L\ RE1\C
Hamlel '.
n\MLET.
Que voulez-vous, ma mère?
L\ REIXE.
Je veux une douleur moins sombre et moins amère ;
(Jue tes regards sur nous tournes avec amour
Ne soient point, depuis l'heure où naît l'aube du jour
Jusqu'à celle où des cieux le crépuscule tombe.
Occupes à chercher à tes pieds une tombe;
Hélas! c'est une loi de la falalitf^
Que chacun de nos pas mène à l'éternité !
I!\MLET.
Ce que vous dites là, personne ne l'ignore !
LA nnvE.
S'il en est donc ainsi, pourquoi paraître encore Si triste, si souffrant et si chargé d'ennsis?
nAMLET.
Ob! je ne parais >jas, moi, madame, je suisi Mon cœur, je vous le dis, ignore toute feime : Ce n'est pas la couleur dont cette élofle est teinte, Ce n'est point la pftleur de mon front soucieux. Ce ne sont pas les pleurs qui coulent de mes yeiix Qui peuvent témoigner, croyez-le bien, madame, D;! l'incessant chagrin qui coule dans mon âme ! Non, je sais it iwésent, que deuil, larmes, pileur. Peuvent n'èlre qu'un mas<iue à jouer la douleur.
csnt d'un chiméri(|ue espoir, il n'a pas mampié de nous envoyer niessage sur message, nous srimmaut de resiiluer lo lerrir ire perdu par son père, et Icgaleuienl acquis à noire vaillant frère: — voilà pour ce qui le coinerne. Venons maintenant à nous et à l'objet de celle réunion. Cet objet, le voici. Par l-,s présenies, nous (-crivons su roi de ISorwège, oncle du jeune Forlinbras, qui, ii.lirnie et alité, coiinaii à peine les projets de son neveu; nous lui deaiandons d'arrëler ci tic entreprise ; car c'est parmi ses sujcls (|ue se font les levées d'iioninies et les eiiiùiimeus : nous vcu; cliargeons, vous, Cornélius, et vous, Voltimaud, de porter nos salutalions au vieux monaniue de N'irwf'ge., et notre volonté est que, d>ins vos négociai ions avec le roi, vous vous confurmerez aux icstructions détaillées ci-joiiKcs. Adieu, el par votre célénié prouvez-nous voîie dévoùnieul.
<.c;;i\ri.us el \oLTni\M>.
F,n cfci comme en toute chose, nous vous témoignerons notre obéissante.
LE noi.
Nous n'en douions pus. Nous vous disons un cordial adieu.
;Y()'ilimand et Cornélius sortenl.)
LE KOI, conlinnanl.
Maintenant, Laërle, où en es-tu? On nous a dit ([iie lu avais une rerjuéle à nous faire? Quelle es!-elh\ Laérte?Tu ne saurais faire au monaruiie danois une demande raisonn.v b;e, e! raiircs.'er à lui en vain. Que pourrais-lu désirer de nous, Laérie, que nous ne soyons prêt à te l'ollrir avant même que lu rai'>s demandé ? La léie n'est pas plus synipa.tliique au <auir, la niHin n'est pas plus prèie à servir la bouclie, que le trône de Danemark n'est dévoué à ton pè.-e? Que désires- tu, Laë le?
LAEllTIv.
Mon auguste .«ouverain. voire permission et votre agrément pour retourner en France. Je me suis rendu en Danei-iark avec c.mptessement pour assister à vuire coiiroiuiement ; mais ce devoir ien'pli, je l'avoue, mes pensées et mes vœux se reporten! vers l.i Frjn'e;i't je su|qi iè votre majesté de' vouloir bien nie permet re de prendre congé d'elle. LE noi.
Aï-lu le eoT-senlement de ton pore? Que dit Polonius ?
POLOMIS.
Sire, il me l'a arraché à force d'iraporturités, et j'ai Qui par céder à contre-cœur à ses désirs. Je vous supplie de lui donner la permission de partir.
LE noi.
Tu peux partir ijuand il le plaira, T.aérte; je le laisse libre de disiiùser comme lu l'enlciidras de ton temps et de la personne. — Eh bien, llanilet! mon cousin et mon lils,..—
HAMLET, h part-
Quoique très proches parens, nous ne sommes pas cousins.