‹ Le siècleChapitre 139 sur 216 · I.E ROI · texte numérisé non relu

I.E ROI

Oh! pourdeux raisons siiécialcs (iiii peul-êtie te i)arailioiil bien faibles, mais qui, à mes yeux, ont be.iucoup de gravité. La reine sa mère l'idolàlrc, et ^exi.^tence de ce lils est nécessaire à la sienne ; moi, de mon côté,— j'ignore si je duis m'en applaudir comme d'une \erlu ou m'en |)laindre comme d'un malheur ; — elle est si étroitement enlaci'c à ma vie et à mon âme, que, pareil à l'aslre qui ne se meut ([ue dans sa spliére, Je ne saurais vivre que jiar elle. L'autre motif qui m'empêclie d'élever contre lui une accusation publique, c'est IVxtrèmc alTeclion que le peuple lui jiorle, alVection qui couvre toutes SCS fautes, et, pareille A ces sources <\m changent le bois en pierre, convertirait jusqu'à ses chaînes en insigne do gloire. Dans ces circonstances, mes flèclies, trop légères contre un ve«l si fort, au lieu d'aller frapper le but, seraient retournées vers l'arc qui les aurait lancées.

LAERTE

Ainsi, j'ai perdu un noble père, et je vois livrée à la plus déplorable démence une sœur dont le mérite,— s'il est permis de louer ce qui a cessé d'être, — surpassait en perfections tout ce que notre âge pentoffrir ;— mais l'heure de ma Tengeance arrivera.

LE ROI

Que ce souci ne trouble point ton sommeil ; ne me crois pas fait d'une étoffe assez molle et assez sotte pour qu'un péril qui a pu faire trembler jusq-i'aux poils de ma barbe soit traité légèrement par moi. Bientôt tu en apprendras davantage. J'aimais ion père, et nous nous aimons nous-mêmes; d'après cela, tu dois croire...—

Entre LN MESSAGER.

LE ROI, continuant.

Qu'y at-il ? quel de nouveau ?

LE MESS.iCLR.

Sire, il est arrivé des lettres d'Hamlct ; celle-ci est pour Votre Majesté ; celte autre pour la reine.

LE SOI

D'Hamlct! Qui les apportées?

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