I.E LION MIOl KI-'.l
— Bien, fil celui-ci en p jt-lanl dans l'i m ..L-uure 4/nn m. u- Mi' el en revenant à nu nsi ur pi, madame La'oinepour les empêcher do voir ce que ci pouvait être, et il leur dil en même temps :
— Est-ce que vous êtes curieux de o ; 'tites choses? j'en ai une c dlei li m .1 ..; - . e Cibin l ; vei illt-z \ passée.
Il cniraavcc mon !.eur 1 1 madame Lai n ; niais Lise ne les suivit pas.
Léonce c ail sut I - êj ine ' asi m ii! m iiisiei r Laloine ayan! aperçu qaelq es objets soïgn uscmcnl placés • ms un verre, demanda i: ■ ■
— Oh! ur: rs: iiv ■ précieux, dil I.' née, cc«h a apj ai tenu à i'omp reur.
A ce nom m nsii ur I. 1. in • -e n dre -:-.
— A l'i mperi ur! répé.L-i-i!. Ui! vousêtcsbi n heureux!
— Cetl • la'ba!iê;e :ui a app ntemi cl s'en i : servi.
— Permeit z que jela \o!c i lii monsieur Laloiue d'un ton presque ému.
Léonce la lira de dessoa le ;!<;l).,,,ct une idée lnureuselui viril toul à-coup.
— \ : • r. ■ . avez èii militaire, monsieur i iloi ie '
— Oui, monsieur, r prit La'oir.e avec un ■ r soupir, de ts.:8 a 131 '.
— ICI) bien! monsieur, un pareil objet, qui n'esi qu'uni curiosit i pour mui, vou > si riiii i cut-ê:re bien pr, i i; \ : permettez que je vous offre cette tabatière.
— Ali ! monsieur, jamais... je ne voudrais pas
— Je vous en supplie.
Cda dura cinq minutes, m -;s m n-ùeur l.aloinc accepta.
— Lis;'! Lise! »'ccria-l-il ea allant vers le salon, viens donc voir ce qu • m'a ■'. m tm il .ieui de Sti riiy!
Lise entra ; elle était agitée 1 1 trembiante con(ïne si elle eût lait une mauvaise acii n. Stcrnv profil.*) de ce moment pour sortir. Le paquet de Petites- \i ches était dispersé, e.l l-mu'es cahiers était ics , ouveti sur un fauteuil. .. I! le prit et le regarda. \ la dixième ii ;he de la pa c, il ; avait '•■'■. i campagne à vendre à Paî: t -Germain... » l! rei t'a comme feappi de bonheur, et, commj i! m'endait revenir monsieur cl madame Lalo'me. ii pril lecihiercl le cacha sous son habit.
Quand Lise repavm, elle était lrtomp.li i:':1' die jeta sur Siei nv un regard -i gai, qu'il n'e-sul quc.penser.
Etait ce un hasard, uns eu osile d'enlani qui avait poussé Use a lire ces Pe:ites-.\l)iches? Était-ce pour se mettre d'intelligence ave< lui qu'elle avait l'ail cela? ou plutôt ti'étail ce
pas une leçon qu'elfi avait voul s lui donner? Il reb mba
dans une rrueil • inc Ttitude.
Cependant, il voulut i rnfiL r le son avantage, et s'avançinl vers madame talûioe, il !i i .:i d'un air gra< ieux :
— Mais voûte', madame, ne ; oui rais-je pas vous prier d'emporter un pi ii! c-i ven rde w ire I onne visiic ;
MjiI sine l aloine hésita ; m i • i que Su 1 1 lui i (Trait i tait «i pen de chose, qu'« lie aurait iu ir.auvai i grice a le ie fuser. • '
— lit. répéta-l-il d'u i air dégagé, mademoi die Ii >i vou' ' tira bii n aussi...
J.isi' l'interrompit vi\ 'n ent.
— Oh ! merci, monsieur ; je ne veux : ii n. . moi.
Ce moi avait quelque cho=e de significatif qui sen hlail dire qu'elle ne voulait rien acecj 1er au titre auquel on voulait le lui otIYir.
— Obîdii monsieur Lalo'ne, c'esl trop de bonté; nous avons l'air de vouloir \<>n- dé| ouiller.
— tfi n i pour ma lille: « i i t madame Laloine; ec scrail abuser,
— D'ailleurs, dil Lis.' d'nn Ion dégagé, loutes ces choses sont si bien a lenr place qu'il faut les \ laissi r.
— Il y i n a. dit Sterin en la regardant avec intention pI en lui montrant les Peliies-Auichcs, qui prennent un |uix inesti niable a être déplacées.
■— Oui, dit Lise avec un effort de gaîté mais c'est* mime la pantoufle, on croit y voir r» qui ii'j i -i pas.
La figure de Slerny laissa échapper un mouvemenl di dépit; il se lut, et lirant de son sein les Petites \ûîi hei il les froissa dans ses mains el les j ta loin de lui. Monsieur et madame
l I ine oecup-' il regarder la tabatière impériale, ne vitcnt
mais Li«e l'api re.al el vu fut hei.ri »! •
r.vr.la et elle suivit a'tii; ivenirnt lei mr.ave-
■ ■ .• : i i Qsice, ri il venu n aîîre de lui, se '.:;i titra
aussi empressé aintsi bieuveillaul qu'avant cet hiciuVnl avis
i." ipr.r el ; La ine mais av. C 1:1 e uuli ce iit.pi -
ii qui i»i nul e a m e • \«;i ii lcs«e. Lisel reg u lait, l'e. oulait, il '"i i faisait ainsi : i ail si anl ■ i gracieux ; di ci lie :..< ■■ n il ta lui fai.-ail plus peur: i ■■ : • i i u . ;i naturel.
; ai ul Ulei dre l'h; lire avec Impatiem c el lii il S
— ?fous vous avons déranj riieni passe et vous ai Tirerez lro;> lard ni-Gctniun.
— Je n'irai pas ;ai . doute ai jourJ'hui, dit il r..-:.
— (.'. si -, ou oi cause.
— :v .i. :.: ri i. ;,', non, dit Léonce ; d'ailleurs, j'..i oublié i|U< ,r li a s ..:. ■, li oui r iini Iq l'un ;: :' iii:i-G< : usain pour me donner l'adresse lie i elle maison 1 1 on se s ra i nni;\ j de m'aUcndre : j'ir: is îtiniileme: t.
— Olifdi en h .ilaiit, je croyais qu'on trouvait toutes le adn , ki:cr >!a: s les Petili s vflii hes.
Sie'ril) '.! I' " i '.. . c. '■ ci hai.sSj i •• y n\. Il y ;: \ a : i (Lus - m ■ ne (j ;. ique : hose qui IVn:poi (ail m: i.: i sa v, lontê, pt <!;'•(' qui li t i ,.:i r.aigir presque aussitôt. .Mais Slerny l'avait uns prise, el il s'éi i la :
— Mais c'esl M\ii;j'ai la |) . i -. ■. i.ent 1 i.uméro on ^e
I 0 Vi iU ii 'i' 'SS '.
!. le teprit ■•: o:i pari i maison de ciiii| a ■ e.
C pen 'ant Piospci n'arrivait pas. Monsieur et madame
l loini' n u ienlés, nuvrirenl une t. n -Ire, c imme >i en le
\ r de loin, cela <fut le l'aire venir p'ustot. Ce
fui i n ce nioiui m que mim". s'apprôi ha de Lise ci lui dit tout
-* Vous avez >' lé bien cruelît de réfusi r un pauM'e souvi nir. i ... Plut et pariil frè« i mu '.
— Mainti c- ut que vous m'ai i pardonné, n pril il, acceptez 'ii 'Ique rii ise.
Elle u'eu; p; I ; p de n fuser, car son pêrc se mit \ e. ier :
— \ oii i Pr. , r!
li n'y avait plus à espérer», mais au moment oh M. Laloine prï-ii.iii .Sun chapeau, ! ise cria
— Hou, i'.ii perdu l'épingle qui al •. i;. le. SrerriV c mrut à sa chambre, arr pend H
la cheminée, el revint ; maisdi i tait épingle
— Pardon, dil ma ! I .. uVu d< à ci iir peiiie - 1
Sterny jeraîa peloîte sur la lable avec chagrin. Mai s'en app'roi ha do icei ut, ei ; srder elle » î.ircha la |- ■-
loti? de la i,:..i;i. y pril mu à :Oii chàl.-.
Sten y la vit. il si lait i ■ il . ,:i
osé. Ilctail si hi un ; x qu'il n'eut pi • p 'tir et dil alors
— iUais au fait, j'y pense si au li u u'ailei c∈-Gcr-
main dans mai iture, \\ allai lu u in di fi r je i'«tlra
perai ' temps pi rdu.
— C'est vrai, dil m msleui Lali in .
— l-'li bii n ' j.- vous dcon nde la | ei mi: ion de \ •<■ cci duire jusqu'au chftnin de fer. Prosper nous suivra et nous partirons tous ensemble.
La proposition fut a ceptée etmoii ieur el madame lailoine montèrent avei Li ■ I SI rr.j dans la calèche qui attendait, tandis que le r ■ lii à rand'j eine le frin-
gant équipage du lion lamais Siérrij n'avait été si heureux de sa vie.
L'arrivée au chemin de fer fui moins gracieuse que Sti rn;
) in lit Quand les tml n • irtpul i;'- amies de la
\ al ine virent entrer dan . la grande salle d'atienie le
beau l.'-jUil avec les marchands, on cburhotta et Ton se dit
toul \>a :
FREBERTC POULIE.
— Ali ça! osi-ce qu'on min.; amène ce grand monsieur ? — Les Laloine. sont fous. — I! n'est p»s iiv i le connaissons pas.
Sterny devina nu premier coup d'œil !a réprobation qui le frappait, el Lise s'en aperçul au: si. ! lie en dcvinl triste, car ce fut pour elle un avertissement de la distance qui l;i séparait du beau Lé mce. A. ce moment elle lui eut presque limande pardon de lui avoir attiré cet accueil ''■<• oblij ml Mais SLernj n'était pas homme i.i ■•■ s'en laisser intimider ni .-'i >";-r, ficher. Il salua le monsieur à la queition des sucres d'un air charmé de le rencontrer, et sans humeur, sans afl'e.ution, il lui raconta qu'il allait a Saint Germain voir une maison de campagne. Du moment qu'on sut qu'il n'était pas delà partis, on ne fit plus attention à lui; mus rs n'était |sî.s le compte deStcrny, il voulait être de ;a partie et se dit que le sucrier l'inviterait ii'ui:e façon ou d'auirc.
La-dessus il revint pa'r un détour assez bi?n ménagé 1 1 entama avec tincattentii n extrême, une discussion d'économie politique du premier ordre. L'ordre du départ arriva. Sïerny descendit la rampe (lu débarcadère, toujours discutant et argumentant contre monsii ur Gurauflot [c'était le non du sucrier), et la discussion tenant, il monta a côté de lui dans on wagon, sans que ce ni ci s'imaginât que le marquis avait d'autre intention que d'étouîerses savantes dissertations.
Cependant monsieur Gurauflol ne tarissait pas, et comme le voyage est rapide, Sterny, qui avait besoir de changer le sujet de l'i niretien, i cnimi : : sil a s'impatienter, lorsque lout- ;.-. i ..,■ il lira : i un nti e en - 'i ci ianl :
— Bon, je manquerai men rendez-vous.
— Hein ! fit le sucriersi brusquement inti rroni] u.
— Pardon, dit Steriiy, j'avais donné rendez-vous a un arrîriLxte pour visiter celte maison avec-moi, et il ne m'aura pas a:ie;idu.
Sterny profitait, en habile faiseur de cont 's, des pei ges imaginaires qu'il avait déjà inventés pour monsieur Laloi ne.
— C'est donc une acquisiti n bien importante que vous allez faire'
— .le ne sais ee que e'est, <!ii Sterny, les renseigneme.ns qu'on prend dans les Peliies-Afikhcs sont si vagues, maison de campagne à vendre, dit-il, cela varie do !0,<i(io francs à liw, C{i:). tic façon que je vais un peu à l'aventure. .
— Pardon, lui dit monsieur Gurauflot, je connais un peu Saint-C.eriu.iiii : OÙ est la io.is )U que vous allez voir?
— Voyez, lui dit Sterny en lui montrant les Pelites-Afli- ( lies.
— Mais c'esl une charmante maisi n; je la connais, elle ouvre sur la forêt ; c'est très considérable, et l'on dit que l'intélii ur e.^i fort beau.
— Ah! tant mieux'
— Vous ne la connaissez doue pas?
— .le n'y suis jamais entré. Ce que je voudrais surtout savoir, c'est si la maison est d'une construction solide, et j'a' voue .;ue je n'y entends rien.
— Ce n'est pas une chose si difficile que vous pouvez le c roire.
— Pour une personne comme vous, monsieur, qui me paraissez avoir des connaissantes pratiques en toutes choses; mais moi!
— ii est vrai qu'au besoin je ne ; i lai erais pas tr imper, reprit monsieur Guiauflol d'un air superbe
— Vous êtes bien heureux; mais quand on est ignorant el qu'on a la maladresse dé ne pas se faire accompagner par un homme do l'art, on a tort, quoique livrai dire, monsieur, je ne nie lie guère a la bonne foi des arcliil te ■
— .le le crois bien, monsieur.
— Et que-ja préférasse prendre les avis d'un connaisseur dêsintéres é, comme vous, monsieur, par exemple.
— Ah! n 01 sieur...
il est inutile de i ousser plus h In ce dialogue ; on n'élail pas ai1, ivé a Saint Germain qu'on élail c invenu que uiom ici r Gurauflot aecompagueraii Iterny dans la maison. Lesucriei annonça cette importante nouvelle à sa femme el a ses lilles, et il fut convenu qu'il rejoindrait la soeiété dans la forêt. Sïer-
ny avait' espéré qu'on lui demanderait ce qu'il comptait faire en sortant de la maison, et qu'il aurait occasion de répondre qu'il avait toute sa journée libre: mais i idame Laloine lui lit
bx 1res formels et des rcmercimens empressés, el il n'y eut pas l'on n alion.
moment, Sterny fut si désappointé, qu'il se prit de i olère i onirc lui même, et fut : tir le point d'abandonner le sot rôle qu'il jouait; mai il n garda I. - \ Lise regarda il sa comme siclle eût pu lui inspirer, par la puissance des yeux, la pensée qui la dominait. Stern; crut la deviner, il se résolut a leuier la fortune jusqu'au bout. Hais : ien ne lui n usait il.- ce qu'il avait tenté, el il se p; : a di 1 : con pagnie, monta a pied les r;' les pscaliers, g igna ladite maison qui élail vendui ■ la veille, et se sépara de monsieur Gurauflot,, qui crut pou\ 'ir atteindre la société et prit 1 - la foréi qui
menait aux Loges. Quant a Sterny, Iriste, désolé el dépité surtout, il revinl du côté de i.i terrasse, et au moment où il sprtail de la forêt par la porte qui ouvre de ce coté, il se i; luvaau milieu de là compagnie riant, se disputant et se faisant harnacher ânes < i < h -■ au? pour courir à travers fa
— Déjà de retour, moi sieui ! lui dil m o - leur ! ah ine,
— Et mon mari, monsi sur, qu'avez-vous fait démon mari? s'écria madame Guraufli t.
— Mon Dieu, madame, lui dit-il , nous avons trouvé la maison vendue, el alors il a pris le plus court ch imin pour ailer aux Loges, croyant que vous deviez y êircdéj*.
— Ah ! bien oui! dil monsieur Laloinc, voilà une heure que ees petites lilles nous font enrager : elles veulent toutes des chevaux.', on est allé en che cher, el nous attendons là depuis
■ ire:
— J'en suis fâché pour monsieur volce mari, dit Sterny à ma lame Gurauflot, c'esl ma faute, j'ai été plus qu'indiscret çn acceptant son offre amicale. Veuillez, madame, lui en faire mes excuses.
Comme ii allait se retirer en v yani que personne ne l'engageait :i rester, i! entendit madame Laloine s'écrier.avec I eur
— Lise, Lise, ne va pas si vite! Lis:-'.. Lise!...
Riais Lise venait t'.e sortir de la eour <lu manège sur 111 petit cheval e. le faisait galoper tant qu'il pouvait ;e'.le lit aii.ii une centainedepas et revint du même train jusque aup groupe où elle aperçul Sterny qui la salua avec un sourire cour tois. Elle deviul ri tige comme unecerisc, puis elle sembla e. remercier de ce qu'il était revenu. A ce moment Sterny se prit a crier tout à coup :
— Eh ! groom !
Un rustre de paysan eut l'effronterie de se présentera eet appel, et Sterny lui dit :
— Comment, butor, vous laissez monter une femme sur une selle qui n'es! pas mieux sanglée que ça! il > a île quoi la tuer... Vous ne savez donc pas votre métier, imbécile! El sans attend ■. la rép inse, il passa à la droite du cheval el sena les sangles lui même avec une adresse et une vigueur quistupéli ircrit le loueur de chevaux.
— Men i, lui dil Lise si bas. que ce merci n'était que pour lui et pour autre Gnose sans doute que ce qu'il venait de faire.
Il allait peut-être lui parler-, mais madame Gurauflot vint pour ainsi dire lepren Ire au 0 let el lui dil :
— Ah! monsieur, soyez donc assez bon pour voir si les selles de mesiilli ; sont bien a . ■
\v,\ grand plaisir, lui d Et le voilà Faisant le palefrenier' pour toutes ces dames et
demoiselles avec une bonn - grâce, 1 mprcssemenl si franc,
que madame Gurauflot se mit àdire .'1 monsieur 1 aloine :
— Je suis sûre que s'il venait avec nous, il nous montrerait
la forêt ; vous qui le 1 onnaissez, vous devriez l'inviter?
— vlri'i monsieur Laloine, voulez-vous que je oie fasse moquer de moi . ce serait ur : lie de plaisir a proposer ii un homme comme lui.
— Bah ' laissez donc, «lit madame Gurauflot, je vais lia demander s'il veut être du piqu. nique.
Monsieur Laloine arrêta madame GurauDol avec des yeux
LE LION AMOUREUX
ourroucés ; mais celle-ci ne se tint pas pour battue, et idla au moins lui demander le chemin le plus ci uri p ur arriver aux L6ges.
— C'est assez difficile à vous expliquer, madame, lui répondit-il ; irais une fois dans la forêt je p mrrai vous le montrer.
— \h!'p vous en prie, monsieur le marquis, ne vous déra pas nsîeôr Laloi ic; vraiment, madame Guranfl '...
— . Pas le moins du monde, répondit Sterny, c'est l'affaire de vingt minutes, et je ifâi rien qui me pri
Monsieur Lâloine prit un air de désolation, très contrarié de l'Indiscrétion de madame Gurauflot.
— Je lui paie la dette que j'ai contractée avec son mari, lui dit Sterny , c'est justice.
On partit : les jeunes tilles et lcsjcur.es gens à cheval, les grands parens et Stcrny à pied.
On alla d'abord don tentent, les mamahis criaient sans; esse qu'on allait se blesser. Mais peu à peu et lorsque les indications deSternj eurent assuré le chemin, on s'éloigna, on s'emporta, allant, revenant, et riant des lichus qui s'envolaient, des chapeaux o::i se détachaient. Sterny causait gravement, suivant Lise deg yeux, Lise qui parai sait l'avOiroubliôetqui n'était pas la moins folle de celte volée de jeunes filles'.
Pauvre Stcrny, que dé soir tnir une invitation a
un mauvais dîner, que de sottises accomplies en un jour! v quel métier était-il descendu peu à pieu : il avait sanglé l'âne de madame Gurauflot. et encore n'était-il pas arrive à son but. Dne fois encore il trouva qu'il devenait dupe. Lise courait j. yeuse el indiffi r n!e sai s s'i i eu] tr de lui, il pnl d parti définitif de se jetirei : il lail furie ix eonli
A ce moment un cri perç tut psrtil d'une allée détournée.
— -C'esVLise I... cria niad m Laloinr,
Elle n'avait pas achevé de parler que Sterny s'était élancé vers l'allée à travers le bois.
11 arriva près de' Lise qui était paisiblement sur son cheval, tandis qucM. Tirlol s'épcNssetait el redressait les basses de gon ehapeau; Lise avait eu peur: voilà tout. SI sur sot) compte, ne la regard i même pas, et retournant vers madame Lali ine, il cria de loin :
— Ce n'est rien, madame, c'est monsieur Tirîo! qui es! tombé.
Madame Lalcine arriva pn ne iiisîanl, et tout
effrayée de cet accident, elle dit à Lise :
— Voyons, ma fi! »-. descends de cheval, ce qui est arrivé à monsieur Tirlot peut l'arriver.
— Mais, maniai) ... dit Lise d'un air boi
— Allons, sois raisonnable, lui dit son père, puisque ta mère a peur.
Lise dit avec humeur :
— Ah! monsû ur 'i il loi vous èles d'une gaucherie moi qu'on pur.it de voire maladresse.
— Demà maladrc ■ ' ri isellc ji voudrais bien vous voir sur celte bêle enragée. \ oilà di ux l'efis qu'il me jette par terre, car je i lié là-bas sans rien dire.
— Alors pourquoi avez-vous crié ici '
— Ce n'est pas moi, dit Tirlot, c'est v'oi •
— Mais la dernière fois aussi vou ■ êtes tombé Ir tis fois, et maman n'a pas eu peur pour ea.
— C'est que lu étais avec le capitaine Simon, lui dit monsieur Laloine, qu'il était à cédé de toi, et que je méfiais à lui.
— En vériié. dit Sterny. si j'osais... et pour ne pas priver mademoiselle Lise de ce plaisir, je m'offre a l'accompagner et je ri ponds d'elle.
— Mais vous n'avez pas de cheval, monsieur Lé nce, ditelle d'un air <■'
— Peut-être que monsieur Tirlol ne voudra pasTemonler sur le
— Je vous d( tandi pardon répond > lit o! d'Un ton sec, j'en aurai rai
— Soii. mony ni rtil Sterny.
Monsieur al et vou-
lant faire le brjvc il s', v si de lui douuoi trois ou quatre
coups d In l'animai se cabra, rua, sauta, et reuvo; t
monsieur Tirlot sur le chemin.
— C'est bien fait' dit Lise.
— Vrai... dit Tirlol ;ch 1 ien .' j iseillc à monsieur d'en
g#uter, il verra
— Volontiers, élit SI rny.
— Je donn i is, dit Tirlot a madame Làl
pour que voire marquis descendit la garde.**»
Xe cheval était rétif, mais il ne fallait p;.s, un cava'l r si exerce que Léonce pour le réJune, el cionsieur-TirlOt éw toute la honte de sa chute cl : ■' i sucfcèsde Léonce
Oh n'avait pas félicité encore Stcrny, que Lise, s'élançairt dans l'allée où il se trouvait, se mil à tloj r
— Ah! mon Dieu suivez-la, monsieur de Stcrnv, s'écria madame La!' ine.
mec ne se le lit p. s répéter, quoiqu'il en! contre Lise une colère qu'il se promettait bien de lui témoigner par sa froideur, "liais il scinbb.it que i Mo' jeune fille eut sur lui un empire dont ii ne pouvait se rendre compte, ne l'ayant. jamais éprouvé de la part d'une autre ; d'ailleurs, elle avait de cw regards, de ies mots, de ces silences qui bouleversaient Sterny. A l'instant où l'on pouvait la croire â mille lieues de sol! emportée par la jeunesse et la folle gaité, un mot venait qui vous disait qu'elle était demeurée a vos eéiés. Ce fut ce qui arriva à SlertiV.
— \h ! mon Dieu, lui dit elle dès qu'il fui près d'elle , nous
h bii n de i.» peine.
Qut répondre à cela? rien, il fallait en être heureux; mais pour en être heureux, il fallait y i roiiv. et cette enfant i t-iii si étrange.: elle disait • ' ni paru un engage-
ment compromettait! qui en tût apprécié !.. va-
leur: puis elle parlait, elle agissait comme si elle n'cùl rien dit. Léonce ne com pi li elle façon d'être, ne s'àprr-
cevant pas que lui-mi léjàplusce gu'iiélait au-
trefois.
Cependanl ils cheminaien! l'un près de l'autre, ri Léonce voulut enfin doni r un sens positif à tout ce qu'il avait fait, c'est-à-dire faire comprendre à Lise que c'était par amour pour elle qu'il avait fail tout ce qu'elle avait vu. Mai. il ne savait coiumenl aborder ce sujet avec cette âme curieuse el timide comme une biche-qui montre sa jolie lête au bord d'où sentier, eî qui s'enfuit en bondissant dans les bols au premier bruit des pas d'un ebas mr.
Ainsi ces deux jeunes gens, qui s'étaient réunis sans doute pour se dire mille choses, gardaieut tous deux le silence, et tousdeux devenaient pensifs et restaient silencieux. Ce fut Léonce qtîi remarqua le premier la tristesse de Lise, et comme itvoulafi toujours s'informer du' secret de cette «me envers lui, il lui lit une de cei questions où l'on se met enjeu.
— \ , us êtes triste, lui dit .1. est ce moi qui vous ai déplu?
— Alt' non, lui répondit-elle avec un gros soupir; j'ai du chagrin.
— Quel chagrin?
— YOI US le dise irancîiel!liil I '
— Oui , ci rtes.
— Eh bien ! mousieui Léonci [c'élail la seconde fois qu'elle l'âppelail i éonci i ce n'est pas convenable ce que vous taites.
La fierlé de Sicrny s'irrita de ce mol qui, pour un homme I lit la pljis cruelle injure qu'une femme put lui faire; il répondit d'une voix altérée :
— Je ne devais avoir manqué à aucune convenance, du moins vi ius, mademoiselle.
Lise tourna vers lui son doux visage, et de la voix ht plus triste et la plus soumise elle reprit :
Ah ! comme vous entendez mal les choses; je ne dis pas
a e vi us avez manqué de convenance vis-à-vis de personne.
— Mais ah i ! qi e . dire?
— tili! ne vous fâchez pas ;majsc'esl pour vous que ce n'ésl
faites ci ce que je vous ai Uissé
t- oi don! Celle voix d'enfaùl temu.it
le cœur sve< une violence inouïe.
— Oui p urvou -n neci iiss £ pas les gens avec qui >o. s êtes; il bienqa - u; que vous n'êtes pas
re
FREDERIC SOULIE
ici à voire | ■ 1 a t e . ils 01 1 prur lard <;ue tous fies !ù, cl diront rien. Mais demain, après !eni in, voyct-vous. on en rira, on m parlera,
— Eli ! i;i en icp.i ■■'■ " ,
— 0!i ; ne ilil • |>a i I
— \!.<i> ijtie fais je ' i nu ril qu-- 1
— liés rhin s foi li i 1,1 . : - i i a*, c un i: ; r; i :;o • . i II ; tin . .. ils voient liii n i;- 1 : .-■ m \i i ... ; ' . i - i ■ i), n, ..'. ' oui, je le crois ; tl> ]inis re rr-a;i:i ïnusc.es bon, vous faites I
que vi us p uvi :... i; aïs !i m z... i: i i... i oi... i : n ain;e p - i