‹ Le siècleChapitre 26 sur 70 · I.îi · texte numérisé non relu

I.îi

man lia:;.'! '■•..,...: i«i:t.!';i

pcrlhii- en q l'i I ■• i;i |iarlir et resta quel |iics

secon les a ' :

M-'ni> i ail I ! ie«ii qu'il ; ipna le cheval de l'an qui, -Mipii-. ;i i'iioprowslc., fut prcsijue rcHvei E il vina l'actii R •.! : :crn: , et. loul ca maUrisant soin lui dit :

— Vous é;os un bulor, Slerny, vous m'en rendrez raison. Ht elie s'éloigna au

Les Uloine n'avait i icll vu de ce;ic scène, loul cela leur

I] N -i if!'-: I r:ic

• ! ' l'iii,.

avail paru très simple ; mais lors pie Slerny retourna p es de Lise qui éiail partie, en avant, il ! : iiouva i n lainn s.

— Je ,ou loiisieu ili:-clle auss':lûl Comme

l'a regardée... Laiss i moi ..i j vos ;::: ; .. i ■ \ n- • n prie .. joie rrux

El n Ire, cl >■ mil sou i lu ••■ ■

oi n r (ù lui. flci i v 'ii s ■ . m.ii*

- me mie qu'il s'appi : \M\s

il il eut | eur qu'elle ne liuii Li ■ i ,•! i. i ses j :;\ et ii re ia au mi irai de ia roule. le mon le , m i'- ii entend iil la n ix ■'. moi -i 'ur el madame La'i Ui -, i , . • -i ni ! i •• en i'ii un :

— li va pleuvoir. rrlour::ons.

1. i i; ',-i.i.i l'aiai me de madame : ai'si tûul ; i rt .i [o i prix i joind/e I i-:", il cou-

rut :i i' ule !•: i le peu la'.u ■ inq miuiUci . i »lin, au e lin

i: le c! ' li'srej jl

loui

— Ma leui'i Li.-e'. mademe iselic Lis Elle: ■■■'''■ du ùoi en lui disant :

— lili L»ien ! ino i i ur, ni • \ >i! i.

— oh rcpiii il ■; ic vous oi'uvfz f.iil peur !

Il \ avail itii- devi'riié dans sou émiilion que Lise en fuL presipie tou :; : m lis s m parti élail pris el i ii>' ré|

— Par ici. ma lue

— i > vais.

— N • montez i m ■ p i- m chev il ?

— I*ion,non.. dii-clie, d'une voix enlro q Ile course

m'a bris le : œ ir.

— Et Stei ■! ira [U i i p dlriiic haleiait, et (ju*une pàîeijr eÎTrayante couvrait son vi

îi san:a .: li :s de s m i licval i ; i onrul ■>

— Oi)! mon Dieu ' .. c'est moi qui jous ai fait ce mal, s'éiiiii-i': oîiiparJ ii.'/iii'i. pardonnez-moi, Li:

— NO is... j'ai eu tort... l'.-i...

i .; r.i pr m me, ml n ; pai oies e ' ■ -liiliô-^

parterre i Li'onec m l'eilt prise il ins ses bras.

V te moment l'orage cilala avci e Lise tressaillit

frappé*» paj' la foudre; mais son cvanouisscmeiil n'e- ■ . ■ i ■■. elle se remit et entendit !a v\ do (jiii i'ap| elait.

— AU ••■•--- la reji Indre.

— v' .• lier.

— O'i ! allons; : !;> ula-

Et cil : ' ■ iin'ile :

Mais ai |u sis fi lilii ;tcnt) :

— \ nus . ;; • quitterez, n'est p.i-?... Je le veux,..

— Je.vo rny.

Ci ia ::;i. il n'j eut pi

irriïcrriil près des .i! calme el remise

lî'inviler Slerny avail été pri • lenncllement

par M. 1 liUi.*. Il s'î refusa d'abord, mais avec un

: qui n prir. Il cher-

ch ■ vain unent un I de Use;

Mais" ' !;; ■ i ■ .

— Aî» ! î

attendent.

— Non .. i' m, monsieur, dit vivement S.lerny, je n'ai rien ;"i faire avec ees

Ces gens-là! sa société habituelle. Oli ! pauvre Slerny !

— >iai- alors p nirquoi ne pas accepter? dit madame Gurauflot qui s'était éprise du beau l

— Ma pro-ci.ie n« plairait peut-être pas à leut le monde, madame, reprit Sternv en s'ineliuanl ; permettez que je me relire;

— Mais, voilà U pluie qui va tomber, dit madame Gurau- (lot, •• ms îH'ceptcr z ju moins un parapluie?

• -l'une voix douloul.aln ■ niadam ■ j'ai l'hôn-

LE LION A MOI ULl V

nonr de vous saluer, mademoiselle, dit-il enlin en se tournant vers Lise.

Elle le laissa partir; niais il n'était pas à vingt pas, que feignant de se retirer a Pécari, elle pleurait a chaudes larmes. Quant àS.eruy, il s'éloigna avec rapidité, gagna le chemin de 1er et revint ù Paris. Il courut s'enfermer chez lui. Il était désespéré, il était en colère, il s'en voulait, et en voulait à Lise; et cependant il ne pouvait penser à elle sans se seciir pris d'un frisson d'amour qui l'enivrait.

Cependant, quand quelques heures de repos eurent calmé cette agitation inaccoutumée, Léonce réfléchit plus sérieusement qu'il ne l'avait peut-être fait de sa vie.

Il était amoureux, il le sentait, il n'en avait pas honte; mais U avait peur.

Séduire Lise! ce serait un crime honteux et lâche. — Car, se disait-il, elle m'aimerait si je voulais; elle m'aimerait, j'en suis sûr, et elle donnerait à cet amour qui l'emporte en aveugle tout ce cœur si facile à briser; et que potirrais-je faire autre chose que de le briser? car l'épouser, folie impossible ' Eh bien ! ajouta-t-il, je me souviens que, quand j'étais enfant, un jour que j'étais malade, ma mère m'emporta dans l'église, et me mettant à genoux sur ses genoux, elle me tourna vers une Vierge, et me tit répéter après elle :

« Sainte-Vierge Marie, qui avez vu mourir votre fils, sauvez-moi pour ma mère! »

Cette image que j'implorai m'est restée dans le souvenir comme quelque chose de sacré et d'ineffable, et dont jamais je n'ai dit le secret à personne de peur qu'une plaisanterie ne vint l'insulter. Eh bien! Lise sera pour moi un. souvenir pareil, une image céleste un moment entrevue, et que je garderai dans le sanctuaire de mon àme pour l'abriter contre ma vie ; car je ne mêle pas mon caw à ma vie.

Eh !-non! je donne à la dissipation, à la débauche, au ridicule, cette jeunesse, cette force pour laquelle notre siècle n'a plus de but qui puisse la tenter; mais si j'avais vécu en d'autres temps je ne serais pas ainsi; car c'est honteux d'être ce que je suis. Ali! si Lise n'était pas ce qu'elle est, si elle était une reine, je tenterais tout pour la mériter; je l'oserais en puisant à ces mots qu'elle porte sur le coeur : Ce, qu'on veut on le peut.

Mais elle n'est rien, je ne pourrais que descendre jusqu'à elle. N'y pensons plus, n'y pensons plus!

Pour arriver à ce but, Sterny chercha à occuper à la fuis ce qu'il croyait encore son esprit et son cœur.

Le lendemain, quand il reparut au club, il s'attendait à quelque allusion de la part de ses amis: mais une conspiralion s'était organisée contre lui, on ne lui adressa pas une parole à ce sujet, seulement Eugène lui dit d'un air grave : — Je parie vingt sous contre vous, Sterny. Les dames de ces messieurs le saluèrent, en le recevant dans les coulisses de l'Opéra, avec des révérences de rosières et des yeux baissés. Sterny comprit la plaisanterie et voulut y répondre victorieusement; il joua comme un furieux et tit presque peur a Lingart dont son audace dérangea tniis les calculs.

11 poursuivit i cite belle fille de l'Opéra, qu'un disait si parfaite Pt qui venait de débuter avec un succès énorme. Ni I.ingart, ni Eugène, ni les autres n'en purent approcher, tant il \ mit d'ardeur désespérée.

Au bout d'une semaine elle appartenait à Sterny. pi l'avait traitée avec l'insolence la plus cavalière.

Mais, — quinze jours après la partie de Saint-Germain, — un soir qu'il était avec sa lionne dans une loge des Français, il reconnut en face de lui deux femmes qui le regardaient avec attention.

L'une était la femme de Prosper, l'autre était Lise. — Comme on vous regarde de cette loge, lui dit la danseuse, est-ce qu'on vous y connaît?

— Non, dit Sterny, qui rougit malgré lui de son mensonge.

— Pourquoi donc vous retirer au fond de la loge? On dirait que vous avez peur 1

— Ah! trêve de jalousies auxquelles je ne crois pas, dit Sterny.

— Mais si on ne vous connaît pas, il n'y a pas de jalousie à avoir.

Sterny se pencha huis de la loge, et vit Lise écoutant deux jeunes gens qui paraissaient parler de lui.

Tout-à-coup Lise releva vivement la têle et regarda Sterny avec un effroi indi' ible, comme si on venait de lui dire :

— Cet homme est le bourreau.

Léonce se retira sans oser la saluer, pour ne pas l'exposer aux regards insultans de sa maltresse ; mais il voulut sortir.

— Si vous quittez ma loge, lui dit celle-ci, je fais un esclandre... Vous connaissez cette femme!

Par un instinct particulier, Sterny avait deviné ce qui venait de se passer à quelques pas de lui.

— Avec qui est donc mademoiselle N ? avait dit l'un des

jeunes gens.

— Eh bien ! avec son amant, le marquis de Sterny.

— Y a-t-il longtemps qu'il l'est ?

— Il y a huit jours tout au plus.

Sterny n'avait pas entendu un seul mol de tout cela ; mais il l'avait lu dans le regard que Lise avait jeté sur lui.

Il eût voulu pouvoir aller près d'elle ; mais on le tenait par une chaîne infâme. Il voulut encore sortir.

— Si vous entrez dans la loge de cette femme, lui dit sa maîtresse, je vais la souffleter devant vous. Puis elle reprit d'un air de dédain :— Ce doit être la griselte de Saint-Germain.

Sterny eût poignardé la danseuse en ce moment ; mais il fallait céder ; il ne put. qu'emmener sa lionne, et dans un accès de rage insensé, il brisa tout chez elle, glaces, porcelaines, meubles ; comme il ne pouvait battre la femme, U lui faisait tout le mal possible en lui arrachant tout ce qu'el.le (enail de lui.

Léonce rentra chez lui furieux.

Le lendemain, il alla chez monsieur Laloine; on lui dit qu'il était à la campagne avec toute sa famille.

— Allons, se dit Sterny, je suis un sot ; il y aura encore eu une scène de palpitations, et la belle aura été se promener le lendemain, tandis que moi... En vérité je deviens brute...

Ceci dit, il pensa qu'il n'en avait pas assez fait pouroublier cette petite fille, avec laquelle il s'était si bêtement compromis.

Quinze jours après, à force de folies plus ardentes que jamais, grâce à une course au clocher où il se blessa, et dont parlèrent les journaux, à un pari de mille louis qu'il perdit, a une suite d'orgies avec les courtisannes les plus impudiques, il était parvenu à ne plus penser à Lise, et oependaut plusieurs fuis celle douce et blanche ligure semblait lui apparaître, mais pâle, mourante, désolée, le regardant avec désespoir, comme si elle lui reprochait de se perdre et de l'avoir perdue.

Cette image lui revint même dans son sommeil, et comme il y rêvait encore le matin, tout éveillé, en lui annonça Prosper Gobillou , qui entra d'un air triste et chagrin.

— Mais, lui dit Léonce, vous avez l'air bien triste, Prosper pour un nouveau marié?

— Oh ! c'est qu'il y a du chagrin à la maison, lui dit Gobillou : vous savez bien cette pauvre Lise?...

— Eh bien ! Lise?... s'écria Léonce épouvanté. Prosper lui montra le crêpe de son chapeau.

— Morte ! dit Léonce avec un cri terrible.

Morte! dit Prosper; morte comme une sainte!

— Oh ! mon Dteu i mon Dieu ! fit Léonce avec un désespoir qui épouvanta Prosper; ce n'est pas possible... Morte! sans que Je l'aie revue! morte..."

— Hélas ! oui, dit Prosper. Je viens de son enterrement, et (e viens vous apporter sa dernière volonté.

— Sa dernière volonté ? dit Léonce.

FRÉDÉRIC SOULIÉ

— Écoutez-moi, monsieur le marquis, il ne faut pas en vouloir à celte pauvre enfant, c'était une tête de feu et un cœur trop exalté. Mais voici ce. qui s'est passé.

La nuit où elle est morte, je veillais près d'elle avec ma femme •, elle l'a appelée et lui a dit de dénouer le petit cordon de cheveux qu'elle portait au cou, puis elle m'a fait signe d'approcher :

— Prosper, m'a-t-elle dit, vous remettrez cela à monsieur de Sterny ; dites-lui de ne pas être léger et cruel pour d'autres, comme il l'a été pour moi; je lui envoie cette devise, qu'elle devienne la sienne, et ce sera un jour un homme distingué et bon, j'en suis sûre...

Alors elle m'a renis ce médaillon. ces cheveux et cette épin-

gle, et une heure après, elle a expiré, en murmurant tout bas :

— Ce (ju'on Veut, on le peut... excepié être aimée... Aimée ! aimée ! a t-elle dit encore, [mis tout a été lini.

Léonce tomba à genoux, et reçut à genoux ce gage d'amour si pur, si inouï. Pendant deux heures, ses larmes roulèrent avec abondance ; quand il fut plus calme, Prosper le quitta.

A partir de ce jour, Léonce s'enferma chez lui et ne parut plus nulle part.

Tout le monde fut très étonné de cette retraite, bien plus étonné de savoir qu'il se disposait à quitter pour longtemps la France; et peut-être ses amis l'eussent déclaré fou et idiot, s'ils l'avaient vu, la veille de son départ, priant à genoux près d'une tombe !

FIN DP LtON AMOIREIX.*

o\\$c liarr.

GENEVIÈVE

Page 1