‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 82 sur 285 · CHAPITRE XVÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVÎ

cent mille hommc^s *, son fils le dauphin, qu'on nommait Monseigneur, prince doux dans ses mœurs , modeste dans sa conduite, qui paraissait tenir en tout de sa mère. H était âgé de vingt-sept ans : c'était pour la première fois qu'on lui confiait un commandement, après s'être bien assuré par son caractère qu'il n'en abuserait pas. Le roi lui dit publiquement à son départ {'l'2 septembre ^688) : «Mon fils, en vous « envoyant commander mes armées, je vous donne les occa- « sions de faire connaître votre mdrite; allez le montrer à « toute l'Europe, afin que, quand je viendrai à mourir, on « ne s'aperçoive pas que le roi soit mort. »

Ce prince eut une commission spéciale pour commander, comme s'il eût été simplement l'un des généraux que le roi eût choisis. Son père lui écrivit : « A mon fils le dauphin, « mon lieutenant général, commandant mes armées en Alle- « magne, i»

On avait tout prévu et tout disposé pour que le fils de Louis XIV, contribuant à cetlc expédition de son nom et de sa présence, ne reçut pas un affront. Le maréchal de Duras commandait réellement l'armée; Boufflers avait un corps de troupes en deçà du Rhin ; le maréchal d'Humières, un autre vers Cologne, pour observer les ennemis. Heidelberg, Mayence, étaient pris : le siège de Philipsbourg, préalable toujours nécessaire quand la France fait la guerre à l'Allemagne, était commencé : Vauban conduisait le siège. Tous les détails qui n'étaient point de son ressort roulaient sur Catinat, alors lieutenant général, homme capable de toute< fait pour tous les emplois. Monseigneur arriva après six joun de tranchée ouverte : il imitait la conduite de son père, s'ex» posant autant qu'il le fallait, jamais en téméraire, affable à tout le monde, libéral envers les soldats. Le roi goûtait une Joie pure d'avoir un fils qui l'imitait sans l'effacer, et qui se faisait aimer de tout le monde sans se faire craindre de son père.

(iNovembre 1688.) Philipsbourg fut prison dix-neuf jours ; on prit Manheim en trois jours, Franckendal en deux : Spire^

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