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Frappe, s'il ne veut pas s'arrêter.
RERXARDO.
Par ici.
nOSlAT.'O.
Par là.
(L'ombre s'éloigne.) iHARC.rLLtiS. V
Il all.iit parler quand le coq a clianlé.
UORATIO.
Et alors il a tressailli comme un coupable qu'une son-nia-
tion subite vient effrayer. J'ai ouï dire que le coq, qui est le clairon de l'Aurore, de sa voix sonore et pénétrante évcHIe le dieu <lu jour, et qu'à ce signal, tous les esprits errans dais la mer, dans le feu, dans la terre ou dans l'air, se hâtent de regagner leurs domaines respectifs ; ce qui vient de se passer le prouve.
MARCELLUS
Il a dispani au chant du coq. Quelques-uns disent qu'aux approches du jour où l'on célèbre la nativité de notre Sauveur, le héraut du malin chante toute la nuit sans interruption; et on prétend qu'alors aucun esprit n'ose se mettre en campagne; les nuits sont saluiu'cs, nulle étoile n'exerce de maligne influence, nul malélii-e ne prend, nulle sorcière n'a le pouvoir décharger, tant celte époque est bénie et sous l'empire d'une gi'âce céleste.
IIOr'.ATîO.
C'est aussi ce que j'ai ouï dire, et j'en crois quehiue chose. Mais voilà qu'à l'orient, là-bas, sur la colline, le Matin, vêtu (le son manteau de pourpre, s'avance à travers la rosée. Ternii.ioiis ici notre garde, et, si vous m'en croyez, allons rapporter au jeune ILunlet ce i|uc nous avons vu celle nuii ; car, sur ma xie, cet esprit, muet pour nous, lui p.irlera. Approuveî-vous celte coiifideacc, (|ue nuire ali'ecticn et notre devoir nous prescrivent?
MARCELMS.
Allons-y de ce pas ; je sais où nous le trouverons, et pourrons lui iiaiier à notre aise.
(Ils s'éloignent.) SCÈNE II.
Une salli d'apparat dans le château.
El trent LE UOI ht sa scîtk, LA REl.VE, HAMLET, POLOî<!US,
LAERTE, VOLTIMAND, CORNÉLIUS et plusikubs skigniîdrs.
LE ROI
Le souvenir de la mort d'Hamlct, de notre frère bien-aimé, est si récait encore, qu'il semblait convenable que nos cœurs restassent iiloiigés dans la tristesse et (ju'un nuage de douleur continufit à s'étendre sur la fice de ce rovaurae;"— toutefois la raison a conihatlu les motivemens de la nature, si bien que notre douleur isl devenue plus sage, et que tout en pensant à lui, nous pensons aussi ii nous-uiémes. En corséquence, avec une joie im omplète, unissant à la fois le sourire et leslarmes, mêlant la gaité aux funérailles, et des accens funèbres au chant niqûial, faisant unepai'i égale à l'allégresse et au deuil, nous .avons pris pour épouse celle qui fut auir> fois noire sœur, et l'avons fait asseoir aVec uous sur le trône de ce belliqueux royaume. Ij.jns tout;^ cette affaire, nous n'avons agi qu'après avoir pi-is vos sages coiis^'ils librement exl'rimés. — Recevez eu nos remercimens. — Venons maintenant au jeune Fortinbras. Se faisant sans dente une faible idée de notre puissance, ou s'iniaginani que la mort de notre frère ch'Vi a jeté dans l'élat In division et r.marcliie, se ber-
SIUKSPEARE.
Sire!
POLOMIS, s'avançant.
LE noT.
Ah! Polonius, cesl toi !
rOLOMlS.
Mon fils I.îërte, Sire, arrive de France...
LE nor.
Il est le bienvenu!
CVst un cœur noble cl fivnc, tin peu vif, mai.s eonnu. S'il nou> revient du moi:is le' qu'il partit n'îguère, Pour un bon compagnon, — en amour comme en guerre; L)is-lui i]U'! n ous aurons grand plaisir à !e voir.
rOLOXILS.
Oli !sirc '.
LE noi, descendant tes degrés du trône. Et qu'au souper nous l'attendrons ce soir.
(S'ipprocliant d'IIninl'-t, qui, p.Mc cl velu lï'. deuil, s'est Unii jiis-
qi:e-lii à l'..cart.) Maintenant, cher Uar.îlet, pourquoi cet air morose, Mon cousin et mon fi! : ?
Sirp, laissons la tlios.', 'JVlle ipi'il plut à Dieu d-- la faire : je suis Plus que votre cousin et moins que vo're fils, Vous le savez.