L.V HEINE
Mais elle ne dit rien, H élas 1 votre chanson I
OPnÉLlE.
Comment I je vous supplie,
Ecoutez :
Mort en sa jeune saison.
On l'a mis au ciratHière :
A sa lèle esl une pierre.
A ces pieds uu vert gazon.
Ch I ob ! Dieu !
Éooulez, écoutez :
LA REIXE.
Voyons, chère Ophélie!
OPHÉLIE
Sou linceul blanc comme ta neige Était parsemé de fleurs, Qu'arrosaient avec des pleura Les vrais amans du eort/ge.
Oh! qu'est-ce que ceci ?
(A Opbélie.) Comment vous trouvez-vous, madame?
OPUÉLIE.
Bien, merci!
Que le ciel vous garde! On dit que la chouette Etait fille, autrefois, d'un boulanger. Pauvrette ! Hélas! je reconnais aujourd'hui mon chemin, Mais qui pourra me dire où je serai demain ? Pauvre, pauvre vieillard!
LA REINE-
Elle pense à son père.
OPHÉLIE
Nous n'allons plus parler de tout cela, j'espère ! Le sens caché! mon Dieu! je vais l'aplanir!
Voici le rfiatin De sainl-Valentin, Et je viens, mutine, Vous dire bonjour.
Pour être en ce jour Voire Y^euliae I
Pauvre enfant!
LA RELNE.
OPHÉLIE
Encore un, et pais je vais finir I
HOR.!iTIO rentre avec OPHÉLIE.
OPUÉLIE.
Oh est la belle majesté du Danemark ?
LA HEINE
Ehblm! Ophélie?
OPHÉLIE , chante.
A (juoi connaîlra'-je donc L'amant qui loa cieur engage ?
Au chapeau de coquillage.
Aux sandales, au bourdon.
LA REIXE.
Hélas ! chère Opbélie, que signifie cette chanson ?
OPHÉLIE
Vous me le demandez? Tenez, écoutez bien ceci.
(Elle chante.) 11 est inort pour iout de bon ; On l'a mis au cimetière; A ses pieds est une pierre, A sa tète UB vert gazon.
Obi obi
LA REINE
Veuillez, ma chère Ophélie....
OPUÉLIE.
Écoutez, je vous prie.
(Elle chante.) Son linceul blanc nomme neiRP, —
Entre la ROI.
LA REINE
Hélas I voyez, seigneur.
(Elle sanglote.)
OPHÉLIE, chante.
Était parsemé de Heurs.
Qu'en marchant baignaient de pleurs
Ceux qui formaisnt le cortège.
LE ROI
Comment vous trouvez-vous, aimable Ophélie?
OPUÉLIE.
Bien; Dieu vîus garde! On dit que la chouette était autrefois la fille d'un boulanger *. Mon Dieu ! nous savons ce que nous sommes, mais nous ne savons pas ce que nous pouvons devenir. Que Dieu soit à votre table 1
LE ROI
Elle pense à son père.
OPHÉLIE
Ne parlons plus de cela, je vous prie; mais si l'on vous demande ce que cela veut dire, répondez : (Elle chante.) C'est demain la Saint-Valenlin, Lui dit sa gentille voisine ; Allendez-moi de bon matin; Je serai votre Valentine.
Dès l'aube il se leva, El vite il ^'habilla Pour recevoir sa belle; Puis sa porte il ouvrit; Elle entra demoiselle, Kl dame elle sortit.
LE ROI
Charmante Opbélie \
OPUÉLIE.
En vérité, sans faire de serment, je vais finir.
•Selon uue vieille loRende, Noire-Seigneur ayant demandé da pain i la ûUe d'un boulanger, et celle-ci lui en ayant refusé , fiour la punir il la changea c« chouette.
SIIAKSPEARE.
Belle ange idoré, ■Je lV|iousfiai, Disit z-vous iiagii^Te.
Oui m:iiv, cnire nous, L'iiri;iril a IVpnux luit lru|) peur nu cIhtc (L'ii oflScior ciiliii II rciiicl une (léi>i'iti^ : u roi.) LE noi, lisant la d^iiMie.
Utte émeute ! Oh ! que faire?
oriituE.
Attendez: tout à-l'licure
Cela s'arrangera —Mais, maljju^ moi, je pleure, Eu songeant qu'ils l'ont mis en terre, tout transi ! Mon frère le saura, c'est trop juste. — Merci! Ma Voiture?— Bonsoir. -Bonsoir, ma dière dame!
(Klle soit en friilonnint.)