‹ Le siècleChapitre 128 sur 216 · L.\ BEINBt · texte numérisé non relu

L.\ BEINBt

Mon fils !

LE ROI

Rassurez VOUS cependant.

(A Marcellus qui entre.) Ah ! c'est toi , Marcellus, que veus-lu?

MAnCELLlS.

C'est la pauvre Ophélie, Sire, qui veut entrer.

LE ROI

Qu'elle entre.

MARCELLIS , après une fausse sortie.

Mais j'oublie...

Son père et son amour en un seul jour perdus, Ont sans doute troublé ses esprits éperdus: Nous cherchons vainement un sens à sa parole. Et Sf^s yeux égarés ..

lA REINE.

Malheur elle aussi, folle!

LE ROI

Mais de quoi parle-t-cUe?

MARCELILS.

Oh I de son père mort, Des hommes tous médians,— plus méchans que le sort. Elle frappe son cœur, sanglotte, puis s'irrite, Dit sérieusement des paroles sans suite, Tient d'étranges discours, qui pourtant font rêver Et qu'avec la pensée on tâche d'achever. Ses gestes, ses regards prêlcnt à ces mots vagues Le sens mystérieux du nuage et des values, On sent vivre cl penser son rêve ténébreux. Car on le sent souffrir,— souffrir d'un mal affreux.

LE ROI

Amencz-la-nous donc— Ses paroles obscures Feraient faire aux méchans d'affreuses conjectures.

(Marcellus sort cl rculro iramôdialeraenl avec Ophélie.)

du salut, alors frappe le, afin qu'il tourne le dos au ciel, et que son âme soii aussi damnée et aussi noire que l'enfer où il ira. Ma mère m'allend :— ;Ri};ardant lo roi.) Prolonge encore tes jours malades, ce n'est qu'un répit que je te donne.

LE BOX se lève et s'avance.

(Il sort.)

Mes paroles montent ; mes pensées restent en bas. Les paroles sans les |)ensécs n'arrivent point au ciel.

(Il sort.)

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