‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 282 sur 285 · PEINTRES · texte numérisé non relu

PEINTRES

Il n'en est pas de la peinture comme de la musique. Une nation peut avoir «m ehant qui ne plaise qu'à elle, parce que le génie de sa langue n'en admettra pas d'autres; mais les peintres doivent représenter la nature, qui est la même dent tout les pays, et qui est vue avec les mêmes yeux.

Il faut, pour qu'un peintre ait une juste réputation, que ses ouvrages aient un iprix chei let étrangert. Ce n'est pat astex d'avoir un petit parti et d'être loué dans de petits livres, il faut être acheté.

Ce qui re&ierre quelquefois les talents des peintres est ce qui temblerait derei les étendre ; c'est le goût académique, c'est la manière qu'ili prennent d'aprè ) ceux qui président. Les acadéaiies sont sans doute très -utiles pour former Icsélèvti \ ), surtout quand les directeurs travaillent dans le grand goût : mais ai le chef a le V ^oùtpetit, si ta manière ett aride et léchée, si ses figures grimacent, si tes tableaui j lont peints comme les éventails, les élèves, subjugués par l'imitAtiOn ou p&r l'envM i de plaire à un mauvais maître, perdent entièrement l'idée de la belle nature. U j a •ne fatalité sur les académies: aucun ouvrage qu'on appelle académique u'a été •ocore, en aucun genre, un ouvrage de génie : donoex-moi un arlitU tout occupé

ABT1STB8 OALfiBRBS DU 8IÈCLK DB LOUIS XIV. 209

ie le crainte de ne pas saisir la manière de ses confrères, set productiont leroil eompasséet et contraintes j dounei-moi un homme d'un esprit libre, plein de la sature qu'il copie, il réussira. Presque tout let artistes sublimes on ont fleuri avait les établiuements des académies, ou ont travaillé dans un goût différent de celui foi régnait dans cet sociétés.

Corneille, Racine, Despréaux, Le Sueur, Le Moine, non-geulement prirent tUM Toute différente de leurs confrères, mais ils let avaient presque tout pour csnemit.

POUSSIN (Nicolas), né aux Andelyt, en Normandie, en 1594, fut l'élève de son génie; )1 se perfectionna à Rome. On l'appelle le peintre des gens d'esprit; on pourrait aussi l'appeler celai des gens de goût. Il n'a d'autre défaut que celui d'avoir outré le sombre du coloris de l'école romaine . Il était, dans ton temps, ie plut grand peintre de l'Europe. Rappelé de Rome à Paris, il y céda à l'envie et aux cabales, il se retira: c'est ce qui est arrivé à plus d'un artiste. Le Poussim retourna à Rome, ou il vécut pauvre, mais content. Sa philosophie le mit andeuus de sa fortune Uort en 1 665.

LB SUEUR (Eustache), né à Paris en 1617, n'ayant eu que Youet ponr maître, devint cependant un peintre excellent. Il avait porté l'art de la peinture Au plus haut point, lorsqu'il mourut, à l'âge de trente-huit an»^ en 1655.

BOURDON et LE VALENTIN ont été célèbres. Trois des meilleurs t*blcaux qui ornent l'église de Saint-Pierre de Rome sont du Poussin, du Bourdco et du Taleutin.

LB BRUN (Charles), né à Paris en 1619. A peine eut-il développé ton talent, que le turmtendant Pouquet, l'un des plus généreux et des plus malheureux hommes qui aient jamais été, lui donna une pensiou de viugt-quatre mille livret de notre monnaie d'aigourd'hui. U est à rf-marquer que son tableau de la FomiUt de Dartia, qui est a Versailles, n'est pjiut eflacé par le coloris du tablean de Paul Véronèse qu'où voit à c6lé, e» \i surpasse beaucoup par le dessin, la composition, la dignité, l'expression et la Bdélité du costume. Les estampes de set tableaux des Batailln d'ÀUjnndrt sont encore plus recherchées que /et Batailltê de Constantin par Raphaël et par Jules Ronaio. Mort en 1690.

MIONARD (Pierre), c-i i Tr<)yr;i eu Champagne, en 1610, fut le rival de Le Brun pendant quelque temps ; mais il ne l'est pas aux yeux de la postérité. HorI en t695.

OELBE (Claude), dit Claude LORRAIN. Son père, qui en voulait faire na garçun pAtiisier, ne prévoyait pas qu'un jour son fils ferait des tableaux qui seraient regardés comme ceux d'un des premiers paysagistes de l'Europe. Mort à Rome en 1678.

CASE. On a de lui des tableaux qui commencent à être d'un grand prix. On rend trop tard justice en France aux bons artistes. Leurs ouvrages médiocres y foat trop de tort à leurs chefs-d'œuvre. Les italiens, au contraire, passent cbei tnx le médiocre en faveur de l'excellent. Chaque nation cherche à se faire vuloir. Ias Français font valoir les autres nations en tc'ut genre.

PARROCEL (Joseph), né en t648, boL peintre, et sur passé par cm Ait. tforten 1704.

JOUVENBT (Jean), hé à Rouen en 1644, élève de LeBrua, i&férièut à toa maître, quoique Un peintre. 11 a peint presque tout let objett d'une eouleor un peu jtune. V les voyait le cette couleur, par une singulière conformation 4'ev»

300 ARTISTES CÉLÈBRES i)U SIÈCLE DE LOUIS XI?.

ganet. Devenu paralytique du brat droit, il t'exerça i peindre de la maio g&iieh«, •t on a de lui de grandes conipotitiont exécutéetde c^lte manière. Mort en 1 717.

8ANTERRE (Jean-Baptiste). Il y a de lui des tableaux de chevalet tdnii> râbles, d'un coloris vrai et tendre. Son tableau à.' Adam tt d'Eve est un des plut beaux qu'il y ait en Europe. Celui de SaitUe Thérèse^ dans la chapelle de Tcr- •aiUcs, est un chef-d'œuvre de grices; et on ne lui a renroché que d'être trop voluptueux pour un tableau d'autel.

LA FOSSE s'est distingué par un uiérile à peu |<rès semblable.

BOULOGNE (Bon), excellent peintre; la preuve en est que set tableau t«»} fendus fort cher.

BOULOONE (Louis). Ses tableaux, qui ne tout pat tans mérite, sont uftini vecherchés que ceux de sou frère.

RAOUS, peintre inégal; mais quasd il a réussi, il t égalé le Rembrandt.

RIOAUD, né à Perpignan en 1663. Quoiqu'il u'ait guère de réputation qa« dans le portrait, le grand tableau où il a représenté le cardinal de Bouillon ouvrant l'aunée sainte est un chef-d'œuvre égal aux plus beaux ouvrages de Rubent. Uort en 1743.

DE TROY a travaillé dans le godt de Rigaud. On a de suu fils de» tableau d'histoire estimés.

VATTEAU a été dans le gracieux à peu près ce que Téniers a été dans le grotesque, lia fait des disciples dont les tableaux sont recherchés.

LE MOINE, né à Paris en 1688, a pcut-^lre surpassé tous ces peintres par la composition du Salon d'Hercule, à Versailles. Cette apothéose d'Hncule était une flatterie pour le cardiudl Hercule de Fleury, qui n'avait rien de commun •vec l'Hercule de la Fable. Il eût mieux valu, dans le salon d'un roi de France, représenter l'apothéose de Ueuri IV. Le Moine, envié de ses confrères et se croyant mal récompensé du cardinal, se tua de désespoir en 1737.

Quelques autres ont excellé à peindre des animaux, comme Desportes etOudry; i'autres ont réussi dans la miniature ; plusieurs dans le portrait. Quelques peintres, et surtout le célèbre Vauloo, se sont distingués depuisdans déplus grands geurei^ et il est à croire que cet art os périra pas.

SCULPTEURS. ARCiilTKCTES, GRAVEURS, etc.

La sculpture a été poussée a i.i perfection sous Louia XIV, et s'est soutenue daM ta force luus Louis XV.

SARRASIN (Jacques), né eu 1598, fit des chefs-d'auvre à Rome pour i« ^{!3pe Clément VIII. Il travailla i Paris avec le même succès. Alort en 1660.

PUGET (Pierre), né en 1613, architecte, sculpteur et peintre; célèbre psr plusieurs chefs-d'œuvre qu*onvoità Marseille et à Versailles. Mort en 1605.

LK GROS et THËODON ont embelli l'Italie de leurs ouvrages. Ht firent efaacun à Rome deux modèles qui l'empurterent au coucours sur tous les autres, •t qui sout comptais parmi les chefs-d'œuvre. Le Gros mourut à Home en 1719.

GIRARDON ^François), né en 1617, a égalé toutee que l'antiquité a déplus beau, par les Sains d'Jpolloti et par le Tombeau du cardinal de Richelieu, Mutt ta 1715.

Lc^ GOVSKVOX «t Isa COUSTOU. et beaucoup d'auUvs, »« tuu\ trè*-dia

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