‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 29 sur 285 · MA · texte numérisé non relu

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falet de chambre du duc de La Rochefoucauld) était dcTeou un homme considérable par son caractère hardi et prudent, imagina un moyen sûr de délivrer les prince» enfermés alon à Vincennes. Un des conjurés eut la bêtise de se confesser à un prAtre de la Fronde. Ce malheureux prêtre avertit lecoad- Juteur, persécuteur en ce temps-là du grand Condé. L'entreprise échoua par la révélation de la confession, si ordinaire dans les guerres civiles.

On voit par les Mémoires du conseiller d'État Lenet, plui curieux que connus, combien, dans ces temps de licence effrénée, de troubles, d'iniquités, et même d'impiétés, les prêtres avaient encore de pouvoir sur les esprits. 11 rapporte qu*en Bourgogne le doyen de la Sainte-Chapelle, attaché au prince de Condé, offrit pour tout secours de faire parler en sa faveur tous les prédicateurs en cnaire, et de faire manœuvrer tous les prêtres dans la confession.

Pour mieux taire connaître encore les mœurs du temps, il dit que lorsque la femme du grand Condé alla se réfugier dans Bordeaux, les ducs de Bouillon et de La Rochefoucauld allèrent au-devant d'elle à la tête d'une foule de jeunes gentilshommes qui crièrent à ses oreilles : Vive Condé! ajoutant un mot obscène pour Mazarin, et la priant de Joindre sa voix aux leurs.

Un an après (13 février 1651), les mêmes frondeurs qui avaient vendu le grand Condé et les princes à la vengeance timide de Mazarin forcèrent la reine à ouvrir leurs prisoni, et à chasser du royaume son premier ministre. Mazarin alla lui-m^me au Havre, où ils étaient détenus ; il leur rendit leur liberté, et ne fut reçu d'eux qu'avec le mépris qu'il en devait attendre; après quoi il se retira à Liège. Condé revint dans Paris aux acclamations de ce même peuple qui l'avait tant baï. Sa présence renouvela les cabales, les dissensions et les meurtres.

Le royaume resta dans cette combustion encore quelques années. Le gouvernement ne prit presque jamais que des partis faibles et incertains : il semblait devoir succomber; mail les révoltés furent toujours désunis, et c'est ce qui sauva la eour. Le coadjuteur, tantôt ami, tantôt ennemi du prince de

Jondé, suscita contre loi une partie du parlement et du peuple : il osa en même temps servir la reine en tenant tête à ce prince, et l'outrager en la forçant d'éloigner le cardinal Mazarin, qui se retira à Cologne. La reine, par une contradiction trop ordinaire aux gouvernements faibles, fut obligée dere« cevoir à la fois ses services et ses ofiFenses , et de nommer au cardinalat ce même coadjuteur, l'auteur des barricades, qui avait contraint la famille royale à sortir de la capitale et è l'assiéger.

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