‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 79 sur 285 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

^erre ennemis se cachaient devant ses flottes. Seignelai, qui osait tout, fit venir les galères de Marseille sur l'Océan : let côtes d'Angleterre virent des galères pour la première fois; on fit par leur moyen une descente aisée à Tingmouth.

On brûla dans cette baie plus de trente vaisseaux marehands; les armateurs de Saint-Malo et du nouveau port de Dunkerque s'enrichissaient, eux et l'État, de prises continuelles. Enfin, pendant près de deux années, on ne connais- •ait plus sur les mers que les vaisseaux français.

Le roi Jacques ne seconda pas en Iriande ces secours de Louis XIV. Il avait avec lui près de six mille Français et quinze mille Irlandais; les trois quaris de ce royaume se déclaraient en sa faveur; son concurrent Guillaume était absent : cependant il ne profita d'aucun de ses avantages. Sa fortune échoua d'abord devant la petite ville de Londondéri; il la pressa par Dn siège opiniâtre, mais mal dirigé, pendant quatre mois. Cette ville ne fut défendue que par un prêtre presbytérien, nommé Valker. Ce prédicant s'était mis à la tête de la milice bourgeoise : il la menait au prêche et au combat; il faisait braver aux habitants la famine et la mort : enfin le prêtre contraignit le roi de lever le siège.

Cette première disgrâce en Irlande fut bientôt suivie d'un plus grand malheur. Guillaume arriva, et marcha à lui. La rivière de Boine était entre eux (H juillet 1690); Guillaume entreprend de la franchir à la vue de l'ennemi : elle était à peine guéablc en trois endroits. La cavalerie passa à la nage, l'infanterie était dans l'eau jusqu'aux épaules; mais à l'autre bord il fallait encore traverser un marais; ensuite on trouvait un terrain escarpé qui formait un retranchement naturel. Le roi Guillaume fit passer son armée en trois endroits, et engagea la bataille. Les Irlandais, que nous avons vus de si bons soldats en France et en Espagne, ont toujours mal combattu chez eux. Il y a des nations dont l'une semble faite pour être soumise à l'autre. Les Anglais ont toujours eu sur les Irlandais la supériorité du génie, des richesses et des armes, Jamais l'Irlande n'a pu secouer le joug de l'Angleterre, depuif qu'un simple seigneur anglais la subjugua. Les Français combattirent à la Journée de Boioe ; les Irlandais s'enfuirent : leur

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