DES FINANCES
HENRI-AUOUSTE DB LOMÉNIE, comte DE BRIENNE, eut le départemenf des affaires étrangères pendant la minorité do Louis XIV. Sa 6ert6 ne lai fit point de tort, parce qu elle était fondée sur des scniinienU d'honneur. Nous avons de lui des mémoires instructifs. Mort en 1666.
FRANÇOIS SUBLET DES NOYERS, retiré en 1643. Mort en 1645.
CLAUDE LE BOUTILLIER DE CHAVIGNY eut le département de U
i;Qerre. Mort en 16 fit. ^
LOUIS PHCLIPPEAUX, marquis DE LA VRILLIERE, eut le département des affaires du royaume. Mort en 1681.
LOUIS PHELIPPEAUX, son fils, fut reçu en survivance; mais la charg» fut donnée à un autre de ses enfants, Balthaiar Phelippeaux, qui eut pour succet- «eur un autre Louis Phelippeaux, son fils. Balthatar Pbelippeaux, reçu eu survivance en 1669, entré en exercice en 1676, mort en 1700. Tous trois estimés pour leurs vertus, et aimés pour leur douceur. Celte charge de secrétaire d'rtat est restée sans interruption dans la famille des Phelippeaux pendant 165 ans, depuis Paul Phelippeaux, fait secrétaire d'État en 1610, jusqu'à Louis Phelippeaux, duc de U
Vrillière, relire en 1775.
HENRI-LOUIS DE LOMÉNIE. comte DE BRIENNE, fils de Herr»- Aufuste, eut la vivacité de son père, mais n'en eut pas les autres qualités. Étunt conseiller d'État dès l'âge de seize ans, et destiné aux affaires étranjréres, envoyé en Allemagne pour s'instruire, il alla jusqu'en Finlande, et écrivit ses voyages e« latin. Il exerça la charge de secréUire d'État des affaires étrangères à vingt-trois ans ; mais, ayant perdu sa femme, Henriette de Chaviguy, il en fut si affligé que ion esprit s'aliéna ; on fut obligé de l'éloigner de la société. Le reste de sa vie f»î Irès-maiheureux. On a diichiré sa mémoire dans ies derniers dictionnaires bistoliques; on devait montrer de la compassion pour son éUt, et de la consirfératioa pour »on nom.
HUGUES, mardis DB LTONNB, d'une ancienne maison de Dauphiné, eoî les affaires étrangères jusqu'en 1670. On a de lui des miimoires. C'était on homnw aussi laborieux qu'aimable. Son fils avait obtenu la survivance de sa chir^ej «nA« kU mort du père, elle lut donnée à M. de Pomponne. Mort en 1671 .
j£AN-BAPT18TE COLBBRT s'avança uniquement par «on mérita. Il par-
BT CONTROLEURS OÉIsÉRADX D£8 FINANCES.
▼iat à ètrt intendant du cardinal Mazarin. S'étant instruit à fond de toutes lot partiel du gouvernement, et particulièrement des finances, il devint un hommf nécessaire dans le délabrement où le cardinal Mazaiin, le surintendant Fouquet^ et encore plus le malheur des temps, avaient mis les finances. Louis XIV le fit trorailler secrètement avec lui pour s'instruire. Il ptidit Fouquet, de concert ave? Le Tellier, alors secrétaire d'État ; mais il se fit pardonner cet acharnement pu l'ordre invariable qu'il mit dans les finances, et par des services dont on ne doit point perdre la mémoire. Contrôleur général en ( 664. On peut le regarder comme le fondateur du commerce «t le protecteur dp tv>us les arts; il n'a point négligé l'agriculture, comme on le dit dans tant de livres nouveaux. Sou génie et ses soin* ■e pouvaient négliger cette partie essentielle. Ou ne peut lui reprocher peut-être que d'avoir cédé au préjugé qui ne \oulait pas que le ccmincrce des grains avec l'élrangor restât libre. Mort en 1683.
JEAN-BAPTISTE COLBERT, marquis DE SEIGNELAY, fils du précédent, d'un esprit plus vaste encore que son père, beaucoup plus brillant et plus cultivé ; secrétaire d'État de la marine, qu'il rendit la plus belle de l'Europe. Mort en 1699.
CHARLES COLBERT DE CROISSY, frère du grand Colbert, secrétaire d'État des affaires étrangères en 16 70, après plusieurs ambassades glorieuses. U eut la place de secrétaire d'État d'Arnauld de Pou. penne : mais on le place m pour ne point interrompre la liste des Colbert. Mort en lf>96.
JEAN-BAPTISTE COLBERT, marquis DE TORCY, fils du précédent, secrétaire d'État des affaires étrangères ^ In mort de son père. Il joignit la dexté* rite à la probité, ne donna jamais de prott-esHe qu'il ne tînt, fut aimé et respecté des étrangers. Mort en 1746.
SIMON ARNAULD DE POMPONNE, serr^itaire d'ÉUt des affaires étraugères en 1671, homme savant et de beaucoup d'esprit, ainsi que presque tous les Aruauld; chéri dans la société, et préfi^rart quelquefois les agréments de cette société aux affaires; renvoyé eu 1679^ et remplacé par le marquis de Croissy. U ne fut point secrétaire d'État toute sa vie, comme le disent les nouveaux dictionnaires historiques; mais le roi lui conserva le titre de ministre d'Ltat, avec la pet> mission d'entrer au conseil, permission dont il n'usa pas. Mort en 1699.
MICHEL LE TELLIER, le chancelier, secrétaire d'État jusqu'en 1666.
FRANÇOIS-MICHEL LE TELLIER, marquis DE LOUVOIS, le plue grand ministre de la guerre qu'on eût vu jusqu'alors, secrétaire d'État en 1666. 11 fut plus estimé qu'aimé du rci, de la cour et du public ; il eut le bonheur, eomme Colbert, d'avoir des descendants qui ont fait honneur à sa maison, et même des maréchaux de France : il n'est pas vrai qu'il mourut subitement au sortir du conseil, comme on l'a dit dans tant de l'vres et de dictionnaires. Il prenait les eaux de Balaruc, et -voulait travailler en les prenant; cette ardeur indiscrète de travail causa sa mort en 1691.
LOUIS-FRANÇOIS LB TELLIER, marquis DE BARBEZIEUX, £!• du marquis de Louvois, sécrétante t.: ^»at de la guerre après la mort de scn père, jeune homme qui commença par préférer les plaisirs et le faste au travail. Mori à trente-troic ans, en 1701.
CLAUDE LE PELLETIER, président aux requêtes, prévM de* œarvLanda. komcue de bien, modeste, retiré, travailla an eode de droit canon. Cette étude ■• •ftraiiMit pM to ^éiifmtr penr MicceMeur du grand Colbert; cepeadaut il kfnt
228 ÉCRIVAINS DU SIECLE DE LOUIS XIV
en 1C83. On dit au roi qu'il n'était pa» propre pour cette place, parce qu'il l'étail pai assez dur : t C'ett pour cela que je le choisis, • répondit Louis XIV. Il quitU \t ministère et la cour au bout de six ans. Toute sa famille a été renommée, con.iiie lui, pour son intégrité. Mort en i71i.
LOUIS PHELIPPEAUX, comte DE PONTCHARTRAIN, le même qui fut chancelier, commença par être premier président du parlement de Bretagne; contrôleur général en 1690, après la retraite du contrôleur général Le Pelletier; •ecrétairs d'État après la mort du marquis de Seignclay, la même année 1690. C'est lui qui, par l'avii de l'abbé Bignon, soumit toutes les académies aux sacréttrcs d'État, excepté l'Académie française, qui ne pouvait dépendre que du roi. JEROME PIIEMPPEAUX, comte DE PONTCHARTRAIN, fils du précédent, secrétaire d'État du Tirant de son père le chancelier, exclu par le due d'Orléans, à la mort de Louis XI T.
MICHEL CHAMILLART, conseiller d'État, contrôleur général en 1690 secrétaire d'État de la guerre en 1 701 , homme modéré et doux, ne put porter ce( deux fardeaux dans des temps difficiles; obligé bientôt de les quitter; son fils, qd aTait U survivance du ministère de la guerre, se démit en 1700, en même temps que lui. Mort en 17S1.
DANIEL VOYSIN, see»étaire d'État de la guerre en 1709, exerça le mintetère, quoique chancelier en 1714, jusqu'à la mort de Louis XIV.
NICOLAS DESMARETS, contrôleur général en 1708, zélé, laborieux, intelligent, ne put réparer les maux de la gu-.rre. Démis après la mort de Louis XIV. En quittant sa place, il donna aa régent une apologie de son administration, qu'o» a imprimée depuis. Il y parle avec franchise des opérations injustes en elles-mêmes auxquelles il a été forcé par le malheur des temps, pour prévenir de nouveaux malheurs et de plus grandes injustices. Ce mémoire prouve qu'il avait des talents, une grande modestie et des intentions droites. On peut le regarder comme ua modèle de la manière simple, noble, respectueuse et ferme, qui convient à ua ministre obligé de rendre compte de son administration. U fut immolé à la htioe publique, et ses successeurs le tirent regretter. Mort eo 17tl.
Catalogua
De la plupart d«f (crUifAB fraoçalj qai ont para dans le M^r.lc it Lmi!i ZlV. pour Mfvir à l'Litttirt lltuulr* i« c« tampa.
AHADIE ou LABADIE (Jean), né en Cuienne en 1610, jésuite, puisjans<> niste, puis protestant, voulut faire enfin une secte, et s'unir avec Bourignon, qui lui répondit que chacun avait son Saint-Esprit, et que le sien était fort supérieur à celui d'Abadie. On a de lui trente et uu volumes de fanatisme. On n'en parle ici que pour montrer l'aTt^uglement de l'esprit humain. U ne laissa pas d'avoir dei disciples. Mort à Altona en 1674.
ABBADIE (Jacques), né en Béarn en 1651, célèbre par son traité de la Reli» gion chrétienne^ mais qui fît tr^t ensuite à cet ouvrage par celui de VOweerlun dit ««pi sceaux. Mort en Irlande en 17i7.
ABLANCOURT (r^icolas Perrotd'), d'une ancienne famille du parleneal ék Paris, né à Vitry eu 1606 ; traducteur élégant, et doot oa appela chaque tndë^ tien to bille infidèle. Mort pauvr« «a 4664
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV
ACIIERT (Lue d'), bénédictin, grand et judicieux compilateur, né en 160t. Mort en 1685.
ALEXANDRE (Noël), né à Rouen en 1639, dominicain. Il a fait beaucoup d'ouvrages de théologie, et disputé beaucoup sur les usages de la Chine contre le« Jésuites qui en revenaient. Mort en 1724.
AMELOT DE LA HOUSSAIE (Nicolas), né à Orléans en 1634. Ses traductions avec des notes politiques, et ses histoin..8, sont fort recherchées ; set mémoires, par ordre alphabétique, sont très-fautifs. Il est le premier qui ait fait connaître le gouvernement de Venise. Son histoire déplut au sénat, qui était encore dans l'ancien préjugé qu'il y a des mystères politiques qu'il ne faut pas révéler. On a appris depuis qu'il n'y a plus de mystère, et que la politique consiste à être riche et i entretenir de bonnes armées. Amelot traduisit et commenta le Prince de Machiavel, livre longtemps cher aux petits seigneurs qui se disputaient de petiîd États mal gouvernés, devenu inutile dans un temps où tant de grandes puissances, toujours armées, étoufi'ent l'ambition des faibles. Amelot se croyait le plus grand politique de l'Europe; cependant il ne sut jamais se tirer de la médiocrité, et il mourut dans la misère : c'est qu'il était politique par son esprit et noa par sos earactère. Mort en 1706.
AMELOTTE (Denis), v.é en Saintonge en 16)6, de l'Oratoire. Il est principalement connu par une assez bonne version du Nouveau Testament. Mort en 1678.
AMONTONS (Guillaume), né à Parii en MIS, excellent mécanicien. Mort en 1699.
ANCILLON (David), né a Metz en 1617, calviniste, et son fils Charles, mort à Berlin en 1715, ont eu quelque réputation dans la littérature.
ANSKLME, moine augustiu, le premier qui ait fait une histoire généalogiqae des (traiids officiers de la couronne, continuée et augmentée par Du Fourni, auditeur des comptes. On a une notion très-vague de ce qui constitue les grandi of%« ciers. On s'ima;;ine que ce sont ceux i q:ii leur charge donne le titre de grand; ecn:me grand écuyer^ grand échanson. Mais le connétable, les maréchaux, le chancelier, sont {;:rands officiers, et n'ont point ce titre de grande et d'autres qai l'ont ne sont point réputés graiius officiers. Les capitaines des gard ./S, les première gentilshommes de la chambre, sont devenus réellement de grands officiers, et ne sout pas comptés par le P. Anselme. Rien n'est décidé sur cette matière, et il y a autant de confusion et d'incertitude sur tous les droits et sur tous les titres âa France, qu'il y a d'ordre dans l'administration. Mort en 1694.
ARNAULD (Antoiue), vingtième fils de celui qui plaida contre les jésuites, docteur de Sorbonne, oé en 1612. Rien n'est plus connu que son éloquence, soa érudition et ses disputes, qui le rendirent si célèbre et en même temps si malheureux, selon les idées ordinaires qui mettent le malheur dans l'exil et dans la paun>eté, sans considérer la gloire, les amis et une vieillesse saine, qui furent le partage de cet homme fameux. Il est dit, dans le supplément au Jforen, qu'Ar- 'nauld, en 1689, pour avoir les bonnes grâces de la cour, fit un libelle contre le oi Guillaume, intitulé Le vrai portrait de Guillaume-Henri de Nassau, nouvel àbsalony nouvel Hérode, nouveau Cromwell, nouveau Néron. Ce style, qui reesemble à celui du P. Garasse, n'est guère celui d'Arnauld. U ne songea jamais à latter U atàààic. LmïaXïY eAi £art Uâl refiu un livre ai crossièrement fartitaUi et
230 ÉCRIVAINS DO SIÈCLE DB LOUIh XIV.
c«ai qui attribuent cet ouvrage et cette inlention au fameux Arnauid ne MTeot pos
qu'on n* réussit point à la cour par des litr.s. Mort à BruxoUes ou tOft*.
L'auteur du Dictionnaire Mstorique, Ixttéraire, critique ni jaiiêeuiate di», 4 l'article ARNAULD, qu'aussil.St que wn li^re lur la fréquente communwn parut r^nfrr en (remit, et que h jésuite Nouet /il h première attaque. Il est difficile de savoir au ;u»te quelle est l'opinion de l'oufcr sur un litre nouTeau ; cl à l'égard de» hommes, ils ont entièremcut oublié le P. Nouet II est tres-trai qirt la plupart des écrits polémiques dA- u»uM i.e sont plus connus aujourd'hui. C'«t le sort de presque toutes les disputes. Le Dictwuniire htstortque, hlteratre, entique et jau^miste sen>portc un peu contre rotte mérité; il a raison : ma.» l'auteur devrait savoir que les injures procl.guOes au sujet de querelles th^ologiqucs lout aujourd'hO auwi ni.^pnsées que rcr. qu relies même», et c'eM beaucoup
dire
ARNAULD D'ANDILLY (Robeity, frère aîné du précédeut, né en 1588.
l'un de. plus {î.ands écrivain, du Port-R-ral. Il préscufa à Louis XIV, k lâjçe de quatre- inpt-cinq ans, sa tia.luction de Jos^yMe, qui de tous ses ouvrages est le plus recherché, il fut père de Simon ArnauU, marquis de Pomponne, romistr* d'État; et ce ministre ne put omprrher ni les disputes ni les disgrâces de suu oucle ie docteur de Sorbonne. Mort en 1674. ^
\UBIGNAC (François d'), né en I«v4. U n'eut jamais de n.aitre que luimême. Attaché au cardinal de Richelieu, il n^M IVnnemi de Corneille. Sa PrOrtique du théâtre est peu lue; il prouva par ..a iragédie d^ Zéuobte que les conaaisjP'ices ne donnent pas les t dents, ^ic- eu it)7«.
AUBERI (Antoine^ né en 1616. On a de iu< les tics des cardinaux »ie Richelieu et Maiarin. ' ouvrages m^iocres, mais dans lesquels on peut s in- Uruire. Mort eu t6'»5. C'est lui qui le premier fit counaîtrc la fourberie da l'auteur du Testamimt politique du cardinal de Hicheheu.
La comtesse D AULNOY. Son Voycvjc et ses àUmoirei, d'Espagne, et des romans écrits avec légèreté, lui Brent queUiue réputation. Morte en 1705
AVRIGNT 'd') jésuite, auteur d'une nouvelle manière décrire l histoire. On a d^ lui des Animlès chronoloi;i-juc$ dejmis 1601 jusquVt 1715. Ou ^ voit ce qui s'est passé de plus important dans IFurope, eiac.en.nt discuté, et en peu de mou; les date, sont exactes. Jamais on n'a n.ieux su discerner le vrai, le fan. et le douteux. Il a fait aussi dos ùlémoires ecclésiastique'»; n.ais ils sont malheur^nsement infectés de l'esprit de parti. Marcel et lui ont été tous d.ui effacés par l'Histoire chronologique de France du président Héuault. l'ouvrage a la fois le plus court, le plus plein que nous ayons en ce renre, et le plus commode peur iee
lecteurs. * • . . .,iu-^ u«>>
BAILLET ^Adrien), né près de Beauvais en 164y, critique célèbre. Mori
'"bAlÛzK ÎÉtienne), du Limousin, né en 1630. C'est lui qm a form4 le ieca«>J des manuscrits d. la Bibliothèque de Colbert. Il a travaillé jusqu'à l'àpe de quûtre-vingt-huit ans. On lui doit sept volumes dnnciens n.on.u.Muts. Exilé pour av«u scu.Pnu les prétentions du cardiual d. Bou.ilun, qui se codait iudepcndKut d. roi et qui fondait sou droit sur ce qu'il était né d'une maison souveraine tt dauf U irincipaulé de Sedan, avant que l'échange do cette t^uverain-té avec le rot eu
Mé consommé. Mort eu l7 |H. «• „ i.
BALZAC (JttnLouUL u«en 15«4. Homme éloquent «t le premier qm tond.
ECRIVAINS DU SIECLE DB LOUIS IIV
ZM
•B prix d'éloquence. Il eut le hreret d'historiographe de France et de conseiller d'Étal, qu'il appelait de magnifiques bagatelles. La langue française lui aune trèi», grande obligation. U donna le premier du nombre et de l'barmonic à la prose. H eut de son vivant tant de réputation, qu'un nommé Goulu, général des feuillant», écrivit contre lui deux volumes d'injures. Mort en 1654.
BARATIER, le plus singulier peut-être de tous les enfants célèbrea. H doit être compté parmi les Français, quoique né en Allemajrne. Son père était un prédicant réfugié. Il sut le grec à six ans, et l'hébreu à neuf. C'est i loi que uoui devons la traduction des voyages du juif Benjamin de Tudèle, avec des disseiletions curieures. Le jeune Baratier était déjà savant en histoire, en philosophie. «■ mathématiques, i! étonna tous ceux qui le connurent pendant sa vie, et en fat regretté à sa mort; il n'avait que dix-neuf ans lorsqu'il fut ravi «u monde; il esi Trai que son père travailla beaucoup aux ouvrages de cet enfant.
BARBEYRAC (Jean), né à Béziers en 1674, calviniste, professeur en droit et en histoire à Lausanne, traducteur et commentateur de Pufeudorff et de Grotius. Uiemble que ces Traités du droit des getis, de la guerre d de la paix, q<ti n'ont jamais servi ni à -ic^m traité de paix, ni à aucune déclaration de guerre, ni à asotrer le droit d'aucun homme, soient une consolation pour les peuples, des manx qu'ont faits la politique et ta force. Us dountat l'idée de la ju>tice, comme on a les portraits des personnes célèbres qu'on ne peut voir. Sa préface de Pufendorff mérite d'être lue : il y prouve que la morale des Père» est fort inférieure à celle des philosopl'.cs modernes, l'huit en 17t9.
BARBIER D'AUCOURT (Jean), connu chez les jésuites sousj le nom de VAvocat Sacrus, et dans le raonue par sa tynttque des Entretiens du P. Bouhùurs, et par l'excellent plaidoyer pour un homme innocent appliqué à îa question et mort dans ce supplice; il fut longtemps protégé par Colbert, qui le lit coitti-61eur les bâtiments du roi ; mais, ayant perdu *on protecteur, il mourut dans la misère
en lAt>4.
BARBIER (mademoiselle) a lait quelques tragiidies.
BARON (Michel). On ne croit pas que les pièces qu'il donna sous son nom •oient de lui. Son mente le plus reconnu était dan» la perfection de l'art du corné» iien, perfection très-rare, et qui n'apparti.-nt qu'à lui. Cet art demande tous les dons de la nature, une grande intelliticucc, un travail assidu, une mémoire inperturbable, et surtout cet art si rare de se transformer en la personne qu'on représente. Voilà pourtant ce qu'on s'obstine à mépriser. Les prédicateurs venaient souvent à la comédie dans une loge grillée étudier Baron, et de là ils allaient déclamer contre la comédie. C'est la coutiune que les confesseurs exigent des comédiens mourants qu'ils renoncent à leurs prolessions. Baron avait quitté le théâtre en «691 par dégoiit. Il y avait remonté en 1720, à l'âge de soixai.to-hutt :iis, et il y fut encore admiré jusqu'en l'année 1729. U était alors âgé de pies de soixante et dix-huit ans; il se relira encore, et mourut la même année, en protestant qu'il n'avait janais eu le moindre scrupule d'avoir déclamé devant le public les chcls-d'œuvre de génie et de morale des grands auteurs de la nation, fî que rien n'est plus impertinent que datlachei de la honte à réciter ce qu'il ei.i glorieux de composer.
BARREAUX (Jacques de la Vallée, seigneur DES-), est connu des gens da lettres et de goût par plusieurs petites pièces de vers agréables, dans le goût de Sarasin «t de Chapelle. Il était conseilier au parlement. On sait qu'ennuyé 4'«3i
proeè.doBt 11 était rapporteur, il paya de ton argent ce que le dcuiandear eil. feait, jeta le procè» au feu, et se démit de la charge. Se» petites pièce» de poé»ii >ont encore entre le» main» de» curieux ; elle» »ont toute» a«»ei hardie». La tob publique lui attribua un sonnet aussi médiocre que fameuï, qui finit par ces fer» :
Tonne, frupr*. H t^ ten^P' : rends-moi çoerr» pour |nerr«. J'adore en peri-^i-ani ia raison qni t'aigrit: Mais dessus quel eudroit looil era ton tonnerre. Qui ne soit tout couvert du sans de Jésus-Chrlit.
R «ti trèi-faux que ce «onnet soit de Des-Barreaux ; il était trè»-fâché qa'oa ta l«i imputât. 11 es! de l'abhé de Lavau, qui était alor» jeune et inconsidéré; j'en ai y\i la preute Uaui une lettre de Lavau à l'abbé Servien. De»- Barreaux eat Mort en 1«7S.
BASNAGE (Jacque»), né k Rouen tn t«53. Calviniste, pasteur ila Haye, plut propre i être ministre d'État que d'une paroisse. De tous ses livres, son Hiitoirt des Juif$, celle des Provinces- Uniis et de l'Église, sont les plus estimé». Let livres »ur les affaire» du temps meurent avec les alTaires; le» ouvrage» d'une utilité générale »ub»istent. Mort en I7Î3.
BASNAGE DE BEAU VAL (Henri), de Rouen, avocat en Hollande, mai» encore plu» philo»ophe, qui a écrit De la tolérance des religions. Il était laborieux ; et nou» avou» de lui le Dictionnaire de Furetièrs augmeuté. Mort en 1 710.
BASSOM PIERRE (Fru^çoi». maréchal de). Quoique »e» Mémoire» appartienneut au aiècle précédent, on peut k compter «lans cette li*te, étant nier* ta 1646.
BAUDRAND (Michel), né à Paris eu 1633, géographe, moins e»timé q»e EûQSon. Mort en 1700.
BAYLE (Pierre), né au Cariât, dan» le comté de Foix, en 1647; retiré en ■ollande plutôt cumme pljilusoi>he que comme calviniste; persécuté pendant »« ▼ic par Jurieu, et après »a mort par les ennemis de la philosophie. Ce savant, que Louift Racine appelle nn homme affreux, dov^ait aux pauvre» »on »uperflu; et quand Jurieu lui eut fait retrancher »a pencton, il réfuta une augmentation dA l'honoraire que lui donnait Rcinier» Leers, »on imprimeur. S'il avait prévu combien son dictionnaire serait recherché, il l'aurait rendu encore plu» utile, en em retrauchant les noms obscurs, et en y ajoutant plu» de nom» illu»tres. C'est par •on excellente manière de raisonner qu'il est surtout recommirdable, non par sa manière d'écrire, trop souvent diffuse, lâche, incorrecte, et d une familiarité qui tombe quelquefois dans la bassesse. Dialecticien admirable, plus que profond philosophe, il ne savait presque rien en physique. Il ignorait les découvertes du grand Kewton. Presque tout »cs articles philosophiques supposent ou combattent un cartésianisme qui ne subsiste plus. Il ue connaissait d'autre définition de la matière que l'étendue. Ses autre» propriétés reconuues ou soupçonnées ont fait naitr*; enfin la vraie philosophie. On a eu des démonstrations nouvelles et des doute» nouveaux : de sorte qu'en plus d'un endroit le sceptique Bayle n'est pas encort «ssex sceptique. Il a vécu et il est mort en sage. Des Maizeaux a écrit sa vie en un gros Tolume ; elle ne devait pas contenir six page» : la vie d'un écrivain sédantait^ H^ dans ses ecnts. Mort en 1706.
Il ne faut jamais oublier la persécution que le fanatique Juneu suscita, dans un f^» libre, à ce philosophe . U arma contre lui le consiitoire calviniste sous pUk-
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV. 233
rieirs prétexte», et surtout à l'occasion du fameux article de David. Bayle avail fortsD.ent relevé le» excès, les trahisons et les barbaries que ce prince juif avait commis dans le» temps où la grâce de Dieu l'abandonnait. U n'eût pas été indécent à M consistoire d'engager Bayle à célébrer ce prince juif qui fit une »i belle pénitmce, et qui obtint de Dieu que soixante et dix mille de se» sujet» mourussent dt U pe»le poui expier le crime de leur roi, qui avait osé faire le dénombrement dm euple. Mai» ce qui doit être »oigneusement obserVé, c'est que ces pasteurs, dan» l«ar censure, le reprennent d'avoir quelquefois donné de» éloges à des papes gens <n bien, et lui enjoignent de ne jamais justifier aucun pape, parce que, di»ent-ib expressément, ils ne sont pas de leur Église. Ce trait est un de ceux qui caractéri»ent le mieux l'esprit de parti. Au reste, on a touIu continuer son dictionnaire; B.ai» on n'a pu l'imiter. Le» continuateurs ont cru qu'il ne s'agissait que d« compiler. Il fallait avoir le t«»**« *^ ** «li«^«t»"iu« de Bayle pour oser travailler daM le même genre.
BEAUMONT DE PÉRÉFIXE (Hardouin), précepteur de Loui» XIV, archevêque de Paris. Son Histoire de Henri IV, qui n'est qu'un abrégé, fait aimer ee p-and prince, et est propre à former un bon roi. Il la composa pour son élète. On Cl ut que Mézeray y avait eu part : en effet, U »'t trouve beaucoup de »e» manière» de parler ; mais Méieray n'avait pas ce style touchant, et digne en plusieur» endroit» du prince dont Péréfixe écrivait la vie, et de celui à qui U l'adre»sait. Le» excellenU eon»eil8 qui s'y trouvent pour gouverner par soi-même ne furent inséré» que dan» la seconde édition, après la mort du cardinal .Maiarin. On apprend d'aUleurs à connaître Henri IV beaucoup plus dans cette histoii% que dans celle de Daniel, écrite un peu sèchement, et oa il est trop parlé du P. coton, et trop peu des grandes qualité» de Henri IV et de» particularité» de la vie de ce bon roi. Péréfixe émeut tout cœur né sensible, et fait adorer la mémoire de ce prince, dont les faiblesses n'étaient que celles d'un homme aimable, et dont les Tertus étaient celle» d'un grand homme. Mort en 1670.
BEAUSOBRE (Isaac de), né à Niort en 1659, d'une maison distinguée dan» h profession de» arme», l'un de ceux qui ont fait honneur à leur patrie, qu'U» ont été forcé» «.'abandonner. Son Histoire du fixanichéisme e»t un des livres les plue profond», >e» plu» curieux et les mieux faiU. On y développe cette religion phUo- •ophique de Manès, qui était la suite des dogmes de l'ancien Zoroastre et de rancien Hermès, religion qui séduisit longtemps saint Augustin. Cette histoire est enrichie de connaissance» de l'antiquité; mais enfin ce n'est (comme tant d'autree liTres moins bons) qu'un recueil de» erreur» humaine». Mort à Berlin en 1738.
BENSERADE (l»aac de), né en Normandie en 161Î. Sa petite maison d« fienlUly, où U »e retira »ur la fin de »a Tie, était remplie d'inscriptions en Ter», <|ui valaient bien ses antres ouvrages : c'est dommage qu'on ne les ait pa» recueiU
lies. M'ften 16»l.
BERGIER (Nicolas) a eu le titre d'historiographe de France; mais il est pins eonnu par w curieuse Histoire des graïuis chemim de fempire romain, surpa»- •és aujourd'hui par le» nôtre» en beauté, mai» nou pa» en »oUdité. Son fil» mit U 4emière main à cet ouvrage ulUc, et le lit imprimer sou» Louis XIV «. Mort
en I6Î3.
BERNARD (mademoiselle), awteor de quelque» pièces de théâtre, ecojotnte-
t. 8»«> Lott!< Xtll, «a tli&
BCRIVAINE DU «rfQLE DR LOUIS XIV.
K?nt avec !• célchre Bomard ie Pottenelle, qui • fait presqsic tout le Bru^ui. U «ft bon dobser^er que la Faàlê allégorique de l'Imagination et du Bonheur, qu'on a impriin<»e »ou« «..n nom, est de l'évêque de Nîmes, U Pansièrc, Kucce*. «eur de Fl^chier.
BERNARD (Jacquet), da CaupWné, né eu ittSS, «STant littérateur. Ses jonruaul ont été estimé». Mort en Hollande en 1718.
BERN'IER (Prançtjjs), surnommé lo Mogol, né h Anv-c» »er« l'an I8ÎS. Il fut fcuiJ ans médecin de l'empereur des ludes. Ses Voyages sont curieux. Il Toulut, »Tec ftawendi, renoutelcr en partie |... système des atomes d'Épicure; en quo! eertes il atait très-grande raison, les espr-ces ne potirant ê»re toujours reproduite» îeR m^mes, si le» premiers priucipos ne sont inrariM.les î mais alors les romans d>» Descarte» prévalaient. Mort en vrai philosopiif ,^n i 688.
BŒUF (l'ibbé LE), né en 1687, l'un des plus sa.ants hommes dans lo, iéiulÈ de l'histune de l'c^ce. Il aurait été employé par un Colbert, mais il Tint ir'>p tard. lUort en 1760.
BIGx\ON (JerAme). n6 en ÎS90. il a laiwé un plus grand nom que de grai.ds caTrages. U n'était pas encore du bon temps de la littérature. Le parlement, dont il fut avocat général, cht^nt atec raison sa mu^nioire. Mort eu 1656.
BILLAUT (AÙMii;, ctmnu sous le nom de MAITRK ADAM, menuisier i Nc^ers. U ne faut pas oublier cet bomrne sinj^ulicr, qui, sans aucune Uttérttur* détint pof te dau» w boutique. On ne peut s'empêcbcr de cit«r de lui ce rondeau^ tai "»ayl ai-u» que beaucoup de rondeaux de Bcnserade :
Ponr te puérlrdo cette scittiquo Qui te retirât, commo t;n parai; tiqus, D«daBi ton lit mds aucun mouNenioiit, mcd» mol (Joui brocs à\n fin jus de saiotat Pais 11» H>minîat on !« met en pratique. '
PfK>it-tia deax doJfrt», «t Vian «banJ» las anpi'ina vïMU» î'eitorn» cù la doBi«ur te pigue : It tB twlras le \ e«te proniy:^aeat, Pour te i;j*r.r.
S-r«Bî avis r.9 t)U point béréttqae; C«r jp t« fal^ on serment arihentirne 4|Vf.sl tn crains ce dou« mjciicaiiii ul. Trta raédeclD, vour ton souliçemon:, ^er» lewal fe, ce qnll eommanique»
P»8f «r guérir.
BOCHART (S.m«l), "« Hou» „ „„, «WinUte, u„ d«, ,1,. »a,»„t.
to« î« „,.r,.^ U fui un i. ..„z qui «llérone ,a *.M, b.lulr. ,. «laC U «me ChnstiE». Stort ra l««7. wmirer u
BOILEAU DESPRÊADX (îficola.^. de l'Académie, ::é au village de Crosne juprà. A. ranv en 1635. !, e.s.ya du t.rc.,.,, et eosuite de la .So.l.L dZ ^ de ces deus ct...a..s, .1 ne se lirra qu'A ^u ..aient , e» devant l'honneur de U Franc. On . tant cum.nent. hcs ouvrages, on h cbat gé ce. c,..rr.,oe, taTes de L^ ^* mmutte., que tout ce qu'on pourrait dire ic» serait superflu
Où lera seulement uue remarq.e qui paraît c«^nU.ll« : c'*est qu'il faut dist». -r soigneusement dans ses ver. ce ,ui ts» de.eiui pro.ecbe, d'..^ ee qui ItZ
gCRlVAlNS DU SIECLE DE LOUIS XIV.
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éf dexenii «axime. Les maiîmes sont nobles, sages et utiles; elles sont faites potwr les bommes d'esprit et de goût, pour la bonne compagoie. Les proverbe* ne *vu* )ue pour le Tulgaire ; et l'on sait que le Tulgaire est de tous le» états.
Ponr paraître bonnets homme, an un mot il faut l'êtr». On me ^«'rr* dormir a» branle de «a roue. CLaque â^jo a ses plaiMrs, son r?prit et ?es mœurs. L'»-pnl nest point ému (îtf fe qui! re croit j a». Le vrai peut quelquefois n'être ja-! traisemLlaLls.
▼•UàM qu'on doit appeler dM waumeï dgues dcshonQ.'tet gens. Mais y^/ tels que ceux-ci :
J'appelle on rhat un chat, et îlolM un fripon. S'en Ta chereh^r » «n ;.iic do cui'Ine po cuislc». Qusndjo voux dlr« bia< , la quinteu^e l'Mnoir, AiiJiet-Tous la muscade? on en a mis partout. La ralfon dit Virpjle, et la rime Quinault;
ce sort là plutAt des pn.verbes du peuple que des vers dignes d'être ret<7>Mi pzt les conuaissours. Mort «m ♦ 7 i i .
BOILEAU (Gilles), né il Paris en l«3t , frère aîné du fameux Boileau. l". J îait quelques traductions qui ^^s'/nt mieux que s-s vers. Mort eu 1669.
BOILEAU (Jacquet). »<'»'e aîné de li.spiéa.ix, docteur de Sorbonne ; osprit bizâire, qui a fait dp' '.vres biiarres écrits dans un latin extraordinaire, comme l'Hifloire des flafjdlants, les Attouchements impudiques, les Habits des prêtres, etc. On lu; Icmaudatt pourquoi il écrivait toujours en laUn : « C'est, dit-il, de peur que les évéques ne me lisent ; Us me persécu feraient. . Mort en 171 6.
BOINDIN (Nicolas), trésorier de Frauec et procureur du roi de sa compagnie, de l'Académie des belles-lettres, connu par d'excellentes recherches sur les théâtres ai)eifns et sur les tribus romaines, par la joli'- comédie du Port de «ter. C'était un critique dur; le IMctionyiaire historiiue fi y.uiséni^te le traite d'athée. U n'a jamais rien écrit sur la religion. Pourquoi iusulter ainsi h la mémoire d'ua magistrat que les auteurs do ce dictionnaire n'ont point connu? Quelle insolence punissable! Comme il éfa!t mort Mvi sacrements, les prêtres de sa paroisse vou- Uient lui refuser la sépulture, espèce de juridiction qu'il prétei.dcnt avoir droit d'exercer; mais le gouveruen.ent .-t les magis'ni»», qui reilleu» a: maintien dei tois, de la déceuee et des m.T -is. répriment ave- som ces actes de s.iperslilion et de barbarie, r.epcndam on craignit que ces prAtres n'ameutassent le prtit peuple eontre le convoi de Bowidin ainsi qu'ils l'avaient ameuté contre celui de MoUerc. Boindin fut enterré sans cérémonie. Mort en 17S3.
BOISROBEllï (François LE METEL), pl.i5 c'îlèbre par sa faveur auprès du
jardinai de Richelieu et par sa fort, .r.^ que par son mente. lî composa dix-huit
pièces de théAtre, qui ne r«u«»uent guère qu'aup- •> df- son patron. Mort en ir,65.
BOIVIN (Jean), né eu Normandie en Î66?., :rirt de Lo ai Boivio, et uUîa
-omme lui pour Imtelligence des besi.îés de* auteurs grec. Mort en !7iG.
B08 (l'abbé DU). Son ffwtotre de la îtgu^ de Cnmhrai est profuode, poh. tique intéret.ante ; elle '\v -onnaître les usnge. et les ..îonrs du temps, et est ua •odèle -n ce trenrt... To..? les artisle. l.seut aver fmit «cr.. Uéf^eTions sur la fo*- 'ie la veinturf. et l.: mu^^ique. C'est le livre le plus ut.:> qu'on ait jamais écrd ,w" ces matières eues aucuue des uatmn» de l'Eurooe. Ce qui fait la bout* de cet «ivrage, c'est qu'il n'y a qie peu dV.rreur», et beaucoup de rétteiions vraies, noa- «eUet et profondes. Ce «'eat pas un lÎTre méthodique ; »ais l'auteur pense, et fatt
ÉCRIVAINS OU SifiCLB DE LOUIS XIV.
11 ne MTait pourtant pat la musique; il n'arait jamais pu Caire de vert, et a attjt Dat un tableau ; mais il avait beaucoup lu, tu, entendu et réfléchi. 11 prj« blia, pendant la guerre df la «uecession , un ouvrage intitulé : Le» intérêts tU VAngleterrt mal entendue dam la guerre présente. Il y prédit la téparatioa éet eoluniet anglaiaes, comme la tuile nécessaire de la dettruction de la puissance française dans l'Amérique septentrionale, du besoin qu'aurait l'Angleterre d'im- ^ser des taxes sur ses coloniet, et du refus qu'elles feraient de se soumettre à •es tates. Mort en 1742.
BOSSU (René LE), né à Paris en f 631, chanoine régulier de Sainte-Genetiève. Il voulut concilier Aristote avec Descartes; il ne savait pas qu'il fallait Ict abandonner l'un et l'autre. Sun Traité sur le pofme épique a beaucoup de repuhktion, mais il ne fera jamais de poëtet. Mort en 1680.
BOSSUET (Jacques-Bénigne), de Dijon, né en 16Î7, évéque de Condora, ei feisuite lie Meaux. On a de lui cinquante et un ouvrages; mais ce sont ses Orai» t>ru funèbree et son Discoure sur l'histoire universelle qui l'ont conduit k l'imnjortalité. On a imprimé plusieurs fois que cet évéque a vécu marié; et Saint. Hyacinthe, conn'i par la part qu'il eut à la plaisanterie de Matbanasiut, a passé pour son fils; mais c'est une fausseté reconnue. La famille des Secousses, considérée dans Paris, et qui a produit des personnes de mérite, assure qu'il y eut aa eontrat de mariage entre Bossuet, encore très-jeune, et mademoiselle Des-Yieux ; que cette demoiselle fit le sacrifice de sa passion et de son état i la fortune que l'éloquence de son amant devait lui procurer dans l'Église ; qu'elle consentit à ne jamais se prévaloir de ce eontrat, qui ne fut point suivi de la célébration ; que losftuet, cessant ainsi d'être son mari, entra dans let ordres; et qu'après la mort du prélat, ce fut cette même famille qui régla les reprises et les conventions matrimoniales. Jamais cette demoiselle n'abusa, dit cette même famille , du secret iangereux qu'elle i^ait antre les mains. Elle vécut toujours l'amie de l'évéque de Veaux, dans une union sévère et respectée. Il lui donna de quoi acheter la petite «erre de Mauléon, k cinq lieues de Paris. Elle prit alors le nom de Mauléon, et • ^étu près de cent années. On raconte qu'ayant dit au jésuite La Chaise, confesseur le Louis XIV : Or» tait que je ne suis pas jansénietet La Chaise répondit : On tait que vous n'êtes que mauléoniste. An reste, on a prétendu que ce grand kcinme avait des sentiments philosophiques différents de ta théologie, i peu près «omme un tavant magistrit qui, jugeant selon la lettre de la loi, s'élèTerait çiielquefois en seeiet au-dessus d'elle par la (orée de son génie. Mort en 1704.
BOUCHENU DE VALB0NNAI8 (Jean-Pierre), né à Grenoble en 1651. H voyagea dans sa jeunesse, et se trouta sur la flotte d'Angleterre i la bataille d» Solbaye. Il fut depuis premier président de la chambre des comptet du Dauphiaé. Sa wéraoire est chère à Grenoble pour le bien qu'il fit, et aux gens de lettres pont tes ^andet recherches. Ses Mémoire» sur l» Dauphiné furent composés dans U temps qu'il était aveugle, et sur les lectures qu'on lui faisait. Mort en 1730.
BOUDIER, auteur de quelques vtrt naturflt. Il fil en mvurtnt, à ^atf«t 7ingt-dis aot, ma é^.taphe t
J'étais polte. buterlts;
It aaiEUaiut ;• na n!^ rlta.
BOCHIER (Jets), pfétideat du parlement de Di ja, aé en 1671. Soo éraA> ii« l'a ra&i^a oéSibrc. U • traduit «a vert (raacais quelquet moreeaax d'aaci«M
gCMVAINS DU SIECLE DE LOUIS XIV.
pontet lalint. Il pensait qu'on ae doit pas les traduire autrement ; mais cas vers font voir combien c'ett une entreprise difÛcUe. Mort en 1746.
BOUHOURS (Dominique) , jésuite, né à Paris en 1618. La langue et le boa goât lui ont beaucoup dobLgations. Il a fait quelques bons ouvrages, dont on a fait de bonnes critiques : Ex privati» odiis respublica crescit.
La Vie de saint Ignace de Loyola, qu'il composa, n'a réussi ni chez les gens dt Bonde ni chei les savants, ni cher les philosophes. CeUe de Xavier a été plut mal reiue. Les Bemarque» sur la langue, et surtout sa Manière de bten penser «*r le, ouvrage» de»prit, seront toujours utUet aux jeunet gent qui voudront ta former le goût : il enseigne à éviter l'enflure, l'obscurité, le recherché et le faux : .'il jute trop sévèrement en quelques endroits le Tasse et d'autres auteurs itabens, U les condamne souvent avec raison. Son style est pur et agréable. Ce petit livre de la Manière de bien penser blessa les Italiens, et devint une querelle de nations; on sentait que let opioioas de Bouhours, appuyées de ce.les de BoOeau. pouv^ent tenir Ueu de lois. Le marquis Orsi et quelques autres composèrent deux Irèt-crot volumes pour justifier quelques vers du Tasse.
Remarquons que le père Bouhours ne serait guère en droit de reprocher det pensées fausses aux Italiens, l..i qui compare Ignace de Loyola à César et Franeois-Xavier à Alexandre, s'il n'était tombé rarement dans ces fautes. Mort en 170Î. BOUILLAUD (ismaël), de Loudun. né en 1605, savant dans 1 h.sto.re et dans les mathématiques. Comme tous le. astronomes de ce siècle, .1 se mêla d a». trologie, ainsi qu'on le voit dan. les lettres que lui écrivait De.noyers ambassadenr en Pologne, et depuis secrétaire d'État; c'était alors un moyen de faire la eour aux gens puissants. Confugteudum ad astroloaiam, astronomxm altricem, iisait Kepler. Mort en 1694. . , ^ , .
BOULAINVILLIERS (le comte de), de la maison de Crouy, le plus savant gentilhomme du royaume dans l'histoire, et le plus capable d'écnre celle de france s'il n'avait pas été trop systématique. Il appelle notre gouvernement féodal l» chef-d'ceutre de l'esprit humain. Le système féodal pourrait mériter le nom de chef-d'œuvre en Allemagne ; mais en France il ne fut qu'un chef-d'œuvre d'anarchie. Il regrette le. temps où le. peuples, esclaves de P*^»;;^'*;-;^^: /ant. et barbares, n'avaient ni industrie, ni commerce , m propriété ; et û croU «W centaine de seigneurs, oppresseurs de la terre et ennemis du roi, compoiient le plus parfait des gouvernements. Ma'gié ce sy.tème, U était un excelleni eitoyen, eomme, malgré son faible pour l'astrologie judiciaire, Il était philosophe, de «tte philosophie qui compte la vie pour peu de chose, et qui méprise la mot4. Set écrits qu'a faut lire avec précaution, sont profonds et utiles. On a imprimé, i U fin d- s« ouvrages, un gros mémoire pour rendre le roi de France plus riche que tous les autres monarques ensemble. Il est évident que cet ouvrage «•est pas du comte de Boulaïuvilliers; cependant tous ces petits écnvains poUtiques qui gouveruent l'État dans leur grenier citent cette rapsodie. Mort vers
l'an 1710. . J1.I j u
BOURDALOUK, né à Bourgei en 1631, jésuite, le premier modèle dei boaf
Br4dicateurs en Europe. Mort en 1704. , » . , ^
BOURSAULT (Edme), né en Bourgogne en 1618. Set Lsttre» à Bmbet, ettl-
«Aet de ton temps, sont devenues, comme toutes let lettre, dans ee goftt. l'ama. „ .uiQe..ieanes pro.uic.aax. On joue encore sa comédie d'Ê«op«. Morte. 1701.
""IÏoURsÎkR (Laurent), de U soaiét* de Sorbonne- né en 167», auteur du fa-
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XTV
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS IIV
meux livre de l'Action de Dieu «wr les créatureêj ou de la Prémohon phyh^m». C'est on 0UTr3n;e prul'ond par les raisuonem^nts, fuitifîé par beaucoup d'érudi* tioa, et orné quelquefois d'une grande éloquence. Mais l'a(larh''inent à certains dogmes per t rivir à ce célèbre écrit beaucoup de Ha solidité et k*- <t fr.r*e. L'acteur ressemble à un honioie d'État qui, en Toulant établir de» loi» ^'^oétal"!, !«■ «orrompt par désintérêts de famille. Il est trop difticile d'aliier 1rs »ykicnaet sur U (irâce avec le ^rand système de l'action éterut>lle et immuable de Oicu s'ir tout C4 <!ui existe. W faut avouer qu'il n'y a que defi manières pbilo»opbique!» d'eipliquet la machine du monde : ou Dieu a ordonné une fois, et la niiture obéit tonjourt : •u Dieu «lortne cuutiniiellemeut i tout l'être «t toutes les inudilication» de l'étrt : on troisième parti esc inexplicable.
Il e»l dit dans le î^ottveau Dictionnaire historique, littérairey critique etitm» tMiete, que Boursier, semfiîable à t'aiglej $ élève ru hnutf et trempe sa plumt dans le sein de lUeu. On ne voit pab trop eommeut Dieu peut servir d« cornet 4 M. Boursier. VoUa ta pieanère fois qu on ait sniparé Dieu à la bouteille à l'esor*» Uorten i74'J.
60URZÉIS (AmaHc de), né fn A'iverçne en 160A, aut«ur de pinsieura o«* «rages de politique et de controverse. Sil)*oii et lui sont soupçonnés d'avoir eoa»> posé le Testament potiiique attribué au cardinal de Richelirn. Uort on 16 71.
BRÉBEUF (Guillaume), né en Normandie en 1618. Il est connu jr^^ar sa trm. éuction de la Pharaale ; mais on ignore comviunément qu'il a fait le /.ucoM» travesti. Mort eu 1 66 i .
BRGTEUIL (Gabrielle-Émilie), marqaite du Chifelet, née ea 1706. RU« « éelairci Leibnits, traduit et commenté Menton, mérite fort inutile i la rour, mail révéré chex toutes les nitions qoi se piquent de savoir, et qui ont admiré la pro* fondeur de son génie et de son éloquence. De toutes les femmes qui ont illustré U France, c'est relie qui o \e plus de véritable esprit, et qui a le moins alTeeté le b«l esprit. Morte en 1749.
BRIENNE (Henri-4u|ruste de Loménie de), secrétaire d'État : U a lAiM«i «iaa Mémoires. It serait utile que les ministres en écrivissent, mais tels qu« ceci %sà ■ont rédigés depuis peu sous le nom du duc de Sully. Murt en 1666.
BRUEYS (l'abbé de), né en L.-inguedoc ea 1639 '. Dix volumes de eontrcvena qu'il a faits auraient liiicté ma nom dans l'oubli ; mais la petite comédie du Gnm* detif, supérieure à toutif« !?s farces de Mobcre, «t celle de l'Arocal Patelin^ aaciea monument de la Qftxrrv^ );ai:lu)»e qu'il rajeunit, i" feront connaître tant qu'ù 7 aura ea France un théâtre. Valaprat l'aidi dans ces deux jolies pièces. Ce s#al les seuls ouvrages de génie que deua auteurs ;iient cou puu^a ensemble. MMt a 17Î3.
On croit devoir relevf.Y ici ua fait très-singulier qui se trouve dans un Recueû d^anec.dotes littéraires. 17^0, cbex Dnrand. tume II, p. S'^9. Voici les paroles d« X'auteur : Lêê amours de Louts Xi V ayant été jouées en AmjJelerre, Louis XI f voulut fair* ]Oitr'r aussi celles du rni Gni^'anm^. L'ibbf Brueys fut rkurgépait M. de Torcy df. fair« la pièce, mais, çuntijua applaudie, tlh ne fut pou jouéêé
Remarquez que ce Recuftl d anecdotes, qui rst rempli de par«ils oontet, eel imprimé avec approbation et privilège; |amai« on oe joua les amour» de Louis tXf •ar aucun tkéitre de Londres, et on ft<.ii ^ue l« i^^i iiiullaiuM ■'•al jMUit de
t. M à Alx «a i«a6.
Nil
mattrefMe. Quand il en aurait eu, Louis XIV était trop attaché aux bieokéaaccs pour ordonner qu'on fît une comédie des amours de Guillaume : 51. de Toicy n'étMt pas homme à proposer une riiose si inipertineute; enfin l'abbé Bruevg ne ftonger i'>niais à composer ce lidicule ouvi-sp;c qu'où lui attribue. Ou ne peut trop répéter que la rlupart de ces recueils d'anccdoteg, de ces aita, de ces !!'«»moireï secrets dont le public est inondé, ne sont que des compilations faites au hasard par des écrivaius merceuaiies.
BRUYERE (Jean LA), né à Doiirdan en 1644. Il est certain qu'il peignit d&BJ ses Caractères des personnes connues et considérables. Son livre a fait beau» eoup de mauvais imitateurs. Oe qu'il dit i la fin cuutre les atbécii est estimé ; maie, quund il se mêle de théologie, il est au-dessous même des théologiens. Moi^ en 1696.
BRUMOY (Jean), jésuite, né à Rouen en 1688. Sou Théâtre des Grecs p&ss» pour le meilleur ouvrage qu'on ait en ce genre, malpré ses tautes et l'intidélité de la traduction. U a prouvé par ses poésies qu'il est bieu plus aisé de traduire et de louer les anciens que d'é^'aler par ses propres productions les grands modernes. On peut d'ailleurs lui reprocher de n'avoir pas assez senti la supériorité du théâtre frauçais Rur le grec, et la prodigieuse différence qui se trouve entre i* ijisanthrope et /-.i Grenouilles. Mort en 1 744.
BRUN (Pierre LE), né à A".x en 1661, de l'Oratoire. Son livre critique rfts 4'V<i(tque«9uper.v(t(t>use< a été rccLeiché ; m»;» c'est un médecin qui ne parle que de très-peu de nuiladies, et qui est lui-nième i-iilade. Mort eu 17S9.
BUFFIER (t'.laude), jésuite. Sa Mémoire artiftcielle est d'un grand secours pour ceux qui veulent avoir les principaux faits de l'histoire toujours présents i ^esprit. Il a fait servir les ver» (je ne dis pas la poésie) à leur premier usage, qui rjtait d'imprimer dans la mémoire des hommes les événements dont ou voulait garder le souvenir. U y a dans i>eH traitée de métaphysique des mot ccaui que Locke n'aurait pas désavoués ; et c'est le seid jésuite qui ait mis une philosophie raisonaable dans ses ouvrages. Mort en 1737.
BUSSY-RABUTIN (Roger, comte de), nô d^n» le Nivernais en 1618. n écrivit avec pureté. On connaît ses malheurs et ses ouvrages. Ses Amours dot- Gnules passent pour un ouvrage médiocre, dans lequel il n'imita Pétrone que de fort loin. La manie des Français a été longtemps de croire que toute l'Europe devait s'occuper de leurs intrigues galantes. Vingt courtisans ont écrit l'histoire de leurs amours, à peine lue des femmes de chambre de leurs maîtresses. Mort à A'itunen 1693.
CAILLT (le chevalier de), qui u'ett connu que ^ous le nom d'Acilly, était
ttaehé au utiAistro Coibert. On ignore le temps do sa it!<issance et de sa mort'.
II y a de lui un r«-cueil de quelques centaines d'épigraramet», parmi lesquelles il 7
«n a beaucoup d.f mauvaises, et quelques-unes de jolies. U écrit naturellement,
aaais sans hucuuc imagination dans l'expression.
CALMBT, bénédictin, né eu 1671. Rien n'e»( plus utile que la compilatioa ie ses recherehes sur la Bible. Les faits y font exacts, les citations fidèles. Il w pense point; mais, en mettant tout dans un grand jour, il donne beaucoup à pen-
f. Mon en 1757.
CALP&ENKDE (Gautier de LA), né à Cabors veis l'an 161«, geatilhomiM
t. Hé à Oriéaci, «a lM4,«t ■•rt en 1173 eu 1874
ECRIVAINS DU SIÈCLE DR LOUIS ZIV
ordinaire da roi. Ce fut lui qui mit les longt romans à la mode. Le mérite de o«* romans consistait dans des aventures dont l'intrigue n'était pas sans art, et qui ■'étaient pas impossibles, quoiqu'elles fussent presque incroyables. Le Boyard» l'Arioste, le Tasse, au contraire, avaient chargé leurs romans poétiques de fictions, qui suDt entièrement hors de la nature ; mais les charmes de leur poésie, les beaolés innontbrables de détail, leurs allégories admirables, surtout celles de l'Arioste. tout cela rend ces poëmes immortels : et les ouvrages de La Calprenède, ainsi qua les autres grands romans, sont tombés. Ce qui a contribué à Uur chute, c'est la perfection du théitre. On a vu dans les bonnes tragédies et dan. les opéras beaucoup plus de sentiments qu'on n'en trouve dans ces énormes volumes : ces seuti* ments y sont bien mieux exprimés, et la conuaissance du coeur humain beaucoup plus approfondie. Ainsi Racine et Quioault, qui ont un peu imité le style de cet romans, les ont fait oublier, en parlant au cœur un langage plus vrai, plu» tendre cl plus harmonieux. Mort en i663.
CAMPISTRON (Jean), né à Toulouse en I6SC, élève et imitateur de Racine. Le due de Vendôme, dont il fut secrétaire, fit sa fortune ; et le comédien Baron, une partie de sa réputation, fi y a des choses touchantes dans ses pièces : elles ■ont faiblement écrites, mais au moius le langage est assez pur ; après lui ^n a tellement négligé la langue dans les pièces de tlii^âtie, qu'on a fini par écrire d'un •tyle entièrement barbare. C'est ce que Boileau déployait en mourant. Mort en 1723.
GANGE (Charles du Fresne DU), oé à Amiens en 1610. On sait combien set deux GhsêaireM sont utiles pour l'intelligence de tous les usages du Bas- Empire Cl des siècles suivants. On est effrayé de l'immensité de ses connaissances et de ses travaux. De pareils hommes méritent notre éternelle reconnaissance, après ceux qui ont fait servir leur génie à nos plaisirs. Il fut un de ceux que Louis XIV récompensa. Mort en 1688.
CASSANDRE (François) a rendu, aussi bien que Dacier, plus de service i la réputation d'Aristote que tous les prétendus philosophes ensemble. Il traduisit la Bhétoriquey comme Dacier a traduit la Poi tique de ce fameux Grec. On ne peut t'empècher d'admirer Aristote et le siècle d'Alexandre, quand on voit que le précepteur de ce grand homme, tant décrié sur la physique, a connu à fond tous les principes de l'éloquence et de U po<^iie. Où est le physicien de nos jours chez qui on puisse apprendre à composeor un discours et une tragédie? Cassandre vécut eê mourut dans la plus grande pauvreté. Ce fut la faute non pas de ses talents, mai de son caractère intraitable, farouche et solitaire. Ceux qui se plaignent de la fo^ tune n'ont souvent à se plaindre que d'eux-mêmes. Mort en 1695.
GASSINI (Jean-Dominique), ne dans le comté de Nice en 16S5, appelé pH Colbert en 1666. Il a été le premier des astrouoines de son temps, dn moins su>> vant les Italiens et les Français ; mais il conmieuça, comme les autres, par 'astr> logie. Puisqu'il fut naturalisé en Frauce, qu'il s'y maria, qu'il y eut des enfants^ et qu'il est mort à Paris, ou doit le compter au nombre des Français. Il a immortalisé son nom par sa méridieuue de Saint-Pétrone à Bologne : elle servit à fair* voir les variations de la vitesse du mouvement de la terre autour du soleil. On loi doit les premières tables des satellites de Jupiter, la connaiuance de la rotatioB de Jupiter et de Marc ou de la durée de leurs jours, la découverte de quatre des satellites de Saturne. Huygbens n'en avait aperçu qu'un; et cette découverte de Cxssmi fut célébrée par une médailU dans l'histoire métallique de Louis XIT. Il
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS ZIV. ç>ii
t le premier observé et fait connaître la lumière «odiacale. U a donné nne m4 thode pour déterminer la pa-allaxe d'un astre par des observations faites dans u même lieu, et s'en servir pour déterminer la distance des astres à la terre avea ■lus de précision qu'on ne l'avait encore fait : mais la première idée de cette mé* (bode est due à Uorin.
Le fils, le petit-fils de Cassini, ont été de l'Académie des sciences, et ton arrière. xtit-Ûls y est entré en 177Î ; cette espèce d'illustration est plus réeUe et sera |lus durable que celle dont la famille Ca.sini avait joui en Italie quelques siècles •paravant, et que le» révolutions de ce pays lui avaient fait perdre. Mort en f 71 S.
CATROU, né en 1659, jésuite. Il a fait, avec le P. Rouillé, vingt tomes de tHtatoire romaine- Us ont cherché l'éloquence, et n'ont pas trouvé ta précision. Mort en 1737.
CERCEAU (Jea. \otoine DU), né en 1670, jésuite. On trouve dansset poééet françaises, qui se du genre médiocre, quelques vers naïfs et heureux. 11 • mêlé à la langue épar(»c de son siècle le langage marotique, qui énerve la poésk »ar sa malheureuse facilité, et qui g:* te \n langue de nos jours par des mots et det tours surannés. Mort en 1730.
CÉRISY (Germain Habert de) était du temps de l'aurore du bon goût et de l'établissement de l'Académie française. Sa Métamorphose des yeux de Phili$ m ttree fut vantée comme un chei-d œuvre, et a cessé de le paraître dès que les bons auteurs sont venus. Mort en 1655.
CHAMBRE (Maria Oareau de LA), né au Mans eu 1594. L'un des premiers membres de l'Académie françiise, et ensuite de celle des sciearcs. Mort en 166». Loi, et son fils, ruré de Saint-Baithélemy et académicieu, on» eu de la réputation.
CHANTEREAU (Louis Le Fèvre), né en 1588. Très-savant homme, .un des premiers qui ont débrouillé l'histoire de France; mais il a accrédité une grande erreur, c'est que les fiefs héréditaires n'ont commencé qu'après Hugnes-Capet. Quand il n'y aurait que l'exemple de la Normandie, donnée ou plutôt extorquée à titre de nof héréditaire en 912, cela suffirait pour détruire l'opinion de Chantereau, que ï,lusicurs hii.t(»riens ont adoptée. 11 est d'ailleurs certain que Charleroagne institua çn Frauce des fiefs avec propriété, et que cette forme de gouvernement était connue avant lui dam» ;» Lombardie et dans la Germanie. Mort en 1658.
GHAPELAIT4 (Jean), né en 1590. Sans la Pwdîe, il aurait eu de la répaitttion parmi les gens de lettres. Ce mauvais poëme lui valut beaucoup plus qu^ Vlliade à Homère. Ciiapelain fut pourtant utile par sa littérature. Ce fut lui qui corrigea les prenîicrs vers de Racine. Il commença par être l'oracle des «utèoi» et finit par en être l'opprobre. Mort en 1674.
CHAPELLE (Jean de LA), receveur général des finances, auteur de quel* ques tragédies qui eureut du succès en Irur temps. Il était un de ceux qui tschaieni i'imiter Raciue ; car Racine forma, sans le vouloir, une école, conim? les granda o-intres. Ce fut un Raphaël qui ne fit point de Jules Romain : mais au nwins ses premiers disciples écrivirent avec quelque pureté de langage; et, dans la déca- 4ence qui a suivi, on a vu de nos jours des tragédies entières où il n'y a pas douse xers de suite dau» lesquels il n'y ait des fautes grossières. Voilà d'oà l'on e»< tombé, *ît à quels excèj oa est parvenu après avoir eu de ti graxais modèles, T. II. ,g
ÉCRIVAINS DU SIÈCLB DE LOUIS XIV
CHAPELLK (Claude-Emmanuel Lhnillier), fils naturel de Prançola LhuiHier, ■aitre det comptes. Il n'est pas Trai qu'il fut le premier qui se serrit des rim«s fftdoiblées; d'Assoucy s'en sertait avant lui, et même aree quelque suer*».
Pearqool donc, i«i« a<i.ttiit d« roM,
Quand la cbariU vent impoaa La loi d'almtr voira procbalD, M« poQTtx-Toui hiTr »aDi cante.
Moi qui B« vous fit jamaia rieo?
Ab 1 pour mon bonnaur, i« vois biti Qu*ii faut TOUS fairt qualqaa cLom.
Oa tnmy^ beaucoup de rimes redoublées da#s Voiture. Chapelle réussit lafeai qM les autres dans ce genre, qui a de l'harmonie et delà gM-e, mais dans lequel U a préféré quelquefois une abondance stérile de rimes i la pensée et au tour. Sa Tie Toluptueuse et son peu de prétention contribuèrent encore i la célébrité de set petiU outrages. On sait qull y a dans son Voyarjt dé MontftUin beaucoup de traits de Bachaumont, fils du président Le Coigneui. l'un des plus aimables hommes de son temps. Chapelle était d'ailleurs un des meilleurs élères de Gassendi. Au reste, il faut bien distinguer les éloges que tant de gens de lettres ont donnés à Chapelle et i des esprits de cette trempe, ùatec les éloges dus aua grands maîtres. Le caractère de Chapelle , de Bachaumont, du BrouMin, et de toute cette société du Marais, était la facilité, la gaieté, la liberté. On peut juger 4e Chapelle par cet impromptu, que je n'ai point tu encore imprimé. Il le fit à table, apr^t que Boileau eut récité une épigramme •
Qu'avec plaisir de ion haut styl»
Ja ta vois daseendt- au qnatraia.
Et que je t'épargnai da bila Et d'injures au jcenra humain, Quaad, renversant ta cruche i i'hclla, J« ta nia la verre à Is mais I
Mort en 1180.
en ARAS, de l'Académie des sciences, le jremjef qui ail bien écrit sor le phaimacic, Unt il est yrai que sous Louis II V tous les arts élargirent leur sphère Ce pharmacien, voyageant à Madrid, fut mis dans les cachots de l'inquisition parci qu'U était calviniste. Une prompte abjuration, et les sollicitations de l'auibassadaur de France, lui sauTèrent la rie et la liberté. Il s'occupa longtemps d'expénencessur les tipères, et des moyens d'empêcher les eCTets souvent mortels de leur morsure. Mais il se trompa en soutenant contre Redi, que le venin des vipèrea « était pas contenu dans le suc jaune qui sort de deux vésicules placées derrière l« crochets de leurs mâchoires. Dans le cours de ses expériences il fut mordu Plusieurs fois, sans qu'il en résultât d'accidenU très-grave*. Mort en 1608
CHARDIN (Jean), .è à Paris en 1643. Nul voyageur «a laissé d«s Mémoirci plus curieux. Mort à Londres en 1713.
CHARLEVAL (Jean Faucon DE RIS), l'un de ceux qui acquirent de 1. céléunié par U délicatesse de leur esprit, sans se livrer trop au pubUc. U fameuse C^mvenatim du maréchal d'Hocqumcourt et du P. Canaye, iiapriméa ians les œuvres de Saint-Évremond, est de Charleval, jusqu'à la petite DiMserta- Uon sur le jansénisme et sur le molinisme, que Saint -Éyicmoud y a ajoutée. U •tyle de cette fin est très-différent de celui du commencement. Feu M. de Cauaaartm, le conseiUer d'État, avait l'écrit de Charleval, de la main da l'auteur On iro.tve d^ni le JforsW que la Résidant da Rii . oevcn de Charleval, ne vouM pu
ÉCMVAIH8 DU SlèCLE DB LOUIS IIV. 243
fcire imprimer les ouvrages de son oncle, de peur que le nom d'auteur reut-it)ê ne tût une tache dans sa famille. Il faut être d'un état et d'un esprit bien abjects pour avancer une teUe idée dans le siècle où nous sommes; et c'eût été dans un homme de robe un orgueil digne des temps militaires et barbares, où l'on abandonnait l'étude purement à la robe, par mépris pour la robe et pour l'étude. Mort es loys.
CHARPENTIER (François), né à Paris en 1810. académicien utile. On a da hi une traduction de la Cyropédie. Il soutint vivement l'opinion que les inscrip- Mons des monuments publics de France doivent être en français. En effet, c'est dégrader une langue qu'on parle dans toute l'Europe que de ne pas oser s'en scr- Tir ; c'est aller contre son but que de parler à tout le public dans une langue que les trois quarts au moins de ce public n'entendent pas. Il y a une espèce de barbarie i latiniser des noms français, que la postérité méconnaîtrait : et les noms da Rocroi et de Fontenoy font un plus grand effet que les noms de Rocrosium et da ronteniacum. Mort en 170t.
CHASTRE (Edme, marquis de LA), a laissé des Mémoires. Mon en U4«< CHAULIEU (Guillaume), né en Normandie en 1639, connu par ses poésies néplifées et par les beautés hardies et voluptueuses qui s'y trouvent. La plupart respirent la liberté, le plaisir, et une philosophie au-dessus des préjugés : tel était •on caractère. Il vécut dans les délices, et mourut arec intrépidité en 1750.
Les vers qu'on cite le plus de lui sont la pièce intitulée la Goutte , qui comaoenca ainsi :
Le destructeur împStojable Kt des marbres et de l'airain :
Bals surtool l'.pître sur la mort du mQrq;iîs d« La P^re .
Fini I approche du lormo, et moin.aja la redcut: l onr des principes s6rs laoo oprit sir»<rin}. Content, persuadé, oe connaît p d< le doa'le- Dat suites de ma fin je n»al jamais frémi. Biempt de préjojé», j'sTroDte rimpestor»
Den »ainrs superstitions.
Et me ri* des prév«ntlona De ces falbias e. prit» dont la trt.'te ceoatire
Fait on erlme à la créature De l'asape dea bleos qne loi fit son anteor.
Cm autre épître au même fil encore plus de bruit : elle comn;ence alad i
J'«l TU de près le Siyi. j>| *r, Ic^ Enniéofdsa: Déjà venaient frapper mes ereilles timides Les affreui cris du ebiea de l'empire des morfs; Ll les nuiras vapeurs, et le» brûlants transp^vls Allaient de ma raison offusquer la lumière i Cest lors que j'ai senil mon âme tout entière, 5« ramenant en s«i, faire en dernier effort Four l.raver les borrenu que i'on joint è la ninrt. Ma raison m'a montré, tunt qucKo a pu parallrs. Une rien n's.M en effet de ce qui ne p«ot *ire- Oaecct fantftnies Tains sont eurants de la p»ùr Uu'una faible nourrice imprime en notre c<*ur, Ursqus des louns^arous qu'e!.e-m«me elle iH.nse, D«demona «t d>nftr «Ile endort notre eafaoN.
Ces pièces ne sont pas châtiées : ce sont des statues de Micbel-Ange ébanebées, Lesloicuuie de ses scuUments ne lui attira point de persécution; car, qno.oM abbé, U étaK ignoré des théologiens, at na vivait qu'avec sai amis. Il n'aurait lena
244 ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS IIV
Ou a imprimé de lui irop ae oag» ,.,.^,- „,,; ennt à U ti^te du recuoil
k«ueo«p d. r«put..ioB. Mon ™ «J»'" . ^, , ,, ,„, p,^„„
CHIFFLET (Jean-Jacquei;, n» » BMançon en i . Wl,.rcb«. Mon en .r.«0. 11 T . ... «pt é.ri,ain.d. .•<• uon..
OHOIST rK»n,oi.-TtaoU.a de), de l'Acdémie, u6 . Ta.,, en 1644, ««j( à «an, On . M rdatica 11 n'etai. <!«« UM.^ré à -on .iép.r- . .,..> a i-MT ,1 so fi 'Mrn;r pré r Va <, ".jour,. .1 a cou.posé p.....c,.rs .,..o.,.s »uo Tn.Wu. .^. r? ° L'.o,. „. M,us.ArU,. d«,H*. à o,.da„,.. ,N. M.,„..n.n. «- «' «/P "
f.rrp.rr.rs/.Tar.:'r:r:rd. I. CO..S.0 d..„^
Lr .-;.. d. Ton«. ce. n«n,o.„ r.e„n,.n. a,« na.«. co ».";-'__-punément de. n>aître«e. .ou. ce dégu-scmen. Ma,.,Mu.ml . r . .
cho«. .rai... qu.lque.-une. ta».se., H b..ue.up d. b«a.O*«, ... w 4.n. nn style trop t.m..ier. Mon eu 17M. ^^ ,,__^^^,^
CLAUDE (le.n), né en A,. ..... «-a l.,19 .n.m.tre de ^
,..n pa... .n,,. dj«ne de. -^^^^^^^
passeront à la dernière postérité; cinq ou s., nulle volume. Hiiià oubliés Mort Àlaïlave en IfiST.
co NTE (Charte, LE), u. à Trove, en IM. , de l'Or..o,re. Se. i«««i« .X ,«,-, i-Vrin..c. au lou,re par o.dr, dn roi, «n. nn n,onnn,.n. ..U.
"To'LLET'I.hil.berf. ué à ChâUllon.lè.-Uon.be. en 1543. j..riKon...l.e .. ko^l'u^r! V~nié ,.ar l'.rel.e,*qne de L,on p-or-n- .merelle d. p.ro.«. n^ i Jontr. Vexromu,...,:..a...n: il eon,b.«i. 1. clotar, d.. religieu.,*; .^
'"'r esinlêts a«e l.eapi...; »»p, vpro'"* dan. /,... e la ■"«>'■«•"- ± eTreçu dan, rr...re p« .o,.s le, nésocianu, n,.l,.e ..•, I..,.. qu on éla,.e^« Xa anJi q»» «'. din.e, qu'on pavo au. cceW.i...i,a.. ne wn. p.. de dro..
tV'w'n. Mort en i7lS. • .^ a- »*«
PAT HMTFZ (PaulV Lo l*>roT>s de sa niissance •-• M^oanu : la plupart (»<• ^ J°g«f.!n!'eIL; à ,•««; .ai. iU,o„. u«le. à «u, qui .in,en. le. recber.-^ .illéraite.. Mort à Londre. en 1 63t.
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIY
vci-8 latins, et qui pensent que des étrangers peuvent ressusciter le siècle à'ànfpistc (Isus un«* laugue qu'ils ne peuvent p&â mérce prononcer. Mort en 1702.
In iilvam non ligna feras
(HoH.,lit. I, Kt. :, V. tk.)
flONTI (Arniaud, prince de), frt-re du grand Coudé, desliré d'abord pourTétal «roi «^si astique, daus un temps où le préjugé rendait encore l.i dipiité de cardinal iUitéiiriA*e à relie n'uu princf du san'/ do France. Ce fut lui qui eut le malheur d\^^^e généralissinrt? tk' la Fruade contre la cour et iMÔuic contre son frère. Il lut depuis dévot «l janséniste. Nous avous de lui le iJcvoir des grands. Il écrivit sur la grâce coi:ir«.' le ji^suile Ueschamps. son ancien préfet. Il écrivit aussi contre U comédie i il eût peut-être niieiis fait d'écrire contre la guerre civile. Cinna «1 Po/y't(c{e étaient aussi utiles e\ aussi respeclables que la guerre des portes e» chères )'t des p<jt:> de cbambre ét?.it injuste et ridicule.
CORDfc^MOY (Géraud de), né à Paris, il a le premier débrouillé le chaos des deux premières races des r<»is do France; on doit cette utile entreprise au duc de Wontausier, qui chargea Coidtmoy de fai e l'Histoire de Charlemagne pour l'édu cation de .Monseitjueiir. Il ne trouva guère dau.s les anciens auteurs que des absui^ dites et des coutrudiclious. I..i difii'i;!té l'encouragea, et il débrouilla les deas preuiicrcs races. Mort en 1684.
CORNEILLE (Fierre), né a Kouen en 1606. Quoiqu'on ne représente plus que six ou sept pièces des trente-truis qu'il a compusécs, il sera toujours le pèra du théâtre. Il est le premier qui ait élevé le génie de la nation, et cela demande grâce pour environ vingt de ses pièces qui sont, à quelques endroits près, ce qu« nous avons de plus mauvais par le style, par la froideur de l'intrigue, par les amours déplacés et insipides, et pur vu entassement de riùsonuenients alambiqués qui sont l'oi p(»sé du tra^nque. Mais on ne jiii;e d'un grand huniu.e que par set chefs-d'œuvre, et non par ses fautes. On dit que sa Trr.durfion de l'lmilat\on de Jésus-ClirUt H <>U imprimée tiente-deux fois : il est aussi ddlicile de le croire que de la lire une t>>'ule. Il reçut une gratification du loi dans sa dernière maladie.
Uorten 1684.
Un a imprimé dans plusieurs recueils d'auecdotes qu'il avait sa place marquée toutes les fois qu'il allait au spectacle, qu'on se levait pour lui, qu'on battait des mains. Malheureuienjent les hou. mes Vi rerid.-'ut pas tant de justice. Le fait est que les eome.diens du roi refusèrent de jourr k.s dernières pièces, et qu'il fut obligé de Us donner à une autre troupe.
CORNKILLE ("Thomas), ué à Kouon en 1625, homme qui aurait eu une irrande teputatiou s il i;'av:iit point en dt; frère. On a de lui trente-quatre pièces de tbéAtre. Mort pauvre en 170».
COUSIN (Louis;, né^ Paris en 1627, président àlarmir des monnaies. Per* sonne n'a plus ouvert que lui les sources de l'histoire- Ses traductions de la collection bjxantine et d'fcusebe de Césarée ont mis tout le monde en ^at de juger du vrai et du faux, et de connaître avec quels préjugés et quel esprit de parti l'histoire a été presque toujours écrite. On lui doit beaucoup de traductions d'bis. toriens grecs, que lui seul a fait connailie. Mort eu 1707.
COUTURES (le baron DES) traduisit en prose et commenta Lucrèce vert te ■uiieu du règne de Louis XIV. Il pensait comme ce pbU'>sopbe sur ia plupart des
ÉCRIVAINS DU »iECLE liB LOUIS XIV.
^remiert principes dei choMt; il croyait U matière éternelle, à l'exemple d« tow les anciens. U religion chrétienne a setile combattu cette opinion.
CRÉBILLON (Jolyot), né à Dijon en 1674. Nous ignorons si un procureur nommé Prieur le lit poète, comme U est dit dans le Dictionnairt historique portatif, en quatre Tolumes. Nous croyons que le génie y eut plus de part que le procureur. Nous ne croyons pas que l'anecdote rapportée dan» le même outrage contre son fils soit traie. On ne peut trop se défier de tous ces petiU contes. Il faut ranger Crébiîlon parmi les génies qui illustrèrent le siècle de Louis XIV, puisque sa tragédie de Bhadamiate, la meilleure de ses pièces, (ut jouée en 1710. Si Despréaux, qui se mourait alors, trouva cette tragédie plus mauTaise qui celles de Pradon , c'est qu'il était dans un âge et dans un état où l'on n'ef sensible qu'aux défauts, et insensible aux beautés. Mort à quatre-Tingt-huit ans, tnl76S.
DACIBR (André), né à Castip* en IfiM. caWiniste comme sa femme, et devenu catholique comme elle ; garde des litres du cabinet du roi à Paris, charge qui ne subsiste plus. Homme plus savant qu'écritain élégart, mais à jamais utile par ses traductions et par quelques-unes de ses notes. Mort au Louvre en 17ÎÎ. Nous dcTons à madame Dacier la traduction d'Homère la plus fidèle par le style, quoiqu'elle manque de force, et la plus instructive par les notes, quoiqu'on y désire la finesse du goût. On remarque surtout qu'elle n'a jamais senti que ce qui devait plaire aux Grecs dans les temps grossiers, et ce qu'on respecUit déjà comme ancien dans des temps postérieurs plus éclairés, aurait pu déplaire s'il •▼lit été écrit du temps de Platon et de Démosthène. Mais enfin nulle femme n'a jamais rendu plus de services aux lettres. Madame Dacier est un des prodiges da siècle de Louis XI Y.
D'AGUESSEAU (Henri-François), chancelier, le plus savant magistrat que U France ait eu, possédant la moitié des langues modernes de l'Europe, outre le Utin, le grec et un peu d'hébreu ; tres-instruit dans l'histoire , profond dans la jurisprudence, et, ce qui est plus rare, éloquent. U fut le premier au barreau qui parla avec force et pureté à la fois ; avant lui on faisait des phrases. Il conçut le projet de réformer les lois, mais il ne put faire que quatre ou cinq ordonnances utiles. Un seul homme ne peut suffire à ce travail immense, que Louis IIV avait entrepris avec le secours d'un grand nombre de uiajj'istrals. Mort en i751.
DANCHET (Antoine), né à Riom en 1671 , a réussi, à l'aide du musicien, dans quelques opéras qui sont moins mauvais que ses tragédies. Son prologue des jtux séculaires au-devant d'Bésione passe même pour un très -bon ouvrage, el ^ttt être comparé à celui d'Amadis : on a retenu ces beaux vers, imités d'R ►*•••
Pèrt des MlwBt et Cts joort.
Fait naître en cet climats dd fiècle mémorablol Puisse k 165 enneials ce peuple redoutable Etre à jnnials hearenx et trioD:t'ber loujeuril
Nous avons à bo* lois aaservi la Tl<;toire ; i
Anssl iolu que te^ feux nous portons notre f !oire i ^
Fais dans tout l'nohers craindre notre poavuii.
Toi Qui vob eut ce qui respire,
Soleil, pulsses-to ne rien voir
De si puissant que cet empire I '
CMt dans ce prologue qu'on trouve les ariettes qui servirent depuis de cane^w a« poète Rousseau pour composer les couplets effrénés qui causèrent sa disgricc*
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DB LOUIS XIV
u» < oupleU originaux de bâ.'.chet v lient peut-être mieux que kê parodias dt ^'HiSK'cu. Toici surtout celui de Danchet qu'on a le plus retenu t
Qne l'amaat qui deTieru h«>ureBi Kd dfvleone encore plus Adèle I Que toujniir» dans les mênif* nauds Il trouve une douceur nouvelle I Que les soupirs et le* langueurs Pui^sent seuls flècbir le* riruenn De la beauté la plus sovèrel Que l'amant comblé de favoura Saebe les gofiler et lesturel
Aon en 1748.
DANCOURT (Florent Carton), avocat, né i Fontainebleau en 1661, afmi ^eux s« livrer au théâtre qu'au barreau. Ce que Regaard était à l'égard de Mo« tière dans la haute comédie, le comédien Dancourt l'était dans la farce. Beaucoup de ses pièces attirent encore un asses grand concours; elles sont gaies; le dialogue en est naïf. La quantité de pièces qu'on a faites dans ce genre facile est immense; elles sont plus du goàt du peuple que des esprits délicats : mais l'amusement est an Has besoins de l'homme ; et cette espèce de comédie, aisée k représenter, plaît dans Paris et dans les provinces au grand nombre, qui n'est pas susceptible de plaisirs plus relevés. Mort en 1726.
DANET (Pierre), l'uu de ces hommes qui ont été plus utiles qu'ils n'ont eu de réputation. Ses Utctionnaires de la langue latine et det Antiquités furent au nombre de ces livres mémorables faits pour l'éducation du Dauphin, Monseigneur, et qui, s'ils ne firent pas de ce prince un savant hotume, contribuèrent beaucoup à éclairer la France. Mort en 1700.
DANOEAU (Louis, abbé de), né en 1643, excellent acadCmicien. Mort en
DANIEL (Gabriel), jésuite, historiographe de France, né à Rouen en 1649, a rectifié les fautes de Mércray sur la première et la seconde race. On lui a reprochd que sa diction n'est pas toujours pure, que son style est trop faible, qu'il n'intéresse pas, qu'il n'est pas peintre, qu'il n'a pas assez fait connaître les usages, les mœurs, les lois; que son histoire est un long détail d'opérations de guerre, d«iit lesquelles un historien de son état se trompe presque toujours. Mort en 1718.
Le comte de Boulainviiliers dit, dans ses Mémoins sur le gouvernement de France^ qu'on peut reprocher à Daniel dix mille erreurs : c'est beaucoup ; mtàt heureusement la plupart de ces erreurs sont auui indifférentes que les vérité qu'il aurait mises à la place ; car qu'importe que ce soit l'aile gauche ou l'ailt droite qui ait plié à la bataille de Montlhéry ? Qu'importe par quel endroit Louis U Gros entra dans les masures du Puiset? Un citoyen veut savoir par quels degrés le gouvernement a changé de forme, quels ont été les droits et les usurpations des iifléreuts corps, ce qu'ont lait les états géucroux, quel a été l'esprit de la nation. Le grand défaut de Daniel est ùe n'avoir pas été instruit des droits de U nation, ou de les avoir dissimulés. 11 a omis entièreiueut les célèbres états de 1355. U n'a parlé des papes, et surtout du grand et bon Heuri IV, qu'en jésuite* nulle eon* ■aissauce des finances, nulle de l'intérieur du royaume, ni des mœurs.
Il prétend dans sa préface, et le président Hénault a dit après lui, que les pr«- ■tiers temps de l'histoire de France sont plus intéressants que ceux de Rome, parcer que Clovis et Dagobert avaient plus de terrain que Romulus et Tarquin. U ne s esf pu aperçu que les faibles commencements de tout ce qui est grand iotéresaeal
ÉCRIVAINS DU SIECLE DE LOUIS XIV
toujours l€ft hommes; on aime à Toir U petite origine d'uu peuple dont (a Franec ^'était qu'une province, et qui étendit son empire jusqu'à l'Elt>e, l'Eupbrate et le Niprer. Il faut avouer que notre histoire et celle des autres péup'.rs, deuils le cinquième siècle de l'ère vulgaire jusqu'au quinzième, ne sont qu'un chaos d'aveatur«« barbares sous des noms barbares.
D'ARGONNË (Noël), né à Paris en <fi34. chartreux à Gaiilon. C'est le seul ehartreux qui ait cultivé la littérature. Ses Mélanges, suus le nom de Vignful d* ilarville, sont remplis d'anecdotes curieuses et hasardées. Mort en 1704.
DESCaRTSS (Kené), né eu Tuuraiue eu 1596, tîls d'uu conseiller au parlement de Bretagne ; le plus •n'aud mathématicien de son temps, mais le philosopha qui connut le moins la nature, si on le compare à ceux qui l'ont suivi. Il passa presque toute sa vie hors de Frauce pour phHosupher en liberté, à t'exempte de
imaise, qui avait pris ce parti. On a remarqué qu'il avait un frère aîné, conseiller au parlement de Bretagne, qui le méprisait beaucoup, et qui disait qu'il était indigne du frère d'un conseiller de s'abaisser à être mathématicien. Ayant cherché le repus dans des solitudes en Hollande, il ne l'y trouva pas. Uu nommé Yoët et un nommé Shockius, deux professeurs du galimatias scolastjque qu'on enseignait encore, intentèrent contre lui celte ridicule accusation d'athéisme dont les écrivains méprisés out toujours chargé les philosophes. En vain Descartes avait épuisé son génie à rassembler les preuves de la Diviuité, et à en chercher de nouvelles; ses inlâmes ennemis le comparèrent à Vauiui dans un écrit public : ce n'est pas que Vanini eût été athée, le contraire est démontré ; mais il avait été brûlé comme tel, et ou ne pouvait faire une comparaison plus odieuse. Descaites eut beaucoup de peine à obtenir une très-légère satisfaction par sentence de l'académie de Groniugue. Ses Méditations^ sou Diacours sur la vuthodcy sont encore estimés ; toute sa physique c^t tombée, pai^Q qu'elle n'est fondée ni sur la gèu> métrie, ni sur l'expérience. Ses iiecherches sur la dioylriqne^ où l'on trouve U loi fondamentale de celte science suupçoimee par SuelUus, l't des applications de cette loi, qui ne pouvalrut être que l ouvrage d'uu tiès-graud géomètre; ses travaux sur les lois du choc des corps, objet dont il a eu le premier l'idée de s'occuper, seront toujours, malgré les erreurs qui lui sont échappées, des monumeuts d'im génie extraordinaire ; et le petit livre connu st»us le nom de (iéuniHrie de Descartes lui assure la supériorité sur touô les mathématiciens de sou ttimps. Il a eu louetemps une si prodigieuse réputation, que La Fontaine, iguuiaut à l:i vérité, mais écho de la voix publique, a dli ^îo lui :
De«<*9ii(e5, ce niortrl dont uo n\H ftlt ua die*
Ciiri les paîeri», et <]iii limt le nul eu Entre '.liotDirieei iV.-pri', comme entre llmltroet {"hoBiiris Le tient tel de cesgcus, franche btt>; d» kouiine.
S.'ahbé Genest, dans le siècle préseut, s'est donné la malheureuse peine de luett.tl - Tcrs français la Phyaiqxu de Descarlcs.
Ce n'est guère que depuis l'année 1730 qu'on a commencé à reveoii evi Franco de toutes les erreurs de cette pbilosophie chimérique, qunnd la géomctne et II physique expérimentale ont i\té plus cullivées. Le sort dt Descartes en physique i été celui de Ronsard en poésie. Mort à Stockholm en 16?S(i.
DESilARETS DE SAINT-SORLIN (Jean), né à Paris ec 1595. U travailla beaucoup à la tragédie de Mirame du cardinal de Richelieu. Sa comédie de* Yisiçnnaires passa pour «a chef-d'œuvre; mais :'cst que Mdière n'avait pat
ECBIVAÏNS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV
«eoreparu. Il fut contrôleur général de l'extraordinaire des guent.at secrétaire duUvLTsur la fm de sa vie U fut plu. connu par son fanatisme que par ses ouvrages. Mort en 1676. j.„« ..
— Z-^ «voir fai. .....sieur. comédie,, il (ut ch.rg« longtemps d« .lT«re.
de r^è. eo Angleterre; è. .v,o. rempli ce ministère .«c succc., . « remit à ':r?de: comédie.. On ne trou.e p.. dans se» pièce. U Corée et h g«e.é d. Re-n.rd encore moins ces peiotnre. du cœnr hnn.am, ce n.lnrel, cette »r<,.. ^uCnteri. cêre«ellentco.ni,ue, qui fait le mérite do l'inunitable Mol.era; ma,, f X . .;. dese «aire de la répuution après eu.. On a de lu, .,„cl<,ucs pteee. ,„■ .;.a du .uccès, quoique le com.que en .oit un peu .«rcé. U . •'"■";■"• *;^^* te cec«,de 1. comédie qui n'est que langoureuse, d. cette espèce de tragéd^ L%™ise qui nest ni tr.pqu. ni comique, monstre né .<>« J;'^'— /^ «meurs et de la s.liété du public, après le. beaux jours du ..ecle de Lou,. XIV. S. .léd,e du Oloneu. e.t «,. meilleur ou.rage, et probaldemcu restera au béi^ quoique le personnage du Olorieu. soit. di..on, manqué ; ma,s les autres c«rac.e«. DiraisMnt traite, supérieurement. Mort eu 175..
DOM AT (Jean), célèbre jurisconsulte. Son Uvrc d« Loi, c.o.Im a eu beaucoup d'approbation. Mort en 1696. .....
DOUJAT (Jean), né à Toulouw en 163». jurisconsulte et homme -le le»"* « f.,°^. .ou. es a,i un enfant à » femme, et un livre. On eu d.t auiant de Tu-.- ,ue.u. L, Journal i'.. aa^n.. l'app. He flruncJ ko»..«. : '1 -e «aut pa. prodiguer
ce litre. Mort en 1688.
nUBOW (r,ér.«l), né à Orléan. .n 16-.», de l'Oratoire. U a («l lH...'o.r.
* l'Kjii.adtPiinï. "orleu l6'.-fi. ,,■„,».
UUCHK DE VANCY (J<»eph.Fra.>çoi.), «let de chambre de I.om. HT, »
.„,uru"our quelque, tragédiei tirées de vvcri.nr., à l'e.empla de n.cme,.«
. 1, r«.ue succès. L'opéra d'/,.M,r.u. «. Uur.U e». ».n n.«.Ueur «„,r^..
te .dan. le grand goM, et quoique ce «e «.it qu'un opéra, ,1 retrace une grand.
wle de " que le, tr!géd e. pecque. .«ien. de meilleur. Ce goût n'a pa. .ub«..é
Ctt; ; même bien.*t après on .es. réduit au. s.mples '>f '« "7"''; ^ "^'
détaché,, flit, uniquemen. pour amener de. danses : a.ns. 1 opé,a même a dégénéré.
4.n. le lemp. que presque .ont le rCe tombai, dau. la décadence.
Madame ie Linon fit 1. fortune de cet auteur : eUe le recommanda ..fort^ «en. à M. d. Pou.char.rain, secré.aire d'Etat, que ce m,u,..re, P«-«' ''"«^* "ur un homme considérable, alla lui rendre ««t.. Duché, ""»;"- """V*; ^Kur, Tojant e.'.rer che. lui uu «ecretare d E.at. crut ,u on ail... le coml«w i. Ba.lille. Mort «n 170*. u j .». .,.«...
nrirHFSNE (Audrél, né en Touraine eu 1 : *4. histonographc du roi, .,.•«: ae b".»ro!p d'bis'o"" « de rccberebes généalogiques. On l'appelait 1. pe« d. l'histoire de France. .Mort eu 1640. ^
nUFRÉNOY (.-.harles), né à P«i. en .6.1. peintre et p«.te. Son poem. d. ta ^.yi„,ur, a réussi auprès de ceu. qu, peuvent l>r. d'autres «r. la..u, ,u. c«> 4u siècle d'Auguste. Moi t en. ««5. ,.«,.>.
T.ITFRESNY (rharle*), né » Taris en I '.n. U passait pour peUt-fils à» J.„ , w'^ «riit^ou père ..ai, é.é valet de ga-de-robe de Lou,. xm. r. UU «l-a" d. I-ui. IIV. Vi l«à «i' Wujour.du bien malgré son dérangem»..
fCRIVAINS DD SIÈCLE DE L0OI8 XIV.
aaâii q«i oc pat l'einpéch«r de mourir ptuTre. Arec beaucoup d'e»prit •* plu» d'un talent, il ne put jamais rien faire de régulier. On a de lui beaucoup de comédie», et il n'y en a guère oà Ton ne trouve des scène» jolie» et sioffulières. Mort en nu.
DUPLEIX (Scipion), de Condoro, quoique né en f 5«9, peut être compté dan» le «iècle de Lùui» XIV, ayant encore vécu sous ton règne. Il est le premier historien qui ait cité #0 marge se» autorité»; précaution absolument nécessaire quanc vn n'écrit pas l'histoire de son temps, k moius qu'on ne s'en tienne aui faiU con- ^n». On ne lit plus son Histoire de France^ parce que depuis lui on a mieux fali t mieux écrit. Mort en 1661.
ESPRIT (Jacques), né à Bézier» en 16H, auteur du litre De la fautulé des 9ertu* humaines, qui n'est qu'un commentaire du duc de La Rochefoucauld. U chancelier Séguier, qui goâta sa Uttérature, lui fit avoir un brevet de conseiller d'État. Mort en 1678.
ESTRADES (le maréchal d'). Ses Lettres sont aussi estimées que celles da cardinal .i'Ossat; et c'est une chose particulière aux Français, que de simples dépêches aient été souvent d'excellent» ouvrages. Mort eu i 686.
FARE (le marqui» de LA), connu par ses Métnciies et par quelques ver» agréable». Son talent pour la poésie ne se développa qu'à lâge de près de soixante an». Ce fut madame de Caylu», l'une de» plu» aimable» personne» de ce siècle par sa beauté et par son esprit, pour laquelle il fit ses premier» ver», et peut-être le» pfau délicats qu'on ait de lui :
U*kt«Bdonnant nn j«ar a .a triH«!>M,
Sant espéranee, et tnënfiesao? déilri, Je regrettais les sensibles plaiHrs DoDt ladoaceor eocbeou ma jeuoaMt.
Sont-lit pardos, di«ai*-ja, md« ratowT
It n'es-tc pas cruel, Amour,
Toi que je fit, de* mon enfance,
La maître de mes plus heaui joon,
D'eo lahier terminer le court
A l'ennuTenra iDdifférenee ?
Alors j aperçus dans les airs
L'enfant maître de l'univers,
Qui, plbin d'one joie inhumaine.
Ma dit en souriant : Tirais, ne te plaint ple^
Je vais mettra fin k ta peine ; Je ta promets on regard de Cay'.ua.
V8 en 1644, mort en 1713.
FAYETTE (Marie-Madeleine de la Vergne, comtetie de LA). Sa Pfinceaji 4e CUve» et sa Zalde furent le» premier» romans oà l'on vit le» moeur» de» honnêtes gens et des aventures naturelles décrites avec grâce. Avant elle, on écrivaH d'un style ampoulé de» choses peu vraisemblables. Morte en 1693.
FÉLIB!EN (André), né à Chartres en 1619. Il est le premier qui, dan» le» iueription» de l Hôtel de ville, ait donné & Loui» XIV le nom de Grand. Ses Entretiens sur la vie des peintres «ont l'ouvrage qui lui a fait le plu» dhonnenr. U •et élégart, proiund, et U respire le goût ; mais il dit trop peu de chosea en trop 4e paroles, et est absolument sans méthode. Mort en 1695.
FKNELON (François de Salignac-), archevêque de Cambrai, né en Périgor^ en 165 t. On a de lui cinquante-cinq ouvrages différents. Tous partent d'unc^enr fkin de vertu ; mais son Télémaque l'inspire. 11 a été vainement bliwé ptf Cneudevillc et par l'abbé Faydit. Mort & Cambrai en 171 1.
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV
Après la mort de Féneloo. LouU XIV brûla lui-même tous >- "-";^''f J^J* duc de Bourgogne avait conservés de son précepteur. Ramsay. élève de ee célèbre a che èque, m a écrit ce, mot. : S'il était né en Anglet..e, il aura^t développé 7n génie: et donné l'e.sor sans crainte à ses principes, que personne na
*' TrRRAN D, conseiller de la cour dea aides. On a dtt de Itii de trèa-jolis vers Il ajoutait avec Rousseau dans l'épigramme elle madrigal. Voie, da.» ^uel goûl Ferrand écrirait :
D'amour et de mélaneolta Célei.'^nut enAw eon«umé, En font«ine fut »r»n$forroé, Xt qui boit de <'>^t taux oublia Juiqu'au nom de l'objet aimé.
Pour mieux oublltr Egérla* J'y aourut bier «inrnant i A force de ch»nf «r d'ainanl, Llaftdèla l'avait urta.
On voit que Ferrand mettait plus de naturel, de grâce et de délicatesse dans se. .ujets galants, et Rousseau plu. do force et de recherehe dans ses sujets de débauche. Mort eu 17 20.
FEUQUIEKKS (Antoine de Pas, marquis de), né à Parts en 1G48. ofûciei consommé dans l'art de la guerre, et excellent guide, s'il est critique trop sévère.
*''FÈVirE*(Tannegui LE).nô àCaen en 1615. calviniste, professeur à Saumur. méprisant ceux de sa secte, et demeurant, parmi eux, plus philosophe que huguenot écrivant at.ssi bien en latin qn on puUse écrire dans une langue mor^e, fatsaut des vers grecs qui doivent avoir eu peu de lecteurs. La plus grande obligation -uelui aient les lettres est d'avoir produit madame Dacier. Mort eu 1678
FÈVKE (Anne LK), madame Dacier, née calviniste à Saumur en 1651. Ulustre par sa science. Le duc de Montausier la ht travailler à 1 un de ces bvre. ,a'on nomme DaupMns, pour l'éducation de Monseigneur. Le ^^or-s ..ec^e^ uotes latines est d'elle. Ses traductions de Térence et d'//omere lut font un honneur immortel. On ne pouvait lut reprocher que trop d adm.ral*on pour tout ce ru>Ue avait traduit. La Motte ne l'attaqua qu'av.c de l'espr.t, et elle ne combatUI au'arec de l'érudition. Morte en 17 20, au Louvre.
FLÉCH IKK (Esprit), du comtat d'Avignon, né en 1635. évéque de Lavanr. et puisdeNimes, poète français et latin, historien, prédicateur, mats connu sutw ItTarls belles oraisons funèbres. Son ffistoire de Tkéodose a été fa.te pou. réducatio,» de Monseigneur. Le duc de Montausier avait engage les meilleurs esprits de France à travailler, par de bons ouvrages, à cette éducation. Mort
'""pLeURY (Clande), né en 1640, sous-précepteur du duc de Bourgogue,6l confesseur de Loui. XIV, son fils, vécut à la cour dans la solitude et dans le tra- Tail. Son Histoire de V Église est la meilleure qu'on ait jamais faite, et les d«cour. préliminaires sont fort au-dessus de l'histoire. Ils sont presque d un philosophe, maia l'histoire n'en est pas. Mort en 1723. . . • , j
FONTAINE (Jean LA), né à Château-Thierry en 1621, le plus simple de. hommes, mais admirable dans son genre, quoique néglj^ et inégal. Il fut le seul dM grands homme, de «»n temps qui n'eût point de part aai bienfr «U de Lom. XI Y
^it»
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE tOUIS XIV.
n y «Tait droit par ton mérite et par m paurreté. Dans la plupart de lei faW«»» M e«t iiiBniniPot au-dessus de tous ceux qui ont écrit avant et après lui, en qudqua langue qua ce puisse être. Dans les contes qu'il a imités de l'Arioste, il n'a pas son élégance et *\ pitreté ; il n'est pas, à beaucoup près, si grand peintre ; «î c'cti c« que BoiloaL n'a pas aperçu dans sa dissertation sur Joconde, parce ijue Despréaiu ne savait presque pas l'italien. Mais dans les contes pujsés chez Boccacc, La Pou. taine lui est bien supérieur, parce qu'il a beaucoup pius d'esprit, de grâces, de Snesse. Boccace n'a d'autre mérite que la naïveté, la clarté et l'exactitude dans I. langage. Il a fixé sa langue, et U Fontaine a souvent corrompu la sienne. Mort •n 1395.
Il faut que les jeunes gens, et surtout ceux qui dirigent leurs lectures, prennent bien garde à ne pas confondre atec sou beau u.iluni le familier, le bas, le négligé, le trivial : défauts dans lesquels il tombe ti op souvent. Il commente par dire au Diwipbi:!, dai)3 son prologue *
Et si d* t'apréer j* n'emport* I0 prtx,
J'aurai du rooin* Ihoanturd» l'avoir entreprU.
On sent assez qu'il n'y aurait nul honneur à ne pas emporter le prii d'agréer. U p«nsée est aussi fixasse que l'expression est mauvaise.
Vons cbaDtlex.J'en sni!* biea «Im :
lié bien, danses maictenaot.
CoKmeat une fourmi peut-elle dire ce proverbe du peuple i une cigalet
Slj'apprennls niéb.-.u,Iaî scttuc»'*. l'hiitoiral Tout ce! a c'est la m«r à boire.
ilfaot atyi'^r que Phèdre écrit avec use pureté qu": n'a nen de cette lassesse.
Ls fribior du Mon. r* Ti.i «ont point nw'neau»,
M-i:. Laauz et lions »ja iînni, daims et ccrfi l)Obs et haaiii.
Un tour «ur ses ioujjs plads allait, ja ne .m1$ «m, Le héron an lon^ bet ammaocbo d'un 'ong ton.
fit le renard qui a cent tour* dans son $ac, et le chat qui u'cn a qu'un dan$ scm lyissac. t
Distinguons bien ces négligences, ces puérilitts, qui sont en très-grard r4)mbre, des traiU admirables de ^ charmant autem , qui sont en plus grand nombre encore.
Quel est donc î« pouvoir des vers naturels, puisque, par ce seul charme, U FonUine, avec de grandes négligences, a une réputation si universelle et ai mérite, sans avoir jamais rien inventé I Mais autw quel mérite dar.s. le* ancieus Asiatiques, inventeurs de ces fables connues dans toute la terre habit iblel
FONTENELLE (Bernard Le Bouvier de), né à Rouen le il février 1057. us ,»cut le regarder comme l'esprit le plus universel que le siècle de Louis XIV ait produit. 11 a ressemblé à ces terres heurtusemeut situées qui portent toutes les '«pèces de fruits. Il u'avait pas vingt ans lorsqu'il fit une graude partie de sa tragédie-opéra de Belléropliou; et depuis il donna l'opéra de Téthis et Pelée dans lequel il im.ta beaucoup Quinault, et qui eut un grand succès. Celui d'£W« el Lavinie en eut moins. Il essaya ses forces au théâtre tragique; U aida niMdtau»
4* Vf ir FabUt dt J» la F<muûMa. <«vi». Ci«Hrsâati«ff
ÉCRIVAINS DU SIÈCLE DE LOUIS XIV
ar U«n« 1. <n«ril. d. reconnaître ,-., bien «p.. «.««?"« .•«•»«<»" • to"'. " Xr«l p.. 10 taleut de Pierre Corneille, MO onele, pour I. traséd.e R^i .hV il «• r.lUK0ri. de Jfero el d'£n«9« ' ; c'e.1 Rome el G.n.«. LetW
; „c,mon. Ile. essuya «ne o,oin. dangereuse, el qn> n «a,l 1«'^"^\^^ \ .„r soutenu qu'à pluMeur. é«.rd, les moderne, «latent nen les •»««" ;«';'" !, L"... qui .va cm pourtant .ntdràt que Fontenelle eut ra.son affectèrent 4^
uit^ épi^;™n.es; il en fil contre eux, .1 il. turent toujour. ^. - - ; fi^ beaucoup d-ouvrages léger,, dan. lesquels on "''"'^"''' ^'ZXn'^Lt^» profondeur qui décèlent un homme supérieur a se. «-^'^'^f^^nT Z" pTn' dM.. K. «r. et duns ses Dialogues i» morl» l'espril de Voitu.e, mus plue ^^du l plus philosophique. S. n.roXiU .1» «.0,. .<., tut "";;-^-7- - Ion cenre II sut faire des Oracle, de Van Pale nu l."e agréable. Les m. .ères Zc!.erau qu Ile. on touche dan. ce li«e lui attirèrent de, ennem,„.o enl,. ^uxÔÛel! S eîrè bonheur d'échapper. Il ,i. eombieu il e.l dangereux d a, or r^dlt. c'hoses ou des ...•-. --Utéso. lor. n « .«.™ «"J-
l«tlu7ob,curs II tut le premier qui port, cette élégance dan, les «.cnces S, '," r ::.X;é;.udil Jp d-omemen., c'était de ce. mois«.ns abondante, dana
fair^il ntait eu à rendre compte que de .e,it»s decu.erle,; m.,. .1 fal a^ [ouVenl qu "«pbquâl des opin.ou, cou.bal.ues les une, par le, autre,, el donl 1.
''r'érg'esT'a p'onon,a de. ac.demiciens m„,., ont .. f^^ ^'^ ^
,.n^«î!sUces respectable., e. ont rendu «'' '"■-"'/-•J:;; j, ^^.^^^ ... ^ A^ <.oHo f<r\(»c(^ ont voulu obscurcir sa repuiaiiuu, w^^
Fontaine, e. d'autre, gens d^eete-^^^^^^^^ ^,„ ,, ,^^,,,,„
le propre des grands hommes d ""''■>« P j,, ,(,„rbillons d.
depuis des comédie, froide., peu théâtrale,, et une .po 'B DMcarte. on a pardonné ces comédie, en t.«ur de sa viedlesse, et «<>»''"'« "D^ilmnn.aveu'r de. ancienne, opinion., qui, d.ns sa jeune,», a,..enl élé celle.
^'^fi^'a regardécomm. leprcmierdes homn-e. dau^^^^^
4. U lumière e. de, grâce, «.r es --- ^ 'Jt ' ni «é soutenus par la con-
rsTcnr i!^:.'r-^^";i:r« : - ... .-- au-de.», . .^
lM aavauts »iui n'ont pas eu le de a de l'mvention. aa aa.\m
ÉCR1VAIK8 DU SIÈCLE DE LOUIS XIV
gr«nd« histoire de Ttn D*Ie, lui fit une querelle «wea tioleule a^ee quelque, léeuite. compUateur. de U Vie de^ saints, qui .^tient précisément l'espril des compilateurs. Ils écriTirenl à leur manière contre le sentime.t raisoniwble de V*. Dtle et de Fontenelle. Le philosophe de Paris ne répondit point; mais son ami 1« M^ant Basuage, philosophe de Hollande, répondit, et le litre des compilateurs' ne fut p.» lu. Plusieurs années après, le jésuite Le Tellier, confesseur de Louis XIV ee malheure.li auteur de toutes les querelles qui ont produit tant de mal et tj de ndicule en France, déféra Ponteuell. à louis XIV comme un athée, et rappel, allégorie de Jtéro et d'Enegu. Maic-René de Paulmy, marquis dÀrgenwn, alor heutenant de police, et depuis garde des «ncaui, écarta la persécution qui allai éclater contre Foutenelle; et ce philosophe le fait asseï entendre dans l'éloge du garde des sceaui d'Argenson, prononcé dans V Académie des sciences. Cette toecdote est plus curieuse que tout ce qu'a dit l'abbé Trublet de Fontenelle. Mort M 9 janvier 1 757, igé de cent ans moins un mois et deux jours.
FORBIN (aaude, chevalier de% chei descadre en France, graiid amiral d. ni de Siam. Il a laissé des Mémoires curieux qu'on a rédigés, et l'on peut jueer -i»tre lui et du Guay-Trouin. Mort en 1 733. «- ^ •
FOSSE (Antoine de LA), né en 1658. Manlius est sa mcUleure pièce d« théalre. Mort en 1708.
fRAGUIER (Claude), né à Paris en 1666, bon littérateur et plein de goét. Il a mis la philosophie de Platon en bons vers latins. 11 eât mieux Talu faire de bons Ter» français. Oi a de lui d'excellentes Dissertations dans le recueil utile de I Aoadéniie des belles-lettres. Mort en 1 7î3.
KURETIÈRE (Antoine), né en 162», fameux par sou DicUonnaire et par sa quo relie. Mort en 1 688 .
GACON (François), né à Lyon en 1667, mis par le P. Nicéron dans le cata-
li»goe des hommes illustres, et qui n'a été fameux q..e par de grossières plaisante-
ries qu'on appelle brevets de la ralotte. Ces turpitudes ont pru leur source dans
|« ne sais quelle association qu'on appelait le rigimrnt des fous et de la calotte
O n'est pas là assurément du bon goût. Les honnèt.s gens ne voi<«nl qu'a^ee'
o^yriM de tels outrages, et leurs auteurs, qui ne peuvent être cités que pour faire
abhorrer leur exemple. Gacon n'écrivit presque que de mauvaises satires en maa-
vais vers contre les auteurs les plus estimés de son temps. Ceux qui n'en écrivenl
aujourd'hui qu'en mauvaise prose sont encore plus méprisés que lui. On n'en parle
ki que pour inspirer le mrme mépris envers ceux qui pourraient l'imiter. Mort
OALLAND (Antoine), né en Picardie en 1646. Il apprit à Constantinoplc kt iengues orientales, et traduisit une partie des conVes arabes qu'on connaît soosk titre des Jft7{« et une nuits ; il y mit beaucoup du sien : c'est un des livres les plat ccnius en Europe; il est amusant pour toutes les nations. Mort en 1715.
ALLOIS (Jean), l'abbé, né k Paris en 1 63Î, savant universel, fut le premiei ^ui travailla au Journal des savants avec le conseiller-clerc Salle, qui avait conçe l'idée de ce travail. Il enseigna depuis un peu de latin au ministre d'État Colbert, qei, malgré ses occupations, crut avoir assex de temps pour apprendre cetU langue; il prenait suitout ses leçons en carrosse dans set voyages de VersaiUes k fans. On disait, avec vraisemblance, que c'était en vue d'être chancelier. On peol •iiierver que les deux hommes qui ont le plus protégé les lettre» ne savaient p« b latia, Jeuis XJV si M. Colbart. On prétend fiie l'abbé Gallois disait : M, Colbfrt
■saipfin
ÉCHIVAIN8 DU SIECLE DE LOUIS XIV
tmf quetq%ufois se familiariser avec moi, mais je le repousse par le respect. Ou attribue ce même mot à Fontenelle à l'égard du régent : il est plus dans le caractère de Fontenelle, et le régent avait daus le sien plus de familiarité q«e Colbert. Mort en 1707. *
GASSENDI (P.erne). né en Provence en 1591, restaurateur d'une partie de le physique d'Épicure. Il sentit la nécessité des atomes et du vide. Newton et d'autrer ont démontré depuis ce que Gassendi avait affirmé. Il eut moins de réputation qw DeKartes, parce qu'il était fîus raisonnable, et qu'il n'était pas inventeur ; mai» on l'accusa, comme Descarte*, d'athéisme. Quelques-uns crurent que celui qui admetUit le vide, comme Épicure, niait un Dieu comme lui. C'est ainsi que rai- Bonaent les calomniateurs. Gassendi, en Provence, où l'on n'était point jaloux de lui, était appelé le saint prêtre; à Paris quelques envieux l'appelaient l'athée. Il est vrai qu'il était sceptique, et que la philosophie lui avait appris à douter de tout, mais non pas de l'existence d'uu Être suprême. Il avait avancé longtemps avant Locke, dans une grande lettre à Uescaites, qu'on ne connaît point du tout Pême ; que Dieu peut accorder la pensée à l'autre être inconnu qu'on noanme matière, et la lui conserver éternellement. Mort en 1655.
GÉDOYN, chanoine de la Saiute-Chapelle à Paris, auteur d'une excellente traduction de Quintilien et de Pausanias. Il était entré chex les jésuites à l'âge de quinze ans, et en sortit dans un âge mûr. Il était si passionné pour les bons auteur» de l'antiquité, qu'il aurait voulu qu'on eût pardonné à leur religion en laveur de» heauté» de leur? ouvrage» et de leur mythologie ; il trouvait dan» la Fable une philoaophie aalurcUe admirable, et de» emblème» frappant» de toute» le» opération» de la Divinité. U croyait que l'esprit de toute» le» nation» »'était rétréci, et que la grande poéaie et la grande éloquence avaient disparu du monde avec la mythologie des Grecs. Le pocme de Milton lui paraissait un poëme barbare, et d'un fanatisme sombre et dégoûtant, dans lequel le diable hurle sans cesse contre le Messie. Il écrivit sur ce sujet quatre dissertaUon»trè»-curieu»e»; on croit qu'elle» seront bientôt imprimée». Mort en 17*â.
N. B. On a imprimé dans quelques dictionnaires que Ninon lui accorda se» faveur» à quatre-vingU an». En ee ca» on aurait dû dire plutôt que l'abbé Gédoyn toi accorda le» »ieune» ; mais c'eat un conte ridicule. Ce fut à l'abbé de Château- ■euf que Ninon .lonna un rendex-vou» pour le jour auquel elle aurait aouante an»
accompli».
QENDRB (Loui» LE), né i Rouen en 165», a fait une Histoire de France, Vont bien faire cette histoire, il faudrait la plume tt la liberté du président dt Thou; et il serait aw*e très-difficile de rendre les premier» »ièclw intéressant». Mon en I7S3.
OBNEST (Charles-Claude), né en 1635, aumônier de la duchesse d'Orléin»» philosophe et poète. Sa tragédie de Pénélope a eucore du succès sur le théâtre, et c'est la seule de ses pièces qui s'y soit conservée. Elle est au rang de ces piècei écrites d'un style lâche et prosaïque, que les situation» font toléier dans la représentation. Son laborieux ouvrage de la Philosophie de Descartes, en rin es plutôt ^u'cn vers, signala plus sa paUence que son génie ; et il n'eut guère rien de comvus avec Lucrèce que de versifier une philosophie erronée presque en tout M ysxi aux bienfaiU de Louis XIV. Mort en 1710.
ai&ARP (l'abbé), de l'Académie. Soo livre dee S%nonym»s eat trè*-uaa} 1
ÉCRIVAINS D» SIÈCLE DE LOUIS XIV
ÊCRIVAllfS 0r SlÈCLft DB LOUIS lit.
fabsîstefâ âurnt que U langue, et «erTirâ même à la faire subsiiter. Morl fort vieux en 174d.
GODKAU (Antoine), l'un de eeui qui 6*TTjr«nt a l'étahli»»ement de l'Acidémie française, poète, orateur et historien. On sait que, pour fairp un jeu de mots, le cardinal de Richelieu lui douna lévéché de Grasse, pour le Benedicite mis en rer». Son Histoire ecclésioêtique en prose fut plus estimée que son poème sur les Fastes ir l'Eglise. II se trompa en croyant <*galer les Fasta d'Ovtde; m son sujet m son fénie n'y pouvaient suffire. C'est une grande erreur de penser que les sujets chrétiens puissent convenir à la poésie comme ceux du paganisme, dont la mythologie aussi ngréablc que fausse, animait toute la nature. Mort en 1671.
OODEFROY (Théodore), fils de Denis Godefroy, Parisien, homme savant, ai à Genève en 1580, historiographe de France sous Louis XUI et Louis XIV. Il s'ap pliqua surtout aux titres et au cérémonial. Mort en 1648.
N, B. Son père, Denis, a rendu un service important à l'Europe par son travail immense sur le C'orpti* juris civilis.
GODEFROY (Deuis), son fils, né k Paris eu 1615, historiographe de France comme son père. Mort en 1681. Toute cette famille a été illustre dans U littérature.
GOMBAULD (Jean Ogier de), quoique n^, sous Charte»» IX », v.<cut longtemps sous Louis XIV. Il y a ae lui quelques bouues épigramnies, dont m«*"ne on a reteaa des vers. Mort en 16Ô6.
GOMBERVILLE (Marin), né à Paris en 1600, l'un des premiers académiciens. Il écrivit de grands romans avaui le temps du bon goût, et sa réputatioa mourut avec lui. Mort en 1674.
GONDY (Jean-François), cardinal de ^^Mi, né en 1^13, qui »éejt en llatilina dans sa jeunesse, et en Attieus daussa vieillesse. Pli.'sieurs eudrcil» de ses Mémoire! ■ont dignes de Salluste, mais tout n'est pas égal. Mort en 1679.
GOURVILLE, valet de chambre du dur. de La Rochefoucauld, der-enn soa ami, et même celui du grand Coudé. Dans le même temps, pendu à Paris en effigie, et envoyé du roi en Allemagne; eusuite, proposé pour succîtier nu grand Colbert daus le mmistere. Nous avons de lui des Mémoires de sa vie, écrits avec MÎTeté, dans lesquels il parle de sa naissance et de sa fortune avec ind;nérenc«. n y a des anecdotes vraies et curieuses.
GRAND (Joachim LE), né en Normandie en 1653, élève du père Le Cointa. n a été l'un des hommes les plus profuuds dans l'histoire. Mort en 1733.
GRECOURT, chauoiue de Tours. Son poëme de PhilotanuA eut un succès pr». dicieux. Le m^ntc de ces sortes d'ouvrages n'est d'ordinaire que dans le cheix du sujet, et dans la malignité humaine. Ce n'est pas qu'il n'y ait quelque* vers bien faits dans ce pocrae : le oomn^encement en est très-heureux ; mais la suite n'y répond pas. Le diable n'y parle pas aussi plaisamment qu'il est a'nené. Le «tyl» •st bas, uniforme, san<; dialogue, saas grâces, sans finesse, sans pureté de style, sans imaginatron d^ns l'expression; et ce n'est enfin qu'une hlstoii-e satirique dt U bulle Unigenttus en v#(rs burlesques, parmi lesquels il s'en trouve de très-plaisants. Mort f>n 1743.
GUAY-TROUIN (DU), n.1 à Saiut-:îal6 en 1673, d'armateur devenu Heategénéral des armées navales, l'tm des plus grands hoiame» en son genre,
Si
àonské des U<*.n.oires écrits du stv e d'un soldat, et propret à exciter l'émirUtiaB eheg ses compatriotes. Mort en i736.
GUÉRET (Gabriel, né i Paris en 1641, connu dans son temps par son Parfiasse réformé et par la Gti^rra des autsws. Il avait du goât; mais ion discours, Si i'empirg d$ l'éloquence est plus grand, quê celui de l'amour ^ ne prouverait pat qu'il en nM. Il a fait le Journal du palais, conjointement avec Blondeau : ce Journal du palais est un rerueil des arrêts des parlements de France, jugements souvent différents dans des causes semblables. Rien ne fait mieux voir combien la 'orisprudenee a besoin d'être réformée, que cette nécessité où l'on est de recueillir des arrêts. Mort en 1688.
GUET (Jacques-Joseph DU), né en Forex en 1649, l'une des meilleures plumet tfu parti janséniste. Son livre de VÉducation d'un roi n'a point été fait pour le roi de Sardaigne, comme on l'a dit, et il a été achevé par une autre main. Le style die Du Guet est formé sur celui des bons écrivains de Port-Royal. Il aurait p^i comme eux rendre de grands services aux lettres; trois volumes sur vingt-cinq chapitres d'Isale prouvent qu'il n'était avare ni de ton temps ni de sa plume. Mort en 1733.
HALDE (DU), jésuite, quoiqu'il ne soit point sorti de Paris, et qu'il n'ait point su le chinoi», a donné, sur les mémoires de ses confrères, la plus ample et U meilleure description Je l'empire de la Chine qu'on ait dans le monde. Mort tn 1743.
L'insatiable curiosité que nous avons de connaître à fond la religion, les lois, les mœurs dea Chinois, n'est point encore satisfaite : un bourgmestre de Middelbourg, nommé Hudde, homme très-riche, guidé par sa seule curiosité, alla à la Chine vert l'an 1700. Il employa une grande partie de son bien à s'instruire de tout. U ap'trit si parfaitement la langue, qu'on le preuait pour un Chinois. Heureusement pour lui, la forme de son visage ne le trahissait pas. Enfin il sut parvenir au grade de mandarin; il parcourut toutes let provinces en cette qualité, et revint ensuite eu Europe avec tm recueil de trente années d'observations ; elles ont été perdues dans un naufrage : c'est peut-être la plus grande perte qu'ait faite la répubLque des lettres.
HAMEL (Jean-Baptiste DU), de Nonnaudie, né en 1624, secrétaire de l'Académie det sciences. Quoique philosophe, il était théologien. La philosophie, qui s'est perfectionnée depuis lui, ■' oui à ses ouvrages, mais son nom a subsisté. Mort •• 1706.
HAMILTON (Antoine, comte d'), né à Cacn '. On a de lui quelques Jolie) f oéties, et 11 est le premier qui ait fait des romans dans im goût plaisant, qu: n'est pat le burlesque de Scarron. Ses Mémoires du comte de Gramont^ son beau-frère, sont de tous les livret celui où le fond le plut mince est paré au ttyle le plut gai, le plus vif et le plus agréable. C'e&t le modèle d'une conversation enjouée, plus que le modèle d'un livre. Son héros n'a guère d'autres r6lct éïïDÈ tet Mémoires que celui de friponuer tes amis au jeu, d'être volé par ton Talet de chambre, et de dire quelques prétendus bons mots ttir let aventuret det aoLret.
ilARDOUIN (Jean), jésuite, né à Quimper en 1646, profond dans l'histolrt, fl chimérique dans les sentiments. Tl faut s'sniutrir, dit Montaigne, ntm quêlttê
U GuDlNnlé Wk\9,\0 ta 1576. et Cba^w VL maatat U Si aal iST4.