CHAPITRE
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banque coururent en foule à la banque d'Amsterdam ; on craignait que l'on n'eût touché au trésor public ; chacun s'empressait de se faire payer du peu d'argent qu'on croyait pouvoir y être encore. Les magistrats firent ouvrir les caves où le trésor se conserve : on le trouva tout entier, tel qu'il avait été déposé depuis soixante ans; l'argent même était encore noirci de l'impression du feu qui avait, quelques années auparavant, consumél'hôtel de ville. Les billets de banque s'étaient toujours négocit:'s jusqu'à ce temps sans que jamais on eût touché au trésor; on paya alors avec cet argent tous ceux qui voulurent l'être. Tant de bonne foi et tant de ressources étaient d'autant plus admirables, que Charles II, roi d'Angleterre, pour avoir de quoi faire la guerre aux Hollandais et fournir à ses plaisirs, non content de l'argent de la France, venait do faire banqueroute à ses sujets. Autantil était honteux à ce roi de violer ainsi la foi publique, autant il était glorieux aux magistrats d'Amsterdam de la garder dans un temps où il Bemblait permis d'y manquer.
A cette vertu républicaine, ils joignirent ce courage d'esprit qui prend les partis extrêmes dans les maux sans remède. Ils firent percer les digues qui retiennent les eaux de la mer; les maisons de campagne, qui sont innombrables autour d'Amsterdam, les villages, les villes voisines, Leyde, Delft, furent inondés. Le paysan ne murmura pas de voir ses troupeaux noyés dans les campagnes : Amsterdam fut comme une vaste forteresse au milieu des eaux, entourée de vaisseaux de guerre, qui eurent assez d'eau pour se ranger autour de la ville. La disette fut grande chez ces peuples : ils manquôreni surtout d'eau douce; elle se vendit six sous la pinte; mais ces extrémités parurent moindres que l'esclavage. C'est une chos^ digne de l'observation de la postérité, que la Hollande, ain^ accablée sur terre, et n'étant plus un État, demeura encore redoutable sur la mer : c'était l'élément véritable de cea peuples.
Tandis que Louis XIV passait le Rhin et prenait trois pro- Tinces, l'amiral Ruyter, avec environ cent vaisseaux de guerre 01 plus de cinquante brûlots, alla chercher près des côtes d'Angleterre les flottes de» deux rois : leurs puissances rétt-
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SIÈCLE DE L0UT8 XIY