CHAPITRE XI
ÉTtcoation de U Hollanile. Seconde conquête de la Franche-Comté.
On croit nécessaire de dire à ceux qui pourront lire cet ouvrage, qu'ils doivent se souvenir que ce n'est point ici une simple relation de campagnes, mais plutôt une histoire des mœurs des hommes : assez de livres sont pleins de toutes les minuties des actions de guerre, et de ces détails de la fureur et de la misère humaines. Le dessein de cet essai est de peindre les principaux caractères de ces révolutions, et d'écarter la multitude des petits faits pour laisser voir les seuls considérables, et, s'il se peut, l'esprit qui les a conduits.
La France fut alors au comble de sa gloire : le nom de ses généraux imprimait la vénération; ses ministres étaient regardés comme des génies supérieurs aux conseillère des autres princes ; et Louis était en Europe comme le seul roi. En effet, l'empereur Léopold ne paraissait pas dans ses armées Charles II, roi d'Espagne, fils de Philippe VI, sortait à peine do l'enfance : celui d Angleterre ne mettait d'activité dans sa vie que celle des plaisirs.
Tous ces princes et leurs ministres firent de grandes fautes» L'Angleterre agit contre les principes de la raison d'État en s'unissant avec la France pour élever une puissance que soD wtérêt était d'affaiblir; l'empereur, l'Empire, le conseil espagnol, firent encore plus mal de ne pas s'opposer d'abord à ce torrent. Enfin Louis lui-même commit une aussi grande faute qu'eux tous, en ne poursuivant pas avec assez de rapidité des conquêtes si faciles. Condé et Turenne voulaient qu'on démo-
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SIÈCLB DE LOUIS XIY.