‹ Le siècleChapitre 51 sur 216 · MARGELLES · texte numérisé non relu

MARGELLES

Eh bien ! asseyons-nous, et (jue celui d'entre vous qui te sait me dise pourquoi ces gardes vigilantes et rigoureuses dont on fatigue chaque nuit les sujets de ce royaume; pour- (jUûi celte fonte journalière de canons de bronze, et ces achats d'armes et de munitions faits à l'étranger; pourquoi dans les chantiers mariâmes ce surcroit d'ouvriers dont le travail i>€ distinjjue plus le dimanche du reste de la semaine ; pourquoi cette activité incessante qui fait partager à la nuit les fatigues du jour. Que se prépare-t-il? qui de vous peut nie le dire?

HORATIO

Je le puis, du moins d'après les bruits qui courent. Notre dernliT roi, dont l'image vient tout à l'heure de nous apparaître, fut, (ouime vous le savez, appelé en champ clos par Fortinbias de Norwège, ([u'un jaloux orgueil avait poussé ù cet ai te; dans ce combat, notre vaillant Hamlel, tel II était réputé de ce côté de la tombe, l;ia Forlinbras. Or, en vertu d'un acte authentique, sanctionné par les lois de la chevalerie, si Forlinbras succombait, toutes les terres dont il était possesseur devaient appartenir au vainqueur; de son côté, notre roi avait souscrit un engagement semblable; et dans le cas où 11 auraU été vaincti, une égale portion de territoire devait échoir en partage à Fortinbras Alusi, en vcriu de celte convention réilproque, la succession du vaincu rerenalt de droit à Hamlel. Cepenilaiit, le jeune Fortinbras, bouillant et sans expérience, a rassemblé çà et là, et à la hâte, sur les frontières de la Norwège, une troupe d'aventuriers résolus, prêts, pour avoir du pain, à servir toute entreprise hardie; or, son projet, comme notre gouvernement en est informé, n'est autre que de reprendre à main armée et à force

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