CHAPITRE VI
f halie, par laquelle l'empereur et l'Empire vendirent au roi et ï la couronne de France la souveraineté de l'Alsace pour trois millions de livres payables à l'archiduc, c'est-à-dire pour environ six millions d'aujourd'hui. Par ce traité, devenu pour l'avenir la base de tous les traités, un nouvel électorat fat créé pour la maison de Bavière ; les droits de tous les princes et des villes impériales, les privilèges des moindres gentilshommes allemands, furent confirmés; le pouvoir de l'empereur fut restreint dans des bornes étroites; et les Français, |ointsaux Suédois, devinrent les législateurs de l'Empire. Cette gloire de la France était due, au moins en partie, aux armes delà Suède. Gustave- Adolphe avait commencé d'ébranler l'Empire ; ses généraux avaient encore poussé assez loin leurs conquêtes sous le gouvernement de sa fille Christine; son général Vrangel était près d'entrer en Autriche; le comte de Kœnigsmarck était maître de la moitié de la ville de Prague, et assiégeait l'autre, lorsque cette paix fut conclue. Pour accabler ainsi Tempcreur, il n'en coûta guère à la France qu'environ un million par an donné aux Suédois.
Aussi la Suède obtint par ces traités de plus grands avantages que la France : elle eut la Poméranie, beaucoup de places et de l'argent ; elle força l'empereur de faire passer entre les mains des luthériens des bénéfices qui appartenaient aux catholiques romains. Rome cria à l'impiété, et dit que la cause de Dieu était trahie; Ins protestants se vantèrent qu'ils avaient sanctifié l'ouvrage de la paix en dépouillant des papistes: l'intérêt seul fit parler tout le monde.
L'Espagne n'entra point dans cette paix, et avec assez de raison; car, voyant la France plongée dans les guerres civiles, le ministère espagnol espéra profiter des divisions de la France; les troupes allemandes licenciées devinrent aux Espagnols un nouveau secours : l'empereur, depuis la paix de Munster, fit passer en Flandre, en quatre ans de temps, près de trente mille hoomies. C'était une violation manifeste des traités; mais ils ne sont presque jamais exécutés autrement.
Les ministres de Madrid eurent, dans le commencement d% ces négociations de Vcstphalie, l'adresse de faire une paix particulière avec la UoUande : la monarchie espagnole fut enfin
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Irop heuronse de n'avoir plus pour ennemis et de reconnaître pour souverains, ceux qu'elle avait trailôs si longtemps de rebelles indignes de pardon. Ces républicains augmentèrent leurs richesses, et affermirent leur grandeur et leur tranquillité en traitant avv-îc l'Espagne sans rompre avec la France.
Ils étaient si puissants, que, dans une guerre qu'ils eurent quelque temps après avec l'Angleterre, ils mirent en mer cent vaisseaux de ligne; et la victoire demeura souvent indécise entre Black, l'amiral anglais, etTromp, l'amiral de Hollande, qui ''talent tous deux sur mer ce que les Condé et les Turenne étaient sur terre» La France n'avait pas en ce temps dix^ vaisseaux de cinquante pièces de canon qu'elle pût mettre en mer; sa marine s'anéantissait de jour en jour.
Louis XIV se trouva donc, en 1653, maître absolu d'un royaume encore ébranlé des secousses qu'il avait reçues, rempli de désordres en tout genre d'administration, mais plein de ressources*, n'ayant aucun allié, excepté la Savoie, pour faire une guerre offensive, et n'ayant plus d'ennemis étrangers que l'Espagne, qui était alors en plus mauvais état que la France. Tous les Français qui avaient fait la guerre civile étaient soumis, hors le prince de Condé et quelques-uns de ses partisans, dont un ou deux lui étaient demeurés fidèles par amitié et par grandeur d'âme, comme le comte de Coligni etBoutteville, et les autres parce que la cour ne voulut pas les acheter asseï chèrement.
Condé, devenu général des armées espagnoles, ne put relever un parti qu'il avait affaibli lui-même par la destruction de leur infanterie aux journées de Uocroi et de Lens : il combattit avec des troupes nouvelles, dont il n'était pas le maître, contre les vieux régiments français qui avaient appris à vaincre soui lui, et qui étaient commandés par Turenne.
Le sort de Turenne et de Condé fut d'être toujours vain-
t. Jeanned'ArcftTattrait de la France contre les Anglais une nation.... Louia 2 H
St de la France contre l'Europe un Etat La Fronde u'aTait aucune de cet idée!
«r/atriccs; de là son incertitude et sa faiblesse. Louis XIV avait l'idée de l'Etat, ée la iM fermeté , sa décision et ce grand mot : l'Elaty c'est moi l qu'on a prli ua ai«t d'orgueil, et qui n'était qu'un mot de politique.
(Sain!-M£rc>Girardisv)
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flucuw quand ils comballirent ensemble à la tête «es rrançata, et d'être battus quand ils commandèrent les Espagnols.
Turenne avait à peine sauvé les débris de Varmée d'Espagne à la bataille do Réthel, lorsque, général du roi de France, il «'était fait le lieutenant d'un général espagnol ; le prince de Condé eut le même sort devant Arras. L'archiduc et lui assié- «eaient cette ville : Turenne les assiégea dans leur camp, et força leurs lignes; les troupes de l'archiduc furent mises en fuite: Condé, avec deux régiments de Français et de Lorrains, soutint seul les efforts de l'armée de Turenne; et. tandis que l'archiduc fuvait, il battit le maréchal dllocquincourt, il repoussa le maréchal de La Ferlé, et se retira violoneux en couvrant la retraite des Espagnols vaincus Aussi le roi «i E» pagne lui écrivit ces propres paroles : « 1 ai su que tout était « perdu, et que vous avez tout conservé. »
U est difficile de dire ce qui fait perdre ou gagner les batailles; mais il est certain que Condé était un des grands hommes de guerre qui eussent jamais paru, et que 1 archiduc et son conseil ne voulurent rien f«ire dans cette journée de ce
oue Condé avait proposé. .
Arras sauvé, les lignes forcées et l'archiduc mis en ftaite, comblèrent Turenne de gloire ; et on observa que dans a lettre écrite au nom du roi au parlement sur cette victoire (t 1 septembre 1054), on y attribua le succès de toute la campagne au cardinal Mazarin, et qu'on ne fit pas même mention du nom de Turenne. Le cardinal .'était trouvé en effet :. T^olque. Ueues d'Arras avec le roi : il était même entré dans le camp au siège de Stenai, que Turenne avait pris avant de secounr Arras; on avait tenu devant le cardinal des conseils de guerre Sur ce fondement il s attribua l'honneur des événements, et cette vanité lui donna un ridicule que toute 1 autorité du ministère ne put effacer.
Le roi ne se trouva point à la bataille d'Arras, et aurait pa y être : U était allé à la tranchée au siège de Stenai; mais te cardinal ne voulut pas qu'il exposât davantage sa personne, à laquelle le repos de l'État et la puissance du ministre semblaient attachés. , j , .
D'un cûté, Mazarin, maître absolu de la France et du Jeun»