CHAPITRE II
Charles-Quint prodiguait déjà en Europe les trésors du Mexique, avant que quelques sujets de François !«' eussent découvert la contrée inculte du Canada; mais, parle peu même que firent les Français dans le commencement du seizième siècle, on vit de quoi ils sont capables quand ils sont conduits.
On se propose de montrer ce qu'ils ont été sous Louis XIV.
Il ne faut pas qu'on s'attende à trouver ici, plus que dans le tableau des siècles précédents, les détails immenses des guerres, des attaques de villes prises et reprises par les armes, données et rendues par des traités. Mille circonstances intérêt •antes pour les contemporains se perdent aux yeux de la po». térité, et disparaissent pour ne laisser voir que les grands événements qui ont fixé la destinée des empires. Tout ce qui s'est fait ne mérite pas d'être écrit. On ne s'attachera, dans cette histoire, qu'à ce qui mérite l'attention de tous les temps, à ce ' qui peut peindre le génie et les mœurs des hommes, à ce qui i peut servir d'instruction et conseiller l'amour de la vertu, des ' arts et de la patrie.
On a déjà vu ce qu'étaient et la France et les autres Étate de l'Europe avant la naissance de Louis XIV; on décrira ici les grands événements politiques et militaires de son règne. Le gouvernement intérieur du royaume, objet plus important pour les peuples, sera traité à part. La vie privée de Louis XIV, les particularités de sa cour et de son règne tiendront une grande place. D'autres articles seront pour les arts, pour les sciences, pour les progrès de l'esprit humain dans ce siècle. Enfin on parlera de l'Église, qui depuis si longtemps est liée j y nu gouvernement; qui tantôt l'inquiète et tantôt le fortifie, et ( qui, instituée pour enseigner la morale, se livre souvent à !« ( politique et aux passions humaines.