‹ Le siècleChapitre 130 sur 216 · L.V HEINE · texte numérisé non relu

L.V HEINE

Mais elle ne dit rien, H élas 1 votre chanson I

OPnÉLlE.

Comment I je vous supplie,

Ecoutez :

Mort en sa jeune saison.

On l'a mis au ciratHière :

A sa lèle esl une pierre.

A ces pieds uu vert gazon.

Ch I ob ! Dieu !

Éooulez, écoutez :

LA REIXE.

Voyons, chère Ophélie!

OPHÉLIE

Sou linceul blanc comme ta neige Était parsemé de fleurs, Qu'arrosaient avec des pleura Les vrais amans du eort/ge.

Oh! qu'est-ce que ceci ?

(A Opbélie.) Comment vous trouvez-vous, madame?

OPUÉLIE.

Bien, merci!

Que le ciel vous garde! On dit que la chouette Etait fille, autrefois, d'un boulanger. Pauvrette ! Hélas! je reconnais aujourd'hui mon chemin, Mais qui pourra me dire où je serai demain ? Pauvre, pauvre vieillard!

LA REINE-

Elle pense à son père.

OPHÉLIE

Nous n'allons plus parler de tout cela, j'espère ! Le sens caché! mon Dieu! je vais l'aplanir!

Voici le rfiatin De sainl-Valentin, Et je viens, mutine, Vous dire bonjour.

Pour être en ce jour Voire Y^euliae I

Pauvre enfant!

LA RELNE.

OPHÉLIE

Encore un, et pais je vais finir I

HOR.!iTIO rentre avec OPHÉLIE.

OPUÉLIE.

Oh est la belle majesté du Danemark ?

LA HEINE

Ehblm! Ophélie?

OPHÉLIE , chante.

A (juoi connaîlra'-je donc L'amant qui loa cieur engage ?

Au chapeau de coquillage.

Aux sandales, au bourdon.

LA REIXE.

Hélas ! chère Opbélie, que signifie cette chanson ?

OPHÉLIE

Vous me le demandez? Tenez, écoutez bien ceci.

(Elle chante.) 11 est inort pour iout de bon ; On l'a mis au cimetière; A ses pieds est une pierre, A sa tète UB vert gazon.

Obi obi

LA REINE

Veuillez, ma chère Ophélie....

OPUÉLIE.

Écoutez, je vous prie.

(Elle chante.) Son linceul blanc nomme neiRP, —

Entre la ROI.

LA REINE

Hélas I voyez, seigneur.

(Elle sanglote.)

OPHÉLIE, chante.

Était parsemé de Heurs.

Qu'en marchant baignaient de pleurs

Ceux qui formaisnt le cortège.

LE ROI

Comment vous trouvez-vous, aimable Ophélie?

OPUÉLIE.

Bien; Dieu vîus garde! On dit que la chouette était autrefois la fille d'un boulanger *. Mon Dieu ! nous savons ce que nous sommes, mais nous ne savons pas ce que nous pouvons devenir. Que Dieu soit à votre table 1

LE ROI

Elle pense à son père.

OPHÉLIE

Ne parlons plus de cela, je vous prie; mais si l'on vous demande ce que cela veut dire, répondez : (Elle chante.) C'est demain la Saint-Valenlin, Lui dit sa gentille voisine ; Allendez-moi de bon matin; Je serai votre Valentine.

Dès l'aube il se leva, El vite il ^'habilla Pour recevoir sa belle; Puis sa porte il ouvrit; Elle entra demoiselle, Kl dame elle sortit.

LE ROI

Charmante Opbélie \

OPUÉLIE.

En vérité, sans faire de serment, je vais finir.

•Selon uue vieille loRende, Noire-Seigneur ayant demandé da pain i la ûUe d'un boulanger, et celle-ci lui en ayant refusé , fiour la punir il la changea c« chouette.

SIIAKSPEARE.

Belle ange idoré, ■Je lV|iousfiai, Disit z-vous iiagii^Te.

Oui m:iiv, cnire nous, L'iiri;iril a IVpnux luit lru|) peur nu cIhtc (L'ii oflScior ciiliii II rciiicl une (léi>i'iti^ : u roi.) LE noi, lisant la d^iiMie.

Utte émeute ! Oh ! que faire?

oriituE.

Attendez: tout à-l'licure

Cela s'arrangera —Mais, maljju^ moi, je pleure, Eu songeant qu'ils l'ont mis en terre, tout transi ! Mon frère le saura, c'est trop juste. — Merci! Ma Voiture?— Bonsoir. -Bonsoir, ma dière dame!

(Klle soit en friilonnint.)

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