‹ Le siècleChapitre 58 sur 216 · I0II.\TI · texte numérisé non relu

I0II.\TI

Conslamment.

hamli:ï.

Si J'avais été \k !

non.vTio.

Comme nous , Vous eussiez frissonné !

lIAMr.CT.

Je le crois, cl sans peine !

Et l'esprit est resté?...

llOnATIO.

Le temps, sans perdre haleine , De compter jusqu'à cent.

MAnCKLLlS.

Plus longtemps, compagnon.

nORVTlO.

Pas lorsque je l'ai vu!

H.VSILET.

La barbe noire ?

nORATIO.

Non.

Comme de son vivant épaisse et blancbiasanle.

. n \MLET.

Je veillerai ce soir, et, s'il se représente !..

UORATIO..

Soyez sûr qu'il viendra !

nAMi.r.T.

^S'il prend le front sacré Du père que je pleure, oh! je lui parlerai !

nORATIO.

Prince !

HAMLET

Je descendrai jusqu'au fond du mystère!

Oui ! diM l'enfer béîint ni'ordoijiier de me taire!

Oui ! dussé-je sortir des mornes entretiens ,

La barbe et les cheveux aussi blancs que les siens !

nORATIO.

Songez!...

H VMIET.

Et vous, amis, quelque événement sombre Qu'amène cette nuit, que paraisse ou non l'ombre , Qu'elle parle ou se taiic, ^u nom de l'amitié. Gardez-moi ce secret dont vous portez moitié.

nonvTio.

Prince, comptez sur nous.

IIAMLET.

Je saurai reconnaître Votre zèle. C'est bien I A minuit ! J'y veux être.

nORATIO.

Nos devoirs, monseigneur.

IIAMLET.

Eh! non, pas de devoir !

Voira amitié! La mienne est à vous ! — A ce soir.

(Sortent Hoiatio, Bcrnardo et Mareellus.J,

11A.MLEÏ.

N'avei-vous pas vu sa figure ?

lion vTio.

Oui, monseigneur; sa visière était levée.

IIAMLET.

Avalt-il un air menaçant?

nOR.\TIO.

Il avait dans l'expression de ses traits plus de tristesse que de courroux.

nAMLET.

Etait-il p.Me ou coloré?

IIORATIO.

Très pâle.

IIAMLET.

Et ses yeux étaient flxés sur vous?

IIORATIO.

Constamment.

IIAMLET.

Je voudrais m'étre trouvé là.

iioR.vno.

Vous auriez été bien étonné.

n.VMLET.

C'est probable, c'est probable. Est-il r«sté longtemps?

nORATIO.

Le temps qu'il faudrait pour compter sans se presser Jusqu'à cent.

MVnCELLLlS et BERNARDO.

Plus longtemps, plus longtemps.

IIORATIO.

Pas la fois que je l'ai vu,

IIAMLET.

Sa barbe était-elle grisonnante? non?

IIORATIO.

Elle était comme je la lui ai vue de son vivant, d'un noir argenté.

IIAMLET.

Je veillerai cette noit; peut-être revicndra-til encore?

IIORATIO.

Je vous le garantis.

S'il se présente à moi sous la Hgure de mon père, je lui parlerai, dCit l'enfer ouvrii' sa gueule béante et m'ordonucr de me taire. Je vous en conjure tous,' si vous avez jusqu'à présent tenu cette apparition secrète, gardez encore lesiU^nce sur ce sujet ; et quoique chose qui puisse arriver celte nuit, pensez-y, mais n'en parlez pas : je reronnailrai celte preuve de votre affociion. Ainsi donc, adieu; j'irai vous rejoindre sur l'esplanade entre onze heures et minuit.

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