LE ROI DE THEATRE
!■ J'ai la conviction que ce que tu dis en ce moment, tu le » penses; mais il nous arrive souvent d'enfreindre ce que 0 ncus avons résolu; les résolutions sont subordonnées à la » mémoire; h ur cnfasiieiLent est violent, mais elles ont peu » de chances d':; vivre, pareilles au fruit qui resle attaché à » l'arbre tant qu'il est vert, et qui tombe dès qu'il est mûr.
1) II est naturel que nous négligions l'acquiltement d'une I) dette coniraclée envers nous même : la promesse que bous » nous sommes faite dans la chaleur de la passion, la pas- » siun tinie, ne nous enchaine plus; quand les bonhears et » leschagrinsviolens s'éteignent, les projets qu'ils ont fait » naiire meurent avec eus : à l'excès de la joie succède l'ex- " ces de la douleur. Il faut peu de chose pour faire rire la " douleur et pleurer la joie. Rien n'est tleriiel dans le mon- » de; il ne faut pas s'élonner que nos affections changent « avec nos fortunes ; et- c'est une question non encore réso- ■1 lue de savoir si c'est l'amour qui conduit la foriune, ou la » fortune qui conduit l'amour. Quand l'homme puissant est « tombé, ses courtisans s'éloignent; 1>^ pauvre qui s'élève •> voit tous ses ennemis devenir ses amis; etjusqu'à ce jour • l'affection a suivi la fortune; qui n'a pas besoin d'arais est » %kr de ne pas en manquer; et quiconque, dans tes néces- » sites, s'adresse au cœur vide d'un ami, s'en fait sur-le- » champ un ennemi. Slais pour conclure comme j'ai com- » mincé,~nos volontés et nos destins vont tellement en » sens contraires, que toujours nous voyons nos projets ren- 11 versés: nos résolutions nous apparli^nent; leur aecom- « plissement ne dépend pas denous:amsi, tu es bien déci- » dée a ne pas prendre un sei'ond époux ; mais que le prft- 11 mier meure, et avec lui mourra ta résolution. »