CHAPITRE VL
dlnal Mazarïfi ; cependant à peine fut-il chassé par le cri général des Français et par une déclaration du roi, que le roi le fit revenir. Il fut étonné de rentrer dans Paris tout-puissant et tranquille. Louis XIV le reçut comme un père, et le peuple comme un mattre. On lui fit un festin à l'Hôtel de ville, au milieu des acclamations des citoyens : il jeta de l'argent à la populace; mais on dit que, dans la joie d'un si hefureux changement, il marqua du mépris pour l'inconstance, ou plutôt pour la folie des Parisiens. Les officiers du parlement, après avoir mis sa tète à prix comme d'un voleur public, briguèrent presque tous l'honneur de venir lui demander Ba protection; et ce même parlement, peu de temps après, condamna par contumace le prince de Condé à perdre la vie : changement ordinaire dans de pareils temps, et d'autant plus humiliant que l'on condamnait par des arrêts celui dont on avait si longtemps partagé les fautes.
On vit le cardinal , qui pressait cette condamnation de Condé , marier au prince de Conti , son frère , l'une de ses nièces : preuve que le pouvoir de ce ministre allait être sans bornes.
Le roi réunît les parlements de Paris et de Pontoîse; il défendit les assemblées des chambres. Le parlement voulut remontrer; on mit en prison un conseiller, on en exila quelques autres; le parlement se tut : tout était déjà changé.