CHAPITRE VI
roi; de Tautre, don Louis de Haro, quîjjouyeraalljjigpagna je! Pliilippe IV, continuaient, sous le nom de leurs maîtres, icette guerre peu vivement soutenue. 11 n'était pas encore /question dans le monde du nom de Louis XIV, et jamais on n'avait parlé du roi d'Espagne : il n'y avait alors qu'une tête couronnée en Europe qui eût une gloire personnelle : la seule Christine, reine de Suède, gouvernait par elle-môme, et soutenait l'honneur du trône, abandonné, ou flétri, ou inconnu I dans les autres États.
Charles U, roi d'Angleterre, fugitif en France avec sa mère et son frère, y traînait ses malheurs et ses espérances. Un simple citoyen avait subj«gué l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande. Cromwell, cet usurpateur digne de régner, avait pris le nom de protecteur, et non celui de roi, parce que les Anglais «avaient jusqu'où les droits de leur roi devaient s'étendre, et ne connaissaient pa» quelles étaient les bornes de l'autorité d'un protecteur.
Il afFermit son pouvoir en sachant le réprimer à propos : il n'entreprit point sur les privilèges dont le peuple était jaloux; il ne logea jamais de gens de guerre dans la cité de Londres; il ne mit aucun impôt dont on pût murmurer; il n'offensa point les yeux par trop de faste; il ne se permit aucun plaisir; il n'accumula point de trésors; il eut soin que la Justice fût observée avec cette impartialité impitoyable qui ne distingue point les grands des petits.
Le frère de Pantaléon Sa , ambassadeur de Portugal en Angleterre, ayant cru que sa licence serait impunie parce que la personne de son fr«>re était sacrée, insulta des citoyens de Londres, et en fit assassiner un pour se venger de la résistanc des autres; il fut condamné à être pendu. Cromwelf, qui pou vait lui faire ^âce, le laissa exécuter, et signa ensuite uu traité avec l'ambassadeur. ^
Jamais le commerce ne fut si libre ni si florissant; jamaii l'Angleterre n'avait été si riche. Ses flottes victorieuses faisaient respecter son nom sur toutes les mers; tandis que Mazarin, uniquement occupé de dominer et de s'enrichir, laissait languit dans la France la justice, le commerce, la marine et même lei finances. Maître de la France, comme Cromvirell l'était de l'Ain
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gleterre, après une guerre civile, il eût pu faire pour le r«î» îu'il gouvernait ce queCromwell avait f«l pourlcs.en:.r..>. Il était étranger, et l'âme de Mamrin, qui n'avait pas la barbarie de celle de llromvvell. n'en avait pas «"^f ,1" e?",^«"''
Toutes les nations de l'Europe, qui avaient négligé 1 alliance 4e l'Angleterre sous Jacques 1" et sous Charles l", la bngufcrnt sous le protecteur. La reine Christine elle-même, quoiîn'elle eût détesté le meurtre de Charles 1", entra dans laifianre d'un tyran qu'elle estimait.
Maxarinerdon Louis de Haro prodiguèrent à l'env^ leur politique pour s'unir avec le protecteur : il goûta quelque temp fa satisfaction de se voir courtisé par les deux plu. puissants
royaumes de la chrétienté. /.,...
le ministre espagnol lui offrait de l'aider \Pf f .^« ^ala s , Mwarin lui proposait d'assiéger Dunkerque, et de lui remettre "ne vSleCromwell avait à choisirentre les clefs de la France et celles de la Flandre. Il fut beaucoup sollicité aussi par Condé ; mais il ne voulut point négocier avec un prince qui n avaU plus pour lui que son nom, et qui était sans parti en trance et «ans pouvoir chez les Espagnols.
/'le protecteur se détermina pour la France, mais sans faire / de Uaité particulier, et sans partager des conquêtes par avance : n Youlait illustrer son usurpation par de plus grand«»J°^^ Vises -Son dessein était d'enlever le Mex.qi.e aux Espagnols, niais iV furent avertis à temps. Les amiraux de Cromwell leur prirenrdu moins la Jamaïque (mai .655). Ile que les Anglais Lsèdent encore, et qui assure leur commerce dans le Nouveau-Monde: Ce ne fut qu'après l'expédition de la Jamaïque lue Cromwel signa son traité avec le roi de France, mais sans Aire encore mention de Dunkerque. Le protecteur traita Tégal à égal ; il força le roi à lui donner le titre de frère dans .«lettres (8 novembre 1655) : son secrétaire signa avant e plénipotentiaire de France dans la minute du traité qui resta ja Angleterre; mai. il traita véritablement en supérieur, en obligeant le roi de France de faire sortir de ses États Charles 11 et le duc d'Yorck, petit-fils de Henri IV, à qui la France devut un asile. On ne pouvait faire un plu» grand sacrifice de l Ionneur à la fortune.
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