dauphiné. Il n'^ a point en Dauphiné de seigneurie da Pontis. Il est même f*rt douteux que Pontis ait existé *. Le Dictionnaire historique portatifs en quatre TOiumes, assure que ces Mémoires sont vrais. Ils sont cependant remplis de fables, •ODcme l'a démontré le père d'Avrigny, dans la préface de ses Mémoires hiêtofiq^e».
POREE (Charles), né en TTormandie en 1675, jésuite, du petit nombre da professeurs qui ont eu de la célébrité chei les gens du monde, éloquent dans la g oât de Sénèc^ue, poëte et très-bel esprit. Son plus grand mérite fut de faire aimet hTÊ lettres et la vertu à ses disciples. Mort en 1741.
PORTE (LA), premier Talet de chambre de la reine mère, et quelque temps da Louis XIY ; mis en prison par le cardinal de Richelieu, et menacé de la ro«rt p<nar le forcer à trahir les secrets de sa maîtresse, qu'il ne trahit point. Dans It
•• fatuvs M truapa. Paatti. tt m iU3, «et usn sa IfM.
fenle des Mémoires qui développent l'histoire de eet âge, ceux de La Porte ae sont pas à mépriser; ils sont d'un honnête homme, ennemi de l'intrigue et de la flatte* rie, sévère jusqu'au pédantisme. Il avoue qu'il avertissait la reine que safamilia* rite avec le cardinal Maxarin diminuait le respect des grands et des peuples pour cUe. Il 7 a dans ses Mémoires une anecdote sur l'enfance de Louis XIV qui reiH dralt la mémoire du esrdinal Hazarin exécrable, s'il avait été coupable du crime honteux que La Porte semble lui imputer. Il paraît que La Porte fut trop scrupuleux et trop mauvais physicien ; il ne savait pas qu'il y a des tempéraments fort avancés. Il devait surtout se taire ; il se perdit pour avoir parlé, et pour aviitr attribué k la débauche un accideut fort naturel.
PUT (Pierre DU), fils de Claude Ou Puy, conseiller au parlement, très-saTant homme, naquit en 1583. La science de Pierre Du Puy (ut utile à l'État. Il travailla plus que personne à l'inventaire des chartes, et aux recherches des droits da roi sur plusieurs États. H débrouilla, autant qu'on le peut, la loi salique, et défendit les libertés de l'Église gallicane, en prouvant qu'elles ne sont qu'une partie des anciens droits des anciennes Église». Il résulte de son Histoire des Tempiters qu'il y avait quelques coupables dans cet ordre, mais que la condamnation de l'ordre entier et le supplice de tant de chevaliers furent one des plus horribles injustices qu'on ait jamais commises. Mort en 165 1.
PUT-SKQUR (le maréchal de). Il nous a laissé VArt de la gmrre, eomm« Boileau a donné VArt poétique.
QUESNEL (Pasquier), né «n 1634, de l'Oratoire. Il a été malheureux, en ce qu'il t'est vu le sujet d'une grande division parmi ses compatriotes. D'ailleurs il a Técu pauvre et dans l'exil. Ses mœurs étaient sévères, comme celles de tous ceux qui ne sont occupés que de disputes. Trente pages changées et adoucies dans son livre auraient épargné des querelles à sa patrie ; mais il eût été moins célèbre. Mort en 1719.
QUIEN (Michel LE), né en 1661, dominicain, homme très-savant. Il a beaueoup travaillé sur les Églises d'Orient et sur celle d'Angleterre. Il a surtout écrit contre Le Courayer sur la validité des évêques anglicans : mais les Anglais ne font pas plus de cas de ces disputes, que les Turcs n'en font des dissertations sur rÉglise grecque. Mort en 1733.
QUINAULT (Philippe), né à Paris en 1635, auditeur des comptes, célèbre par ses belles poésies lyriques, et par la douceur qu'il opposa aux satires très- Injustes de Boileau. Quinault était dans son g^nre très-supérieur à LuUi. On le lira toujours; et Lulli, à son récitatif près, ne peut plus être chanté. Cependant oo eroyalt, du temps de Quinault, qu'il devait i Lulli sa réputation. Le temps apprécie lo'it. Il eut part, comme les autres grands hommes, aux récompenses que donna Loois XIV, mais une part médiocre ; les grandes grâces furent pour Lulli. Mort en 1688.
JV. B. Il est rapporté dans les Anecdotes littéraires (art. QUINAULT, dans l'édition en I vol.) que Brileau, étant à la salle de l'opéra de Versailles, dit à l'officier qui plaçait : Monsieur, fMtteX'moi dans un endroit où je n'vntendê point les paroles. J'eslitne fort la mwique de LuUif ntais je méprise souverai» mmenl les vtrs de Quinault,
Il n'y a nulle apparence que Boileau ait dit cette grosnièreté. S'il s'était borné à dire : Mettes-moi dans un endroit où je n'entende que la mnsique, cela n'eût été
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SCRIYAINS DU SIÈCLE DE LOUIS IIV.
que plaisant, mais a'aAt pas été moins injuste. On a surpaué prodigiensémeni Lolli dans tout ce qui n'est pas récitatif; mais personne n'a jamais égalé Qainaolt.
QUI N CT (le marquis de) , Ueutenant-g<^éral d'artillerie, auteur de VHittoire fiUiitmirê de Lomiê XIV. Il entre dans de grands détails, utiles pour ceux qui veulent suivre, dans leur lecture, les opérations d'une campagne. Ces détails pourraient fournir des exemples, s'il y avait des cas pareils ; mais il ne s'en trouve jamais, ai dans les affaires, ni dans la guerre. Les ressemblances sont toujours imparfaites, les différences toujours grandes. La conduite de la guerre est comme les jeni d'adresse, qu'on n'apprend que par l'usage; et les jours d'action sont quelquefoit de» jeux de hasard.
QUINTINIE (Jean LA), né près de Poitiers en I6ie. Il a créé l'art de la •ulture des arbres, et celui de les transplanter. Ses préceptes ont été suivis de toute l'Europe, et ses talents récompensés maguifiquement par Louis XIY. Mor^ tws 1700.
RACINE (Jean), né à la Perté-Milon eu l«30, élevé à Port-Royal. H portail encore l'habit ecclésiastique quand il fit la tragédie de Thêagène, qu'il présenta à Molière, et celle des Frèrei ennemis^ dont Molière lui donna le sujet. H est intitilé prieur de l'Épinay dans le privilège de VAndromaquê. Louis XIV fut sensible à son extrême mérite. Il lui donna une charge de gentilhomme ordinaire, le ■omma quelquefois des voyages de Marly, le fit coucher dans sa chambre dana une de ses maladies, et le combla de gratifications. Cependant Racine mount de ehagrin ou de crainte de lui avoir déplu. Il n'était pas aussi philosophe que grand poète. On lui a rendu justice fort tard, a Nous avons été touchés, dit Samt-Évre- « mond, de'Mariamne, de Sop/iontafte, d'Alcyonéi^ d' Andromaqu» et de Bri' c tannicuê. > C'est ainsi qu'on mettait non-seulement la mauvaise Sophoniêbe de Corneille, mais encore les impertinentes pièces d'Alcyonêe et de Mariafnn$f à côté de ces chefs-d'oeuvre inmiortels. L'or est confondu avee la boue pendant la vie des artistes, et la mort les sépare.
Il est à remarquer que Racine ayant consulté Corneille sur sa tragédie à'ÀUdEdmdre, Corneille lui conseilla de ne plus faire de tragédies, et lui dit q!?'il m'avait nul talent pour ce genre d'écrire. N'oublions pas qu'il écrivit contre lea jansénistes, et qu'il se fit ensuite janséniste. Mert en If 99.
RACINE (Louis), fils de l'immortel Jean Racine, a marché sur les traces de ■on père, mais dans un sentier plus étroit et moins fait pour les Muses. Il ente»* dait la mécanique des vers auui bien que son père, mais il n'en avait ni 1' ime ni les grâces : il manquait d'ailleurs d'invention et d'imagination. Janséniste Mmme son père, il ne fit des vers que pour le janséoisme. On es trouve de trè •beaux dans le poème de la Orâcet et dans celui de la Religion, ouvrage trop didactique •t trop monotone, copié des Pêntéêt de Pascal, mais rempli de beaux détails, fue e^s vers da chant second, dans lequel il traduit Lueièce pour le rofuter t
Cft Mprit, t nortels, oui veni rsnd d jaloax, If '«si qu'uB fan qui l'aiiame «t s'etaint avM f«o«. Quand par d'affreux siilois Ilmpiacable vlallleMe A sur UD front hideux imprimé la tri&têsM; Qo#, daa> un corps eourb6 cous un aoiai dejonrf L« a«Bg,eom[ivfl à rafret, semble achever son mots; Lonqaaa des jaux couT^rt» d'un lugubre noaçs. Il ■'•Dtre de* objets qu'âne Inlldèle image;
Qa'SB débris chaque jonr le corps tembe et périt,
Mniaaa aossi ie Tois tomber l'esprit.
ACR1VA1M8 DU SIÈCLE DE LOUIS IIY
Ltree mourante tien, taœbeao sans noorrlturs,
Jette par intervalle nne Ineur obaeura.
Triste daïtln de l'homme! Il arrl»e an tombcnu. Plu hible, pins enfant qull ne l'est au beraeaa. La mort du eonp fatal sape anln l'édlflce; Dans un dernier eeuplr aehevHnt wn supplie», Lorsque, vide de sang, la e«ur reste glacé, Son âme s'évapore, et tout l'homise est paiaé.
A s'élé7e quelquefois, dans ce poème, contre U Tout eit bien dt» lords Schafti». k«iry et BoUngbroke, si bien mis en irers par Pope :
StM dont» qnl cas œoU, des t)ord« do le Taœljo, Quelque abMrall ral«)nneur qui ne se p'aint de rien, Uus son flegme anglican, répondra : Tout est bien.
Racine, en qualité de janséniste, croyait que presque tout est mal depuis tong. temps; U sec use Pope d'irréligion. Pope était fils d'un papiste : e est atns. qu o. appeU^ en Angleterre les catholiques romains. Pope, élevé dans cette rehgion «n'U tourne quelquefois en ridicule dans ses Épîtres, ne voulut cependant pas la quitter, quoiqu'il fût philosophe, ou plutAt parce qu'U était asseï philosophe peur Lire iue ce n'était pas la peine de changer. Il fut très-piqué des -^ccusataons de Louis Racine. Ramsay entreprit de les conciUer. C'était un Écossais du clan des Ram«ty, et qm en avait pris le nom. suivant l'usage de ce pays. U était venu en France après avoir essayé du presbytérianisme, de l'Église angbcane et du quakérisme et s'éUit attaché à l'illustre Fénelon, dont U a depms écrit la vie. C est lai qui es't l'auteur des Voyage. <U CynM, tres-faible imiUtioa du Télémaqus. l\u^ îina décrire a Louis Racine une lettre sous le nom de Pope, dans laquelle celoind
"^av'airléc?^ année entière avee Pope; je savais qu'U était incapable d'écrire en français, qu'U ne parlait point du tout notre langue, el qu a peine 4 pouv't lire nos autiurs ; c'était une chose pubUque en Angleterre. J avertu I^ Racine que cette lettre était de Ramsay, et non de Pope. Je voulu, lu, faire s«. tir le ndieule de cette supercherie : j'en instruisis même le public dans un chapitre sur Pope qui a été imprimé plusieurs fois da vivant de Pope même. Cepeakant, après sa mort, l'abbé Ladvocat a imprimé cette lettre forgée par Ramsay, 1 r. imputée à Pope dans son Dictionnaire Metorique ^tatif. on il copie plu Lrs articles des premières éditions de cette Uste des écrivams du sieele da lIHi" ^, mais où il insère des anecdote, eat^èrement fausses. U est juste d. faire eonnaître au publie la vérité.
RANCB (Jean Le Bouthillier de), né en têM, commença par traduire Ânacr^ et institua la réforme effrayante de la Trappe en 166i. Il u dispensa, ^; législateur, de U loi qui force ceux qui viveat dans ce tombeau a ignorer !I^ se passe s,i la terre. U écrivit avec éloquence. QueUe ineonstanee dans rJmmel après avoir fondé t gouverné son institut, il se démit de sa place. 1 voulut la reprendre. Mort ea 1700. ^^
RAPIN (René), né à Tours en 1 6îi , jésuite, cennu par le poème des Jmrémê n UUn. et par beaucoup d'ouvrages de Uttérature. Mort ea l«87.
RAPIN DE TH0YRA8 (Psul), né à Castres en 1661; réfugié en Angleu^rre et longtemps officier. L'Angleterre lui lut longtemps redevable de la seu^ t2 histoire complète qu'on edt faite de e. reyaume. et de la -^«^.l-P-^»^ ,u^a «ûl dua pa,s oà 1'- aécri,ail «ne par .h«» de paru : c'éUit même la
...âriSklÉi
ECRIVAINS DU SIËCLB DB LOUIS HT
Mole histoire qu'on pât citer en Europe, comme «pproc!iant de U perreetkHi^*ot érige de cet outrage», jusqu'à ce qu'enOn on ait tu paraître celle du eélèbr* ■urne, qui a au écrire l'histoire en philosophe. Mort à Vésel en I7t5.
REGIS (SyUaiit), né en Agénois en 1631. Ses liTres de philosophie n'ont plot de cour» depuis les grandes découvertes qu'on a faites. Mort en 1707,
REONARD (François), né à Paris en 1656. Il eât été eélèhre par set ieul% ^y^l^M. C'est le premier Français qui alla iusau'en Laponie. Il grava sur en r»» ther ce vert :
Hie tandem ttetimust nobU tU>i dtfvit êràiâ.
Frit sur la mer de Provence par des corsaires, esclave i Alger, racheta. étabU «a France, daut les charge» de trésorier de France et d: lieutenant des t. ix e> torêts, il vécut en voluptueux et en philosophe. Né avec un génie vif, gai e. vral- Bent comique, sa comédie du Joueur est mise à côté de celle» de Molière. Il faut m connaître peu au talent et au génie des auteurs, pour penser qu'il ait dérobé cette pièce k Dufresny. Il dédia la comédie des Ménechmes à Despréaux ; et ensuite il écrivit contre lui, parce que fioileau ne lui rendit pat assex de justice. Cet homme si gai mourut de chagrin à ciuquante-deux ans. On prétend même qu'il avança ses jours. Mort en 1710.
REGNIER-DESMARETS (Séraphin), né à Paris en 1631. 11 a rendu de grands services A la langue, et est auteur de quelques poésies françaises et iUliennes. Il 6t passer une de ses pièces italiennes pour élre de Pétrarque. Il n'eût pat faitpaster ses vert françait tous le nom d'un grand poète. Mort en 1713.
RENAUDOT (Théophraste) , médecin très savant en plut d'un genre, le pro- Mier auteur det gazettes en France. Mort en 1653.
RENAUDOT (Eusèbe), né en 1646, Irès^vant dant l'hittoire et dans les langues de l'Orient. On peut lui reprocher d'avoir empêché que le Dicttonnatrt de JJayle ne fiit imprimé en France. Mort en i 710.
REYNAU (Charles), de l'Oratoire, de l'Académie det sciences, né en 1656, tuteur de VAnalyte démontrée^ publiée en 1708. On l'appela l'Euclide de la àante géométrie. Mort eu 1718.
RICHELET (César-Pierre), né en 1631, le premier qui ait donné un diction« naire presque tout satirique, exemple plus dangereux qu'utile. Il estwussi le |.re- ■uer auteur det dietionaairet de rimes, tristes ouvrages qui font voir combien il ctt peu de riroet noblet et riches dans notre poésie, et qui prouvent l'extrême difficulté de faire de bons vers dans notre langue. Mort en 1698.
RICHELIEU (le cardinal de), né k Paris en 1585. Poitque LouitllV naqui] pendant ton ministère, on doit mettre parmi les écrivains de ce siècle illustre le fondateur de l'Académie française, auteur lui-même de plusieurs ouvreges. Il fl' a iiéthode de» controversée dans son exil à Avignon, après l'assassinat du maréjbaild'Ancreet de la Galigai, ses protecteurs. Les Principaux points de la religion i»ihalique défendus, {'Instruction du chrétien , et la Perfection du chrétien, sont à peu près le ce temps-là. Il est bien sâr qu'il ne composait pas la Perfection du chrétien du temps qu'il faisait condamccr k mort le maréchal du Marillac, daus sa propre maison de Rucl, et qu'il était avee Marion Delorme dauA an appartement, lorsque les commissaires prononcèrent l'arrêt de mort dicté par ki. Oe sait aussi qu'U y a beaucoup de ver» da sa façon dans la tragi-cumédif
tCRIVAlNS DU SIftCLS DB LOOIS XIV.
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aDigorique intitulée Europe, et dans la tragédie de Jfirrtme. On sait qu'il donnait à rinq auteurs le» tujets det pièces représentées au Palais-Cardinal, et qu'il eût mieux fait dâ s'en tenir au seul Corneille, sans même lui fournir de sujet. Le plut beau de set ouvraget est la digue de la Rochelle.
L'abbé Ladvocat, bibliothécaire de Sorbonne, prétend dans son Dictionnaire kUtorique que le cardinal de Richelieu est l'auteur de ca Testament qui a fait tant de bruit, et qui est supposé. U croit devoir ce respect à la mémoire du bienfaiteur de la Sorbonne ; mais c'est rendre un mauvais service k sa mémoire que dt raccuter d'avoir fait un Uvre où il n'y a qce det erreurtet des fautes de toute •tpèce. Si malheureusement un ministre d'État avait pu composer un si mauvaii •U7I âge, tout ce qu'on en devrait conclure, c'est qu'on pourrait être un grand ministre, on plutôt un ministre heureux, avec une gramme ignorance des faits lea plu6 communs, des erreurs grossières et des projets ridicules. C'est donc venger U mémaire du cardinal de Richelieu que de démontrer, comme <m l'a fait, qu'il ne peut être l'auteur de ce Testament, qui, sans son nom, aurait été ignoré à jamais.
L'abbé Ladvocat, tout bibliothécaire qu'il était de la Sorbonne, s est trompé en disant qu'on avait i-elrouvé dans cette bibliothèque un manuscrit de cet ouvrage, apostille de la n.c'n du cardinal. Le seul manuscrit apostille amsi est au dépôt des affaires étrangères ; û n'y fut porté qu'en 1705. Ce n'est point le Testament qui est apostille, c'eut une narration succincte compotée par l'abbé de Bourxéis, k laquelle on avait, longtemps après, ajouté ce Testament prétendu; et les notes marginales même écrites de la main du cardinal, prouvent que cette narration succincte n'était pas de lui; elles indiquent les omission» de l'abbé de Bourxéis, et ce qu'il défait refondre. Voyez la Réponse à M. de Foncemagne.
On attribue encore au cardinal de Richelieu une Ilistoire de la mère et du fils; c'est un récit assex infidèle des malheureux démêlés de Louis XIII avec sa mèr^. Cette histoire faible et tronquée est probablement de Mézeray. Mais, dant la multitude det livret dont nous sommet accablés aujourd'hui, qu'importe da quelle main soit un ouvrage médiocre? Mort en 1641.
RYER (André DU), gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, longtemps employé à Constantinople et en Egypte. Nous avons de lui la traduction de VAlco- M« et de V Histoire de Perse.
RYER (Pierre DU), né à Paris en 1605, secrétaire du roi, historiographe da France, pauvre malgré set charges. Il 6t dix-neuf pièce» de théâtre et treize trar du étions, qui furent toutes bien reçues de «on temps. Mort en 1653.
ROCHEFOUCAULD (François, duc de LA), né en 1813. Ses Mémoires sont lot et on ta.t par eosur tet Pensées. Mort en 1680.
koHAULT (Jacquet), né à Amicnt en 1610. Il abrégea et il exposa avee clarté et méthode la philotophie de Descartes. Mais aujourd'hui c lie philosophie, erronée presque en tout, n'a d'autre, mérite que celui d'avoir ct<i apposée acx «r-\ reurs anciennes. Mort en 16 74.
ROLLIN (Charles), né k Paris en 1661, recteur d« ri'nivcrsité, le premier da ce corps qui ait écrit en français avec pureté et noblesse. Quoique les derniers tomes de ton Hisloir* ancienne, faits trop à la hAte, oe répondent pas aux praxâen c'est encore la meilleure compilation qu'on ait en aucune langue, parca que IM compilateurs tonl rarement éloquentt, et que Rollin l'était. Son Uvre vautrait beaucoup mieux, tl l'auUur avait été ohUotophe. U y Lwacoup d'ùlttoira
ÊCRIYAIHS DU SiftCLK DB LOUIS XIV.
taeienoet; il n'y «n a aucuns dani laquelle on aperçoire cet eiprit phikMopMqw ^oi diitingne le faux du vrai, l'incroyable du vraisemblable, et qui tacrifit TinatiU. Mort en 1741.
ROTROU (Jean), né en ItOO, le fondateur du théâtre. La première tceae et une partie du quatrième acte de VtncétUu sont det cheft-d'cBuvre. Corneille Vti^ pelait w>n père. On tait comtjien le père fut surpassé par le fils. Venc«$Uu mm fut composé qu'après le Cid ; il est tiré entièrement, comme le Ct(i, d'une tragédie espagnole. Mort en f 650.
ROUSSEAU (Jean- Baptiste), né à Paris en 1669. De beaux Tert, dc grandes fautes et de longs malheurs le rendirent très-fsmeux. Il faut ou lui imputer les couplets qui le firent bannir, couplets semblables i plusieurs qu'il atait atones, ou flétrir deux tribunaux qui prononcèreut contre lui. Ce n'est pat que deux tribunaux, et même des eorps plus nombreux, ne puissent commettra unanimement de très-violentes injuiitices, quand l'esprit de parti domine. Il y avait un parti furieux et acharné contre BousMau. Peu d'hommes ont autant excité et senti la haine. Tout le publie fut élevé contre lui jusqu'à son bannissement, et même encore quelques années après ; naia enfin les succès de La Motte, •on rival, l'accueil qu'on lui faisait, sa réputation qu'on croyait usurpée, l'art qu'il avait eu de s'établir une espèce d'empire dans la littérature, révoltèrent contre lui tous les gens de lettres, et les ramenèrent à Rousseau, qu'ils ne craignaient plus. Ils lui rendiraot presque tout le public. La Motte leur parut trop heureux, parce qu'il était riche et aecueilli. Us oubliaient que cet homme était aveugle et accablé de maladies. Us voyaient dwus Rousseau un banni infortuné, sans songer f n'U est plus triste d'être aveugle et malade que de vivre i Vienne et à Bruxelles. Tous deux étaient en effet très>malheureux : l'nn par la nature, l'autre par l'aventore funeste qui le fit condamner. Tous deux servent à faire voir combien les lM>romes sont injustes, combien ils varient dans leurs jugements, et qu'il y a de la folie à se tourmenter pour arracher leurs suffrages. Mort à BruxeUes en 1740.
Rousseau eut rarement dans ses ouvrages de l'aménité, des grâces, du sentiment, de l'invention; il savait très- bien tourner une épigramme licencieuse et une •tance. Ses Épitres sont écrites avec une plume de fer trempée dans le fiel le plus dégoûtant. Il appelle mesdemoiselles £o«»vanco«irl, qui étaient trois sceurt Irès-aimables, trio de louvei Mhamîet; U appelle le conseiUer d'État RouiUé, Tabairin mordant, cattstique et rustre^ après lui avoir prodigué des louanges dana une ode asses médiocre. Les mots de maroufles ^ de 6t/i<re«, salissent ses Épitres. Il faut, sans doute, opposer une noble fierté à ses ennemis; mais ces basses injures sans gaieté, sans agrément, sont le contraire d'une âme noble.
Quant aux couplets qui le firent bannir, voyes les articles LA liOTTS el 8AURIN.
On se contentera de remarquer ici que Rousseau ayant avoué qu'U avait fait einq de ces malheureux couplets, U était coupable de tous les autres au tribanal de tous les juges et de tous les honnêtes gens. Sa conduite après sa condamnation n'est nullement une preuve en sa faveur ; on a entre les mains des lettrée du sieur Médine, de BruxeUes, du 7 mai 17i7, conçues en ces termes : Roumeau n'avait d'autre table que la mienne, d'autre asile que ckex moi ; il m'avait baisé et embrassé cent fois, le jour qu'il força mes créanciers à me faire arrêter. Qu'on joigne à cela uu pèlerinage fait par Rousseau à Notre-Dame de Hall, al lu'OB juge s'il doit en être eni aar sa naroia dans l'affaire des eoupleta.
«CnfVAlNS DU SrtCLR t)B LOUIS XI7.
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RUE (Charles de LA), né en 1643, jésuite, polte latin, poète français et pr«tfeateur, l'un de eeux qui travaillèrent à ces livres nommés Dauphins, pour l'éducation de Monseigneur. Virgile lui tomba en partage. U a fait plusieurs tragé< dies et comédies; ss tragédie de Sylla fut présentée aux comédiens, et refusée. Il a fait encore celle de Lysimachus. On croit qu'il a beaucoup travaillé à l'An' irtennê. U était très-lié avec le comédien Baron, dont il apprit à déclamer. Il y avait deux sermons de lui qai étaient fort en vogue : l'un était le Pécheur mon» fwU, et l'autre, le Pécheur mort; on les affichait quand il devait les prononcer. Mort en l7tS.
RUINART (Thierry), bénédictin, né en 1657, laborieux critique. U asontem eoBtre Dodvrel l'opinion que l* Église eut dans les premiers temps une foule pro digieuse de martyrs. Peut-être n'a-tnl pas assez distingué les martyrs et les mortg ordinaires ; les persécutions pour cause de religion, et les persécutions politiques. Quoi qu'il en soit, il est au nombre des savants hommes du temps. C'est pnncipa<leinent dans ce siècle que les bénédictins ont fait les plus profondes recher* ehes, comme Martèae sur les anciens rites de l'Église. Thuillier et tant d'autret ont achevé de tirer de dessous terre les décombres du moyen âge. C'est encore on genre nouveau qui n'appartient qu'au siècle de Louis XIT, et ce n'est qu'en Franes que les bénédictins y ont excellé. Mort en 1709.
SABLIÈRE (Antoine de Rambouillet de LA). Ses madrigaux sont écrits ave» «ne fineese qui n'exclut pas le naturel. Mort en 1680.
8ACT LE MAITRE (Louis- Isaac), né en 161 S, l'un des bons écrivains ëe Pert-Royal. C'est de lui qu'e«t la Bible de Royaumont^ et une traduction des Cowudies de Térence. Mort en 168 4. Son frère, Antoine Le Maître, se retira comme lai à Port-Royal. Il avait été avocat; on le croyait an homme trèe-éloquent ; aaia •a ne le crut plus dès qu'il eut cédé i la vanité de faire imprimer ses plaidoyera. Un autre Sacy, avocat, et de l'Académie française, mais d'une autre famille, a donné une traduction estimée des Lettres de Pline en 1701.
SAGE (LE), né en 1677. Son roman de Gil Blas est demeuré, parce qn'U y a du naturel : U est entièrement pns du roman espagnol intitulé la Vida dêl esenétro don Mareos de Obrego. Mort en 1 747.
8AINT-AULAIRE (François-Joseph de Beaupoil, marquis de). C'est ane ehese très-singulière que les plus jolis vers qu'on ait de lui aient été faits lorsqu'fl était plus que nonagénaire. Il ne cultiva guère le talent de la poésie qu'i l'âge de plus de soixante ans, comme le marquis de La Fare. Dans les premiers ^9n qu'oa tonnai <ie loi, on trouve ceux-ci, qu'on attribua à La Fare i
O Mose léfèrs «t fedlt,
Qui, sar le eotaaa d'Hilieaa, VlatM offrir aa vieil Aaaeréoa
Cet art aharmaat, cet art ndie,
Qai Mil rendre deaue et tiaaqatlle
La plai iacemmoda saltoa :
f OBt qui. de tact de flavrs «ar le Paraane é«I«Mi, Orniei à eee cAtét le* Grleei et les Ri*,
Et qoi eeehiei «es eheTeox fris
Soaa tant 4a eenreasea de raeee, «te.
Ce IM nr eette pièce qn'il fut reçu à l'Académie; et Beileaa allégnait eatte mêoM pièce penr loi refuser son suffrage. Il est mort en 174S, à près de centana, d'autp«« disent à cent deox. Un jour, à l'iac de ulus dc «uatre-viact-auinxe ans. il i
ÉCRIVAINS DO 81ÈCLB DE LOUIS 117
avec madame U doahesM dn Maine : elle l'appelait Apolloo, et lai demandait yê me tais quel tecreU 11 lui répoodit :
La diTloiié qui >'amn»«
A me demander moo sarrM, 81 j'étais Apollon, ne sarait point m» xamt» * Slla serait Tbétis. et lejoar flolralt.
ioacréott moina Tieui ût de bien moins joUea cboiei Si lea Greci avaient ea ioÊ tferiTaici tels que nos bons auteurt, ils auraient été encore plus vaioa; nous leur r^plaudirionsaujourd'buiavec encore p^is de raison.
SAINTE-MARTHE (Ga?:cbt.T de). Cette famille a été pendant plui de cent années féconde en savants. Le premier Cauclier de Sainte-Marlhe fut Charles, qiû (flt éloquent pour ion temps. Mort en 1555.
Scévole, neveu de Charles, se distingua dans les lettres et dans les affaires. Cs fat lui qui réduisit Poitiers sous l'obéissance de Henri IV. 11 mourut à Loudun en I6î3, et le fameux Urbain Graadier prononça son oraison funèbre.
Abel de Sainte-Marthe, son fils, cultiva les lettres comme son père, et mourut ca 165J. Son fils, nommé Abel, comme lui, marcha sur ses traces. Mort en 470ê. Scévole et Louis de Sainte-Marthe, frères jumeaui, fils du premier Scévole, enterrés tous deux k Paris dans le même tombeau à Saint-Séverin, furent illustres par leur savoir. Ils composèrent ensemble la Gallia ehristiana. Scévole mort en 1 551 ; Louis mort en en 1656.
Denis de Sainte-Marthe, leur consin, acheva cet ouvrage. Mort à Paris en I7îf , Pierre-Scévole de Sainte-Marthe, frèw aîné du dernier Scévole, fut historiographe de France. Mort en 1690.
SAINT-ÉVREMOND (Charles), né en Normandie en 1613. Une morale voluptueuse, des lettres écrites à des gens de cour, dans un temps où ce mot de cour était prononcé avec emphase par tout le monde ; des vers médiocre», qu'on appelle des vers de société^ faits dans des sociétés illustres ; tout cela, avec beaucoup d'esprit, contribua à la réputation de ses ouvrages. Un nommé des Maiseani les a fait imprimer avec une vie de l'auteur, qui contient seule un gros volume; et dans ce gros volume il n'y a pas quatre pages intéressantes. Il n'est grossi que des mêmes choses qu'on trouve dans les œuvres de Saint- Évremond ; c'est un artifice de libraire, un abus du métier d'éditeur. C'est par de tels artifices qu'on a trouvé l« secretde multiplier les livres à l'infini, sans multiplier les connaissances. On connaît ton exil, saphiUisophie et ses ouvrages. Quand on lui demanda, k sa mort, s'il voulait aerécùncilier, il répondit : • Je voudrais me réconcilier avec l'appétit. » Il est enterré à Westminattr avec les rois et les hommes illustres d'Auglelerre. Mort ea 1701.
8AINT-PAV1N (Denis Sanguin de). Il était an nombre des hommes de mérite que Despréaux confondit, dans ses Satires, avec les mauvais écrivains. Le peu ^'on a de loi paisc pour être d'un goût délicat. On peut connaître son mériU personnel par cette épitaphe que fit pour lui Pieubet, le maître de» requête», l'um le» esprits les plus polis de ee siècle :
Sont ce tombeau gît Saint-Pavts | Donne de<i larmet à sa fin.
Tn fa* de setaœli p«iit4tr«î Pleiire i«r toa lort et la •<•« I
ECRIVAINS DU SIÈCLB DE LOUIS Il¥.
T« a'en fat past plenre la tien.
Passant, d'avoir manaué d'en tXx9.
■ort en 1(170.
SAINT-PIERRE (Castel, abbé de), né en 1658, gentilhomme de Ifomiandie, ■'ayant qu'une fortune médiocre, la partagea quelque temps avec les célèbres Yarignon et Fontenelle. Il écrivit beaucoup sur la politique. La meilleure définition qu'on ait faite en général de ses ouvrages est ce qu'en disait le cardinal Dubois, que c'étaient les rSves d'un bon citoyen. Il avait la simplicité de rebattre dans set livres les vérités les plus triviales de la morale ; et, par une autre simplicité, il pro- ;^sait presque toujours des choses inipussihlf>8 comme praticables. Il ne cessa d'iosi&ter sur !(} projet d'une paix perpétuelle, et d'ime espèce de parlemcntdel'Europe, qu'il appelle la diète ewropéane. On avait imputé une partie de ee projet chimérique au roi Henri IV ; et l'abbé de Saiut-Picrre, pour appuyer ses idées, prétendait que cette diète européane avait été approuvée et rédigée par le Dauphin, du* de Bourgogne, et qu'on en avait troavé le plan dans les papier» de ce prince. Il sa permettait cette fiction pour mieux faire goûter son projet. Il rapporte avec bonne foi la lettre par laquelle le cardinal de Fleury répondit à ses proposition* : Vnn»ave» oublié, Monstiur, pour article préliminaire, de commencer par erwoyer unt troupe de missionnaires pour disposer le cœur et l'esprit de$ pn'ncea. Cependant Tabbé de Saint-Pierre ne laissa pas enfin d'être très-utile. Il travailla beaucoop pour délivrer la France de la tyrannie de la taille arbitraire; il écrivit et il agit en homme d'État sur cette seule matière. Il fut unanimement exclu de l'Académie fran» çaise poar avoir, sou» U régence du due d'Orléans , préféré un peu durement, dans sa Polysydonie^ l'établissement des conseils à la manière de gouverner de Louis XIV, protecteur de l'Académie. Ce fut le cardinal de Polgnae qui fit une brigue pour l'exclure, et qui eu vint i bout. Ce qu'il y a d'étrange, c'est que dans ee temps-U même le cardinal de Polignac conspirait contre le régent, et que ce prince, qui donnait un logement au Palais-Royal à Saiot-Pierrt, et qui avait toute sa famille à son service, souffrit cette exclusion. L'abbé de Saint-Pierre ne se plaignit point. Il contmua de vivre en philosophe avec ceux mêmes qui l'avaient exclu. Boyer, ancien évêque de Mirepoii, sou confrère, empêcha qu'à sa mort on ne prononçitsou éloge à l'Académie, selon la coutume. Ces vaines fleurs qu'on jette sur le tombeau d'ua académicien n'ajoutent rien ni à sa réputation ni à son mérite : mai» le refus fot un outrage, et les services que l'abbé de Saint-Pierre avait rendus, sa >robité et sa douceur, méritaient un autre traitement. Il mourut en 1743, âgé de quatre-vingt-six ans. Je lai demandai, quelques jours avant sa mort, comment il regardait ce passage ; il me répondit : Comme un voyage à la campagne.
Le traité le plus singulier qu'on trouve dans ses ouvragM est l'anéantissement futur du mahométisme. il assure qu'un temps viendra où la raison remportera abet les honraies sur la superstition. Tes hommes comprendront, dit-il, qu'il suffit ée la patience, de la politesse et de la bienfaisance, pour plaire à Dieu. Il est impossible, dit-il encore, qu'un livre oà Ton trouve des propositions fausses don» nées comme vraies, des choses absurdes opposées au sens commun, des lor.rage» données à des actions injustes, ait été révélé par un être parfait. Il prétend qu« dans cinq cents ans tous les esprits, jusqu'aux plus grossiers, seront éclairés sur et livre ; que le grand mufti même et les cadis verront qu'il est de leur intérêt dt détromper la multitude, et de se rendre plus nécessaires «t plus respecté* en ren- <aat la religion plus sîmpl» Ce traité est «wrie«s. Dans las nnaUs â$ Lows XI f.
28S ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIY
a dit que rÉUt àtynit bâtir de« loges aux P«lite«-Maitoiii pour l«t tMologiew tetolérantt, et qu'il ferait à propos de jouer ces espèces de fous sur le théâtre.
C'est iei l'occâsion d'observer que Ttuteur du Sièch d» Louiê XIV n'a donné lette liite des éerÏTains et des artistes qui ont fleuri sous Louis IIV qu'après avoir ru lenrs ouvrages, et souvent connu leurs pers • nés, recherchant tous les moyens de s'instruire sur ce siècle célèbre, depuis qa » fut nommé historiographe de France. Il ne pourait, dans cette liste, parler des Jnna/es ^oMxqws dfc 1 abbé de Saint-Pierre sur Louis XIV, puisque U Siècle (ut imprimé en 175t pour la première fois, et que les Annaleê de l'abbé de Saint- Pierre ne parurent qu'en 1758, ayant été imprimées en 1757. Ces Annales, il le faut avouer, sont une satire continuelle du gouvemeraect de ce monarque, qui méritait plus d'estime; et cette satire n'est pas asseï bien écrite pour faire pardonner son injustice. L« famille de l'abbé, sentant quel dangereui effet cet ouvrage pouvait produire, engagea son auteur à le dérober au public : il ne fut imprimé qu'après sa mort. Comin<»n» donc l'abbé Sabatier, natif de Castres, qui a donné depuis la liste des écrivains (te trois siècles, a-t-il pu dire que l'auteur du Siècle de L«uis IIV m a puisé J'iJfe, fHol remplie, dans ces Annales politiques, qui offrent un tabUam frappant des prégr'is de l'esprit che% notre nation?
Prenièremeut, il e^t impossible que l'auteur du Siècle ait pn rien prendre dea Annales de l'abbé de Saint-Pierre, qu'il ne pouvait connaître, et desquelles U a vengé la mémoire de Louis XIV, dès qu'il les a connues. Secondement, il est trèsfau que l'abbé de Saini-Pienre se soit étendu, dans son Uvre, sur les progrès d« l'esprit humam ches no re nation. K peine ea dit-u quelques moU; et quand U parle des beaux-arU, c'e*t ponr le» arilir.
Toici comme il s'explique, page 155 : La peinture, la sculpture, la mu- •tfM, la poésie, la comédie, l'architecture, prouvent le nombre des fainéante, lew goût pour la fainéantise, qui suffit à nourrir et à entretenir d'autres espèces de fainéants , gens qui «« piquent d'esprit agréable, mais non pas
d'esprit utile, etc.
Il est rare, sans doute, d'entendre un académicien dire que des arts qui exigent k travail le plus assidu sont des occupations de fainéanU.
Quant k la personne de Louis XIV, il veut l'srilir, aussi bien que les arts dont ee roi fut le prolecteur. On ne peut rapporter qu'avec indignation ce qu'il en dit, page t65 : Louis se gouvernait à l'égard de ses voisins et de ses sujeU comme •'•< eût adopté la maxime d'un célèbre tyran : * Qu'Us me baissent, pourvu qu'il» ne craignent. > Il sacrifiait tout au plaisir de se venger, et de montrer am public qu'il était redoutable; c'est le goi^t des âmes médiocres, dé tous les enfants, et de tous les hommes du commun.
11 traite enfin Louis XIV, en vingt endroiU, de grand enfant. Et lui, qui étail MUS contredit un rieil enfant, finit son livre par cette formule : Paradis tiM 6i#riaiMnis; mais il n'ose pas dire : Paradis aux médisants.
A l'égard de l'abbé Sabatier, natif de Castres, qui est venu à Paris faire te ■létier de calomniateur pour quelque argent, il est difficile d'espérer pour lui lu paradis. C'est même un grand etfort que de le lui souhaiter.
SALLO (Denis de), né en l«tê, conseiller au parlement de Paris, inventeur des journaux. Bayle perfectionna ce genre, déshonoré ensuite par quelques journaux que pubUerent â l'envi des libraires avides, et que des écrivains obscurt
«molireat d'estraita iafidèUs. d'ineoties et de meitsonies. Enfin on est parvenu
ÉCRIVAINS DU SIftCLE DE LOUIS IIV.
Jusqu'à faire ua trafic public d'éloges et (Te censures, surtout dans des feuilles périodiques; et la littérature a éprouvé le plus grand avilissement par ces infâmes manèges. Mort en 1669.
SANDRAB DE COURTILZ, né à Paris en 1644. On ne place ici son nom que pour avertir les Français, et surtout les étrangers, combien ils doivent se léfier de tous ces faux mémoires imprimés en Hollande. Courtilz fut un des plus coupables écrivaiDS de ce geure. il inonda l'Europe de fictioos sous le nom d'histoires. Il était bien honteux qu'un capitaiue du régiment de Champagne allât en Hollande vendre des mensonges aux libraires. Lui et ses imitateuri qui ont écrit tant de libelles contre leur propre patrie, contre de bons princes qui dédaignent ée se venger, et contre des citoyens qui ne le peuvout, ont mérité l'exécratioBs publique, il a composé la Conduite de la France depuis lapaiz de Nimèrjue, et la Réponse au m^me livre ; VEtat de la France sous Louis Xlïl et sous Louis XIV, la Conduite de Mars dans les guerres de Hollande ; les Conquêtes amoureuses du grand Alrandre ; les Intrigues amoureuses de la France ; la Vie de Turenne; eelle de /'amiral Colinny; les Mémoires de Hochefort, d'Artagnan, de Mont» brun, de Vordoc, de la marquise du Frêne; le Tentamevt politique de Colbert, et beaucoup d'autres ouvrages qui ont amusé et trompé les ignorants. U a été imité par les auteurs de ces misérables brochures contre la France, le Glaneur, l' Épilogueur, et tant d'autres bêtises périodiques que la faim a inspirées, que la sottise et le mensonge ont dictées, i peine lues v!e la cauaille. Mort à Paris en I7il.
SANLECQUE (Louis), né â Par:« en 1650, chanoine régulier, poëto qui a fait quelques jolis vers. C'ett un des edets du siècle de Louis XIV, que le nombre prodigieux de poètes médiocres dans lesquels on trouve des vers heureux. La plupart de ces vers appadieuneut au temps, et non au gtlnie. Mort en 1714.
SANSON (Nicolas), né à Âbbeville en 1600 ; le père de la géographie arant Guillaume de l'Isle. Mort en 1667. Ses deux fils liéritcreut de son mérite.
SANTEUIL (Jean-B&ptiste), né à Paris en 1630. U passe pour excellent poète latin, si on peut l'être, et ne pouvait faire des vers français. Ses hymnes sont chantées dans l'Église. Comme je n'ai point vécu chez Mécène entre Horace et Virgile, j'ignore si ces hymnes sont aussi bonnes qu'on le dit; si, par exemple, Orbis redemptor, nunc redemptus, n'est pas un jeu de mots puéril. Je me défit beaucoup des vers moderues latins. Mort en 1697.
SARRASIN (Jean-François), né près de Caen, en 1605, a écrit agréablement en prose et en vers. Mort en 1654.
SAVARY (Jacques), m^ en 1622, le premior qui ait écrit sur le commerce. U avait été longtemps uégociant. Le conseil le cousulta sur l'ordonnance de 1670, dans tout ce oui regarde le négoce, et il en rédigea presque tous les articles. Le Dictionnaire de commerce, nui est de ii'i et de Philéuiou, son frère, chanoine de Saiut-Maur, fut une entreprise auui utile que nouvelle ; mais il faut regarder ces livres i peu prè« eomme les intérêts des princes, qui changent en moins de cïjapuante ans. Les objets et les canaux du commerce, les gains, les finesses, ne sont plus aujourd'hui ce qu'ils étaient du temps de Savary. Mort en IG90.
8 AU NIAISE (Claude de), né en Bourgogne en 1 5S8 . retiré à Leyde pour être libre, homme d'une érudition immense. Ou prétend que le cardinal de Richelieu lui oiTrit une pension de douie mille francs pour revenir en France, à conditiou qu'il écrirait à la floir» <J« m ministre, et mèa»e qu'il écrirait sa vie; mais Sau*
T. Il, Id
290 ÉCRIVAINS DO SIÈCLE DE LOOJS XIV
.«« .imdl ».op 1. nb.rté, .1 haîml. t«>p «lui qu'U reg.rd.it ««■"»''«»'- Tr»* «D.BJ d. ««* même liberté, pour .«.pler m oBre.. U r., d Ang'..."», îZle! nTeagage. à eomposer 1. Cri rf« .an<,rosal con<r. (« V^rnc,*" * C/.à . ^ î. i vr. u. répondit p.. à 1. .épuftio» de r.u..ar : «do., .u..». d'aÛXe h.rbare, ,»elquefoi. wblime, .ur I. p«n.m. d'Adam, c. I. moikM de Ju.^ p^<-= b.rb.r,. tiré. d. lA«i.o Te«ame... réfu.. S.um.«, a>«. tarwl ..m« u„.bM.UrK. eomb.t u. «u,.ge. Ce. deu. o»mp».ji uo pM..ti.m. dégoûfoi, .«al tombé. d»us l'oubli, le. .on,, de. ...t«.r. n o«l pa
**8k"cRIN (it"ù..). aé àNin... .» .677. 11 p.u. pour l. «.cmc-r prédic.U« de.ÉgU« ré nnée.. Cepe-d.». oa loi reproche, comme à «o«. «• coafrtre. « Va'oa .ppeUe .e .t,le réfugié. « «. *f/ki.., dit-U. ,« ^'-«''' «' ^t^J^ jj polri. d leur r.Kjfon rarleni Je«r Ia«|,« o.ec p«r.t , «le De »a temp. eC^nl" le fr.oçai. ae .'éii. p« eorrompu en HolUode eommeU l'... .-g»"- ÏL. B.ïle n-.«it poial le .tyl. réfugié! il oe péch.,t que p.r uae f.o.l..- "é qui .PP ■<^be quelque'»!. -« '• b.."".. Le. défaut, du lang.ge de. p..te»« S.«T.a.iea?d. ce , «-a. copiaient le. phroe. iaeorrecte. de. prem.^^^^^^
f«rm.leur.- de plu., pre.qu. tou. .ï.al été éle.é. i. Saumor, ea Poitou en D.»r
îio.. On créa pour Saurin une place de ministre de la nobles» à 1. H.,.. Il étri» «»T.nt etbomme de plai.ir. Mort ea 1730. , „
sÂurÏn (io«pb), né pré. d'Orange e. .«5.; de l'Académie de.«^.ac« C'était un tén e propre à to„. ; mai. «n n'a de lui que d« e.ir.it. du Xmrtxal d, JZ^,t^L mémoir.. de mathématique., e. «n fameu. foc.»., contç. RoI^Iû. C. proei. .i mdbeureuKmen. célèbre 8. rechercher toute « «.M „r,i. à .«.citer contre lui le. plu. ialime. aceowtion. Rou.«.», réfugié » Sail et ..chant que «n ennemi ..«l été p..teur de l'Égli» réformée i Bercher, di . .; b^liag. d'T«rdun, remua tou. pour a,oir dç. «-'«"Xî" coat« lu^^ Il f«.. «TOir que lo»ph S Miria, dégoûté d. «.n mm..l*r. hn » >» P^^-^P^* .1 mathématique., .«it préféré la France. « patne. 1. " ^^^ j^"", '^^* eadémi. de. «icnce., aa rUl.ge de B.t.her. Four remphr ce do«nil ««^ lil. rentrer dan. I. «In de l'Égli« romaine, e. il , i.n.r. de. 1 •''»^« «•'»;,^'^ rtque de Meau., Bo«uel, crut a.oir «oa«rti un ministre, et il ne at que «r.Ur » ta pea^fortuae duo phil.K.phe. Saurin retourna en S«i«. plu.u,ur. année, apré.. turTrecueiUir quelque, bien, de « femme, qu'il a,ùt per.uadé. d. quitter au.. UreLÔa réformé. Le. magiatrat. le décrétèrea. d. P'« «'•"'P*; ""'"'' !' narufaportat qui a,ai. fait apo.tasi.r » femme. Cela K pa-ail e. 1711. âpre. L UméuiZci de Rou.«au, e. Rous«au était i Soleure préciaérnen. dan. ce
t lu crr». a or. que le .ceu.a.i le. plu. llé„i.«n,e. écla.éreal con ,e
^"* On lui imputa d'ancien, délil, qui aur.ion. mérité la corde ; on produ.»' ^u"u con.« lui un. ancienne lettre, dan. laquelle il .«it f«t l»'-'*"». ^■»"; ^?.,nf.«ion d. «. crime, à un pa.teur de «. ami.. Enfin, pour c.„bU du. ÎiJaité. on eut la cruelle ba.«.« d'imprimer ce. accu...,«a. .1 cetw lettre d«f Î^^ " sioumau.. dan. le. .upplénient. de B.,l.. d.a, celui ^ ^^f cUtTan i.,ea mllheureu«men. i.«n.é pour flétrir un homn,. dan. '•S»'«l«- ^ e. «r.^ «ment a.iUr la littérature que d. faire d'un die.ioanaire un grefle "■»'»''• «'j^ îLuer d'opprobre, ««daleux de. ou.rag.. qui a. doi«u. être ■^'«^^'^'^ Mitace. ce n'était pa.. luu douU, l'ialentio. de. premier. auUar. *••-•«'
ftCfllVAINS DU SIÈCLE DR L0UI8 XIV.
•ki-TM An la littérature, qu'on a depuis infectées de tant d 'additions au5~i erronéci qu'odieuses. L'art d'écrire est deTenu souvent u*) y\\ métier, daos lequel des libraires, qui ne savent pas lire, payent des meofouges et des futilités à tant la feuille, i des écii^aios mercenaires qui ont fait de U littérature la plusUche des professions. Il n'ert pas permis au moins de consigner dans un dictiounaire des ao< cisations criuiiutllrs, et de s'ériger en délateur sans avoir des preuves juridiques, l'ai été 8 portée d'examiner ces accusations contre Joseph Saurin; j'ai parlé au sei- ^eur de ta terre de B^rchcr, dans laquelle Saurin avait été pasteur; je me suis adressé à toute la famille du seigneur de cette terre : lui et tous ses parents m'ont ditunaninicnient qu'ils n'aTa!ent jamais vu la U^ttre imputée à Saurin; ils m'ont tons marqué la plus tïtc indignation contre l'abus ^caudaleux dont on a chargé les sjp* pléments aux dictionnaires de Bayle et de Moréii ; et cette juste indignation qu'ils m'ont témoignée doit passer dans le cœur de tous les honnêtes gens^ J'ai en mais le5 attestations ds trois pasteurs, qui avouent f\\x*iU n'ont jama\$ ru l'original d« cttte prétendue lettre de Sami7if ni connu personne qui l'eût cur, ni oui dire qu'elle eût iti adressée à aucun })aateur du pays de Vaud, et qu'ils ne peuvent q^'improuvfr l'usige qu'on a fait de cette pièce.
Joseph Saurin mourut en i 737, ea philosophe intrépide qui connaissait le néant de toutes les choses de ce monde, et plein d'un profond mépris pour tous ces vains préjugés, pour toutes ces dif>puie«, peur ers upinioos erronées qui surchargent d'un nouveau poids les malheurs iunonbr&bles de la vie humaine.
Joseph Saurin a W^aé ua fils d'un v; ai mérite, auteur d'une tragédie de Spc^ tacus, dans laquelle il y s des traits cciaparabks à ceux de Is i-iiS grande fcrc« de Corneille.
SAUVEUR (Joseph), né h la Flèche en l€^S. U apprit sans maître les élô« ments de la géométrie. Il est on des prc;uiers qui aient calculé les avantages et les désavantages des jeux de hasard. Il disait que tout ce que peut an homme en ma> thématiques, un autre le peut aussi. Cela l'entend pour eeux qui se bornent à apprendre, mais non pour les Inventeurs. U avait été muet jusqu'à l'âge de sept tni. Mort en 1716.
8CARR0N (Paul), 6U d'un conseiller •!« U grand'cbambre, né en 1619. Ses •omédies sont plus burlesques que comiques. Son Virgile travesti n'est pardonnable qu'à un bouffou. Son Roman comiqut est presque le seul de ses ouvrages que les gens de goAt aiment f ^rore; mais ils ne rdmont que comme un ouvrage gai, amv^sant et m<^diocre. C'est ce que Buileau avait prédit. Louis XIY épousa sa veuve. lUort en 1600.
8CUDÉRI (George de), né au Havre-de-Grâce eu 1601. Favorisé du cardinsi ëc Richelieu, il balança quelque temps la réputation de Corneille. Son noa «s) plus connu que ses ouvrages. Mort en 1667.
SCUDÉRI (Madeleine de), sirur de George, née au Ilavre en 1667, plus cco- M« aujourd'hui par quelques verf agréables qui restent d'elle que par les énormes r»mans de la Clili* et du Cyrus. Louis XIV lui dnuna une pension, et l'accueil!:) avec distinction. Ce fut elle qui remporta le preoJcr prix d'éloquence fondé p>j rAcadémie. Morte en 1701.
8EORAI8 (Jean), né à Carn en 1615. Mademoiêelle l'appelle une manièrt 44 M esf.fit; mais c'était en efft-t un tréi4)el esprit n un véritable bt'>mme de lettres. 4à U\ oblifé é» qftiiim k Mwkc d««etst priocciae, pour t'étrt o^^^si à soa
292 ÉCRIVAINS DU SifcCLf. D!5 LOUIS XIV.
riiae t»e« le con.le de Lauiun. Ses Édoune» cl m Tradxiction de VU giî$ furent -limée. ; mai. aujourd'hui on ne le. lit plu.. Il est remarquable qu'on a retenu de. Ter. de la Phanalê de Brébeuf, et aucun de VÉniide de Segrai». Cependant Boi- Ican loue S??r*i«, et dénigre Brébeuf. Mort en 1701.
8ENAULT {Jein-Françoi.). né en 1601. général de rOratoive; piéd.cateoi aui fut à léetri du père Bourdaloue ce que Hotrou e.t pour Corneille, wn prédéce..eur et rarement .on égal. U e.t compté parmi le. premier, restaurateur, de . l'éloquence, pluttt q'.:e d.u» le petit nombre de. homme, .éritablemeat éloquent..
Uort en I8TÎ. , . . ^ . ».
8ENEÇAT, né en H43, premier Talet de chambre de Mane-Thérè«, poett
i'ure imagination «..gul.ère. Son conte du Kalmac, à quelque, "'*;«';•?'•";" .a ourrage distingué. C'est un exemple qui apprend qu'on peut trè.^b.en conter d'une autre manière que La Pontaine. On peut ob.er.er que cette pièce, U meilbure qu'il ait faite, est U wule qui ne se trouve pas d*ii. «on recue.l. Il ï i aua dan. w. Travaux d'Apollon de. beauté, .ingulière. et ueutes. Mort eu 1 -17.
SÉVIQNÉ (Marie de Rabutin), femme du marqui. de Sétigné, née en MM. -«c. Lettre., remplie, d'anecdote., écrite, a.ec liberté et d'un «Jï»* <»«;! P*'^^ * anime tout, .ont la meilleure critique de. lettre, étudiées ou l on cherche e.pnt e^ encore plu. de ces lettres supposées dans lesquelles on .e.t imiter le style épi.to- Uire. en étalant de faux sentiment, et de fausses a.cntuve. à de. corre.pondanU imarinaire.. C'est dommage qu'elle manque absolument de goût, qu elle ne .ach. pa. rendre justice à Racine, qu'elle égale l'oraison funèbre de Tureune prononcée par Mascaron au çrnnd chef-d'œuvre de Fléchier. Morte en 1 696.
SILVA. né i Bordeaux, très-célèbre médecin à Pari., a fait an livre estimé .»r la «ignée ; il était fort au-dessus de son lirre. C'était un de ce. médecm. qu, Molière n'eût pu ni oié rendre ridicule.. Mort .er. 1 an 1 746 .
SIMON (Richard), né en 163«; de l'Oratoire; eicellent critique. Son ilufo.r. i, rony J ^t du propre, des retenu. eccU^i.stigue». .oufU.to^re cr./.j.. dlieuT Mam^rM, etc , .ont lue.de tons les savant.. Mert à Dieppe en 1711.
SIPMOND (Jacques), jéiuite, né r.r. l'an t559, l'un des pU.saiaLV. a d.. plu. albi.. homme, de son temp. On nit à peine f^}!^^-^---^ Loui. XUI. r^ce qu'U fit à peine parier de lu; dan. ce poste déheat. Il fut préféré pa^ le râpe à tous le. savant. dltaUe. pour faire la préface de la coUect.on de. concile;.^', nombreux ouvrage, furent trè..estimé.,et .ont trè.-n., lu.. Mort
*"sîRMONl) Jean^, «evcu du précédent, historio-r.pbe de France, avec U brevefde coa^m^d'État, qui étL d'ordinaire attaché à la f^;^^^ ^^^^^<!' "r pbe. L'un de .e. principaux ouvrages e.t la Vie du cardinal d Ambor^e, qu il Te compo.. que pour r.ettre ce miustre au-deaous^. cardinal de Ricfaebeu, .0. trotecleur. U fut un d» premiers i. jidémiciens. Mort en 4649.
gORBlÈRE Samuel), né en l).upl.).é eu UIS, l'un de ct.a qui ont port* U
.'»« d WMorio^r.rhe de F.SD.-e. Ami du p.i>e r.lé:r.eat IX avant son exMtif.o*.
."ece^ r. : le f.ible. marques de la générosité de ce p.ntife, il lui écr.v. ,
.%.i"-r*re, vou, envoie, de. m=u:hette. à celui qui n'a poiui d. cteict... . B
Uaeura beaucoup de genre» de science. M.rt en 1670.
gUZg a. comteste Henriette de Coligny de LA), célèbre dan. wn temf. Mf elpriî et pu M. ^P^ C'e.t .lie q.oi .e fit catholique fa:.t q^ «s lui^t
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV
fi
«tait huguenot, et qui .'en «Jpara, aCo, disait la reine Chri.tine, de ne voir vm mari ni dan. ce monde-ci, ni dan. l'autre. Morte eu 1763.
TALLEMANT (Françoi.), né à la Rochelle en 16Î0, «cond traducteur d«
Plutaïque. Mort «\ 1693.
TALLEMANT (Paul), né à Pari, en 164». Quoiqu'il fût petit-fiU du ncht Monloron, et fils d'un maître de. requête, qui avait eu deux cent mille livrc.de renie de notie monnaie d'aujourd'hui, il se trouva presque sans fortune. Colbert lui fit du bien 2omme aux autres gens de lettres. U a eu la principale part à l'histoire du roi par médailles. Mort en 171t.
TALON (Omer), avocat général du parle.nent de Fari., a laissé de. Mémoiret utiles, digues d'un bon magistrat et d'un bon citoyen; mai. .on éloquence n'est pa. encore celle du bon temps. Mort en 1651.
TARTERON, jésuite. 11 a traduit le. Satires d'Horace, de Perse et de Juvénal, et a supprimé le. obscénité, grossières dont il est étrange que Juvénal, et wr» tout Horace, aient .ouille leurs ouvrages. U a ménagé eu cela la jeunesse pour laquelle il croyait travailler ; muis sa traduction n'est pa. assez littérale pour elle; le sens est rendu, mais non pas la valour des mots. Mort »;n 17î0.
TERRASSON (l'abbé), né en 1669, philosophe pendaut sa vie et À sa mort. Il y a de beaux morceaux dan» son Séthos. Sa traduction de Diodore est utile; •on Examer d'Homère pa»ie pour être sans goût. Mort en 1750.
TIIIERS (Jcaa-bapliste), né à Charircs en 1641. On a de lui beaucoup d« diss'^rUtions. C'est lui qui écrivit contre l'inscription du couTentde.cordelier.de Reim. : A Difu (t d sa^ut t'^anço'S^ tou$ deux crucifiés. Mort en 1701.
THOMASSIN (Ljiis), de l'Oratoire, né en Provence en 1619, homme d'une érudition profonde. Il fit le premier te. conférences sur les Pères, sur le. concile. et .ur l'histoire. U oublia sur la fin de sa vie tout ce qu'U avai'> «u, et ncM Muvint plu. d'avoir écrit. Mo:l en 1695.
THOYNARD (Nicola.), né à Oriéan. en 1<ÎH. On prétend qu'il a eu grande part au traité du cardinal Norri. .ur le. Époques syriennes. Sa Concordance de» quatre &angélistes, en grec , pa.se pour un ouvrage curieux. Il n'était que .avant, mai. il l'était profondément. Mort en 1706.
TORCY (Jeac-Baptiste Colbert de), neveu du grand Colbert, mini.tre d'Etal M>u. Loui.XIV, » laiMé de. Mémoire, depui. la paix de Rysv^rick juaqu'à celle d'Ltrecht : il. ont été imprimé, pendant qu'on achevait l'édition de cet Essai sur U siècle de Louis XIV. Ils confirment tout ce qu'on y avance. Ce» Mémoire, renferment dcVlétail» qui ne convieniient qu'à ceux qui veulent s'instruire à fond : Ms sont écrits plus purement que tous le. Méntoircs de «es pr^Mécetscur. : on y re- «onuait le goût de la cour de Loui. XIV. Mais leur plu» grand prit est dau. U aiucérité de l'auteur : c'est la vérité, c'est la mo.léiation elle-même qui ont conduit., plume. Mort en 1746.
TOUREIL (Jacques), né à Toulouse en 1656, célèbre par sa traductica à% Démcthèue. Mort en 1715.
TOURNEFORT (Joseph Pitton de), né en Provcuce en 1656, le plus grand botaniste de son temps. Il fut envoyé par Loui» XlV ea Espagne, en Angleterre, ea Hollande, en Grèce et en Asie, pour perfectionner l'histoire uatureUe. H ripporta treiie cent tronte-aix nouvelle, espèces de plante., et U uou. apprit à cca-
■aître le. nôtres. Mort on 1708.
TOURNEUX (LE), né en 1640. Son Àniue chriiienne e.t dau. beaucoup^
ÉCRiVAiNS DU SIÈCLB DB LOUIS Î17.
tCRIVAINS DU 8IÈ0LB DE LOUIS XIV.
ntiu, quoique mlM à Rome à l'index des lirres prohibéi, oa plutôt çttct qt^dlft y est mise. Horten 1686.
TRISTAN l'Ermite, (gentilhomme de Gaiton d'Orléans, frère de Louis XIII. Le prodigieux et long succès qu'eut sa tragédie deif niamne fut le fruit de l'ignorance •à l'on était alors. On n'avait pas mieux ; et quand la réputation de cette pièce fut itahlie, il fallut plus d'une tragédie de Corneille pour la faire oublier. Il ) à eneoro des nations chez qui des ouvrages très-uiédiocres passent pour des chefs-d'œuvre, parce qu'il ne s'est pas trouvé de génie qwi les ait surpassés. On ignore commune ment que Tristan ait mis en vers l'office d* i« Vîorse, et il n'est pas é*rtBg« qa'oa l'ignore. Mort en 1655.
Toici srn épitaphe, qu'il compoaa
J« Il le cbiea couchant auprès d'ua grind se!). r:?cr ; Je ttio vis toujours pauvro, et tAcbai de paraître i ia técu; danit la peine, espérant le bciheur. Et mourai sur un coffre on attendant mon nnhre.
TURENNE. Ce grand uumme nous a laissé aussi des Mémoires qu'on trot^ vu dans sa Vie écrite par Ramsay. Nous avons beaucoup de Miimuires de nos généraux; mais ils n'ont pas écrit comme Xénophon et César.
VAILLANT (Jean Poy}, né à Beauvais en 1631. Le public lui doit la Seieficê des médaillée, et le roi, U moitié de son cabinet. Le ministre Colbert le fit voyager en Italie, en Grèce, en Egypte, en Turquie, en Perse. Des corsaires d'Alger le prirent, en 1674, avec l'architecte Desgodets. Le roi les racheta tous deux. Jamais savant n'essuy« plus de dangers. Mort en 1706.
VAILLANT (Jean -François), né i Rome eu 1665, pendant les voyages da ion père, antiquaire comme lui. Mort en 1706.
VALINCOUR(Jean-Baptistc-Henri du Trousse! de), né en 1653. Uneépttrequê Despréaux loi a adressée fait sa plus grande réputation. On a de lui quelques petits ouvrages : il était bon littérateur. U Si Uuc âi&i'i grande fortune, qu'il n'eât pas faite S'il n'eAt été qu'homme de lettres. ' *i letrr<*3 seules, dénuées de cette sagacité laborieuse qui rend un homme utile, ue procurent presque jamais qu'une vie malheureuse et méprisée. Un des ineJlcurt discuur» qu'on ait jamais prononcés à l'Académie est celui dans lequel M. de Valineour tiche de guérir l'erreur de ce ■ombre prodigieux déjeunes gens, qa\ prenant ioar fureur d'écrire pour du talent, vent présenter de mauvais vers à d?s priocf», inondent le public de leun brocburef, et qui accusent l'iugratitude du siècU;, parce qu'ils sont inutiles a*j monde et h eux-mêmes. U les sv»tt«i q'ic les professions qu'on croit les plus basset •ont fort supérieures à ccUe qu'ils o&t embrassée. Mort en 1780.
VALOIS (Adrien de), né k Paris en 1607, historiographe de France. Ses meilleurs ouvrages sont sa Noiice de» Cmuleê et sou Histoire de la jpremièr» racé. Iforten 169t.
VALOIS (Henri de), frère du préciMt^nl, né en 1 603. Ses ouvrages sont moins •tUes à des Français que ceux de son frcre. .Mort en 1676.
VARIQNON (inerre), né i Cnen en 1654, uolhéaaticicn célébr«. Umi «a 1711.
VARILLA8 (Antoine), ni dans la Uarche en 1614, historien pluaagréab;* (fuexaet. Mort en 1691.
VASSOR (Michel LB), de l'Oratoire, réfugié en Angleterre. Sun Histoire de (o«ii Xlll, diiïuse, pesante et satirique, a été recherchée pour beaucoup de fait?
dnf uUers qui s'y Ironvent ; mais e'esl un déclamateur odieux, qui d^uis V Histoire dé Louis Xnitké cherche qu'à décrier Louis XIV, qui attaque les norts tt lei vivants ; il ne se trompe que sur peu de faits, et passe pour s'être trompé dans tout ses jugements. Mort en 1718.
VAVASBEUR,né dans le Charolais en 1605, jésuite, grand littérateur. Il ÏA voir le premier que les Grecs et les Romains n'ont jamais connu le style burlesque, qui n'est qu'un reste de barbarie. Mort en 168 1 .
VAUBAN (le maréchal de), né en 16.18. La Dixme royale^ qu'on lui a impotée, n'est pas de lui, mais de Boisguillebert. Elle n'a pu être exécutée, et est en \J!et impraticable. On a de lui plusieurs mémoires dignes d'un bon citoyen. U contribua beaucoup par ses cunseils à la construction du canal de Languedoc. Obser- Tons qu'il était très-ignorant, qu'il l'avouait avec franchise, mais qu'il ne s'en tantait pas. Un grand courage, un zèle que rien ne rebutait, un talent naturel pour les sciences de combinaison, de l'opiniâtreté danc le travail, le coup d'oeil dans les occasious, qui ne se trouve pas toujours ni avec les connaissances ni avec le talent : telles furent les qualités auxquelles il dut sa réputation. U a prouvé par st conduite qu'il pouvait y avoir des citoyens dans un gouvernement absolu. Mort en 1707.
VAUGELAB (iUauJe F.^vrc de), né à Bourg-en-Bressc en 1585. C'est un despremiers qui uut épuré et ré^lé la langue, et de ceux qui pouvaient faire des vert italiens sans en pouvoir (auc de français. Il retoucha pendant trente ans sa Traduction de Quinle-Curce. Tout homme qui veut bien écrire doit corriger ses ouvrages toute sa vie. Mûri en 1950.
VATBR (François LE), né a Paris en 158S. Précepteur de Monsieur, firère de Louis XIV, et qui enseigna le roi un an ; historiographe de Franrt, conseiller d'État, grand pyrrhonien, et connu pour tel. Sou pyrrhonisme n'empêcha pas qu'on ne lui confiât une éducation si précieuse. On trouve beaucoup de science et de raison dans ses ouvrages, trop diffus. Il coir.batlit le premier avec succès cetta opinion, qui nous sied si mal, que notre morale vaut mieux que celle da l'antiquité.
Son traita de la Vertu des Païens est estimé des sages. Sa devise était t
De la$ eo»n$ mas seettras La maa Sfoura et audar,
somme eelleda Montaigne était : Que sais-je ? Mort en 1671.
VEISSIÈRBS (Mathurin de LA CROZE), né à Nantes en (561, bénédietlB
à Paris. Sa liberté de penser, et un prieur contraire à cette libei lé, lui fireutquit-
ler son ordre et sa religion. C'était une bibliothèque vivante, et sa mémoire était
i\ «nprodiga. Outre les choses utiles et agréables qu'il savait, il en avait étudié
i § d'autres qu'on ne peut savoir, comme l'ancienne langue égyptienne. U y a de lui
y an ouvrage estimé, c'est le Christiaimme des Indes. Ce qu'on y trouve da plus
^ furieux, c'est que les bramins croient luoité d'un Dieu, en laissant les idoles aux
peuples. La fureur d'écrire est telle, qu'on a écrit la via de cet homme en un vo-
tume aussi gros que la Vie d'Àlexandrs. Ca petit extrait, encore trop long, aa<
^ait suffi. Mort à Berlin en 1739.
VBRGIER (Jacques) né à Taris en 1675. H '-st à l'égard de La Fontaine as
^e Campistron est à Racine, imitateur faibla, mais naturel. Mort assassiné à Paria,
ÉCRIVAINS DU SIECLE DE LOUIS XIV
I«r des foleart, en 1710. On laiw entendre, dans le i/oren, qu'il attit fait mm (Mtrodie contre un prince puissant qui le fit tuer. Ce conte est faux.
VERTOT (René-Aubeii), né en Xormaudic en 1655, historien agréable et élégant. Mort en i735.
VICUARD DE SAINT-RÉAL (César), né à Ctiambéri, mais élevé en France. Son Histoire de la conjuratioiï df Venise est un chef-dœufre. Sa Vie de Jésus-Christ eii bien différente. Mort en lô^î.
VILLARS DE MONTFAUCON (labbé de), né en 1635, célèbre par U Comte de Gabalis. C'est uue partie de rancienne mythologie des Perses. L'auteur fut tué en 1675, d'un coup de pistolet. Ou dit que les sylphes l'avaient atsasiiné pour avoir révélé leurs mystères.
VILLARS (le maréchal duc de), né en 165Î. Le premier tome des Mémoireê qui porteut son nom est entièiement de lui. Il savait par cœur les beaux endroits de Corneille, de Racine et de Molière. Je lui ai entendu dire un jour à un homme d'État fort célèbre, qui était éiouné qu'il sût taut de ver» de comédie : J'en ai moins joué que tout, mais j'en sais davantatje. Mort eu 4 734.
VILLEDIEU (madame de). Ses romans lui firent de la réputation. Au resta, -on est bien éloigné de vouloir donner ici quelque prix à tous ces romans dont la France a été et est encore inon»** , ils ont presque tous été, excepté Zalde^ des productions d'esprits laibles, qui écrivent avec lacilité des choses indignes d'êtr» lues par des esprits solides : iU sont n.*me pour U plupart dénués d'imagination; et il y en a plus daus quatre pages de VAriostey que daus tous Qes insipides écriti qui gâtent le goût des jeunes gens. !£oric en 1683.
VILLIERS IPierrc de), né à Cognac en 1648, jésuite. Il cultiva les lettres, comme tous ceux qui sont sortis de cet ordre. Set sermons, ei son poëme sur VArt de pricheft eurent de son temps quelque répi^ation. Ses stances sur la solitude sont fort au-de»susdc celles de Saiut-Amand, qu'on avait tant vantées, mais ne sont pas encore tout à fait dignes d'un siècle si au-dessus de celui de Saint-Amand.
Mort en 1728.
VOITURE (Vincent), né à Amiens en 1 588. C'est le premier qui fut en France ce qu'on appelle un bel esprit. Il n'eut guère que oc mérite dans ses écrits, sur lesquels on ne peut se former le goût ; mais ce mérite était alors très-rare. On a de lui de très-jolis vers, mais en petit nombre. Ceux qu'il fit pour la reine Anne d'Autriche, cl qu'on n'imprima pas dans son recueil, sont un monument de celle Uberté galante qui régnait à la cour de ct'tte reii.e, dont les frondeurs las*èrc«i U douceur et la bonté.
i« peii»al< si la caidiual, J/cteodi relui de la Valette, Foulait voir l'éclat !>aas é;,'a!
Vit,» lequel mainionaat vou." d'.a^; J'entends relui do la beauté, Car aupr^> je n'etilme puère ^-eltiolt dit jars vous dépMre) Tout l'éeiatde la maje>ié.
I|gt aussi dervtrs ilaaeas et cspaguols avec succès. Mort en !648.
Ce n'est pas la l'eine de poiissfr plus loin ce catalogue. On y voit ua peti«
1, A'.o-* na *t*«i dau»rasairpderetranc!ier diot lot vrn ics loUrea finale» qui Icconitnoôalenl s \ 60US iie, pour vuuJ ite: ÙMt alnii qu«n oseût l«i ll*ii«Ji «t le» Aa^lai». La pù*»l» rris:«'.M \ I M( iropieaSe, «t irii wtittat tn»? jtw-ai^ue ^*
ARTISTES CÉLÈBRES DU SIÈCLE DE LOUIS XiV. 297
■ombre de grands génies, un assez grand d'imitateurs, et on pourrait donner une liste beaucoup plus longue des savants. Il sera difficile désormais qu'il s'élève des génies nouveaux, à moins que d'autres mœurs, une autre sorte de gouvernement, ne domient un tour nouveau aux esprits. Il sera impossible qu'il se forme ies s*< vanis universels, parce que chaque science est devenue immense. Il faudra néueesoiremeut que chacun se réduise à cultiver une petite partie du vaste rbaup quf la cucle de Louis XIV a cultivé.